Suède : 2000 éoliennes supplémentaires d'ici 2020

9 mars 2010

Le ministre des entreprises et de l'énergie suédois, Maud Olofsson,  a récemment déclaré que son pays comptait se doter de 2000 nouvelles éoliennes d'ici 2020.

La Suède est extrêmement bien placée pour rapidement augmenter sa production d'énergie renouvelable, en particulier par l'utilisation de biocarburants et d'énergie éolienne, a-t'elle déclaré.

La Suède veut en effet augmenter rapidement sa production d'énergie renouvelable par l'utilisation de biocarburants, de la géothermie et l’installation de nouvelles éoliennes. Fin 2008 déjà,  1156 éoliennes étaient en exploitation. En 2009, 200 nouvelles ont été installées pour une capacité de 500 mégawatts supplémentaires. Le total se répartit à travers le pays sur  506 parcs, en comptant de 1 à 16, pour une puissance totale  de 1560 mégawatts, contre 220 MW 10 ans plus tôt.

Ces 2000 nouvelles éoliennes fourniraient environ 10 térawatts heure (TWh) par an. Une subvention d'investissement de 14 millions d’euros a déjà été récemment approuvée pour la construction de la plus puissante éolienne offshore du monde, et au cours du dernier sommet de Copenhague, la Suède s’est associée à 9 autres pays européens pour développer des parcs d’éoliennes offshore en Mer du Nord et en Mer d’Irlande.

éoliennes offshore

Source : environnement-france.fr

Le but du pays est d'arriver à couvrir 50 % de ses besoins par des énergies renouvelables en 2020 contre 20 % actuellement, en augmentant la production totale de 25 TWh.

Sources : Le Figaro, enerzine.com, thewindpower.net

Le tableau de bord éolien-photovoltaïque du CGDD montre une forte croissance du solaire en France en 2009

8 mars 2010

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de faire paraître une note indiquant les chiffres des installations solaires et éoliennes en France pour l’année 2009.

En ce qui concerne le solaire, la puissance de la production française a triplé l’année dernière. Les installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique, au nombre de 43 700 environ, ont une puissance totale de 268 mégawatts (MW), soit une augmentation de 224 % en un an. La part des installations de plus de 36 kW était en forte progression (437 contre 94 fin 2008). Parmi celles-ci, 23 ont une puissance supérieure à 250 kW.

statistisques photovoltaique et eolien en France 2009

Source : www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr d'apres ERDF et RTE

Trois régions se distinguent, cumulant à elles seules la moitié de la puissance : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Pays de la Loire. A signaler dans les DOM, non comptabilisés dans les précédents résultats, l'ile de la Réunion qui représente 60 % de la production solaire hors métropole.

Pour l’éolien, la progression est moindre en pourcentage (29 %) mais supérieure en puissance raccordée. Les 731 installations ont une puissance de 4574 MW, dont 1036 MW raccordés en 2009. Le petit éolien (moins de 36 kW) est en hausse de 24 %, avec 203 installations. La production totale s’est élevée à 7,6 TWh, en augmentation de 33 %.

Là, ce sont 5 régions que se partagent 55 % de la puissance : Picardie, Lorraine, Bretagne, Centre et Champagne-Ardennes.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : certains profitent apparemment plus de leur soleil, d’autres de leur vent ! Mais la prochaine centrale solaire de Toul en Lorraine (voir notre article précédent)  pourrait propulser cette région, pourtant peu ensoleillée, dans le peloton de tête.

Lors de la publication d'un précédent tableau de bord (septembre 2009), le ministre de l'Écologie, l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer avait déclaré :

Malgré la conjoncture, nous sommes dans une dynamique de forte croissance des énergies renouvelables, et même dans une croissance exponentielle pour le solaire. Et cela se traduit par des investissements industriels. Le projet de loi « Grenelle 2 » qui sera examiné prochainement par le Sénat est crucial pour conforter cette dynamique, car c’est avec le Grenelle 2 que l’on va supprimer les derniers freins au développement des énergies renouvelables.

Il faudra voir dans les prochains tableaux de bord les effets des nouveaux tarifs de rachat de l'électricité sur l'ensemble de la filière photovoltaïque.

Sources : Ouest-France, Tableau de bord éolien-photovoltaïque, energie.com

Pour une maison écologique, adoptez l'éco-rénovation

7 mars 2010

Le parc de logements français vieillit, et les nombreux habitats énergivores doivent être rénovés : c'est une obligation si l’on veut atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement. En effet, isoler son habitation, c’est aussi faire un geste pour l’environnement en limitant les émissions de gaz à effet de serre, en réduisant sa facture énergétique et en préservant les ressources.

Rénovations, soit, mais de préférence éco-rénovations. Pour de meilleures performances énergétiques, cinq points sont à examiner, et de préférence dans l’ordre : l’isolation et l’étanchéité, la ventilation, les portes et fenêtres, le système de chauffage et enfin l’éclairage et la gestion de l’eau.

Le toit et les murs

L’isolation et l’étanchéité viennent en premier, déjà par les déperditions importantes que représentent le toit et les murs opaques : 25 à 30 % pour le toit, 20 à 25 % pour les murs, selon l'ADEME. Voilà qui représente déjà une bonne moitié de la chaleur dont nous ne profitons pas et dont l’environnement se passerait volontiers.

Les differentes pertes de chaleur dans une maison non isolée

Les différentes pertes de chaleur dans une maison non isolée (source ADEME)

Procédons par ordre : d’abord le toit, puis les murs, puis les planchers. Pour le toit les techniques varient selon l’utilisation que l’on peut avoir du grenier. Pour les combles perdus, une isolation correcte du plancher peut suffire, mais pour des combles aménageables et habitables, c’est toute la toiture qu’il va falloir isoler. Pour les murs opaques et le plancher, l’isolation doit être thermique certes, mais dans les zones urbaines, il est utile qu’elle soit aussi phonique. A la campagne, par contre, il est dommage de se passer du chant des oiseaux pour contrer le bruyant tracteur qui passe… une ou deux fois par jour !

On dispose maintenant de nombreux matériaux, mais tous ne sont pas aussi respectueux de l’environnement. Les classiques matériaux synthétiques (polystyrènes expansés et extrudés, polyester) très abordables, mais pas exempts de toxicité, les fibres minérales (laine de verre ou de roche) qui contiennent des éléments respirables et irritants peuvent être avantageusement remplacés par des matériaux plus naturels : des laines végétales (chanvre, lin, coton et bois) et animales (mouton). Les matériaux comme la cellulose, sont aussi efficaces, mais écologiquement controversés.

Les isolants ne conduisent pas la chaleur. Leur résistance thermique est d’autant plus élevée que leur épaisseur est importante et que leur coefficient de conductivité (lambda) est faible.

Toiture et murs isolés, on peut économiser déjà jusqu’à 50 % de sa consommation énergétique. Mais une bonne isolation bien réalisée va de pair avec une ventilation bien conçue. Dans les anciens logements, la question ne se posait même pas : la cheminée, associée à l’air qui passait le long des fenêtres et sous la porte assuraient ce rôle, en refroidissant sérieusement les lieux au passage.

L'aération

Ventilation naturelle ou assistée mécaniquement ? Les deux peuvent donner des résultats satisfaisants. Des grilles d’aération basses et hautes dans les pièces assurent une ventilation par tirage naturel, et un ensemble bien étudié donne des résultats satisfaisants.  Plus onéreuse, une VMC (ventilation mécaniquement contrôlée) est idéale à coupler à des travaux de rénovation. Si l’on investit dans une VMC à double flux, l’air réchauffé ou refroidi par le système circulera à la température désirée pour une ventilation saine et contrôlée.

Selon le conseiller énergétique Pierre Kermarrec  (cité par Travaux.com) :

Lors de mon dernier audit sur une maison datant des années 60/70, en refaisant simplement l'isolation et en ajoutant une ventilation performante, la maison est passé de la catégorie G à C sur le DPE.

Portes et fenêtres

Portes et fenêtres représentent 10 à 15 % des pertes de chaleur : elles ne viennent donc qu’une fois réalisés les travaux précédents. Des fenêtres à double vitrage et une porte étanche permettront quelques économies supplémentaires. Il existe plusieurs qualités de vitrage actuellement – double vitrage classique ou double vitrage à isolation renforcée (VIR) – et leurs résultats sont assez différents. Mais il ne faut pas oublier non plus la nature de la fermeture : volets ou persiennes bien fermés la nuit vont réduire les déperditions et limiter la température des pièces en été.

Le chauffage

Une fois toutes ces interventions réalisées, changer le système de chauffage n’est pas obligatoire. Des petites modifications, style robinets thermostatiques et programmateur, peuvent suffire. Mais bien sûr une chaudière trop âgée, même régulièrement entretenue, n’aura pas les rendements d’une nouvelle chaudière basse température ou à condensation. Il vaut mieux envisager de la changer… et de penser aux énergies renouvelables : un poêle à bois, des panneaux solaires par exemple.

Quelques détails supplémentaires

La maison isolée, aérée et correctement fermée, on peut alors passer aux travaux de détail : l’éclairage déjà, il est nécessaire de remplacer nos bonnes vieilles ampoules à incandescence qui chauffaient plus qu’elles n’éclairaient – et qui sont peu à peu interdites à la vente – par des lampes basse consommation ou même de passer aux LED (diodes électroluminescentes). C’est plus cher à l’achat, mais tellement plus intéressant à long terme.

Pour économiser de l’eau, en maison individuelle, on peut installer un système de recyclage de l’eau de pluie pour la chasse d’eau des toilettes par exemple, mais on peut aussi dans tous les cas se tourner vers des équipements beaucoup moins onéreux : des petits accessoires comme des mousseurs qui, en introduisant de l’air dans l’eau, donnent une même sensation de pression pour une quantité d’eau utilisée moindre.

Coordonner les travaux entre les différents professionnels qui doivent intervenir peut poser quelques problèmes et Travaux.com relève :

En moyenne une maison du parc immobilier français consomme 200Kw/m².an. Une maison neuve consomme 100Kw/m².an, et une maison BBC, le standard obligatoire pour 2012, 50Kw/m².an. 90% des travaux de rénovation n'atteignent pas le niveau de performance escompté parce que les particuliers ne se sont pas adressés aux bons professionnels. Un conseiller saura vous orienter. Faire appel à une entreprise de conseil en rénovation thermique est aussi une solution intéressante. Suite à une étude sur place, ce professionnel vous présentera plusieurs scénarios de travaux pour « verdir » votre logement.

Le financement

Reste à envisager le financement de tout cela : compter sur le prêt à taux 0, dont  le service public précise :

Pour bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro, les travaux doivent concerner l'une des 3 opérations suivantes :

- travaux permettant au logement d'atteindre un seuil minimal de performance énergétique global,

- travaux de réhabilitation de systèmes d'assainissement non collectif par des dispositifs ne consommant pas d'énergie,

- ou travaux comprenant au moins 2 types de travaux figurant dans la liste suivante (sous réserve de précisions apportées par un décret à paraître) :

  • travaux d'isolation thermique performants des toitures,
  • travaux d'isolation thermique performants des murs donnant sur l'extérieur,
  • travaux d'isolation thermique performants des parois vitrées et portes donnant sur l'extérieur,
  • travaux d'installation, régulation ou remplacement de systèmes de chauffage, le cas échéant associés à des systèmes de ventilation économiques et performants, ou de production d'eau chaude sanitaire performants,
  • travaux d'installation d'équipements de chauffage utilisant une source d'énergie renouvelable,
  • travaux d'installation d'équipements de production d'eau chaude sanitaire utilisant une source d'énergie renouvelable.

Quelques crédits d’impôts peuvent encore encourager les propriétaires à engager les travaux, et nous avons vu récemment que, pour les logements loués, les locataires pouvaient sous certaines conditions être obligés de participer en faisant profiter leur propriétaire d’une partie des économies d’énergie réalisées.

Premier bilan du diagnostic électrique obligatoire

6 mars 2010

Ce dispositif, qui concerne les logements à la vente, a été mis en place il y a un an. Deux études (TNS SOFRES et Observatoire National de la Sécurité Électrique) ont récemment établi un premier bilan positif. Comme le diagnostic énergétique mis en place précédemment, il fait apparaître un état inquiétant des logements.

L’enquête TNE SOFRES réalisée auprès des nouveaux propriétaires relève que les 2/3 des diagnostics révélaient des points d’insécurité (et 95 % des propriétaires ont entrepris des travaux). Le rapport de l'ONSE permet de préciser que d’après  6000 diagnostics réalisés en 2009, 72  % des installations présentaient même au moins 3 anomalies.

Les points les moins satisfaisants relevés concernent les installations de mise à la terre pour 79 %, l’utilisation de matériaux vétustes ou inadaptés à l’usage pour 74 % et l’installation électrique des salles de bain pour 65 %.

En cause,  le vieillissement du parc de logements français : selon Batiactu qui relaie ces enquêtes, 16 millions de logements seraient concernés par des installations électriques anciennes et non adaptées à l’équipement moderne des ménages. Ainsi les installations d’avant 1974 peuvent présenter des risques d’échauffement des circuits et d’incendie, et des risques d’électrocution.

Les deux études estiment nécessaires d’étendre ces diagnostics aux baux de location et aux parties communes.

Moderniser le parc de logements présente plusieurs intérêts : à la fois les isoler afin d’économiser de l’énergie et de  limiter les émissions de CO2, mais aussi les rendre plus sûrs par des installations électriques répondant aux normes actuelles.

L'utilisation de la biomasse précisée par la Commission Européenne

5 mars 2010

La Commission européenne a adopté le 25/02/2010 un rapport  « sur les exigences de durabilité concernant l'utilisation de sources de biomasse solide et gazeuse pour l'électricité, le chauffage et le refroidissement. » Celui-ci a fait d’autre part l’objet d’un communiqué de presse le même jour.

Après avoir défini et recensé les sources de biomasse, ce rapport comporte quatre recommandations pour les états membres, mais ne voit pas l’utilité d’une loi supplémentaire au niveau européen. Il précise cependant que le point sera fait de nouveau dans 18 mois. Ce rapport concerne « les exigences applicables à un régime en matière d’utilisation durable de la biomasse en dehors des biocarburants et des bioliquides » (ceux-ci ont fait l’objet de la directive sur les sources d’énergie renouvelables en 2009).

Qu’est-ce que la biomasse ?

sources de biomasse

source : econov.blogspot.com

D’une manière générale, la biomasse peut être composée de diverses matières premières organiques d’origine végétale comme le bois, les cultures spécifiques, le recyclage des déchets agricoles, industriels ou ménagers. Elle est source de chaleur et d’électricité ou de biocarburants.

En Europe, selon le rapport, elle est composée de résidus agricoles (paille, maïs, blé…), de sylviculture (souches, feuilles, branches mais aussi copeaux et sciure) et de déchets organiques (déchets municipaux solides, boue d’épuration…). La plus grosse partie de la biomasse solide se présente sous forme de granulés, généralement composés de résidus forestiers.

Ils ne sont donc pas produits spécifiquement pour le secteur de l’énergie, mais résultent d’activités qui auraient lieu de toute façon.

Vis-à-vis des gaz à effet de serre, la biomasse a un bilan neutre : les végétaux restituent le carbone stocké durant leur croissance lorsqu’ils sont exploités à des fins énergétiques.

Mais le stockage et l’exploitation de la biomasse posent des problèmes de logistique et le coût de l'énergie produite est très élevée.

Exploitation de la biomasse

Il s’agit en fait de la quatrième ressource énergétique exploitée à l’échelle mondiale. Mais en Europe, la bioénergie représente actuellement 5 % seulement de la consommation finale d’énergie. Certains pays sont cependant très en avance : l’Autriche, la Finlande et la Suède. L’objectif serait d’arriver à 20 % en 2020.

Mais les pays de l'’Union Européenne se fournissent en biomasse en partie parmi les états membres, mais importent aussi de pays tiers qui la produisent parfois selon des méthodes non durables. Le rapport souligne d’ailleurs que, si en Europe et en Amérique du Nord, les forêts se développent, au niveau mondial, par contre, le déboisement continue, contre tout principe de gestion durable. Des régimes de certification de gestion durable des forêts ont été mis en place : au niveau mondial, seulement 8 % des forêts sont certifiées contre 45 % dans l’Union Européenne.

biomasse

source : gentileschi.it

Les recommandations

Le communiqué de presse présente ainsi les critères de viabilité environnementale pour les états membres de l’UE « désireux d’introduire un régime national en vue d’éviter les entraves au fonctionnement du marché intérieur de la biomasse » :

a) une interdiction générale d’utiliser la biomasse issue de terres prises sur la forêt, de zones renfermant un important stock de carbone et de zones riches en biodiversité;

b) une méthode commune de calcul des émissions de gaz à effet de serre qui pourrait être utilisée afin que la biomasse permette d’éviter au minimum 35 % d’émissions de gaz à effet de serre (ce chiffre devant atteindre 50 % en 2017 et 60 % en 2018 pour les installations nouvelles), par comparaison avec la répartition des énergies produites à partir de sources fossiles dans l’UE;

c) la différenciation des régimes de soutien nationaux en faveur des installations qui ont des rendements élevés de conversion énergétique; et

d) le contrôle de l’origine de la biomasse.

Le critère c vise en particulier à favoriser les installations de cogénération à hauts rendements et le critère d à éviter l’importation d’une biomasse produite dans des pays peu respectueux de l’environnement.

Il est en outre conseillé de ne pas appliquer les critères de viabilité environnementale aux déchets, étant donné que ceux-ci doivent déjà respecter les règles environnementales édictées en vertu de la législation relative aux déchets nationale et européenne.

Liberté surveillée

Une analyse d’impact est jointe au rapport : elle montre que des critères contraignants généreraient des coûts importants pour les acteurs économiques en Europe. Le rapport rappelle enfin que le secteur de la biomasse est morcelé et recouvre une multitude de petits utilisateurs : les régimes de durabilité doivent surtout être appliqués aux grands producteurs (puissance thermique ou électrique de 1 mégawatt au moins).

Chaque état reste donc libre de mettre en place son propre système pour la biomasse solide et gazeuse destinée à la production d’électricité, de chaleur ou de refroidissement. Mais le communiqué de presse précise encore :

Conformément à la directive sur les énergies renouvelables, les États membres doivent communiquer leur plan d’action national en matière d’énergies renouvelables pour juin 2010. Ces plans seront un outil indispensable pour définir les ambitions de l’UE en matière d’exploitation de son potentiel de biomasse, que ce soit dans le secteur de l’électricité, du chauffage ou des transports. Après avoir reçu ces plans et analysé les régimes nationaux en cours d’élaboration, la Commission réfléchira, en 2011, à l’opportunité de mesures supplémentaires telles que des critères de viabilité environnementale communs à toute l'UE.

Sources : Rapport de la Commission Européenne, communiqué de presse

Une centrale solaire géante à Toul dès 2012

4 mars 2010

Une centrale solaire géante doit être installée à Toul-Rosières (Meurthe et Moselle) par EDF Energies Nouvelles, filiale d’EDF, sur le site d’une ancienne base aérienne désaffectée en 2004.

L'emplacement

Ce terrain d’une superficie de 522 hectares servait depuis à organiser des festivals en plein air ou autres rassemblements évangéliques.

Base aérienne de Toul-Rosières

Source www.lepoint.fr

Il  avait été envisagé lors d’un premier projet pour accueillir une usine de production de panneaux photovoltaïques de l’américain First Solar, mais cette implantation n’avait pas abouti, les capacités d’épuration d’eau de la commune étant insuffisantes. On sait d'ailleurs que depuis les deux partenaires franco-américains ont choisi un site à Blanquefort, à côté de Bordeaux (Gironde).

Actuellement occupé par une centaine de bâtiments plein d’amiante, sans compter des cuves à mazout enterrées, le site de Toul-Rosières doit d’abord être dépollué et les travaux devraient débuter très rapidement.

Le projet

La filiale d’EDF, qui louera le site au Ministère de la Défense pour environ 1 million d’euros par an, compte installer un parc de panneaux de 140 hectares, d’une puissance de 143 mégawatts, soit la consommation électrique de plus de 62 000 personnes. Selon Nadine Morano, élue de Meurthe et Moselle, citée par Les Echos, ce sera « la plus grande [centrale solaire] au monde à ce jour ». Ceci représente un investissement de 434 millions d’euros.  L’électricité sera revendue selon les nouveaux tarifs, définis par l’arrêté du 14 janvier, mais bénéficiera d’un bonus de 17 % par rapport au tarif appliqué dans les régions les plus ensoleillées.

EDF EN avait jusqu’à présent une capacité de production d’énergie solaire de 100 mégawatts. Cette nouvelle centrale lui permettra donc de multiplier par 2,5 sa production actuelle en 2012, date à laquelle les panneaux photovoltaïques seront opérationnels. Tradingsat cite ainsi les commentaires d’un analyste parisien :

Ce projet s'inscrit dans le droit fil de la stratégie de développement [d'EDF EN] dans le photovoltaïque avec un objectif de 500 Megawatt-crête installés d'ici fin 2012 dans le cadre d'un objectif global tout type d'énergie confondu de 4 200 MWc (pour l'essentiel dans l'éolien).

Le reste du terrain sera pour une partie reboisé, et servira pour l'autre partie à l’aménagement d’une « maison des énergies renouvelables » et d’un petit musée d’avions militaires, grâce auxquels la mairie espère aussi quelques retombées financières.

A l’issue du bail, fixé pour 22 ans, il sera soit reconduit, soit la filiale d’EDF s’engage au démantèlement de la centrale et au recyclage des panneaux solaires.

Ce projet est conforme au Grenelle de l’environnement, et tombe à un moment où l’état, en France comme en Allemagne, nous l’avons vu dans de précédents articles, souhaite lutter contre le déploiement anarchique de panneaux photovoltaïques sur des terres cultivables. Il existe un peu partout des « friches » militaires, industrielles (nombreuses dans la partie est de l’Allemagne) ou commerciales. Les utiliser pour produire de l’électricité grâce à des énergies renouvelables serait un plus appréciable pour l’environnement.

Sources : Les Echos du 2/3/2010, Le Figaro, Le Républicain Lorrain, Tradingsat.com

Cogénération : les serristes voudraient revendre plus d'électricité

3 mars 2010

Serre

source : www.cmf-groupe.com

Aux Pays-Bas, 8 serristes sur 10 ont opté pour un système de cogénération pour chauffer leurs serres. En France, le procédé se répand chez les maraîchers bretons, mais ceux-ci voudraient pouvoir vendre toute l'année l'électricité produite.

Qu'est-ce que la cogénération ?

La Fondation Nicolas Hulot la définit ainsi :

La cogénération consiste à produire en même temps et dans la même installation de l’énergie thermique (chaleur) et de l’énergie mécanique. L’énergie thermique est utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude à l’aide d’un échangeur. L’énergie mécanique est transformée en énergie électrique grâce à un alternateur. Elle est ensuite revendue à EDF ou consommée par l’installation.
L’énergie utilisée pour faire fonctionner des installations de cogénération peut être le gaz naturel, le fioul ou toute forme d’énergie locale (géothermie, biomasse) ou liée à la valorisation des déchets (incinération des ordures ménagères…). Cette source d’énergie fait fonctionner une turbine ou un moteur.

La cogénération permet donc aux maraîchers, grâce à des mini-générateurs, de chauffer leurs serres et de produire de l'électricité. Elle réduit ainsi le coût de leur consommation énergétique. La chaleur générée par le refroidissement du moteur et l'échappement des fumées permet de chauffer un circuit d'eau à 45° qui maintient, grâce à un réseau de tuyaux, les serres à température. Les émissions de CO2, une fois filtrées, peuvent aussi être introduites dans les serres où elles favorisent la photosynthèse des plantes.

L'électricité utilisée et en partie revendue

Le surplus d'électricité produite est revendu pendant la période d'utilisation légale, du 1er novembre au 31 mars, à EDF. En dehors de cette période par contre, elle ne peut qu'être utilisée sur place. Les producteurs demandent maintenant à être autorisés à revendre cette électricité sur le marché libre pour les mois d'avril à octobre, ce qui leur permettrait de mieux rentabiliser des installations représentant un lourd investissement.

Les rendements de cogénération électricité-chaleur sont très bons : de l'ordre de 90 %. Mais la chaleur produite ne se transporte pas, elle doit donc être utilisée à proximité de sa production : ce qui est bien entendu le cas dans ces grandes serres.

La question est posée au MEEDEM

La question a ainsi été posée officiellement au ministre le 4 février 2010 (publication dans le JO du sénat) :

Mme Jacqueline Chevé appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat sur les possibilités offertes par la cogénération d'énergie électrique en production agricole sous serres.
Les installations de cogénération sous serres sont des unités de production d'électricité de petite taille offrant un double avantage : d'une part, la valorisation de la chaleur produite par les serres et, d'autre part, la réinjection du CO2 dans les serres afin qu'il soit consommé par les plantes dans leur processus de photosynthèse.
Étendues aux 400 hectares de serres de la région, la généralisation de ces installations offrirait un potentiel de production d'électricité estimé à plus de 100 mégawatts sur l'ensemble de la Bretagne.
La production d'électricité en cogénération est néanmoins soumise à deux freins faisant obstacle à son développement.
D'une part, le prix de rachat de l'électricité est indexé sur le prix du gaz mais est soumis à un plafond. D'autre part, en dehors des périodes prioritaires, les contrats de rachat d'EDF ne permettent pas aux producteurs serristes d'accéder au marché libre de l'électricité. Ces deux paramètres rendent les installations de cogénération d'électricité sous serres difficilement viables d'un point de vue économique.
La Bretagne ne produit aujourd'hui que 8 % de l'électricité qu'elle consomme. Le développement de telles installations contribuerait à atténuer la dépendance énergétique de la région tout en s'inscrivant dans les objectifs nationaux du Grenelle de l'environnement.
Elle lui demande donc si des mesures sont envisagées pour permettre le développement de la cogénération d'électricité sous serres.

Le ministère n'a pas encore fait savoir la suite qu'il entendait donner à cette demande.

Des projets de cogénération voient le jour un peu partout en France, notamment en Auvergne où ils sont liés à l'utilisation du bois. En effet, et c'est là le principal reproche des associations écologistes envers les agriculteurs bretons : ceux-ci utilisent principalement des énergies fossiles, alors que la logique de leur démarche voudrait qu'ils utilisent des énergies renouvelables.

Sources : maxisciences, développement durable.com, paysan breton

Mme Jacqueline Chevé appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat sur les possibilités offertes par la cogénération d'énergie électrique en production agricole sous serres.
Les installations de cogénération sous serres sont des unités de production d'électricité de petite taille offrant un double avantage : d'une part, la valorisation de la chaleur produite par les serres et, d'autre part, la réinjection du CO2 dans les serres afin qu'il soit consommé par les plantes dans leur processus de photosynthèse.
Etendues aux 400 hectares de serres de la région, la généralisation de ces installations offrirait un potentiel de production d'électricité estimé à plus de 100 mégawatts sur l'ensemble de la Bretagne.
La production d'électricité en cogénération est néanmoins soumise à deux freins faisant obstacle à son développement.
D'une part, le prix de rachat de l'électricité est indexé sur le prix du gaz mais est soumis à un plafond. D'autre part, en dehors des périodes prioritaires, les contrats de rachat d'EDF ne permettent pas aux producteurs serristes d'accéder au marché libre de l'électricité. Ces deux paramètres rendent les installations de cogénération d'électricité sous serres difficilement viables d'un point de vue économique.
La Bretagne ne produit aujourd'hui que 8 % de l'électricité qu'elle consomme. Le développement de telles installations contribuerait à atténuer la dépendance énergétique de la région tout en s'inscrivant dans les objectifs nationaux du Grenelle de l'environnement.
Elle lui demande donc si des mesures sont envisagées pour permettre le développement de la cogénération d'électricité sous serres.

Photovoltaïque : la suite du feuilleton sur les tarifs de rachat…

2 mars 2010

Le Cabinet de droit d'affaires publiques Azan Avocats Associés, interrogé par Batiactu, détaille les conséquences prévisibles des atermoiements du MEEDEM sur la date d'application des nouveaux tarifs d'achat d'électricité. Il insiste notamment sur les nombreux contentieux qu'ils risquent de provoquer.

Nous avons déjà parlé dans un article précédent du caractère de rétroactivité de cet arrêté qui tendait à remettre en cause toutes les demandes de raccordement déposées entre le 1er novembre et le 14 janvier. Exception faite, depuis le communiqué de presse de février, pour les agriculteurs, dont le MEEDEM soulignait la « bonne foi ».

La hausse des recours contentieux sera, selon le cabinet interrogé, proportionnelle au nombre de demandes de raccordement qui se trouveront visées par « la nouvelle ligne directrice » de l'arrêté.

Le MEEDEM et l’ensemble des services impliqués dans le circuit des demandes de raccordement devront vraisemblablement surmonter trois types de recours contentieux :

-Recours contre l’arrêté du 12 janvier 2010, et éventuellement contre les futurs arrêtés ;

-Recours contre les décisions de refus de raccordement, ou refus d’octroi d’un contrat d’achat ;

-Refus contre les décisions des services instructeurs relativement aux demandes d’urbanisme.

Les producteurs ayant investi de fortes sommes dans les installations pourraient « à l’appui de leurs recours, demander une indemnisation de leur préjudice au titre de la perte de chance. »

Connaissez-vous l'écoblanchiment en matière de publicité ?

1 mars 2010

Connaissez-vous l’écoblanchiment en français, ou encore le greenwashing en anglais, ou encore la mascarade écologique en québécois ? C’est une pratique très répandue dans le domaine de la publicité. Un procédé qui permet de donner d’une entreprise ou d’un produit une image environnementale qu’ils ne méritent pas.

Quelques moyens bien simples peuvent être utilisés : la couleur verte par exemple, l’usage du mot « durable » ou « propre », l’utilisation d’un pseudo-label écologique auto-décerné.

Il peut s’agir par exemple de montrer un produit dans un cadre naturel et sain : un 4×4 par exemple, présenté au bord d’une rivière ou un autre présenté avec la mention « conçu au pays du protocole de Kyoto », alors que paradoxalement ses émissions de CO2 sont largement au-dessus des valeurs préconisées en Europe.

Cela peut être aussi un message à double-sens, comme cette compagnie pétrolière illustrant sa publicité d’une éolienne et l’accompagnant du message « Pour vous, notre énergie est inépuisable ».

Depuis 2006 des associations dénoncent l’insuffisance de contrôle du Bureau de vérification de la Publicité (BVP) rebaptisé depuis Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP). Cette pratique a d’ailleurs fait l’objet d’un groupe de travail au Grenelle de l’environnement.

En fait une enquête (menée par l'université Dauphine) a montré que si le consommateur averti ne se laisse pas prendre aux arguments donnés, le consommateur moins averti peut se montrer  sensible à un éco-label  imaginaire et auto-décerné par l’entreprise.

Plus grave par contre, une étude réalisée fin 2009 fait apparaître  qu’une majorité des Français, et particulièrement en raison de ces pratiques d’écoblanchiment, estiment que le développement durable est un moyen de se donner bonne conscience.

Gaz à effet de serre et alimentation

28 février 2010

Selon la FAO (Food and Agriculture Organization ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), en 2006, la production de viande représentait 18 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Ce chiffre prend bien entendu en compte toute la filière depuis la production de plantes fourragères. L'élevage est en progression constante, et, selon le même organisme, devrait doubler d’ici 2050 pour répondre aux besoins de la population mondiale. Il est en outre à l’origine de 9 % de la consommation d’eau douce de la planète.

Vaches SalersBovins et GES

Selon l’Agence Européenne pour l’Environnement, l’agriculture est à l’origine de 10 % des GES en Europe et l’élevage en représente plus de la moitié. Les bovins constituent 60 % de l’élevage, on estime donc à 3 % les émissions de gaz à effet de serre de nos sympathiques vaches.

Celle-ci, par son processus très complexe de digestion (la vache est un ruminant), produit du méthane, gaz 20 fois plus puissant que le CO2 : en fait, en moyenne 70 kg de méthane, soit environ 1,3 tonne d’équivalent CO2, par an pour une vache à viande et 120 kg, soit environ 2,4 tonnes d’équivalent CO2 pour une vache à lait, produites en Europe ou en Amérique du Nord. Une vache africaine produit en moyenne 3 fois moins de méthane (…et 10 fois moins de lait !). Les moutons et les chèvres en produisent 10 fois moins.

Ajoutons à cela les GES produits de manière indirecte par la décomposition du fumier. Du méthane, mais aussi du protoxyde d’azote, 296 fois plus puissant que le CO2. L’épandage du fumier et du lisier dans les champs contribue à l’échappement de ces gaz, mais les engrais chimiques aussi.

Notre consommation en question ?

Nous consommons environ 12 kg de viande bovine (chiffre donné par le CREDOC) par personne et par an et 400 kg d’équivalent lait, sous forme de produits laitiers divers et de fromages (chiffre donné par l’INRA). Une personne devenant brusquement végétarienne économiserait 52 kg d’équivalent CO2 par an, 208 kg si elle renonce en plus à tout produit laitier… choses que l’on ne saurait conseiller pour la santé.

Selon DD magazine, ce sont surtout des modifications en matière de production agricole qui seraient efficaces :

De nombreux travaux scientifiques montrent cependant que ce sont surtout les changements de pratiques agricoles, plus que la réduction de la consommation, qui seraient le plus à même de réduire l'impact climatique des filières bovine et laitière.

Et la FAO, citée par développementdurable.com, précise :

L'objectif est de veiller à ce que la croissance continue de cette production ne soit pas nocive pour les écosystèmes, la biodiversité, les terres, les ressources forestières et la qualité de l'eau, et ne contribue pas au réchauffement climatique (…). Des investissements urgents sont nécessaires pour que le secteur de l'élevage dans le monde réponde à une demande croissante et, dans le même temps, contribue à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire, à la préservation de l'environnement et à la santé humaine.

Car dans certains pays en voie de développement, ces activités ont en effet pour conséquence néfaste d’accélérer la déforestation afin d’étendre les zones de pâturage. Or selon la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) :

Avec le temps, les vieux arbres fixent une grande quantité de carbone par l'intermédiaire de leur litière et de leurs racines. Les vieilles forêts constituent de véritables puits de carbone.