Etats-Unis : le Sénat refuse la loi sur le climat

29 juillet 2010

Green Obama

Barack Obama se proposait de faire adopter rapidement des mesures importantes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Etats-Unis. La Chambre de représentants s'était prononcée pour une loi contraignante à une courte majorité, mais au Sénat, ce sont les républicains qui ont la majorité. Or, cette loi, ils n'en veulent pas et l'ont donc rejetée massivement.

Le projet de loi original était ambitieux : il avait pour objectif une diminution de 17 % des rejets de CO2 d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005, et de 80 % d'ici 2050. Alors qu'il avait été adopté en 2009 par la Chambre des représentants, le gouvernement espérait le faire accepter par le Sénat. Mais celui-ci refuse même un texte largement édulcoré.

En effet, ce texte comprend quatre volets : les forages pétroliers, le développement des énergies renouvelables, les incitations fiscales pour réduire la consommation d'énergie et l'introduction d'un marché d'émission, un système « cap and trade » (système de plafonnement et d'échange), limité au seul secteur électrique. Mais ni cette tentative de taxer le carbone, ni l'obligation pour le secteur énergétique d'utiliser 10 % d'énergies propres n'ont été approuvées par le Sénat. Curieusement, même la récente marée noire du golfe du Mexique, qui a mis en évidence les dangers des forages de plus en plus profonds, n'a pas fait reculer les républicains. Barack Obama se voit donc obligé de renoncer à un projet qui lui tenait particulièrement à cœur.

Les écologistes, très déçus par ce refus du Sénat, espèrent encore que, à défaut de loi, le gouvernement passera par la voie des réglementations : l'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) pourrait décider par décret des réductions de CO2. Mais dans ce cas, selon les analystes, les ambitions se limiteraient à une diminution de 14 % des émissions américaines de GES, voire même à une simple stabilisation des rejets.

D'autre part, l'abandon du projet cap and trade risque de gêner l'essor des énergies renouvelables outre Atlantique. En effet, le gouvernement souhaitait financer le développement des énergies alternatives grâce aux milliards de dollars récoltés par la vente des permis d'émission, qui lui auraient permis en outre de diminuer le déficit budgétaire du pays.

Autre conséquence de ce revers pour le président des Etats-Unis, il arrivera à la conférence des Nations Unies sur le climat dans une position embarrassante : il lui sera impossible de garantir les engagements pris à Copenhague en 2009. Cette conférence se déroulera à Cancun au Mexique au mois de novembre. Mais dans ce contexte, les USA pourront-ils s'engager à soutenir financièrement les pays émergents dans leur lutte contre le réchauffement du climat ? Les Européens s'interrogent sur l'avenir de la contribution américaine à ce plan.

Source : Le Monde

L'éolien offshore en pleine forme en Europe

28 juillet 2010

L'Association Européenne de l'Energie Eolienne (EWEA), qui regroupe actuellement 650 membres à travers 60 pays, annonce le raccordement au réseau européen de 118 nouvelles éoliennes offshore au cours du premier semestre 2010. D'une capacité de 333 MW, elles représentent déjà plus de la moitié des 577 MW installés l'année dernière en mer et donnent une preuve de la bonne santé du secteur en Europe.

eolienne offshore

source image : direct industry

A cela s'ajoutent 151 autres éoliennes maritimes d'une capacité totale de 440 MW, installées mais pas encore raccordées. Et 16 parcs éoliens se construisent le long des rivages de l'Europe, quatre sont même déjà opérationnels : l'un au Danemark, l'autre en Allemagne et deux au Royaume-Uni. Ce qui fait dire à Justin Wilkes, directeur de la politique au sein de l'Agence Européenne de l'Énergie Eolienne :

Je suis certain que cette année va être historique (…).

Aujourd'hui, ce sont donc au total 948 éoliennes offshore réparties sur 43 parcs qui alimentent déjà l'Europe en électricité, pour une capacité totale de 2 396 MW. Justin Wilkes continue :

L'Europe est un leader mondial en matière d'éoliennes offshore et de croissance continue – et la disponibilité des financements est essentielle pour les emplois européens et la compétitivité ainsi que dans le but de réduire les émissions de CO2.

Nous avons vu dans un article du 13 juin que, si globalement les énergies marines ont le vent en poupe, la France accuse cependant un sérieux retard dans ce domaine. Profiterons-nous de l'effet d'entraînement de l'Europe ?

Source : Enerzine

La fin subventionnée des mines de charbon d'Europe ?

27 juillet 2010

La Commission Européenne souhaite voir se fermer les mines de charbon déficitaires en Europe. Telle est la conséquence de la proposition de règlement qu'elle vient d'adopter et qui vise à faciliter la fin d'exploitation des mines de houille non rentables avant le 1er octobre 2014. Ce règlement concerne aussi bien la houille que le lignite et tous les autres types de charbon.

Ancienne mine de charbon en Allemagne

Ancienne mine de charbon en Allemagne (source : euranet)

Des aides à la fermeture

Un gouvernement désirant une aide dans ce secteur devra désormais, pour l'obtenir,  présenter parallèlement un plan de fermeture des mines déficitaires. L'objectif recherché est donc de fermer toutes les mines de charbon non compétitives avant 4 ans. La Commission reconnaît que fermer ces mines trop brusquement entraînerait des conséquences socio-économiques désastreuses, mais estime aussi que, pour des raisons de loyauté envers les entreprises concurrentes,  et dans l'intérêt des finances publiques, seules celles qui sont viables sans subvention doivent subsister. Elle rappelle aussi que la règle est de favoriser les énergies propres.

Les états membres ne seront donc autorisés à accorder des aides de fonctionnement à l'activité minière d'un site que dans un contexte de fermeture. Ces aides devront être dégressives dans le temps (-33% par tranche de 15 mois) et devront être remboursées si la mine n'a pas fermé ses portes à la date prévue (1er octobre 2014). De plus, pour obtenir une aide à la fermeture, les états membres devront présenter un plan de mesures dans le domaine du rendement énergétique, des énergies renouvelables ou encore du captage et stockage du CO2 pour atténuer l'impact environnemental de l'industrie houillère aidée.

Plan de financement aux mines déficitaires donc, mais ce plan portera sur les conséquences sociales et environnementales de l'abandon de l'extraction. Par contre, les services d'orientation et de reconversion des travailleurs des mines continueront à travailler dans un cadre juridique commun. La réhabilitation des sites abandonnés en fera aussi partie.

Conséquences importantes, mais voie vers les énergies renouvelables

Cependant, dans certaines régions où l'activité d'extraction du charbon reste encore très importante, les conséquences socio-économiques des fermetures risquent d'être déstabilisantes. Ces fermetures de sites miniers entraîneront d'autre part vraisemblablement de manière transitoire une hausse des rejets de gaz à effet de serre, car il faudra importer davantage de charbon et l'acheminer vers les centrales.

Actuellement, 100 000 personnes travaillent encore pour le secteur des mines : 42 000 dans le secteur proprement dit, le reste dans les industries connexes. En fait, la production de charbon de l'Europe ne représente que 2,5 % de la demande mondiale, et elle importe plus de la moitié de ses consommations pour faire fonctionner ses centrales thermiques. Mais en Allemagne 40 % de la production d'électricité provient de la combustion du charbon (et 15,4 % des énergies vertes), de même qu'en Roumanie, et 25 % pour l'Espagne (mais 20,6 % des énergies renouvelables).

L'Union Européenne veut montrer, au niveau mondial, la voie à suivre vers les énergies renouvelables, à la fois pour des raisons environnementales et par souci d'un approvisionnement sûr. Ces énergies vertes ont représenté 62 % des nouvelles capacités de production d'électricité en 2009, contre 57 % en 2008. En maintenant ce rythme, l'objectif de 20 % d'électricité consommée d'origine renouvelable sera certainement très largement dépassé et pourrait atteindre 35 voire 40 % de l'électricité totale consommée.

Source : Fenêtre sur l'Europe

Télécoms : une charte de bonne conduite pour le développement durable

26 juillet 2010

Une charte d'engagements volontaires pour le développement durable a été signée le 22 juillet entre le gouvernement et le secteur des télécommunications représenté par la Fédération Française des Télécommunications (FFT). 25 autres secteurs d'activité se sont déjà engagés dans ce domaine autour d'une charte. Le secteur des télécommunications est le 26ème.

Cabine telephone en pleine nature

source image : geograph.org.uk

Un double objectif

L'objectif de cet engagement est double : il vise à ce que le secteur devienne plus respectueux de l'environnement et à ce qu'il réduise ses émissions de gaz à effet de serre. Les acteurs de la téléphonie française espèrent même contribuer à hauteur de 7 % à la réduction des émissions de CO2, soit un tiers des objectifs français.

En fait la téléphonie crée autant de dégâts qu'elle en évite à d'autres secteurs (bâtiment, papiers…). Pointé par l'IDATE (Institut de l'Audiovisuel et des télécommunications en Europe) en début d'année (voir notre article du 19 février), le secteur veut prouver sa volonté  d'améliorer son bilan environnemental.

Des engagements forts

La charte s'articule autour de cinq volets principaux :

  • la maîtrise des consommations énergétiques, malgré l'explosion des usages de la téléphonie, par des engagements concrets des opérateurs sur la consommation d'énergie de leurs centres de données, de leurs réseaux mais aussi des box ADSL et des décodeurs TV. Les opérateurs veulent maintenir l'électricité consommée par le secteur à 8,5 milliards de kWh (TWh) d'ici à 2012 (ce qui revient à garder une consommation stable alors que les usages se développent très rapidement). Les box consomment beaucoup : 1,6 TWh pour 19,6 millions d'usagers en 2008, et on en prévoit 40 millions en 2015. Les changer n'améliorerait pas l'impact environnemental du secteur, car il faudrait pouvoir toutes les recycler. Les opérateurs travaillent plutôt sur des solutions logicielles de mises en veille sans intervention de l'usager. Quant aux décodeurs TV, ils sont équipés à partir de juillet de cette année d'un bouton marche/arrêt.
  • la diffusion des usages innovants des technologies de l'information et de la communication (TIC). Celles-ci sont à la base de solutions pour piloter et limiter les consommations d'énergie de secteurs comme le bâtiment, les transports, les réseaux. Il en va ainsi de l'assistance à des bâtiments économes (par le pilotage du chauffage ou des équipements permettant de réduire les consommations par exemple), les réseaux d'énergie intelligents, mais aussi le travail à distance ou la dématérialisation des documents.
  • l'engagement vers une consommation durable avec la généralisation des offres de reprises des téléphones usagés : en 2009, le secteur a collecté 485 000 téléphones en fin de vie, alors qu'il en vendait 15 millions. Quand Bouygues a supprimé son offre de reprise à 10 €, le nombre de téléphones collectés par l'entreprise a été divisé par 4 ! Les opérateurs envisagent donc de nouvelles offres de reprises, qui pourraient aller de 2 à 280 € en fonction de l'âge et de l'état de l'appareil, entre autres critères. Cela permettra de mieux gérer la fin de vie et le recyclage des appareils abandonnés. De plus, le secteur est le premier à s'engager sur l'affichage des performances environnementales des modèles mis sur le marché.
  • la responsabilisation de toute la chaîne de production avec la diffusion des critères de responsabilité sociale et environnementale et l'évaluation des principaux fournisseurs. Il s'agit donc là de mener une politique d'achat responsable et pour cela d'adopter des méthodes standardisées d'évaluation des partenaires.
  • l'inscription dans une démarche de progrès et d'éco-responsabilité des entreprises du secteur en incitant les collaborateurs à adopter des comportements économes (limitation de l'usage du papier, ou du parc automobile…).

Nathalie Kosciusko-Morizet précise :

En se contraignant à un calendrier et à des objectifs précis en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de déchets, les professionnels des télécoms témoignent de leur volonté de verdir leur secteur. Mais cette charte consacre également la capacité des TIC à innerver l’ensemble des secteurs économiques pour accélérer leur conversion écologique. En alliant « croissance verte » et « révolution numérique », nous faisons le choix d’un nouveau modèle de croissance, dans lequel pourra se modeler la société durable de demain.

Cette charte relève d'une démarche volontaire des opérateurs, mais elle s'appuie sur des objectifs chiffrés et concrets, pour lesquels des indicateurs précis de suivi sont fixés. Pour une croissance verte du secteur, certaines solutions se révèlent finalement simples à mettre en place et le seront rapidement, d'autres demanderont un peu plus de temps, mais la tenue des objectifs devra pouvoir s'apprécier dès 2012.

Sources : Communiqué de presse du MEEDEM, Durable, Les mobiles, La Tribune (article du 22 juillet et article du 23 juillet)

La consommation de carburants en France en hausse

25 juillet 2010

carburants

Les voitures électriques sont en préparation, mais pas encore livrées et utilisées. Cela se sent dans la consommation de carburants : 4,4 millions de m3, ce sont les quantités livrées en France en juin 2010, soit 0,9 % de plus qu'en juin 2009.

Si l'on constate une baisse de 5,7 % des livraisons de supercarburant (SP 95 ou 98), celle-ci est largement compensée par une augmentation de 3 % des livraisons de gazole, car ce carburant représente à lui seul 78 % des consommations françaises.

En année mobile, entre juillet 2009 et juin 2010, la consommation globale a augmenté de 1,1 % par rapport aux douze mois précédents (juillet 2008 – juin 2009), avec durant cette période une baisse de 4,6 % des supercarburants alors que les quantités de gazole ont augmenté de 2,9 % sur la même période. Un petit point positif cependant : la consommation reste en retrait de 1,7 % par rapport aux années 2007 – 2008.

Sources : Enerzine, UFIP, Portail Orange Ile de la Reunion (image)

Bientôt des chaussures motorisées ?

24 juillet 2010

Chaussure treadway

Dans notre rayon  inventions en tout genre, voici le concept Treadway Wearable Mobility (du nom de son inventeur Peter Treadway), qui ne demande qu'à se perfectionner pour rendre nos petits déplacements en ville aisés et sans fatigue. Les rollers ou les patins à roulettes, tout le monde connaît. Mais en plus de demander un sens certain de l'équilibre et une bonne forme physique, ils présentent l'inconvénient d'empêcher de marcher et d'encombrer lorsqu'ils ne sont plus aux pieds.  Ce nouvel équipement  pourra (dans un proche avenir ?) faciliter les déplacements urbains de tous ceux ceux qui utilisent les transports en commun.

En effet, partant de la constatation que beaucoup n'aiment pas marcher, qu'il faut atteindre le transport en commun le plus proche et que celui-ci ne vous amène pas obligatoirement où vous voulez aller, Peter Treadway, un américain de Los Angeles, a conçu cet appareil destiné à parcourir le dernier kilomètre vous séparant de votre destination :

Dans la ville, les voitures encombrent nos rues. Si chacun des véhicules (thermiques) devaient se convertir à l'électricité, nous aurions toujours le même nombre d'automobiles sur les voies. Ce n'est pas seulement un problème lié à Los Angeles. Le fait est que la voiture rend la vie plus facile et sait faire preuve de souplesse dans la planification des voyages. J'ai remarqué que beaucoup d'entre nous n'utilisent pas les transports en commun parce qu'il est contraignant de s'y rendre. La commodité est l'un des principaux facteurs de motivation pour adopter le changement.

Cet équipement est destiné à pallier à ces petits inconvénients. Il s'agit de chaussures à roulettes, qui intègrent un petit moteur électrique, alimenté par une batterie rechargeable et contrôlable grâce à une télécommande sans fil. Elles permettent à celui qui les portent de marcher ou de rouler sans perdre de temps à mettre ou à retirer son équipement.

Prototype chaussure Peter Treadway

L'invention n'est pas encore complètement au point : actuellement, il n'en existe qu'un modèle, équipé d'une batterie assez volumineuse et commandé par un système à fil. Il peut néanmoins propulser la personne qui s'en chausse à la vitesse maximale de 16 km/h. L'inventeur a pour objectif de perfectionner son modèle (actuellement peu seyant, il faut bien le reconnaître) et de l'adapter afin qu'il puisse convenir à tout type de chaussures ou de vêtements. Il prévoit pour cela de fixer les composants à chaque jambe dans une sorte de guêtre. De quoi révolutionner la marche à pied !

Source : Enerzine, Bestofmicro, Peter Treadway

Industrie photovoltaïque : l'APESI réagit

23 juillet 2010

Tuiles photovoltaiques Captelia

Alors que le gouvernement va modifier pour la deuxième fois en un an – et  revoir à la baisse – les mesures de soutien à l'industrie photovoltaïque (voir notre article du 19 juillet), l'APESI ( Association des Producteurs  d'Electricité Solaire Indépendants) réagit et donne ses arguments contre les mesures annoncées par le MEEDEM.

Elle se montre ainsi très critique sur les annonces du ministère et dénonce la déstabilisation de toute la filière, engendrée par les plans successifs :

Sur une base de restrictions budgétaires, ajouter une bonne dose d'opacité, un soupçon de précipitation et une pincée de désorganisation. Laisser mijoter pendant que les investisseurs et les porteurs de projets retiennent leur souffle. Le résultat attendu arrive enfin : un secteur complètement désorganisé, le recul des investisseurs et des difficultés financières pour de nombreux acteurs de la filière !

De tous les pays européens, la France est le seul qui ne parvient pas à clarifier son régime de soutien à la filière photovoltaïque. Que ce soit au niveau des tarifs d'achat ou des crédits d'impôts, rien de ce qui concerne le cadre de développement de l'industrie solaire en France ne paraît stable. Sur fond de crise et dans la période troublée que vit l'économie française, la visibilité et la lisibilité des réglementations est un paramètre déterminant. Il fera la différence entre un développement serein et raisonné de la filière et une profusion de projets constitués à la va-vite dans le but d'échapper aux volte-faces incessantes des autorités publiques. Au-delà des dommages subis par les acteurs privés, c'est l'économie française qui pâtit de ces modifications incessantes. La crédibilité de l'administration française auprès des investisseurs, qu'ils soient français ou étrangers, s'en trouve diminuée. L'exemple de l'industrie photovoltaïque est, du reste, un avertissement à l'égard des investisseurs sur d'autres secteurs industriels réglementés.

Selon l'association, les objectifs français de 5400 MW en 2020 sont encore loin d'être atteints, contrairement à ce que Jean-Louis Borloo déclarait dans les Echos le 13 juillet :

Nous sommes face à un risque de bulle spéculative, les demandes de raccordement sont aujourd'hui au niveau de l'objectif que nous nous étions fixé pour 2020.

L'APESI affirme de plus que la création de milliers d'emplois verts serait remise en question, alors qu'un plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte avait été initiée il y a peu de temps par la Secrétaire d’Etat en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat (voir notre article du 26 juin) :

Déjà, la filière emploie près de 10 000 personnes et ce chiffre ne cesse de croître. En mettant un coup d’arrêt au soutien à la filière solaire et en gelant les investissements, le gouvernement effectue ici un revirement de politique, qui risquerait une fois encore de toucher durement les emplois des PME/PMI et de réduire le développement de l’économie locale liée à ce secteur.

De même, le ministre de l'écologie avait donné comme autres arguments en faveur des mesures de réductions des aides :

Le prix des équipements a baissé de 30% et les Allemands viennent eux aussi de décider de réduire les tarifs d'achat des énergies renouvelables.

Faux en ce qui concerne le premier point, répond l'APESI :

La diminution des tarifs d'achat de l’électricité solaire ferait écho, aux dires de certains, à la baisse du coût des panneaux et des onduleurs sur le marché. Ces arguments ne reflètent pas la réalité du marché car cette baisse ne concerne aujourd’hui que les matériaux importés d’Asie. Or actuellement, les commanditaires publics ainsi que la majorité des clients privés demandent davantage de matériel européen.

Sa qualité est largement reconnue au sein de la profession mais ses prix, eux, ont augmenté (jusqu’à 10% sur les onduleurs, 8% sur les panneaux). A noter que, quand bien même la baisse des prix des panneaux correspondrait à une réalité, la baisse des tarifs est bien plus impactante sur l'économie des projets.

D'autre part, l'association explique que les tarifs de rachat de l'énergie solaire se situent en fait dans la moyenne européenne :

Sur le secteur du solaire industriel, le tarif de 42 centimes n’est pas exceptionnel du tout. Les tarifs d’intégré bâti (0,58 €/kWh) concernent aujourd'hui uniquement le secteur des particuliers mais les tarifs du solaire industriel (0,42€/kWh en toiture et 0,31 à 0.37€/kWh au sol) sont tout à fait dans la moyenne européenne : 0,40€ en Bulgarie, 0,48 en République Tchèque et en Italie, 0,45 en Grèce…

Si les assainissements de la filière décidés en début d'année semblaient nécessaires aux professionnels, et à ce titre avaient été acceptés, les mesures décidées cette fois-ci par le MEEDEM pour participer à la réduction du déficit public passent mal et sont contestées par les représentants de ce secteur d'activité.

Sources : Les Echos, Enerzine (article du 20 juillet et article du 21 juillet), Captelia (image)

sur une base de restrictions budgétaires, ajouter une bonne dose d'opacité, un soupçon de précipitation et une pincée de désorganisation. Laisser mijoter pendant que les investisseurs et les porteurs de projets retiennent leur souffle. Le résultat attendu arrive enfin : un secteur complètement désorganisé, le recul des investisseurs et des difficultés financières pour de nombreux acteurs de la filière !

De l'IFP à l'IFP-Energies Nouvelles

22 juillet 2010

logo ifp energies nouvelles

La promulgation de la loi Grenelle II entraîne une nouvelle dénomination pour l'Institut Français du Pétrole (IFP) qui devient IFP-Energies Nouvelles. Cette nouvelle dénomination proposée par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDEM) met en cohérence le nom de l'IFP avec la réalité de ses programmes de recherche. En effet, si jusque dans  les années 2000, l'institut consacrait l'essentiel de ses travaux aux hydrocarbures, aujourd'hui 50 % de ses programmes R & D sont orientés vers les nouvelles technologies de l'énergie (NTE) : véhicules économes, hybrides et électriques, biocarburants et chimie verte, captage et stockage du CO2, etc.

L’IFP est un organisme public de recherche et de formation, à l’expertise internationalement reconnue, dont la mission est de développer les technologies et matériaux du futur dans les domaines de l’énergie, du transport et de l’environnement.

L'IFP apporte aux acteurs publics et à l’industrie des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers les énergies et matériaux de demain, plus performants, plus économiques, plus propres et durables.

Dans un monde qui vit dans le double défi de la nécessité de l'énergie et du changement climatique, le désengagement des énergies fossiles ne se fera pas en un jour : c'est un objectif qui demande une période de transition. Il faut en effet que les solutions alternatives se mettent en place. Le mix énergétique, en France comme ailleurs, inclut les énergies fossiles et les énergies vertes.

L'IFP Energies Nouvelles s'appuie sur ses activités historiques liées aux hydrocarbures, pour favoriser les NTE.  Ainsi, la conservation du nom IFP, auquel on ajoute Energies Nouvelles, entérine les nouvelles activités de l'institut, engagées depuis 2003, tout en conservant le sigle initial qui jouit d'une bonne notoriété internationale.

Le contrat d'objectifs 2011-2015 prévoit une continuation et une intensification de ses travaux sur les nouvelles technologies de l'énergie, en intervenant dans de nouveaux domaines liés aux énergies renouvelables dont les énergies marines, la gestion de l'eau et plus généralement les éco-industries.

IFP Energies nouvelles traduit donc l'engagement fort de l'entreprise, déjà à l'œuvre depuis une dizaine d'années, au service du développement durable. Un engagement à développer des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers un système énergétique durable et moins carboné.

Sources : IFP, Enerzine

Chine : toujours plus de charbon

21 juillet 2010

mine de charbon en chine

Premier producteur mondial de charbon (38 % des volumes), la Chine était jusqu'en 2007 un pays exportateur de charbon. Depuis 2008, elle est devenue importatrice et les importations ont bondi de 212 % (125,8 millions de tonnes) en 2009 par rapport à l'année précédente. Les experts en prévoient 170 millions pour l'année 2010, ce qui lui confère la place de premier importateur de charbon.

D'une part, le pays a un besoin croissant d'énergie, et celle-ci s'appuie en grande partie sur le charbon ; d'autre part, il a des objectifs à tenir en matière d'efficacité énergétique et ceux-ci risquent d'être compromis. C'est ce qui explique deux déclarations récentes du gouvernement chinois : d'une part, il demande aux producteurs locaux de charbon de ne pas augmenter leurs prix pour les fournisseurs d'électricité ; d'autre part, il menace de réduire les aides, et s'il le faut les fournitures d'électricité,  dans les zones où la consommation affiche une croissance excessive.

En 2008, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Empire du Milieu a consommé 40 % de la production mondiale de charbon et la moitié du pétrole consommé dans toute l'Asie. Sa croissance rapide et l'élévation du niveau de vie de ses 1,3 milliards d'habitants ne lui laissent pas d'autre choix que l'utilisation des énergies fossiles pour sa production d'électricité, d'autant que le charbon reste, en zones rurales, à la fois accessible et bon marché.

Ce dernier assure à lui seul 65 % de l'énergie primaire consommée en Chine, et 80 % de sa production d'électricité. Et les prévisions 2007-2030 font état d'une Chine à l'origine de 65 % de la croissance mondiale de la consommation de charbon. Car pendant ce temps-là la demande mondiale doit continuer à croître d'environ 1,9 % par an, mais celle de la Chine de 2,9 %.

La hausse de la demande de charbon résulte presque exclusivement de l'usage électrique : actuellement à travers le pays, deux centrales thermiques de 500 MW sont mises en service chaque semaine. Pourtant, parallèlement, la Chine fait de gros efforts pour s'équiper en énergies renouvelables et les premiers résultats sont encourageants. Ainsi en 2009, c'est le pays qui a le plus investi dans ce domaine, devant les Etats-Unis. Elle a mis en place une capacité de 37 GW de production d'énergies renouvelables et une augmentation de la puissance éolienne installée de 13 GW à 19 GW, selon les sources, l'année dernière. Au total, elle a investi 31,6 milliards d'euros dans les technologies vertes, contre 22, 7 milliards d'euros pour l'Europe (selon une étude de l'agence Bloomberg).  Ses investissements dans ces domaines étaient même peut-être supérieurs à ceux engagés dans les énergies fossiles. D'autre part, le développement nucléaire a aussi commencé.

Mais sans pétrole, et surtout sans charbon, cela ne suffit pas. Le charbon risque de rester pendant longtemps encore, un combustible sans sérieux concurrent. Son indépendance énergétique en dépend en grande partie.

Sources : Le Monde, Novethic, IFP, Jobenergies, Le Figaro Environnement, Ouest-France (image)

L'affichage de la consommation permet-il des économies d'énergie ?

20 juillet 2010

Nous avions vu le 20 juin dans un article sur les nouveaux compteurs intelligents que ceux-ci ne pouvaient engendrer des économies d'énergie, puisqu'ils se contentent d'enregistrer la consommation, mais qu'ils pouvaient y participer dans la mesure où ils rendent lisibles certaines informations en temps réel. C'est ensuite à l'usager qu'il revient d'utiliser ces informations pour changer ses comportements. Mais il faudrait peut-être envisager de lui fournir un appui qui lui permette d'interpréter ses consommations et de le faire évoluer dans une démarche de maîtrise de l'énergie.

Une étude de l'ACEEE

Une synthèse publiée par l'American Council for an Energy-Efficient Economy (ACEEE), publiée en juin dernier, reprend et analyse les résultats de 57 études sur l'impact de l'affichage sur les économies d'énergie aux Etats-Unis, au Canada, en Europe, en Australie et au Japon. Prudente dans ces conclusions, car l'ACEEE estime que des études complémentaires sur la persistance de la diminution de consommation doivent être faites, elle constate qu'au prime abord l'efficacité de tels programmes d'affichage a pu être supposée : ainsi des économies d'énergie allant jusqu'à 12 % par an ont pu être constatées. Mais cette diminution peut aussi provenir d'effets saisonniers plutôt que d'une réelle volonté des usagers de réduire sur l'année leurs consommations d'électricité.

advanced metering une etude ACEEE

La majeure partie des économies se réalisent grâce à un changement de comportement des consommateurs. Or, une information précise en temps réel leur offre une véritable possibilité de maîtriser leur consommation. Par contre, les investissements dans des équipements plus économes, très efficaces pourtant pour réduire sa consommation d'énergie, ne sont pas aussi courants.

Des systèmes d'accompagnement à la maîtrise de l'énergie

Pour que les systèmes d'affichage en temps réel soient plus efficaces, il faut que les consommateurs les acceptent et deviennent acteurs de leur maîtrise de l'énergie. Pour obtenir l'adhésion des usagers à ces actions, il peut être nécessaire de les y inviter par différents moyens.

Ainsi un partenariat entre fournisseurs d'énergie et d'autres structures présentant des solutions innovantes sur le suivi des consommations doit être encouragé. Présenter au consommateur une consommation de référence en rapport avec son logement et la composition de sa famille, lui fixer des objectifs, le faire adhérer à la démarche, voire le faire entrer en compétition ou animer des événements rendant la maîtrise de l'énergie plus attractive, sont autant d'éléments qui lui permettront, tout en le laissant libre, de continuer cette démarche. D'autre part, il est nécessaire de pousser les consommateurs à changer leurs habitudes, à analyser les composants de leur consommation d'énergie et les aider à faire des choix d'équipements. Plus rapidement, il serait facile de mettre en place des factures donnant des informations sur la consommation et présentant des astuces pour économiser l'énergie.

Des expériences dans ce sens ont été tentées avec un succès certain dans l'Allier par exemple il y a quelques années, dans d'autres régions de France, d'autres systèmes ont aussi donné de bons résultats comme récemment le bilan positif du dispositif Ecowatt, dont nous nous faisions écho dans un article du 24 avril.

Nous vous avons présenté le 18 juillet dernier le jeu T'es au courant ?, mais il existe aussi autour de ce jeu toute une démarche rassemblant un certain nombre d'éléments permettant de rendre chacun acteur de ses économies d'énergie. Vous trouverez ainsi bientôt sur le site du même nom astuces, informations, conseils permettant de maîtriser sa consommation d'énergie.

Sources : Energie 2007, site T'es au courant, étude ACEEE