L’eau sous pression de la demande énergétique mondiale

La Journée Mondiale de l’Eau qui s’est déroulée le 22 mars avait pour thème cette année l’interdépendance de l’énergie et de l’eau. A cette occasion, le Rapport Mondial des Nations-Unies sur la mise en valeur des ressources en eau vient rappeler que la croissance de la demande mondiale d’énergie pèsera de plus en plus sur les ressources en eau dans les années à venir. Il pointe par la même occasion le manque de coopération et de planification entre les deux secteurs et en appelle à une meilleure gestion.

Ce rapport, fruit de la collaboration des 31 entités des Nations Unies et des 36 partenaires internationaux qui constituent l’ONU-Eau, présenté tous les trois ans, dressait un état des lieux exhaustif de l’état des ressources en eau dans le monde jusqu’en 2012. A partir de cette année, il devient annuel et thématique. Sa présentation, comme son thème, seront désormais alignées sur la Journée Mondiale de l’Eau.

© UNESCO/Silke Lohmar/Geothermal Resources Council - Essai d’écoulement du puits Tol-4 au champ géothermique de Tolhuaca, au sud du Chili

© UNESCO/Silke Lohmar/Geothermal Resources Council – Essai d’écoulement du puits Tol-4 au champ géothermique de Tolhuaca, au sud du Chili

« Ce rapport mondial jette une lumière nouvelle sur l’interdépendance entre la gestion des ressources en eau et en énergie. Cette interdépendance appelle de la part de tous les acteurs une coopération beaucoup plus étroite, car il est clair qu’il n’y aura de développement durable tant qu’il n’y aura pas de meilleur accès à l’eau et à l’énergie pour tous » , déclare la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, tandis que pour sa part Michel Jarraud, Président de l’ONU-Eau souligne :

L’eau et l’énergie représentent des défis majeurs de développement dans le monde et ils doivent figurer en bonne place dans l’agenda post-2015. Ce cinquième Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau marque une étape importante puisqu’il s’agit de la première édition annuelle. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l’UNESCO, qui héberge et dirige le Programme d’évaluation des ressources en eau, et qui a coordonné la production et la publication du rapport. Je me félicite que les Nations Unies, à travers l’ONU-Eau, puissent désormais livrer chaque année une information actualisée sur une question dont l’importance va croissant pour créer un avenir durable.

Actuellement 768 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau « améliorée » dans le monde, 1,3 milliard ne sont pas raccordées à l’électricité et 2,6 milliards utilisent un carburant solide (biomasse) pour cuisiner. Mais ces ensembles se recoupent largement, souligne le rapport. Les choix effectués par les politiques publiques dans les domaines de l’énergie ou de l’eau a obligatoirement des répercussions dans l’autre, mais ils se font généralement au détriment des ressources en eau, perçue encore trop souvent comme « un don du ciel » , que les tarifs, qui reflètent rarement son prix réel, n’incitent pas à préserver.

Au total, la production énergétique mobilise près de 15 % des prélèvements en eau et cette tendance est orientée à la hausse : ces prélèvements devraient augmenter de 20 % d’ici 2035 (croissance démographique, urbanisation, évolution des modes de consommation) et la demande d’électricité connaîtra une hausse de 70 %. Or de nombreuses régions connaissent une raréfaction des ressources en eau et 20 % des aquifères sont surexploités. Mais il est  à craindre que la réponse aux défis énergétiques continue à se faire au détriment des ressources en eau.

La culture du biocarburant, par exemple, développée à grande échelle depuis 2000, se révèle particulièrement gourmande en eau, de même que l’exploitation des gaz de schiste (par fracturation hydraulique), qui de plus comporte d’importants risques liés à la contamination des nappes phréatiques par de nombreux composés chimiques. Les énergies renouvelables apparaissent moins coûteuses en eau. L’hydroélectricité, dont le potentiel est largement sous-exploité, ne livre actuellement que 16 % des besoins énergétiques mondiaux, cependant la construction de barrages a aussi un coût social et environnemental. L’éolien et le photovoltaïque, très économes en eau, ne fournissent cependant qu’un service intermittent, qui doit être compensé par d’autres sources, fossiles dans la plupart des cas qui devraient donc rester dominantes dans les années à venir.

Pour répondre aux défis énergétiques à venir, le rapport souligne la nécessité de coordonner les politiques de l’eau et de l’énergie, qui passe notamment par une révision à la hausse des tarifs de l’eau afin que les prix reflètent mieux le coût réel et l’impact environnemental du prélèvement et du traitement de l’eau. L’avenir passe aussi certainement par des productions combinées à la fois d’eau assainie et d’électricité. Les eaux usées par exemple peuvent aussi être transformées et converties en électricité.

Source : UNESCO

 

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