Photovoltaïque : une filière inquiète

installation tuile photovoltaique Captelia Imerys

Les annonces du MEEDEM en matière d’économies inquiètent sérieusement toute la filière photovoltaïque qui s’attend à un fort ralentissement du secteur. Ce ralentissement va entraîner de sérieuses répercussions sur le marché de l’énergie photovoltaïque.

Première mesure prévue actuellement : la fin du crédit d’impôts de 50 % du coût de l’installation, car il représente un manque à gagner de 800 millions d’euros pour l’état. Cette déduction devrait être réduite de moitié (25 %) et concerner exclusivement les logements anciens (soit 400 millions de recettes fiscales supplémentaires escomptées par le gouvernement). Même si l’énergie solaire représente un fort potentiel, cette mesure, qui profite plutôt aux ménages aisés, va obligatoirement avoir un certain nombre de conséquences.

La filière s’attend d’abord à une baisse de l’activité : les particuliers  n’ayant pas la même rentabilité, notamment dans le Nord de la France, s’équiperont moins. Les commandes vont donc diminuer.

Les installations à bas coût risquent de proliférer : les installateurs privilégiant les produits asiatiques, de moindre qualité mais moins chers. Ce sont les particuliers qui souffriront alors d’une productivité électrique et d’un rendement plus faibles.

La diminution des commandes entraînera le gel des recrutements. Alors que les analystes prévoyaient récemment une activité multipliée par deux dans cette filière dans les douze prochains mois, cette annonce va ralentir le développement des entreprises et risque même de le stopper.

Des milliers d’euros ont été investis en formation pour que les salariés du secteur puissent acquérir les compétences nécessaires, en pure perte si l’activité ne continue pas son développement.

Enfin les entreprises sur le marché du photovoltaïque, majoritairement jeunes donc fragiles, ne sont pas encore rentables, ou faiblement, même si leur taux de croissance était important : elles risquent donc de se trouver  considérablement fragilisées par ces mesures. Ainsi Franck Chevrel, dirigeant de France Panneaux Solaires explique :

Il plane une idée reçue forte du niveau de rentabilité de la filière du photovoltaïque. En effet, les dernières annonces de chiffres et les croissances vertigineuses de certaines sociétés laissent croire que les entreprises pourront facilement baisser leurs prix pour amortir les dernières annonces gouvernementales. Malheureusement cela est entièrement faux. Pour pouvoir soutenir la filière photovoltaïque et poursuivre l’objectif de fournir 20 % de notre énergie par celles dites renouvelables, il n’est pas envisageable de diminuer les aides gouvernementales.

Source : Enerzine, photo Imerys/Captelia

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3 Commentaires à “Photovoltaïque : une filière inquiète”

  1. Fred dit :

    POURQUOI « les installateurs privilégiant les produits asiatiques, de moindre qualité mais moins chers. » ? Les assembleurs Allemands ou USA achetent leurs cellules ou panneaux en Asie !

  2. Industrie photovoltaïque : l'APESI réagit « Le blog ecoCO2 dit :

    […] et  revoir à la baisse – les mesures de soutien à l'industrie photovoltaïque (voir notre article du 19 juillet), l'APESI ( Association des Producteurs  d'Electricité Solaire […]

  3. "Ajustement" des tarifs d'achat de l'électricité solaire « Le blog ecoCO2 dit :

    […] engendrée par les différentes décisions du gouvernement et s'inquiétaient de l'avenir de leur filière dans un contexte de chasse aux niches fiscales. Les voilà fixés… provisoirement car de […]

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