Consommation de viande : le Ministère de l’Environnement allemand veut montrer l’exemple

Depuis le mois de janvier, la viande et le poisson sont bannis des repas officiels du Ministère de l’Environnement allemand. Ainsi en a décidé la Ministre, Barbara Hendricks, qui précise que les ingrédients utilisés lors des réceptions doivent désormais être bio, de préférence produits localement ou issus du commerce équitable. Une décision qui fait grincer des dents certains membres de la classe politique allemande.
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La Ministre n’en est cependant pas à son coup d’essai : déjà le 24 août dernier, elle avait annoncé vouloir s’attaquer à l’élevage intensif, véritable institution en Allemagne, d’ailleurs assez contesté par la population comme l’évoquait un document de travail du Ministère qui dénonçait de plus « les effets néfastes sur l’environnement de ces pratiques. » Mais, n’étant pas directement en charge de ce dossier, qui relève du Ministère de l’Agriculture, et ne pouvant donc agir sur l’élevage, elle voulait passer par une modification du droit de la construction qui est par contre de son ressort. Là non plus, elle ne s’était pas fait que des amis : si les associations de protection de l’environnement, Greenpeace en tête, avaient salué cette décision, la fédération des agriculteurs (DBV), se sentant attaquée, y voyait les prémices de « la fin de l’élevage en Allemagne. »

L’Allemagne, connue pour ses grosses exploitations, est le premier producteur de porcs de l’Union Européenne et le plus gros éleveur de vaches laitières. La décision de la Ministre pour l’interdiction de la viande ou du poisson lors des repas officiels s’appuie sur le fait que l’élevage intensif est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, selon les données de 2013 de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Si végétariens et végétaliens se comptent par millions dans la population allemande (ils en représentent 9 %), leur nombre marque cependant un léger recul en 2016, certaines personnes se montrant déçues par des produits de remplacement de la viande qu’elles jugent trop salés, contenant des substances soupçonnées cancérigènes ou encore d’une consistance peu agréable.

Si la Ministre a affirmé dans un communiqué : « Nous voulons montrer l’exemple en termes de protection de l’environnement, car la nourriture végétarienne est meilleure pour le climat que la viande et le poisson » , son collègue de l’Agriculture s’est élevé contre cette position, qu’il traite de « paternaliste » : « Je ne ferai pas de journée végétarienne de quelle que manière que ce soit. Plutôt que dans le paternalisme et l’idéologie, je crois dans la diversité et la liberté de choisir. »  En décembre, ce dernier s’était déjà élevé contre l’utilisation des mots « steak » , « saucisse » ou « escalope » pour des produits végétariens, jugeant ces termes trompeurs et déstabilisants pour les consommateurs.

Certains députés ont aussi contesté la décision de la Ministre de l’Environnement, telle Gitta Connemann,  qui lui reproche de stigmatiser les consommateurs de viande : « Ils ne vont pas sauver le climat en empêchant des gens de manger de la viande. L’interdiction ne concerne qu’une poignée d’invités, pas les 1200 employés. C’est de l’idéologie pure. » Barbara Hendricks s’est défendue en déclarant ne pas vouloir dicter aux gens ce qu’ils devaient manger, mais « promouvoir un mode d’alimentation lus durable. »

Sources : Consoglobe, La France Agricole, Huffington Post

 

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