Comment des peaux d’oranges viennent au secours de la forêt tropicale…

Les déchets alimentaires ne sont pas suffisamment valorisés. L’exemple d’une entreprise de production de jus d’orange du Costa Rica, associée à des écologistes, montre comment, en quelques années, des pelures d’oranges peuvent venir enrichir des terres appauvries.

peaux d'orangeSelon l’étude publiée par la revue Restoration Ecology, l’histoire commence dans les années 90, quand deux écologistes de l’université de Pennsylvanie proposent un marché à Del Oro, fabricant de jus d’orange : en échange du don de terres boisées présentes sur le site de Guanacaste, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’entreprise pouvait déposer sans frais ses déchets d’oranges sur des terres dégradées du parc. Les scientifiques voulaient ainsi mettre en évidence l’intérêt des déchets agricoles pour la régénération des sols et la capture du CO2.

Accord conclu en 1997 et l’entreprise en profite pour décharger 12 000 tonnes de peaux d’oranges sur ces terres. Au grand dam d’un de ses concurrents qui ne tarde pas à la poursuivre en justice pour avoir « souillé un parc national » ! La justice lui donne raison. Projet donc délaissé, et les terres recouvertes de déchets d’agrumes sont ainsi laissées à l’abandon pendant 16 ans, avant que des chercheurs de l’université de Princeton, Timothy Treuer et Jonathan Choi, décident de procéder à l’analyse d’une parcelle de trois hectares.

Le premier raconte sa surprise : « C’était tellement recouvert d’arbres et de vignes que je ne pouvais même pas voir le panneau de 2 mètres de long avec un lettrage jaune brillant marquant le site qui se trouvait à seulement quelques mètres de la route. » Tandis que le second renchérit : « Alors que je marchais sur les roches affleurantes et de l’herbe morte dans les champs voisins, je devais grimper dans les sous-bois et me frayer un chemin à travers les murs de vignes dans le site des peaux d’oranges. » Ils constatent alors que, sur ce site, la biomasse aérienne a augmenté de 176 % ! Moins de deux décennies après, grâce à l’enrichissement de ces sols, la nature a repris ses droits.

Les chercheurs comparent alors avec un site similaire de l’autre côté de la route, mais qui n’avait pas été recouvert de peaux d’oranges, et constatent que la zone fertilisée par des déchets a des sols plus riches, une biodiversité plus conséquente et une plus grande fermeture de la canopée. Les niveaux de macro et de micronutriments du sol « souillé » par les épluchures d’oranges se sont considérablement élevés entre les échantillons prélevés 2 ans et 16 ans après l’épandage.

Un co-auteur de l’étude, David Wilcove, déclare : « Je suis convaincu que nous trouverons beaucoup plus d’occasions d’utiliser les « restes » de la production alimentaire industrielle pour restaurer les forêts tropicales. » Et les déchets alimentaires ne manquent pas ! Les déchets végétaux, dont ceux produits par le gaspillage alimentaire, peuvent ainsi être mieux valorisés en participant à l’enrichissement des sols dégradés. Les auteurs espèrent donc que ce succès de décharge abandonnée pourra inspirer d’autres projets de conservation des forêts tropicales, les forêts les plus riches piégeant dans quantités lus importantes de CO2.

Source : Notre Planète, Science Post

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