Industries de la viande et des produits laitiers : une « empreinte climatique démesurée »

infographie meat dairyTrois producteurs de viande ont émis l’an dernier davantage de gaz à effet de serre que la France entière : il s’agit de JBS, Cargill et Tyson. C’est ce qui ressort d’une étude menée par la Fondation Heinrich Böll, l’ONG Grain et l’IATP (Institute for Agriculture and Trade Policy) et publiée – à dessein – le 6 novembre alors que s’ouvrait à Bonn (Allemagne) la COP23.

En fait, ces industries produisent presque autant de gaz à effet de serre que les grandes pétrolières. Mais comme peu d’industriels de la viande et des produits laitiers calculent ou publient leurs émissions, l’ONG et ses partenaires se sont lancés dans le calcul d’une estimation de leurs émissions, en utilisant la méthode la plus complète conçue par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Ils ont ainsi établi qu’en 2016, les 20 plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers ont émis plus d’équivalent CO2 que l’Allemagne (le « champion » d’Europe en la matière). L’élevage industriel représente aujourd’hui 15 % du total des émissions de gaz à effet de serre, selon leurs résultats, soit plus encore que le secteur des transports. « Si la production continue à croître selon les prévisions de la FAO, les émissions vont s’aggraver à tel point qu’à elle seule, la production industrielle de viande et de produits laitiers sapera notre capacité à empêcher l’élévation des températures de susciter un scénario apocalyptique » estime l’ONG Grain. Ces entreprises dont les produits sont « grassement subventionnés dans un petit nombre de pays où ces produits font déjà l’objet d’une surconsommation » exportent dans le reste du monde, déstabilisant des millions de petits agriculteurs, « vrais garants de la sécurité alimentaire » en « bombardant les consommateurs d’aliments transformés mauvais pour la santé. »

industries viandeLa solution pour nourrir la planète tout en luttant contre le changement climatique passe, selon l’ONG, par l’investissement « dans une transition vers des systèmes alimentaires qui reposent sur les petits producteurs, l’agroécologie et les marchés locaux. Ces systèmes fournissent des quantités modérées de viande et de produits laitiers, mais ils le font de manière à régénérer les sols, à procurer des moyens de subsistance aux communautés rurales et urbaines et à améliorer la résilience des cultures et des animaux aux aléas d’un climat imprévisible. » Pour cela, il est nécessaire de rediriger l’argent public consacré à l’agriculture et la transformation industrielles des produits vers les petites exploitations agroécologiques, pour les aider à créer des emplois et des marchés locaux. Par ailleurs, « les municipalités devraient aussi investir dans des programmes “de la ferme à l’hôpital” et “de la ferme à l’école” qui fournissent une nourriture plus saine et renforcent les communautés rurales, tout en émettant moins de gaz à effet de serre. »

Source : Grain

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