Rapport de l’UFC Que Choisir sur la qualité de l’eau en France : « (E)au secours ? »

qualité des eauxL’UFC Que Choisir vient de faire paraître une étude sur la qualité de l’eau potable en France : elle estime en effet que les consommateurs sont en droit de s’interroger sur la qualité de l’eau du robinet, d’autant que Bruxelles pointe du doigt les nitrates déversés dans les rivières et les nappes phréatiques en Bretagne. Une étude d’autant plus importante quand on sait que l’eau du robinet, qui coûte jusqu’à 130 fois moins cher que l’eau en bouteille plastique, contribue près de mille fois moins à l’effet de serre.

Six critères retenus

Cette synthèse porte sur la qualité de l’eau au regard de six pollutions préoccupantes en termes sanitaires et environnementaux, alors que la qualité de l’eau se définit sur une cinquantaine de critères réglementés, et plus de  600 si l’on y ajoute les non-obligatoires. Deux des critères retenus proviennent du mauvais fonctionnement des traitements d’assainissement :

  • La qualité bactériologique, particulièrement les bactéries coliformes qui sont susceptibles de se rencontrer quand les installations de traitement et de distribution sont défaillantes ;
  • La teneur en aluminium, dont le sel est utilisé pour rendre limpides les eaux troubles ou colorées.

Un critère concerne les pollutions naturelles dues à la ressource : la radioactivité.

Les trois derniers critères sont d’origine agricole :

  • Les pesticides : l’Atrazine, pesticide interdit depuis 2003, mais qui persiste très longtemps dans l’environnement, et la quantité totale des différents pesticides présents ;
  • Les nitrates, issus des apports d’engrais et de fumure animale sur les cultures,  entraînés par les pluies dans les rivières et les nappes phréatiques ;
  • Le sélénium, composant naturel de la croûte terrestre dans ses couches profondes, toxique à faible dose.

Une eau globalement de qualité, mais…

Au global l’étude relève que 97,5 % des Français ont accès à une eau de bonne qualité, mais près de 2 millions de consommateurs paient, eux, pour une eau non-conforme aux critères réglementaires. Elle souligne que l’agriculture est la première cause de pollution de l’eau ; les résultats se répartissent ainsi : 69 % des pollutions sont d’origine agricole, contre 27 % dues à un défaut de traitement et 4 % dues à la radioactivité. Dans les zones urbaines et périurbaines, l’eau est globalement bonne :  » Aucune pollution n’est relevée dans les grandes villes ou les villes de taille moyenne. » Il s’agit là d’une conséquence de la réglementation car le type et le nombre d’analyses et la fréquence des contrôles sont proportionnels au nombre d’habitants desservis. Donc, plus le réseau est important, plus l’eau sera contrôlée et sa qualité assurée.

… pas toujours pour les habitants des petites villes

Mais des pollutions se rencontrent dans les petites communes (villes de moins de 30 000 habitants et communes de zone rurale). Pour 2 747 d’entre elles, l’étude relève des pollutions pour au moins un des critères. Cela représente environ 1 760 000 personnes qui reçoivent une eau non-conforme, l’insuffisance des contrôles exigés par la réglementation pour les petites communes étant mise en cause.

La radioactivité (4 % des pollutions) apportée par l’eau est en fait assez faible, mais 72 000 consommateurs, répartis dans 95 communes sont quand même touchés en Bretagne, dans le Massif Central et en Aquitaine. Mais 99,9 % de la population française reçoivent une eau conforme sur ce critère.

Les défauts de traitement (presque un tiers des pollutions) concernent des dépassements de normes dans les zones rurales et/ou de montagne (Massif Central, Pyrénées, Alpes) et en Corse. 276 000 personnes y sont exposées, soit 1 089 communes, mais là aussi, 99,6 % des Français bénéficient d’une eau de bonne qualité bactériologique. En ce qui concerne l’aluminium, le dépassement des normes concerne 157 000 consommateurs (491 communes), mais pour 99,8 % de la population, le critère est respecté.

Par contre en ce qui concerne l’agriculture, à l’origine de près de 70 % des pollutions, plus d’un million de personnes paient (1 400 communes) une eau qui ne respecte pas au moins un des critères : les pesticides (60 %), les nitrates (23 %) ou le sélénium (17 %).

Des propositions pour améliorer la qualité de l’eau

Face à ces problèmes, l’UFC Que Choisir formule plusieurs demandes : des aides financières de la Politique Agricole Commune réservées aux modes de production s’inspirant des approches de l’agriculture intégrée et de l’agriculture biologique ; la garantie de la mise en œuvre et du respect des exigences environnementales à travers des contrôles efficaces et l’adoption de sanctions ; l’application du principe pollueur-payeur via l’application de taxes ; une protection efficace de tous les captages.

Le site UFC Que Choisir présente aussi une carte interactive, permettant à chacun, en fonction de son lieu de résidence, de vérifier si l’eau mise à sa disposition répond aux critères retenus, et classe l’eau distribuée en cinq catégories représentées par des couleurs, du vert (bonne) au noir (très mauvaise).

Source : UFC Que Choisir, futura-environnement (image)

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Un Commentaire à “Rapport de l’UFC Que Choisir sur la qualité de l’eau en France : « (E)au secours ? »”

  1. Qui boit quelle eau ? | Le blog ecoCO2 dit :

    […] l’on consomme localement est conforme ou non aux normes de qualité en vigueur. Ainsi l’UFC Que Choisir révélait en 2012, dans un rapport sur la qualité de l’eau, que près de 1,5 million de […]

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