La rénovation énergétique des copropriétés à la traîne

Le BIPE (société d’études économies et de conseil en stratégie) vient de rendre public le rapport de l’OREC (Observatoire de la rénovation énergétique des logements en copropriété), qui identifie les obstacles freinant les travaux de performance énergétique dans les copropriétés et envisage des pistes pour une amélioration de la situation.

Les copropriétés représentent environ 30 % des logements français, soit près de 8 millions d’appartements. Mais leur consommation moyenne annuelle d’énergie (250 kWh/m²/an) se situe largement au-dessus de la moyenne nationale : les enjeux liés à la rénovation énergétique des logements en copropriété sont donc majeurs. Selon l’OREC, l’objectif de gain d’énergie de 38 % prévu par le Plan Bâtiment ne sera pas atteint dans ce secteur. Tout au plus, si les mesures publiques et l’offre des professionnels n’évoluent pas, atteindra-t-il 15 % entre 2010 et 2020, en raison des nombreux obstacles à franchir.ameliorer la performance des batiments

L’identification des obstacles…

Le premier obstacle concerne le processus de décision collective complexe, alors que, dans le parc social et l’habitat individuel privé, la décision de travaux ne requiert que l’approbation d’un seul décisionnaire, la rénovation énergétique des copropriétés demande un consensus entre des propriétaires dont les intérêts diffèrent. Il faut en effet distinguer deux types de travaux : ceux effectués sur les parties privatives – 32 % d’interventions de plus sur des éléments jouant un rôle significatif sur la performance énergétique que dans les  autres – et les parties communes, pour lesquelles il est toujours plus difficile de mobiliser les copropriétaires. De plus, cela se complique encore lorsque cela concerne des propriétaires occupants et des propriétaires bailleurs, plus réticents à améliorer la performance d’un logement dont ils ne supportent ni les charges locatives, ni l’éventuel manque de confort.

Ainsi les propriétaires occupants font procéder à plus de travaux d’isolation de toiture (19 % contre 15 % des propriétaires bailleurs), de changement du système de chauffage (10 % contre 6 %), et 36 % d’entre eux envisagent des travaux de rénovation énergétique dans les 5 prochaines années contre 24 %. Peu ou mal poussés par les syndics – pourtant censés connaître les dispositifs d’aides existants, les solutions énergétiques et leurs performances – à entamer des démarches, les copropriétaires manquent d’information. Même si les premiers disent informer souvent (47 %) ou parfois (31 %) les seconds, ils reconnaissent que leurs propositions d’amélioration ne sont suivies que dans 36 % des cas.

Le coût des travaux constitue aussi un obstacle majeur pour 72 % des propriétaires bailleurs et 54 % des propriétaires occupants. Cela joue d’autant plus que d’autres travaux peuvent se révéler indispensables : mise en sécurité des ascenseurs, ravalements, remise en état des parties privatives lors des changements de locataires, etc. Peu de demandes de travaux, donc, mais aussi peu de formules attractives qui provoqueraient la prise de décision : cela engendre un « cercle vicieux », selon l’OREC.

Et les solutions proposées

L’OREC donne ensuite des pistes pour encourager la rénovation énergétique des copropriétés. Cela passe d’abord par une meilleure information des copropriétaires : en effet, plus de 80 % des travaux effectués sur les parties communes ont été autofinancés et plus de la moitié des propriétaires n’ont pas fait appel aux aides possibles pour les travaux sur les parties privatives. Or, souligne l’étude, « les copropriétaires ayant connaissance de l’éco-PTZ ont 52 % plus de chances d’effectuer des travaux d’isolation en parties communes que les autres, et ceux connaissant la TVA à taux réduit ont 77 % plus de chances de remplacer les ouvertures en parties privatives. »

De plus, un travail de pédagogie doit être engagé : il passe par les bureaux d’études et les entreprises du bâtiment (électriciens, chauffagistes, couvreurs), « consultés dans respectivement 71 % et 60 % des cas par les syndics à la recherche de conseils pour la rénovation énergétique, et dans 32 % et 39 % des cas par les copropriétaires. »

Une autre solution pourrait venir de la poursuite des contrats de performance énergétique : « d’autre part, pour surmonter la problématique du coût, l’initiative des contrats de performance énergétique, avec ou sans la participation de tiers investisseurs, permettant la mise en œuvre d’interventions globales, efficaces mais à long temps de retour, doit certainement être encouragée par les pouvoirs publics. »

Enfin, alors qu’on parle principalement aux propriétaires d’économies d’énergie et de réduction de la facture énergétique, il faudrait y associer la notion de recherche de l’amélioration du confort, citée par la moitié des propriétaires comme par une majorité des syndics, et intégrer la rénovation énergétique au sein d’autres interventions. Cela permettrait, conclut le rapport, « à la filière française de la construction et de l’immobilier (…) de développer une offre adaptée au marché [des copropriétés], source d’emplois non délocalisables et à forte valeur ajoutée sur le territoire. »

Sources : Le Moniteur, Mon Immeuble, Batiactu, Actu Environnement (image)

 

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