Réunion : des détenus participent au développement des ENR

Le coup d’envoi d’un projet original, dénommé Bradzour (« aube naissante » en réunionnais) vient d’être donné dans l’île de la Réunion. Ce projet d’implantation d’une centrale photovoltaïque comprend aussi un plan de réinsertion sociale pour quelques 50 détenus, qui se formeront, entre autres, à la pose de panneaux solaires.

Le projet Bradzour

En effet, le projet Bradzour consiste à utiliser des terres laissées libres autour du centre pénitentiaire du Port de Rivière des Galets pour y implanter une centrale photovoltaïque en 5 zones : une ferme solaire au sol qui va en quelque sorte encercler la prison, mais aussi des ombrières de parking, des hangars photovoltaïques ainsi que des serres et des toitures. Le tout sur 9,5 hectares, portant 2000 tables de 12 panneaux, sans compter les panneaux des toits des bâtiments servant à l’exploitation agricole.

Cette exploitation agricole permettra à une douzaine de détenus de se former à la culture sous serre (2 ha) de plantes médicinales destinées aux laboratoires médicaux et à la parfumerie (ylang ylang, aloe vera), de géraniums qui seront vendus à la CAHEB (Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon) pour pallier l’absence de jeunes plants (et permettre la rémunération des détenus) et même du maraîchage bio destiné à la restauration collective du centre.

Une centrale photovoltaïque

Centrale photovoltaique - projet Bardzour

source : Enerzine

Le centre pénitentiaire aura à terme une puissance de 10 MW et deviendra ainsi la deuxième centrale solaire de l’île, derrière celle de Sainte-Rose. Sa production électrique permettra d’alimenter 4 000 foyers « en énergie propre et renouvelable », soit un tiers de la population de la ville. Ce projet sera mis en œuvre par l’entreprise Austral Energy, filiale sur l’île d’Akuo Energy, qui entend contribuer ainsi à une action de réinsertion et donner une nouvelle dimension à son engagement en faveur du développement durable.

Le directeur général d’Austral Energy, Steve Arcelin, estime que cette centrale au sol présente le double avantage de renforcer la sécurité du centre pénitentiaire et de résoudre la problématique du foncier sur l’île, dont la petitesse oblige la plupart du temps les projets d’énergies renouvelables à se positionner sur du foncier agricole. Là, ce terrain n’est pas une terre agricole, irriguée ou non, mais, selon son expression, « un no man’s land ».

Des formations qualifiantes pour les détenus

A court terme, à partir de juin 2010, les détenus suivront sur place des formations et participeront à la construction et à la pose des panneaux photovoltaïques au sol, à la création d’un atelier industriel et à l’assemblage des structures des ombrières sur les parkings et des serres, ce qui leur offrira de réelles possibilités de réinsertion. L’implantation du volet agricole suivra.

Le programme de formations (diplômantes)  s’avère d’ailleurs très diversifié : 16 détenus seront formés au solaire photovoltaïque, 16 autres à la pose de chauffe-eau solaire (le projet en prévoit l’installation de 30), 16 à l’électricité du bâtiment et une quinzaine à l’agriculture.

A moyen terme, des détenus pourraient bénéficier d’un régime de semi-liberté pour exercer l’activité professionnelle nouvellement acquise sur d’autres fermes. A plus long terme, plusieurs dizaines pourront obtenir des CDI pour l’entretien des panneaux au centre pénitentiaire du Port.

Le développement durable à la Réunion

Le projet répond en fait à un triple but : contribuer aux efforts de l’île de la Réunion pour subvenir à ses besoins énergétiques, créer des emplois locaux (construction et entretien des infrastructures) et générer une redevance durable au bénéfice du ministère de la Justice (qui met à disposition le foncier du centre pénitentiaire) et à l’ADTRS (Association Départementale du Travail et de la Réinsertion Sociale).

Le projet prévoit en outre la réalisation d’un éco-quartier composé d’un lotissement de maisons à énergie positive et même à l’implantation d’une usine dans un bâtiment basse consommation. Ce dernier développement reste cependant encore soumis à certaines conditions.

Ce projet entre dans le cadre des préconisations du Grenelle de l’Environnement et du GERRI 2030 (Grenelle de l’Environnement à la Réunion  – Réussir l’Innovation 2030 ou bien Green Energy Revolution – Réunion Island), projet de programme partenarial conduit conjointement par l’État, le Conseil Régional et le Conseil Général. Il associe l’ensemble des collectivités territoriales de l’île, des industriels et des investisseurs  et vise à proposer un programme de développement durable à la hauteur des enjeux économiques et des enjeux de société.

Sources : Enerzine, Zinfos 974, ARER

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