CO2 et réchauffement climatique : les mauvaises nouvelles

emissions CO2Au moment où l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) rend son rapport annuel sur le climat, classant 2012 parmi les dix années les plus chaudes et pointant les phénomènes extrêmes, la station de Mauna Loa (Hawaï), mesurant la concentration de CO2 dans l’atmosphère, constate que celle-ci a dépassé le seuil symbolique de 400 ppm (particules par millions), un niveau inégalé depuis 10 millions d’années, signe d’un réchauffement inquiétant.

Le seuil de 400 ppm de CO2 franchi

Les relevés faits au-dessus du volcan de Mauna Loa ont montré exactement une concentration de 400,03 ppm le 9 mai. Il s’agit cependant d’un mesure « préliminaire » car l’instrument de mesure de San Diego n’a enregistré « que » 399,73 ppm. Historiquement, les premières mesures effectuées en 1958 (à Hawaï) s’établissaient à 316 ppm, courbe en hausse constante depuis.

Selon Bob Ward, directeur de la communication de l’Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l’environnement, à la London School of Economics and Political Science :

La dernière fois que la planète a connu une concentration de plus de 400 ppm de CO2, c’était il y a environ 3 millions d’années, quand la température globale était deux à trois degrés plus élevée qu’à l’ère pré-industrielle. Les calottes polaires étaient plus petites et le niveau des mers était environ 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques.

Alors que la communauté internationale vise à contenir le réchauffement climatique à +2°C par rapport au niveau préindustriel, seuil au delà duquel les scientifiques alertent sur les conséquences sur le système climatique et les phénomènes extrêmes,  des émissions de CO2 de 400 ppm place plutôt ce réchauffement sur une courbe atteignant 2,4°C de hausse moyenne pour la planète.

Et une température qui continue à s’élever

L’OMM, quelques jours avant cette constatation, allait dans le même sens en classant 2012 dans les dix années les plus chaudes jamais observées (au 9ème rang exactement). La température moyenne à la surface du globe a effectivement présenté une anomalie positive estimée à 0,45 °C (+ ou – 0,11°C) par rapport à la normale calculée pour la période 1961 – 1990. Et pour la 27ème année consécutive, la moyenne des températures à la surface de la terre et des océans se trouve au-dessus de cette normale. Pire : « les années 2001-2012 comptent toutes parmi les 13 années les plus chaudes jamais observées » note le communiqué de l’OMM.

Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale, précise :

Bien que le rythme du réchauffement varie d’une année sur l’autre en raison de la variabilité naturelle du climat induite par El Niño, par les éruptions volcaniques et par d’autres phénomènes, le réchauffement continu de la basse atmosphère reste inquiétant. La tendance à la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre qui se poursuit et entraîne une augmentation du forçage radiatif de l’atmosphère terrestre confirme que le réchauffement va se poursuivre.

La fonte record des glaces de l’Arctique en août-septembre (chiffre inférieur de 18% au précédent minimum record enregistré en 2007 de 4,18 millions de km2) est également un signe inquiétant du changement climatique. Bien d’autres phénomènes extrêmes se sont produits en 2012, comme des sécheresses et des cyclones tropicaux. La variabilité naturelle du climat a toujours donné lieu à ces extrêmes mais les caractéristiques physiques de ces phénomènes météorologiques et climatiques résultent de plus en plus du changement climatique. À titre d’exemple, comme le niveau mondial de la mer est désormais plus élevé de 20 cm environ par rapport à 1880, des tempêtes comme l’ouragan Sandy entraînent davantage d’inondations côtières qu’auparavant.

« Le changement climatique accentue la variabilité naturelle du climat et devient une source d’incertitude pour les secteurs économiques sensibles au climat, comme l’agriculture et l’énergie » conclut le communiqué de l’OMM.

Sources : OMM, Science et Avenir

 

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