Archive pour la catégorie ‘Automobile’

Les feux tricolores aggravent les émissions de CO2

Vendredi 3 septembre 2010

emissions de co2 lors des arrets aux feux tricolores

L'organisation de mobilité belge, Touring, cherche depuis plusieurs mois à alerter  les autorités bruxelloises : la désynchronisation des feux de signalisation en ville, qui provoque des arrêts et des redémarrages fréquents ainsi que des files de voitures bloquées, multiplie par 3 les émissions de CO2.

S'appuyant sur des études réalisées à sa demande par un laboratoire universitaire, l'association constate que dans certaines rues de la capitale belge, en raison de la désynchronisation,  les voitures doivent attendre jusqu'à 4 cycles de feux de signalisation avant de passer. Touring précise :

Il ressort que les émissions de CO2 triplent si les véhicules sont bloqués dans les files créées par des feux de signalisation non synchronisés. Pire encore : les émissions de particules fines, de NOx et de CO augmentent aussi.

Pour évaluer ceci en chiffres : une perte de temps (évaluée à 9 minutes d'attente), trois fois plus de rejets de CO2 par rapport à un cycle unique et 1 minute et demie d'attente, et une concentration de particules fines en augmentation de 10 % pour le monoxyde de carbone et de 6 % pour l'oxyde d'azote.

L'association préconise la mise en place d'une « équipe d'entretien des feux de signalisation » chargée d'analyser les flux de circulation et d'adapter le réglage des feux, en s'appuyant sur des comptages de trafic réguliers. Cette solution éviterait d'importantes émissions de gaz à effet de serre, notamment lors de changement structurel des routes ou de variation des flux de circulation.

Les autorités belges font cependant la sourde oreille : leur but est avant tout de décourager les automobilistes à utiliser leur véhicule. Même logique en France, où un directeur de centre de gestion de feux tricolores reconnaît que la synchronisation des feux de circulation ne répond pas à un programme environnemental, mais à un besoin de fluidifier le trafic, et surtout de favoriser le passage des bus. Elle répond aussi à une volonté de ralentir les véhicules particuliers. L'objectif recherché est là aussi d'encourager les usagers à utiliser les transports en commun.

On rappelle actuellement  l'importance de l'apprentissage de l'éco-conduite : celle-ci limite la consommation de carburant et permet de réduire les émissions de CO2. Son utilité est démontrée par la place qui lui est donnée en auto-école et par la formation systématique des personnels de certaines entreprises, comme les agents de distribution du courrier de La Poste (cf notre article du 10 avril). Rappelons aussi que dans certaines villes étrangères, il est d'ores et déjà obligatoire d'éteindre son moteur lorsque l'on est arrêté à un feu rouge (ce que font automatiquement les nouveaux véhicules équipés de la fonction stop & start).  Il semble regrettable que paradoxalement les pouvoirs publics n'utilisent pas aussi  l'outil de régulation du trafic que représentent les feux tricolores pour permettre une réduction des gaz à effet de serre en ville.

Sources : L'Argus, le Journal de l'Environnement

Le Mondial de l'Automobile 2010 sera électrique

Samedi 28 août 2010

Mondial de l'automobile 2010

Nous avions consacré il y a deux ans une newsletter spéciale au Mondial de l'Automobile 2008 en mettant l'accent sur les fonctions de type stop&start, les véhicules hybrides et les véhicules électriques. Et bien la tendance s'accentue cette année.

Ecomobilité

Les véhicules de dernières générations, aux faibles émissions de CO2, et les technologies vertes qui préfigurent ce que sera « l’écomobilité » de demain seront au cœur de l’actualité du Salon. De nombreuses annonces seront faites et les quelques 250 exposants présenteront leurs nouveautés en terme de motorisations hybride, thermique ou électrique plus respectueuse de l'environnement.

Un secteur spécial, placé sous le haut patronage du Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, et du Ministère de l'Industrie leur sera consacré. Il sera complété d’un Centre d'essais de voitures électriques EDF et d’un Centre d’initiation à l'éco-conduite BNP Paribas , avec tests en parcours urbain, à proximité du parc des expositions.

Porte de Versailles à Paris

Le salon se déroulera, comme d'habitude, au parc des expositions de la Porte de Versailles au Sud de Paris. Il ouvrira ses portes le 2 octobre pour les fermer le 17 octobre.

Source et renseignements complémentaires : site officiel du salon

Connaitre les émissions de CO2 de son automobile

Samedi 21 août 2010

Plusieurs outils pour vous aider à mieux évaluer l'impact carbone de votre véhicule sont accessibles sur le site de l'Ademe dans son mini-site ecocitoyens.ademe.fr.

L'outil de calcul

Assez rustique mais très simple, l'outil permet en trois clics de sélectionner le véhicule neuf le plus proche de son automobile et d'en connaître les caractéristiques essentielles dont la consommation et les émissions de CO2.

Il est consultable ici. Il est préférable d'utiliser Internet Explorer pour l'utiliser.

Le guide  2010

Le guide « Consommations conventionnelles de carburant et émissions de gaz carbonique des véhicules particuliers en France » recense tous les véhicules homologués en France et vendus en 2010.

Il délivre pour chaque véhicule la valeur de sa consommation de carburant et de ses émissions de CO2, ainsi que le bonus ou malus correspondant.

Un palmarès dresse la liste des véhicules, Essence et Diesel, les moins émetteurs de carbone, pour les 10 premières valeurs d’émissions de CO2. Les trois premiers sont :

  1. Toyota Prius
  2. Toyota iQ
  3. Honda Insight

Il est téléchargeable ici.

Voitures électriques : de futures réserves d'électricité ?

Mercredi 11 août 2010

Les voitures électriques ne circulent pas encore vraiment qu'on passe déjà à la suite : les rendre capables d'alimenter le réseau électrique en cas de pics de consommation. La technologie existe déjà, au stade expérimentale toutefois : c'est la V2G (Vehicle to Grid), mais elle devrait se développer dans la prochaine décennie.

V2G : les véhicules électriques comme moyen de stockage de l'énergie

source image : Magic Consotium

Ce véhicule présenterait en effet deux avantages : une solution pour les opérateurs d'électricité en manque provisoire de production et une rémunération pour les propriétaires de voitures électriques qui vendraient l'énergie stockée dans leur automobile en stationnement. Si l'on compte qu'aujourd'hui en France, une voiture est utilisée en moyenne moins de deux heures sur 24 par son propriétaire, elle pourrait servir de réserve 90 % du temps.

Il faut pour cela l'équiper d'un matériel spécifique : un chargeur spécial et un système de communication embarqué (box connectée à internet) lui permettant d'interagir avec le réseau électrique. C'est sur cela que travaille l'association Magic Consortium, aux Etats-Unis. Elle réunit Toyota, l'université du Delaware, des distributeurs d'énergie, des spécialistes des réseaux électriques intelligents (smartgrid en anglais) et la société AC Propulsion.

Arrivé aujourd'hui à l'étape de l'expérimentation, le principe consiste à se servir des batteries des véhicules électriques inutilisés comme réservoirs d'énergie quand ils sont branchés sur le réseau. Lorsque la production d'électricité est suffisante, les batteries sont chargées. Mais dans les cas d'offres insuffisantes, les opérateurs viennent y chercher le complément d'énergie dont  ils ont besoin, tout en laissant quand même la charge nécessaire au propriétaire.

Selon certains analystes, ce marché pourrait passer de 0,1 % des véhicules en 2015 à 1,7 % en 2020. Phénomène un peu marginal donc car il demande la réunion de plusieurs éléments : les développement des réseaux électriques intelligents, les politiques en matière d'énergies renouvelables, l'augmentation du prix de l'énergie, la prise de conscience environnementale des consommateurs, la réduction des prix du V2G et des aides publiques.

Mais ce serait un bon système pour permettre à l'automobiliste d'amortir le prix de sa voiture, même si du coup il s'expose au risque de piratage informatique et autre virus de son véhicule…

Sources : La Tribune, Greenunivers

La consommation de carburants en France en hausse

Dimanche 25 juillet 2010

carburants

Les voitures électriques sont en préparation, mais pas encore livrées et utilisées. Cela se sent dans la consommation de carburants : 4,4 millions de m3, ce sont les quantités livrées en France en juin 2010, soit 0,9 % de plus qu'en juin 2009.

Si l'on constate une baisse de 5,7 % des livraisons de supercarburant (SP 95 ou 98), celle-ci est largement compensée par une augmentation de 3 % des livraisons de gazole, car ce carburant représente à lui seul 78 % des consommations françaises.

En année mobile, entre juillet 2009 et juin 2010, la consommation globale a augmenté de 1,1 % par rapport aux douze mois précédents (juillet 2008 – juin 2009), avec durant cette période une baisse de 4,6 % des supercarburants alors que les quantités de gazole ont augmenté de 2,9 % sur la même période. Un petit point positif cependant : la consommation reste en retrait de 1,7 % par rapport aux années 2007 – 2008.

Sources : Enerzine, UFIP, Portail Orange Ile de la Reunion (image)

Mobilité européenne et voitures électriques

Vendredi 4 juin 2010

S'il est clair pour tout le monde, et particulièrement pour l'Union Européenne, que la voiture électrique représente l'avenir, les ententes au niveau de la mobilité avancent peu ou en ordre dispersé.

Un véhicule pour se déplacer

Une voiture électrique nécessite de fréquentes recharges (son autonomie actuelle ne dépassant guère 150 km). Mais qui dit recharge, dit prise électrique. Or il suffit de voyager un peu en Europe pour s'apercevoir qu'il n'existe pas de prise standard, et que chaque pays (ou presque) a ses normes ou son format. Donc la mobilité se trouve très réduite : sans possibilité de passer les frontières (ou tout du moins de recharger sa voiture en dehors de son pays d'origine), pas de développement à grande échelle de la voiture électrique. Pour une prise unique, il faudrait que les constructeurs de voitures, les fabricants de matériel électrique et les compagnies d'électricité, sans parler des politiques, se réunissent autour d'une table et se décident pour une norme commune. Or, de ce côté, la cacophonie règne.

Prise electrique pour véhicule

Source : autonews.fr

Personne ne sait encore si on utilisera nos prises actuelles qui supportent un courant de faible intensité (d'où un temps de recharge de 7 à 8 heures) ou des prises spéciales à forte intensité de courant et qui permettent une charge plus rapide. Et dans ce cas, encore faudra-t-il équiper les pays en bornes de recharge et trouver les endroits adéquats pour les installer et… l'électricité nécessaire pour les alimenter.

Actuellement, les premiers véhicules qui vont sortir ne permettent pas d'aller bien loin. Mais si l'on veut que ce moyen de déplacement se développe et évolue, il semble urgent de se mettre d'accord. Et les initiatives qui apparaissent ici et là ne semblent pas près de se coordonner. Ainsi, on trouve d'une part, des spécialistes d'équipements et de solutions électriques, d'autre part, la Commission Européenne et le Parlement, et, à côté, des initiatives d'états européens par petits groupes.

Les fabricants d'équipements électriques se regroupent

Du côté des équipementiers, en mars dernier, les Français Legrand et Schneider Electric et l'Italien Scame ont créé EV Plug Alliance pour définir une solution de branchement pour l'infrastructure de charge des véhicules électriques, dont ils souhaitent faire, à terme, un standard européen. Ils ont été rejoints par d'autres sociétés françaises comme Marechal Electric et Radiall, italiennes comme Gewiss et Vimar, une allemande, Weidmüller et même une japonaise Yazaki Europe. La solution d'EV Plug Alliance propose une charge de 24 kW avec une prise d'un très haut niveau de sécurité. Les premiers produits devraient sortir avant la fin de l'année.

Ministres et parlementaires européens discutent

D'autre part, les ministres européens discutent. Cela a été le cas en février déjà, lors d'une réunion des ministres de l'industrie. Ils ont approuvé le principe d'une politique européenne commune pour le développement des véhicules électriques pilotée par la Commission Européenne – avec un volet financier important. Un communiqué de presse du 6 mai, du Parlement Européen fait état des éléments suivants :

Ainsi les députés appellent à une action commune de standardisation – internationale si possible ou pour le moins européenne – des infrastructures et des technologies de rechargement, de soutien à la recherche et à l'innovation sur l'amélioration des batteries, d'amélioration des réseaux électriques grâce à la mise en place de réseaux intelligents et d'incitations coordonnées en vue d'assurer la compétitivité et l'efficacité énergétique de l'industrie des véhicules propres.

La Commission et les États membres devraient créer les conditions nécessaires à l'existence d'un marché unique de véhicules électriques afin d'éviter l'existence de systèmes et de normes incompatibles ou qui ne sont pas interopérables. Le développement de voitures électriques doit être bien équilibré, axé sur la réduction des embouteillages, de la consommation d'énergie, des émissions de CO2 et d'autres émissions mais sans négliger pour autant d'autres types de véhicules, tels que les vélos électriques, les tramways et les trains.

Les états membres prennent contact

Mais des états européens semblent aussi, par petits groupes, prendre des initiatives. Ainsi la France et l'Allemagne ont envisagé, depuis le début février, le lancement d'un projet pilote transfrontalier de mobilité électrique  dès cette année. Et le 26 mai, en parallèle d'une séance du Conseil des ministres de l'industrie, l'Allemagne, l'Espagne, la France et le Portugal ont, dans un communiqué, demandé à la Commission Européenne de financer des projets pilotes pour obtenir une norme européenne en 2011.

Les associations veillent

Dans l'immédiat, les associations de sauvegarde de l'environnement réagissent avec des arguments bien différents au développement de la voiture électrique. Ainsi, un rapport commandé par Greenpeace, les Amis de la Terre et Transport et Environnement souligne que pour fabriquer les batteries nécessaires à ces voitures, il faut extraire des matières premières comme le plomb, le nickel et le  lithium, dommageables pour l'environnement, et qu'il faudra encore produire plus d'électricité :

Dans les conditions actuelles, une augmentation des voitures électriques en circulation va probablement entraîner une plus grande production d'électricité dans les centrales nucléaires, à gaz et au charbon, sans forcément réduire la demande d'essence pour les voitures classiques.

On le voit, le sujet est très discuté et les préoccupations des uns et des autres ne se rejoignent pas toujours. Si tous soulignent qu'il y a urgence à agir, on a plutôt l'impression que la dispersion des actions risque de ralentir le procédé, alors que seul le rassemblement des différents acteurs autour d'une table permettrait de déboucher sur une solution commune. En fait, concevoir et fabriquer ces voitures sembleraient presque la seule chose facile !

Sources : Enerzine, ElectroniqueS, Usine Nouvelle, Durable.com, Communiqué de presse du Parlement Européen

Autoroutes d'Ile de France éteintes : écologie, économies ou sécurité ?

Lundi 17 mai 2010

autoroute allumée

Depuis le 12 mai, certaines portions de l'A86 sont éteintes la nuit. Peu à peu, ce sont 130 km de routes rapides d'Ile de France qui plongeront dans le noir. La direction des routes d'Ile de France donne trois arguments : les économies d'énergie, la diminution de la facture et la sécurité. Mais l'association française de l'éclairage (AFE) conteste cette décision.

Des arguments écologiques

Tout d'abord, la direction estime suivre par là les recommandations du Grenelle de l'environnement : en effet, cela permettra de limiter la pollution lumineuse, de réduire les émissions de CO2 liées à l'éclairage, et de diminuer, à terme, de 40 % les consommations d'électricité.

L'AFE souligne pour sa part que 86 % de l'électricité étant d'origine nucléaire, les quantités de CO2 émises sont réduites et que l'éclairage n'est responsable que de 1 % des émissions. D'autre part, il existe des lampadaires équipés de panneaux photovoltaïques.

Des raisons économiques

Le deuxième point concerne la réduction de la facture d'électricité : l'argument semble évident. Moins d'éclairage public sur les voies rapides représente moins d'électricité consommée, donc une facture énergétique qui s'allège. Certains avancent même le chiffre de 1,5 million d'euros économisés chaque année, grâce au démontage des candélabres. En effet, cela évitera aussi d'utiliser des ampoules et d'entretenir les équipements. Cependant, le démontage de ces installations ne devrait pas intervenir avant un an, à la fin de la durée d'expérimentation de cette mesure.

Et la sécurité ?

Le troisième argument concerne la sécurité et il est âprement discuté. En effet, la direction des routes s'appuie sur un exemple concernant l'A15. Cette autoroute n'est plus éclairée depuis 2007, suite au vol de câbles de cuivre des lampadaires. Or, la DIRIF constate que sur cette portion, la sécurité ne s'est pas dégradée, au contraire, puisque les chiffres d'accidents sont en baisse. Gérard Sauzet, Directeur des routes d'Ile de France, précise lors d'un entretien avec le journal Le Parisien :

Il faut tordre le cou à l’idée selon laquelle l’éclairage favorise la sécurité routière. Sur l’A15, le nombre d’accidents a baissé de 30 % depuis qu’elle n’est plus éclairée. Les véhicules roulent moins vite et les conducteurs sont plus vigilants. C’est ce que nous avons constaté depuis deux ans. Et pourtant, les pressions locales pour rétablir l’éclairage n’ont pas manqué (…).

Nous continuerons à éclairer les zones fortement urbanisées, les tunnels, les zones où alternent tunnels et sections découvertes, comme sur l’A86, les échangeurs et aussi, pour des raisons de sécurité publique, quelques points singuliers comme l’A1 entre Roissy et la Porte de La Chapelle, où les vols à la portière sont fréquents.

L'AFE conteste la corrélation entre la baisse enregistrée et l'absence d'éclairage. Elle insiste sur le fait que des routes bien éclairées représentent plus de sécurité pour les usagers en avançant l'argument suivant :

L’éclairage routier permet une visibilité sur une distance 3 à 4 fois supérieure à la distance d’arrêt d’un véhicule (qui varie en fonction de la vitesse). A 110 km/h, la distance d’arrêt est de 130 m alors que la visibilité avec feux de croisement seuls de nuit est de 40 à 50 m.

Selon l'AFE, l'éclairage permet aussi de mieux évaluer les distances et de réduire les phénomènes d'éblouissement, dus aux feux des véhicules que l'on croise. Elle propose comme solution une modulation du niveau d'éclairage, qui selon elle entraînerait aussi une économie d'énergie de l'ordre de 40 %, avec une baisse au milieu de la nuit.

Quelques éléments à ajouter

Il semble nécessaire cependant de noter d'autres éléments plaidant pour cet arrêt de l'éclairage public sur les routes et autoroutes d'Ile de France. D'une part, toute économie d'électricité est bonne à prendre et entraîne une diminution des émissions de gaz à effet de serre. D'autre part, il s'agit d'un problème que ne se posent en aucun cas les usagers des autoroutes et autres voies rapides de province : elles ne sont jamais éclairées. Pas plus que les routes départementales et communales de la France entière, et le nombre d'accidents y baisse constamment. Enfin, même si les phares des voitures sont de plus en plus performants, dans le noir, les conducteurs sont plus vigilants et les véhicules roulent moins vite. Et cela aussi permet d'économiser de l'énergie et de diminuer les émissions de CO2.

Sources : Libération, L'Express, Le Parisien, AggloTV

L'ADEME présente son palmarès des véhicules les moins émetteurs de CO2

Mardi 11 mai 2010

L'ADEME note que globalement les véhicules neufs vendus émettent moins de  CO2 : 75 % se situent sous la barre des 140 g de CO2/km, alors qu'il y a 5 ans, on n'en comptait que 40 %. Et 50 % passent même en-dessous de 120 g/km. La France présente actuellement une émission moyenne de 133 g de CO2 au km, en tête de l'Union Européenne.

Moins de CO2 émis au km

L'ADEME attribue ces résultats à l'impact positif conjugué du bonus/malus, qui responsabilise les automobilistes lors de leur choix d'un véhicule neuf, et de la prime à la casse qui a permis le renouvellement du parc automobile français : les ventes de véhicules neufs ont augmenté de 10 % en 2009. 2,5 millions de voitures vendues depuis 2007 bénéficient d'un bonus écologique.

Les lauréats qui émettent moins de 90 g de CO2/km : la Smart Fortwo, dans les « diesel » (elle est suivie de la Ford Fiesta et de la Seat Ibiza) ; la nouvelle Toyota Prius dans les « essence » (elle est suivie d'une autre Toyota, la IQ, et de la Honda Insight). Au total 10 modèles émettent moins de 100g de CO2/km, ce qui correspond à la classe A de l'étiquette énergie/CO2 : 8 en diesel, 2 en essence.

Prius 3

Source : toyota.fr

Trois constructeurs ont d'ailleurs déjà atteint l'objectif européen pour 2015 de 130 g/km : Toyota et Fiat (127 g), PSA (130 g). Renault les talonne (131 g).

L'évolution du marché automobile

Le diesel baisse (7 points de moins en 2009), le GPL (0,1 % en 2008 et 1 % en 2009) et l'hybride (en hausse de 16 %) progressent. En fait, les Français se tournent de plus en plus vers de petites voitures essence, moins chères à l'achat et plus économes en CO2. D'ailleurs, pour la première fois, la moyenne des voitures essence est inférieure à celle du diesel : 130 g contre 134.

Il faut dire que l'offre de ces petits modèles, peu gourmands et peu émetteurs en CO2 a bondi depuis deux ans : celle des modèles émettant moins de 110 g a pratiquement quintuplé (95 modèles contre 20 en 2007) ; celle des véhicules faisant l'objet d'un bonus a plus que doublé (1 156 contre 506 en 2007). Les constructeurs français ne sont d'ailleurs pas en reste : ils présentent le tiers de ces modèles. La moitié des ventes actuelles se positionne en classe B, soit moins de 120 g de CO2/km.

Source : ADEME

Covoiturage : un bon moyen de réduire ses émissions de CO2

Mercredi 28 avril 2010

Parking covoiturage
Le covoiturage c'est le fait de partager un véhicule pour un même trajet. A la différence de l'auto-stop, c'est un acte prémédité entre un conducteur et un ou plusieurs passagers. Le covoiturage nécessite donc d'organiser son déplacement et de se mettre en relation avec au moins une autre personne.

De nombreux sites internet proposent la mise en relation des personnes désirant partager un trajet : 123envoiture.com, covoiturage.fr qui a développé COMUTO une application sur téléphone mobile très simple… (vous trouverez un certain nombre de ces sites sur notre annuaire, à la rubrique Transport, Covoiturage).

Voyager à deux c'est deux fois moins d'émissions de CO2

C'est mathématique. Ramenées au nombre de passagers, si l'on voyage à plusieurs, les émissions de gaz à effet de serre sont celles de la voiture divisées par le nombre de passagers. Ainsi pour une berline qui émet 160g de CO2 au km, le fait de voyager à deux ramène ces émissions à 80g de CO2 par km, soit l'équivalent d'une hybride Prius pour un voyageur seul.

L'association ardéchoise ecovoiturons qui milite au quotidien pour ce type de partage résume bien l'engagement que nous pouvons tous prendre :

Le covoiturage, tout le monde en parle, presque personne ne le fait. Et si on s'y mettait?
Les beaux discours sur l'environnement insistent tous sur l'intérêt du covoiturage.
Aujourd'hui, seuls 5% d'automobilistes covoiturent, et il s'agit pour la plupart de covoiturage spontané: famille, amis, voisins, collègues de travail.
Le covoiturage organisé permet de toucher 25% des automobilistes dans certaines zones des Pays-Bas où les pouvoirs publics, les entreprises, les associations et les citoyens s'y sont vraiment mis.
C'est sûrement possible chez nous aussi.

Des parkings dédiés au covoiturage

On trouve plusieurs types de covoiturage : le covoiturage régulier (trajets domicile-travail ou domicile-école) ou le covoiturage ponctuel sur une longue distance par exemple entre collègues. Mais comment se retrouver sans avoir à faire la tournée de tous les domiciles ? La solution est la parking de covoiturage. C'est un sujet que nous avons déjà abordé dans une précédente newsletter : Pour faciliter la mise en oeuvre du covoiturage de nombreuses collectivités ont réalisé des aires de parking dédiées au covoiturage. Situés à proximité d'un embranchement routier ou autoroutier, ils permettent aux automobilistes désirant partager une partie de leur déplacement de se retrouver facilement dans des endroits balisés et faciles d'accès.
Sources : Eco CO2, ecovoiturons, Wikipedia

10 % de véhicules électriques sur les routes d'Irlande d'ici 2020

Vendredi 23 avril 2010

Le gouvernement irlandais vient de signer, avec ESB, la première compagnie d'électricité du pays, et l'Alliance Renault-Nissan, un accord de partenariat global qui doit permettre à l'Irlande de devenir l'un des pays européens les plus avancés d'Europe en équipement en véhicules électriques.

Chacun son rôle

ESB se charge d'installer infrastructure de recharge nécessaire, Renault-Nissan de fournir les véhicules et le gouvernement irlandais versera un bonus de 5 000 € pour tout achat d'une voiture électrique et exemptera son acquéreur de la taxe d'immatriculation.

Le ministre de la communication, l'énergie et les ressources naturelles, Eamon Ryan, a ainsi commenté cet accord :

Le programme du gouvernement a annoncé son intention de transformer les secteurs de l'énergie et du transport en Irlande. Nous avons fait de grands progrès en termes d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et maintenant nous démarrons l'électrification de notre flotte de transport. L'objectif du gouvernement irlandais est que 10% du parc irlandais soit électrique d'ici à 2020. L'accord d'aujourd'hui avec l'Alliance Renault Nissan prévoit 2000 véhicules électriques sur les routes irlandaises en 2011. ESB fournira l'infrastructure de recharge à domicile des nouveaux propriétaires de véhicule électrique.

L'infrastructure de recharge fournie par ESB comprendra pour 2011 l'installation de 3500 points de recharge dans tout le pays et la création de 30 stations de recharge rapide sur tout le territoire. ESB a annoncé avoir déjà commencé la mise en œuvre de ce programme à Dublin et dans plusieurs autres grandes villes.

Nissan commercialisera dès le début 2011 son modèle LEAF, une cinq place équipée d'un hayon arrière, et Renault son utilitaire léger électrique, la Kangoo Z.E. quelques mois plus tard. La marque française fournira de plus  à l'Irlande 100 prototypes de la Fluence Z.E. dans le cadre d'un programme pilote. Il s'agit d'une berline électrique à usage aussi bien privé que professionnel, qui sera mise en vente en 2012 (voir au sujet du concept Z.E. notre newsletter sur le Mondial de l'Automobile 2008). Renault et Nissan ont annoncé une capacité de production de 500 000 véhicules électriques par an. 10 % du parc d'automobiles irlandais, cela représente environ 250 000 voitures électriques qui seront sur leurs routes en 2020.

Kangoo ZE

source : turbo.fr

L'Irlande est un pays relativement petit et les Irlandais parcourent en moyenne 75 km par jour. Les véhicules électriques, dont on sait que l'autonomie est encore limitée, semblent donc tout à fait adaptés à leurs besoins. Padraig McManus, directeur général d'ESB, a annoncé :

L'Irlande sera l'un des premiers pays au monde à se doter d'un réseau national de recharge électrique, qui donnera des nouvelles opportunités aux entreprises et favorisera la création d'emplois, tout en offrant les bénéfices environnementaux d'un transport décarboné.

Émissions de CO2 évitées ou déplacées ?

Transport réellement décarbonné ? Pas si sûr : l'Irlande ne tire effectivement que 11 % de son électricité des énergies renouvelables (hydrauliques et éoliennes). Selon les chiffres de Commission for Energy Regulation, les 89 % restants proviennent du gaz (55 %), du charbon (18 %), du pétrole (6 %) et de la tourbe (6%). Or, outre le fait que les tourbières sont des zones humides qui abritent une biodiversité riche et menacées, la tourbe, lors de sa combustion, émet 12 % de plus de CO2 que le charbon, qui est lui-même 80 % plus polluant que le gaz, à quantité égale d'énergie fournie.

Tourbieres irlandaises

source : photol'internaute.com

Selon la base de données indépendante de Carma, la production d'électricité irlandaise génère 593 kg de CO2 pour 1 000 kWh fournis. Or, la Leaf de Nissan, petite voiture économique, « consomme » selon les données constructeur (une autonomie de 160 km pour une batterie de 24 kWh) 15 kWh aux 100 km. Si l'on rapproche ces chiffres les uns des autres, on aboutit donc à une voiture qui émet indirectement 89 g de CO2 aux 100 km, soit des chiffres proches des meilleurs véhicules diesel actuels.

On n'en est donc pas encore au « zéro émission », puisqu'on s'aperçoit avec ces chiffres que les émissions de CO2 sont déplacées, mais pas totalement évitées, pour ce qui est de l'Irlande. Ceci dit, tendre à développer l'utilisation des véhicules électriques, comme le fait l'Irlande actuellement, représente un espoir intéressant pour l'avenir de ceux-ci. D'autant plus que l'Alliance Renault-Nissan a annoncé qu'elle avait conclu une cinquantaine de partenariats dans le monde entier pour développer les infrastructures nécessaires à l'adoption et au fonctionnement de ces véhicules électriques.

Sources : Enerzine, DDMagazine