Archive pour la catégorie ‘Développement Durable’

Un gigantesque bloc de glace de 260 km2 dérive en océan Arctique

Dimanche 15 août 2010

Un immense bloc de glace de quatre fois la taille de l'île de Manhattan s'est détaché d'un glacier polaire dans le nord du Groenland, à environ 1.000 kilomètres au sud du Pôle Nord, a annoncé un universitaire américain.

Glacier Perterman

Détachement de l'énorme bloc de glace au centre de l'image. Crédit photo : NASA

Selon Andreas Muenchow, de l'université de Delaware (est), l'Arctique n'avait pas perdu une telle masse de glace depuis 1962.

Des images satellites de la Nasa montrent que le glacier Petermann, qui mesure 70 kilomètre de long, a ainsi rétréci d'environ un quart avec le détachement du bloc de glace, d'une superficie d'au moins 260 kilomètres carrés, note le chercheur dans un communiqué.

L'eau douce contenue dans cet iceberg pourrait « alimenter l'ensemble du réseau public d'eau potable américain pendant 120 jours », affirme-t-il.

La calotte glaciaire du Groenland, le plus grand réservoir d'eau douce de l'hémisphère Nord, a fondu à un rythme alarmant au cours des dernières années sous l'effet du réchauffement climatique, selon un rapport du Conseil arctique publié fin 2009.

La vitesse d'écoulement des glaciers du Groenland qui débouchent sur la mer affecte directement le niveau des océans, qui monte actuellement d'environ 3 mm par an.

Source : AFP, Ouest France

La Stratégie Nationale de Développement Durable 2010-2013 adoptée

Jeudi 12 août 2010

Stratégie Nationale Developpement Durable (SNDD)

Une nouvelle stratégie nationale de développement durable (SNDD) vient d'être adoptée par le comité interministériel pour le développement durable. Elle porte entre autres sur l'environnement, la culture, la consommation, l'aide au développement et intègre la crise économique et les déficits publics.

La SNDD fixe 9 « défis » , chacun s'accompagnant d'objectifs et de « leviers d'action », et veut aider les acteurs publics et privés à structurer leurs propres projets. Elle fera l'objet d'une évaluation annuelle à l'aide de 19 indicateurs qu'elle définit. Associant l'écologie et la solidarité, elle vise à « s'interdire toute nouvelle dépense qui ne correspondrait pas à un investissement profitable aux générations futures ». La SNDD 2010-2013 est intitulée Vers une économie verte et équitable.

La stratégie nationale vise, en développant une économie sobre en ressources naturelles et décarbonée, à faire de la France un des acteurs majeurs de l’économie verte qui est la seule compatible avec le développement des pays émergents, tout en poursuivant un objectif de justice et d’équité sociale. Elle s’articule à cette fin autour de neuf défis stratégiques, cohérents avec nos engagements européens, et que nous devons relever pour aller vers une économie verte et équitable :

Les 9 défis stratégiques, accompagnés de leurs objectifs chiffrés, sont les suivants :

- Consommation et production durables

  • D’ici 2012, doubler les volumes de vente de produits disposant d’un écolabel (NF environnement ou écolabel européen).
  • Réduire, d’ici 2013, la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant pendant les cinq prochaines années, soit 25 kg par habitant.
  • Recycler, d’ici 2012, 35 % des déchets ménagers et assimilés et 45 % en 2015.
  • Recycler, d’ici 2012, 75 % des emballages ménagers13 contre 60 % en 2006.
  • Recycler, d’ici 2012, 75 % des déchets des entreprises, hors BTP et agriculture14, contre 68 % en 2004.
  • Cultiver en agriculture biologique 6 % de la surface agricole utile (SAU) en 2012 et 20 % en 2020.
  • Atteindre, en 2012, 20 % de produits biologiques dans la restauration collective publique.
  • Avoir 50 % des exploitations agricoles engagées dans une démarche de certification environnementale en 2012 et 30 % d’exploitations à faible dépendance énergétique d’ici 2013.
  • Réduire, d’ici 2018, de 50 % l’usage des produits phytosanitaires contenant des substances préoccupantes et sans solution de  substitution.
  • Porter à 100 % de produits issus de forêts gérées de manière durable (écocertifiées) les achats de bois de l’État à compter de  2010.

- Société de la connaissance (éducation et formation, recherche et développement)

À l’horizon européen 2020, obtenir  [pour l'éducation et la formation] :

  • 15 % des adultes en moyenne participant à des activités de formation tout au long de la vie ;
  • moins de 10 % de jeunes en décrochage scolaire précoce.

Au niveau national, d’ici 2013 :

  • faire passer de 20 à 25 % la proportion des enfants et adolescents bénéficiant d’actions éducatives et culturelles ;
  • réduire à 25 % le pourcentage de la population n’ayant jamais fréquenté de lieu culturel.

[Pour la recherche et le développement]

  • Dès 2010, consacrer 3 % du PIB à la recherche et au développement.
  • D’ici 2010, financer les 2/3 de la recherche et du développement par les entreprises.
  • Mobiliser, d'ici 2012, un milliard d'euros supplémentaire en matière de recherche sur le développement durable ; les dépenses de recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l'environnement seront progressivement augmentées pour atteindre, d'ici à la fin 2012, le niveau des dépenses de recherche sur le nucléaire civil.

- Gouvernance

  • Mettre en oeuvre les engagements du Grenelle relatifs à l’instauration d'une démocratie écologique.
  • Faire une priorité de la production et de l’accès à l’information en matière de développement durable.
  • Appliquer la transversalité aux méthodes de travail et associer les parties prenantes aux prises de décisions.
  • Réaliser 1000 agendas 21 locaux d’ici 2013 et aboutir à au moins 250 agendas 21 locaux reconnus au titre du dispositif de reconnaissance national.
  • Atteindre, à l’horizon 2013, les critères du pacte de stabilité (déficit public en dessous de 3 % du PIB)

- Changement climatique et énergies

  • Objectif européen de 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990. Pour la France, les secteurs couverts par le système communautaire d’échange des quotas d’émission (SCEQE énergie, métallurgie cimenterie, papeterie, chimie…) participeront à l’effort européen de réduction des émissions de 21 % entre 2005 et 2020 et les émissions des secteurs hors SCEQE (notamment agriculture, bâtiment, transports) seront réduites de 14 %.
  • Porter à 23 % en 2020 en France la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale.
  • Dans les départements d'outre-mer72, atteindre, en 2020, 50 % d’énergies renouvelables et parvenir à l’autonomie énergétique totale en 2030.

- Transport et mobilité durables

  • D’ici 2012, augmenter de 25 % la part du fret non routier et non aérien.
  • D’ici 2015, doubler la part du fret non routier à destination ou en provenance des ports.
  • D’ici 2020, utiliser 10 % de biocarburants dans la consommation d’essence et de gazole.
  • D’ici 2020, ramener à 95 g de CO2/km les émissions moyennes des véhicules neufs.
  • D’ici 2020 atteindre 10 % d’énergie renouvelable dans les transports.

- Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles

  • Stopper la perte de la biodiversité sauvage et domestique.
  • D’ici 2012, assurer la protection des cinq cents captages les plus menacés par les pollutions diffuses, notamment les nitrates et produits phytosanitaires.
  • D’ici 2012, établissement d’un réseau cohérent d’aires marines protégées pour 10 % des eaux territoriales sous juridiction française puis 20 % d’ici 2020, conformément aux objectifs internationaux de la convention sur la diversité biologique.
  • D’ici 2015, atteindre un bon état écologique pour 66 % des masses d’eaux.
  • D’ici 2015, réaliser sur les territoires et régions littorales des SCOT intégrant un volet littoral.
  • Avant 2020, mettre sous protection forte au moins 2 % du territoire terrestre métropolitain.
  • Acquérir et préserver 20 000 hectares de zones humides.
  • D’ici 2020–2030, préserver un tiers de nos rivages (tiers sauvage.

– Santé publique, prévention et gestion des risques

  • Dès 2010, viser 15 microgrammes au m3 (15 μG/m3) de particules fines dans l’air et les atteindre obligatoirement en 2015.
  • D’ici 2012, résorber les points noirs du bruit les plus dangereux pour la santé.
  • D’ici 2012, élaborer 2 500 nouveaux plans de prévention des risques naturels.
  • D’ici 2013, réduire de 30 % les émissions de particules fines dans l’air et diminuer les émissions dans l’air et dans l’eau de six substances toxiques : mercure, arsenic, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), benzène, perchloroéthylène et PCB/dioxines.

- Démographie,immigration, inclusion sociale

  • Compter 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés.
  • D’ici 2012, réduire d’un tiers la pauvreté en France.
  • D’ici 2020, rénover les 800 000 logements sociaux les plus consommateurs en énergie.

- Défis internationaux en matière de développement durable

  • Porter l'aide publique au développement à 0,7 % du revenu national brut d'ici 2015 contre 0,39 % en 2008.
  • Diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) (facteur 4, cf. défi n° 1).
  • Consacrer un milliard d’euros à l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique sur 5 ans.
  • Mobiliser, sur 5 ans, 2,5 milliards d’euros de financements en faveur du secteur privé africain.
  • Renforcer le soutien en matière d’aide au commerce (infrastructures de production et de transports, assistance technique) en mobilisant 250 millions d’euros par an à partir de 2010.

Des chiffres ambitieux pour la plupart, suivis d'explications des choix stratégiques et des « leviers d'actions ». Restent cependant  à mettre en œuvre les moyens financiers pour pouvoir réaliser ces objectifs. La précédente stratégie nationale de développement durable avait été adoptée pour les années 2003-2008.

Sources : AFP, SNDD 2010-2013

Papier : enquête à ne pas imprimer

Dimanche 8 août 2010

Enquete riposte verte papier

400 millions d'euros (soit l'équivalent de 32 milliards de pages) : voici le chiffre des dépenses annuelles des entreprises françaises en impressions inutiles. Heureusement, selon une enquête de Riposte Verte, menée auprès des personnels administratifs d'entreprises françaises de tous les secteurs, 68 % affirment connaître les impacts du papier de bureau sur l'environnement : on n'imagine même pas le chiffre sinon !

Chaque employé de bureau consomme en moyenne 70 feuilles par jour, soit 75 kg de papier à l'année. La récupération du papier semi-usager (imprimé sur une seule face par exemple) semble maintenant assez passée dans les mœurs puisque 70 % des structures s'en resservent et que 90 % des collaborateurs ont déjà pris l'habitude de l'utiliser comme brouillon.

Par contre, encore une entreprise sur trois ne récupère pas le papier usagé pour le recyclage. Et près de la moitié des employés déclarent n'avoir jamais été sensibilisés à l'impact des bonnes pratiques quotidiennes de l'utilisation du papier au bureau. Effectivement, l'information sur ces pratiques se révèle insuffisante : parfois menée par courriel (27 %) ou par affichage (37 %), mais rarement par formation (14 %).

Quelques notes plus positives quand même : 90 % des personnes choisissent un papier courant de moins de 90 g, sur lequel 99 % des employés impriment avec une taille de police réduite (inférieure ou égale à 12), et 80 % utilisent même la fonction recto/verso des copieurs multifonctions branchés sur réseaux (mais seulement 40 % pour la fonction 2 pages en 1).

Mais pour la gestion du papier, bon nombre de pratiques restent encore contraires au bon sens, même si les dirigeants et leurs collaborateurs ont pris conscience de l'impact environnemental de l'utilisation du papier. Le rapport leur rappelle d'ailleurs quelques chiffres : 75 kg de papier recyclé permettent d'économiser 13 arbres, 16 000 litres d'eau, 750 litres de pétrole et produisent 45 % de CO2 de moins que du papier de fibres vierges.

En bref, des solutions existent et sont connues pour économiser le papier, mais encore trop peu appliquées. Le papier est pourtant le symbole d'une politique d'entreprise éco-responsable.

Source : Enquête « Papier, quelles (éco)pratiques au bureau« 

www.riposteverte.com/

Les entreprises françaises et le développement durable

Mercredi 4 août 2010

Entreprises et développement durable

Le Ministère de l'Economie et des Finances vient de publier les résultats d'un sondage BVA Opinion, réalisé entre mai et juin de cette année, portant sur l'engagement des entreprises dans la voie du développement durable. Le résultat global montre que plus de la moitié des entreprises interrogées (52 %) ne comptent pas investir en faveur de ce dernier. Mais ces chiffres recouvrent des réalités bien différentes selon les secteurs et la taille des entreprises interrogées.

Ce sondage tranche apparemment avec un autre, commandé au mois de mars par la Confédération Générale du patronat des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), qui montrait au contraire que 81 % des PME avaient intégré le développement durable dans leur réflexion. Ce qui, au vu des résultats suscite le commentaire suivant : « Il y a donc encore un fossé entre la réflexion et l’investissement. »

Partant de la définition suivante : « le développement durable est un mode de développement économique qui prend en compte les aspects environnementaux, sociaux et écologiques », le sondage de BVA a posé des questions à de très petites entreprises (moins de 10 salariés), à de grandes entreprises (plus de 250 salariés) et justement aux PME.

Ainsi, 49 % des PME ont déjà investi dans le développement durable et 22 % d'entre elles vont le faire. Les grandes entreprises sont un peu en retard, puisque 40 % seulement ont déjà investi, mais semblent plus massivement prêtes à le faire (44 %). Dans les très petites entreprises, ce sont 56 % qui déclarent ne pas en avoir l'intention. Le rapport commente :

Ce sont les PME de tailles moyennes (De 50 à 249 salariés) les plus en pointe, sans doute réagissent-elles plus vite aux tendances. Près de la moitié ont déjà investi dans le développement durable.

Les plus grosses entreprises (250 salariés et +) sont proportionnellement un peu moins nombreuse à avoir investi, mais elles sont deux fois plus nombreuses que les PME de taille moyenne à avoir l’intention de le faire.

En ce qui concerne les secteurs, l'agriculture se détache nettement avec 48 % des entreprises qui ont déjà investi dans le développement durable, devant les services (37 %) et le secteur Bâtiment et Travaux Publics (31 %) :

Cela montre que le développement durable est sans doute pris avant tout dans son acceptation environnementale, ces secteurs étant plus que les autres soumis à des obligations ou à de fortes incitations en la matière (utilisation d’engrais, émission de gaz à effet de serre notamment).

Au rang des mauvais élèves par contre, le secteur « commerce et réparation » : il déclare à 64 % ne pas avoir l'intention d'investir. Peut-être serait-il nécessaire de communiquer plus sur l'intérêt de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE). Ou faut-il plutôt voir dans ce refus d'adhérer à cette démarche un simple manque de moyens financiers ?

Sources : synthèse du sondage BVA, le Journal de l'Environnement, Les Echos

CO2 et acidification des océans

Jeudi 1 juillet 2010

Le dioxyde de carbone présente deux conséquences aussi graves l'une que l'autre : d'une part, l'aggravation de l'effet de serre, d'autre part l'acidification des océans qui peut porter atteinte aux écosystèmes marins et à la chaîne alimentaire de la faune marine. Pour étudier ce phénomène et faire le point sur l'état actuel, l'Europe finance le projet EPOCA.

Le projet EPOCA

L'un des volets du projet consiste à étudier les effets de ce mécanisme d'acidification. Une centaine de scientifiques travaillent actuellement sur ce thème. L'étude a commencé à Ny-Alesund, ancien village minier de l'archipel du Svalbard (Spitzberg), à quelques 78° de latitude nord. Lieu choisi car il présente deux avantages : les eaux très froides absorbent plus de CO2 et ces eaux de l'Arctique sont très riches en ressources de pêche.

Depuis la révolution industrielle (plus de deux siècles), les quantités de CO2 rejetées dans l'atmosphère se sont très rapidement accrues. Aujourd'hui, il s'agit de 9 milliards de tonnes émises chaque année. On sait que les océans  absorbent 25 à 30 % des quantités émises. Mais, dans ce même laps de temps de deux siècles, l'acidité des océans a augmenté de 30 %. Selon une modélisation établie par les scientifiques, si les émissions de gaz à effet de serre continuent à ce rythme, en 2100, l'acidité aura augmenté de 100 %.

Le CO2 se dissout dans l'eau de l'océan et donne de l'acide carbonique : le PH change donc. Philippe Saugier, chargé de la vulgarisation du projet EPOCA, explique :

De petits ajouts peuvent déjà modifier la concentration marine en ions carbonate. Ce sont ces éléments chimiques dont ont besoin les organismes calcificateurs, ces êtres vivants comme les coquillages, les coraux ou le microplancton qui fixent le calcium dans l’eau pour construire leur squelette, leur coquille ou leur structure.

La théorie des scientifiques

La théorie des scientifiques est la suivante : si le seuil d'acidité vient à être dépassé, l'eau deviendrait corrosive pour ces minuscules organismes et dissoudrait leur structure calcaire. Or ils représentent les maillons de base de la chaîne alimentaire marine. Le projet EPOCA cherche à confirmer cette théorie.

mécocosme

source : ird.nc

Pour observer ce phénomène, les chercheurs d'EPOCA, aidé par Greenpeace, ont installé dans les eaux très froides de l'Arctique neuf mésocosmes, sorte de sacs plastiques géants qui contiennent 55 m3, et dans lesquels ils peuvent augmenter la concentration d'acide carbonique et observer la réaction des micro-organismes qui y vivent. Ils s'intéressent particulièrement à un minuscule mollusque dont se nourrissent volontiers saumons et baleines. Très sensibles au PH de l'eau, ils ne pourront plus fabriquer leur  coquille selon la modélisation 2100. Mais les scientifiques constatent que le seuil d'acidité qu'ils peuvent supporter sera atteint, en suivant le rythme actuel, entre 2016 et 2045.

Actuellement cet impact semble encore mineur, mais la situation se dégrade. D'autant plus que l'on constate un décalage entre les rejets de CO2 dans l'atmosphère et la concentration d'acide carbonique dans l'eau. Une fois le CO2 absorbé, aucune solution n'existe : seule la nature peut y remédier, mais ce processus peut prendre des milliers d'années. Un des chercheurs, Jean-Pierre Gattuso, explique :

C’est pourquoi il faut aussi inscrire clairement cette question de l’acidification dans l’agenda lié à la nécessité de réduire les émissions de CO2 au niveau mondial, et développer les recherches, tant les incertitudes restent nombreuses.

Le projet EPOCA n'est pas le seul de ce type dans le monde : un autre projet, aux États-Unis cette fois, regroupant l'administration océanique et atmosphérique américaine et d'autres agences gouvernementales, se met en place avec apparemment des moyens financiers bien supérieurs au projet européen.

Source : FEDRE (Fondation Européenne pour le Développement durable des Régions)

Régions-pilotes pour métiers verts

Samedi 26 juin 2010

Les orientations de la formation professionnelle relèvent de la compétence des régions. Ainsi la secrétaire d'état au développement durable a  annoncé récemment les cinq régions-pilotes retenues pour leurs projets d'expérimentation sur des qualifications dans les métiers de croissance verte. Chacune s'est portée volontaire pour travailler sur un ou plusieurs secteurs, en accord avec les spécificités régionales.

Les régions ont la compétence en matière de formation professionnelle et ce sont les principales interlocutrices dans les territoires. C'est avec elles que sera enclenchée une dynamique efficace inspirée par l'expérience du terrain.

emplois verts

source : recrut.com

Onze secteurs avaient précédemment été définis. Tous ne sont pas encore représentés, mais le gouvernement lancera un nouvel appel à projets expérimentaux au mois de septembre pour les autres régions. L'objectif est double : établir un diagnostic régional de ces emplois et favoriser les projets territoriaux à caractère innovant. L'Alsace, la Corse, le Nord-Pas de Calais, les Pays de Loire et l'Ile de la Réunion ont ainsi déterminé les secteurs sur lesquels elles désiraient investir en termes de formation professionnelle.

L'Alsace fera porter ses efforts sur l'efficacité énergétique, l'agriculture et l'automobile.  La Corse travaillera particulièrement sur les métiers de la mer, la protection de la biodiversité, le tourisme et les métiers de la forêt. Le Nord-Pas de Calais s'est porté volontaire pour, outre l'efficacité énergétique, le recyclage,  les transports et la déconstruction, ce dernier secteur intéressera aussi  les Pays de la Loire en plus de l'agriculture et des énergies renouvelables. Energies renouvelables (particulièrement marines) pour le Réunion aussi, ainsi que le tourisme durable, la biodiversité et l'agriculture.

Quelques filières ne sont pas encore représentées : l'assainissement, les carburants, la chimie verte ou les métiers de l'écologie par exemple, qui feront certainement l'objet de l'appel à projet de septembre. Au total, les experts estiment que ces métiers de croissance verte pourraient représenter 600 000 emplois nouveaux à l'horizon 2020.

Source : AFP

Développement durable : l'Equateur prêt à renoncer à du pétrole

Mercredi 16 juin 2010

Parc de Yasuni

En Equateur, le parc de Yasuni, zone de biodiversité exceptionnelle, renferme dans ses sous-sols une importante réserve de pétrole (environ 20 % des réserves du pays). Que faire ? Exploiter le pétrole au risque de détruire cette biodiversité ou y renoncer au nom du développement durable ? Le président équatorien Rafael Corea propose une solution pour le moins originale, mais raisonnable.

La situation

D'abord, la zone du parc de Yasuni : 950 000 hectares de forêt amazonienne, classée par l'UNESCO la plus grande réserve de la biosphère mondiale. Cette zone abrite plus de 2 000 essences d'arbres, une faune exceptionnellement riche de plus de 500 espèces d'oiseaux, une centaine d'espèces d'amphibiens et autant de reptiles, des centaines d'espèces de poissons et des centaines de milliers d'insectes. Ajoutons à cela deux peuples indigènes.

Et dessous, du pétrole : l'équivalent de 850 millions de barils gît sous la réserve naturelle. Or le pétrole représente plus de 22 % du PIB, environ les deux tiers des exportations du pays, et pratiquement la moitié du budget de l'état (chiffres de 2008).

La proposition

C'est dans ce contexte que le président équatorien propose aux pays industrialisés d'assurer à l'Equateur le versement d'une somme de 350 millions de dollars pendant 10 ans, afin de ne pas exploiter le pétrole, évitant au passage le rejet de 410 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Une émission de bons sera lancée par l'état pour le pétrole qui restera « in situ », dont les fonds placés sur un compte bloqué, géré par l'ONU et l'Equateur, serviront à la reforestation, à la conservation des zones protégées et au développement des énergies renouvelables. L'ancien ministre de l'énergie, M. Acosta rappelle :

Nous avons un potentiel hydroélectrique mais aussi solaire et géothermique. Des énergies qui sont peu développées par manque de ressources mais qui bénéficieront justement du fonds instauré pour financer le projet.

Un accord cadre a déjà été signé pour la création de ce fonds destiné à recevoir les indemnisations. Mais les généreux donateurs n'affluent pas.  Le ministère du patrimoine équatorien précise :

Ce ne sont pas des aides ou des subventions que l’on demande aux pays riches. On fait appel à la responsabilité partagée. Les pays développés doivent leur expansion en partie à la destruction des ressources naturelles. Aujourd’hui, nous les invitons à participer à la préservation de la planète.

Lancé il y a déjà deux ans, le projet est pourtant largement soutenu par de nombreuses organisations. Et il y a urgence : en attendant des actions, trois puits de pétrole, mis en activité avant le projet pompent toujours et rejettent les résidus dans le parc naturel. Peu de pays ont réagi jusqu'à ce jour. Il faut cependant noter que plusieurs pays d'Europe se sont déclarés intéressés par le projet : l'Allemagne qui seule s'est engagée sur le chiffre de 50 millions de dollars par an, la Belgique, l'Espagne, la Hongrie, la Norvège, la Suisse et la France.

Sources : Développement Durable, Novethic, SOS Yasuni

Protection de la nature : mesures insuffisantes en France

Mardi 15 juin 2010

Deux nouvelles se télescopent dans l'actualité : d'une part la parution du rapport quadriennal sur l'état de l'environnement en France et d'autre part le rappel à l'ordre de Bruxelles à la France qui doit mettre en conformité ses lois avec les directives européennes sur l'environnement.

Le rapport quadriennal souligne des améliorations en ce qui concerne l'air en ville et la pollution des eaux, et des dégradations au sujet de la biodiversité et de la présence de pesticides dans la nature. Il passe entre autres en revue le CO2, l'air, l'eau, les sols et la biodiversité.

En ce qui concerne les gaz à effet de serre (GES), le rapport précise :

Alors que les émissions des six GES couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté au niveau mondial de 24 % de 1990 à 2004, la France a enregistré une baisse de ses émissions de GES de 5,6 % durant la même période.

Avec 8,4 teq CO2 par habitant (chiffre retenu pour l'année 2007), la France se classe parmi les pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet de serre. Toutefois, ce chiffre monte à 12 tonnes si l'on y inclut le CO2 des produits importés. Mais contrairement à ce que nous croyons généralement, 68 % des GES lié aux importations provient des autres pays européens, contre 14 % pour l'Asie, 11 % pour l'Amérique et l'Afrique. Entre 1990 et 2008, les émissions de CO2 ont diminué de 6,4 %, et on compte sur une baisse entre 2008 et 2009 de 4 %, due cette fois à la crise. D'autre part, les émissions dues aux transports routiers, si elles ne diminuent pas, ont infléchi un peu leur courbe d'augmentation : 14 % entre 1990 et 2008, alors qu'entre 1990 et 2007, on chiffrait l'augmentation à 19 %.

Pour l'air des villes, on relève dans le rapport :

Variables selon les polluants et très sensibles aux conditions météorologiques, les indices de pollution sont orientés à la baisse sur la période à l’exception de l’ozone.

L'air des villes s'est donc amélioré entre 2000 et 2008 : les émissions de dioxyde de soufre enregistrent une diminution de 63 %. Mais les particules fines sont elles aussi en baisse, grâce à des normes plus sévères sur la qualité du fioul domestique et des carburants et à une surveillance accrue des pollutions industrielles. Acides, ammoniac et oxydes d'azote chutent de 34 % entre 1990 et 2007, mais les chercheurs notent la présence de métaux lourds dans l'air, ainsi qu'une pollution chronique par les pesticides.

En ce qui concerne l'eau, le rapport se montre nuancé :

Bien que les niveaux de pollution restent globalement élevés et que les années de sécheresse puissent aggraver sensiblement la concentration des polluants, on constate tendanciellement une stabilisation, voire une amélioration, des paramètres de qualité des cours d’eau.

En fait, la concentration de nitrates dans les cours d'eau n'augmente pas : dans 58 % des cas, elle est inférieure à 10 mg, contre 56 % précédemment. Mais la qualité des eaux souterraines se dégradent. Les pesticides changent : l'atrazine est ainsi 5 fois moins présente en 2007 qu'en 1997 (elle est interdite depuis 2003), mais le glyphosate la remplace. Le rapport souligne aussi le risque prouvé de « perturbateurs endocriniens » dans l'eau, qui agissent sur la détermination sexuelle de la faune aquatique, à cause de produits pharmaceutiques, de plastifiants et de détergents.

A propos de l'eau, notons aussi qu'un rapport du Conseil d'Etat (L'eau et son droit) propose la création d'une taxe sur les nitrates et une mise en cause des collectivités locales en cas de condamnation de la France par Bruxelles pour non-respect des directives sur l'eau.

Pour les sols, le rapport ne se montre pas particulièrement positif :

Concernant les sols, le suivi des éléments traces (ex. plomb, cuivre) ne donne un état des lieux que pour la période 2000-2009. Pour le phosphore, l’analyse bénéficie de données depuis 1990. Globalement, la contamination des sols est très large.

Les sols se trouvent contaminés par le plomb émis précédemment par le trafic routier. Aujourd'hui, les carburants n'en contiennent plus, mais après des années de rejet dans l'air par les véhicules, le plomb est retombé sur le sol. Ainsi 43 % des analyses présentent  30 à 100 mg de plomb, et plus particulièrement dans un rayon inférieur à 30 km des grandes agglomérations. En zone agricole, on relève la présence du phosphore en raison de l'utilisation des engrais, et une concentration de cuivre en zone viticole en raison de l'application régulière de sulfate de cuivre.

biodiversite

source : paris.novopress.info

Et pour la biodiversité, les propos sont franchement négatifs :

Influencé par la dynamique d’artificialisation et de fragmentation de l’espace, et plus généralement par la pression du développement humain, l’état de la biodiversité n’est pas satisfaisant.

Bien que les espaces protégés aient augmenté, les marais, las tourbières, les dunes et les habitats côtiers et marins sont jugés dans un état de conservation plutôt mauvais. Si le diagnostic est préoccupant pour la flore, il se trouve plus difficile à déterminer pour la faune en raison des difficultés de suivi des populations. En ce qui concerne les oiseaux, une baisse importante des oiseaux « spécialisés » est avéré : moins 20 % pour les oiseaux agricoles, moins 11 % pour les forestiers. Les « généralistes » résistent mieux et continuent à augmenter. La population de mammifères sauvages (notamment les ongulés) progresse elle aussi, tout comme l'aire de présence régulière du lynx.

Le rapport conclut :

L’environnement en France paraît encore trop considéré de manière sectorielle, fragmentée. Les efforts consentis par les différents acteurs sont encore très variables. Il reste à traduire dans les faits la vision globale et partagée portée par le Grenelle de l’environnement visant un développement économique susceptible d’apaiser les relations de l’homme avec son milieu sur le long terme.

Les reproches de l'Europe

D'ailleurs, c'est justement pour ce manque de traduction dans les faits que la France, comme cinq autres pays européens, vient d'être épinglée par Bruxelles. Les institutions européennes lui reprochent de ne pas avoir encore transposé certaines règles environnementales décidées au niveau de l'Union Européenne dans la législation nationale, et de plus de ne pas faciliter l'accès à des données sur l'environnement comme les sources de pollution, la qualité de l'environnement et la localisation des sites protégés.

Ainsi, Janek Protocnik, commissaire européen à l'environnement, a déclaré :

La législation environnementale de l'UE est destinée à protéger les citoyens de l'Union et l'environnement. J'invite instamment les États membres qui ne l'ont pas encore fait à transposer sans délai les dispositions concernées dans leurs législations nationales.

Sources : Les Echos, Batiactu, le Rapport sur l'Environnement en France

Bruxelles réglemente les lave-linge et les lave-vaisselle

Jeudi 10 juin 2010

Après les nouvelles réglementations sur les étiquettes énergétiques (voir notre article du 24 mai) et dans la droite ligne du programme de réductions des consommations d'énergie initié en 2008, l'Union Européenne vient d'adopter deux nouvelles mesures pour limiter les consommations d'électricité et d'eau des lave-linge et des lave-vaisselle.

machine a laver

Le programme de réduction des consommations énergétiques

Le programme doit permettre au total à l'Europe d'économiser 340 TWh, soit environ la consommation électrique annuelle du Royaume-Uni, et de réduire les émissions de CO2 de 140 millions de tonnes d'ici 2020. Cette politique a déjà été mise en œuvre pour un certain nombre d'équipements :

  • les veilles des appareils électriques (limitées à 1 W),
  • l'éclairage et la fin des ampoules à incandescence,
  • les téléviseurs et les décodeurs numériques,
  • les alimentations externes et chargeurs électriques,
  • les moteurs,
  • les circulateurs,
  • les réfrigérateurs et les congélateurs.

Lave-linge et lave-vaisselle

Ces nouvelles mesures concernant les lave-linge et les lave-vaisselle doivent être soumises au Parlement et au Conseil Européens avant leur publication, vraisemblablement dans le cours de l'été.

La seule consommation électrique des lave-linge en Europe représente actuellement 35 TWh et 18 millions de tonnes de CO2 émises, alors que 90 % de ces appareils bénéficient actuellement d'un classement  A. Des mesures combinées d'éco-conception et d'étiquetage doivent induire de nouveaux progrès pour ces appareils toujours plus puissants. Le règlement impose ainsi des performances énergétiques qui doivent conduire à une diminution de 1,5 TWh en 2020, et de 2,7 TWh en 2025.

Sur les notices d'informations, devront figurer  obligatoirement les consommations en modes veille et arrêt. Ils devront comporter un cycle à 20°, et les seuils de performance seront fixés, outre pour l'efficacité énergétique (comme déjà actuellement), pour l'efficacité de lavage et la consommation d'eau aussi.

Ces mêmes mesures s'appliqueront aux lave-vaisselle, dont les économies se réaliseront en trois étapes sur une durée de 6 ans. Elles doivent permettre à l'horizon 2020 une réduction de la consommation électrique de 2,3 TWh. Selon Jean-Louis Borloo :

Ces nouvelles mesures de réduction des consommations d’énergie d’appareils électroménagers de la vie de tous les jours s’inscrivent dans la continuité du programme ambitieux lancé en 2008 par la présidence française de l’Union européenne. Après la veille des appareils limitée à 1 W, l’éclairage des rues et des bâtiments tertiaires, la fin des ampoules à incandescence, les réfrigérateurs et les téléviseurs, nous franchissons une nouvelle étape qui va permettre de réduire les consommations d’énergie et les émissions de CO2, et redonner du pouvoir d’achat à tous les ménages en Europe, et même au-delà puisque ces nouvelles normes sont appelées à devenir des standards internationaux.

Source : ADEME et communiqué de presse du Ministère du Développement Durable

Pénurie d'eau en Europe ?

Mardi 8 juin 2010

La question de la pénurie d'eau en Europe risque de se poser très sérieusement selon un rapport publié récemment par la Commission Européenne sur les progrès en matière de lutte contre la raréfaction d'eau et la sécheresse. Il est grand temps de prévoir des efforts supplémentaires pour arrêter le processus de surexploitation des ressources hydrauliques européennes.

Les besoins en eau de qualité augmentent constamment alors que les ressources disponibles sont limitées. Et certaines régions, et même des pays entiers, se voient menacés de pénurie et de sécheresse, pas seulement dans le bassin méditerranéen : manque d'eau en République Tchèque, surexploitation des aquifères en France et en Belgique. Janek Potocnik, commissaire européen chargé de l'environnement précise :

L'eau, c'est la vie ; la politique de l'eau est donc notre assurance-vie. Ce rapport souligne combien il est important d'intégrer la politique de l'eau aux objectifs politiques plus larges fixés à tous les échelons, au niveau de l'UE comme au niveau national. Plus que toute autre sphère d'intervention, notre politique de l'eau doit répondre aux critères du développement durable; nous ne pouvons en effet nous permettre d'emprunter de l'eau aux générations futures.

economisons l'eau

source : enviro2b

Le rapport préconise une tarification rationnelle de l'eau et des mesures d'économie contraignantes pour parvenir à une réduction de la consommation de tous les dispositifs consommateurs (robinets, douches, baignoires, mais aussi arrosage) et des appareils domestiques (lave-linge, lave-vaisselle). Il faut économiser dans le bâtiment, limiter les fuites, utiliser rationnellement l'eau dans le secteur agricole.

D'autre part, les états membres ont pris du retard dans la mise en œuvre de la directive-cadre sur l'eau : ils devaient présenter leurs plans de gestion des bassins hydrographiques en mars, et certains n'ont même pas encore commencé les consultations.

La Grande-Bretagne par contre semble décider à prévenir le problème : elle vient d'inaugurer une première usine de dessalement de l'eau dans la banlieue de Londres. Elle pourra produire 150 millions de litres d'eau potable chaque jour, de quoi couvrir les besoins d'environ 400 000 foyers, à partir des eaux saumâtres prélevées dans la Tamise, dont la teneur en sel est cependant inférieure à celle de la mer.

Mais là, les avis sont partagés : les écologistes y voient plutôt un encouragement à gaspiller l'eau, alors qu'il vaudrait mieux moderniser le réseau de distribution, victime de nombreuses fuites. Et ils rejoignent en cela les préoccupations de la Commission Européenne : il est inutile de prélever toujours plus d'eau, il est préférable de prendre toutes les mesures nécessaires pour l'économiser.

Sources : Enerzine, Batiactu