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Le soleil britannique éclaire le prince Charles

Dimanche 5 septembre 2010

Prince Charles va installer des apnneaux photovoltaiques sur Clarence House

On le savait très intéressé par les mesures de protection de l'environnement et concerné par les problématiques du réchauffement climatique : le prince Charles vient de franchir un pas de plus en équipant sa résidence londonienne de Clarence House de panneaux photovoltaïques.

Il lui a fallu obtenir d'autorisation du Conseil de la ville de Westminster (Londres) pour installer, sur le toit nord-est de cette maison presque bicentenaire,  32 panneaux photovoltaïques (12 m²) qui produiront prochainement 4 000 kWh/an, soit largement suffisamment pour éclairer et chauffer la modeste demeure. Un communiqué du Conseil précise :

Le Prince de Galles n'a pas seulement le bénéfice direct de réduire les combustibles fossiles et les émissions de dioxyde de carbone, mais aussi un impact indirect à la diffusion de ces technologies. Les panneaux solaires contribuent à l’objectif du Royaume-Uni d’utiliser des énergies renouvelables et de réduire les émissions de carbone d’ici à 2020. L’objectif majeur est que 25 % de la chaleur et du courant utilisés à Londres soit généré à travers l’utilisation des systèmes d’énergie décentralisés pour 2025.

En fonction des résultats, le prince Charles compte aussi en équiper le côté sud-ouest et transformer ainsi la bâtisse, déjà annoncée neutre en carbone en 2007, en maison à énergie positive. Le tout bien entendu sur ses propres deniers. Rappelons que grâce aux aides du gouvernement britannique, tout kWh produit par un particulier est racheté 41,3 pence (environ 50 centimes d'euro) par le National Grid (système local de distribution d'énergie).

Dans le même esprit écologique, le prince a déjà converti ses trois voitures aux carburants verts : la Jaguar et la land Rover roulent désormais grâce à une essence alternative élaborée à partir d'huiles de cuisson usées, l'Aston Martin au bioéthanol produit par l'excès de fermentation de la récolte de raisin britannique.

Mais son engagement pour la planète va plus loin. Il a ainsi recommandé aux Anglais de prendre des douches « courtes et rafraîchissantes » (les vertus de l'eau froide ?) plutôt que des bains. Il s'est parallèlement engagé dans la lutte contre la déforestation et entend promouvoir l'alimentation bio. Dans ce but, il organise dans les jardins de Clarence House un festival du 8 au 19 septembre. Il prépare ensuite une tournée en Grande-Bretagne, à bord d'un train consommant du biofuel, en faveur du développement durable.

Sources : Tout sur le solaire, The greenweb, 20 minutes, Dailymail

Les biocarburants durables réglementés par la Commission Européenne

Jeudi 24 juin 2010

La Commission Européenne s'est récemment penchée sur le cas spécifique des biocarburants et encourage les pouvoirs publics, mais aussi les entreprises et les ONG, à se doter d'un système de certification pour tous les types de biocarburants, produits sur place ou importés. Provenance, processus de fabrication, et gain en réduction d'émissions de gaz à effet de serre : tout doit pouvoir se contrôler et contribuer à atteindre l'objectif global d'une part de 20 % d'utilisation d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie et la réduction des émissions de CO2 prévue.

biocarburant

Source : partibreton.com

Günther Oettinger, commissaire européen chargé de l'énergie entend bien s'entourer de toutes les garanties pour veiller à ce que l'Europe n'utilise que des biocarburants durables :

Pour les années à venir, les biocarburants représentent la principale alternative à l’essence et au diesel utilisé dans les transports, à l’origine de plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne. Nous devons toutefois veiller à ce que les biocarburants que nous utilisons soient des biocarburants durables. Notre régime de certification est le plus strict du monde; il garantira que les biocarburants consommés dans l’UE satisfont aux normes environnementales les plus élevées. Et parce qu’il couvre les biocarburants importés, il produira des effets positifs sur d’autres régions du monde également.

Critères de provenance

Ainsi les matières premières des biocarburants distribués en Europe ne devront pas provenir de l'exploitation des forêts en général ni de zones récemment déboisées,  et encore moins des forêts tropicales, pas plus que de la conversion d'une forêt en plantation de palmiers à huile. Elles ne doivent pas venir non plus de l'exploitation de tourbières drainées, de zones humides ni de terres auxquelles la biodiversité procure une grande valeur.

Certaines associations ont demandé que soient protégées les terres réservées à la production de l'alimentation humaine, mais la commission a estimé qu'il existait suffisamment de terres en friche dans l'Union Européenne pour ne pas utiliser pour la production de biocarburants des terres cultivables pour l'alimentation.

Critères de réduction d'émissions de gaz à effet de serre

Après un rappel des objectifs nationaux contraignants en matière d'énergies renouvelables et de réduction des gaz à effet de serre, la Commission souligne le fait que pour le secteur des transports, l'objectif de  l'utilisation d'une part de 10 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020 est identique dans tous les états membres.

Pour obtenir la certification, les biocarburants devront permettre une réduction minimum de 35 % des émissions de CO2 par rapport à leurs homologues issus des énergies fossiles dans un premier temps, pour atteindre 50 % en 2017 et 60 % en 2018 pour les biocarburants produits avec les nouvelles installations.

Contrôle de l'observation des normes

Les fabricants devront respecter scrupuleusement les règles « les plus strictes du monde » édictées par la Commission. Dans ce but, des auditeurs indépendants, dont les critères de choix sont fixés par la directive en matière « de fiabilité et d'imperméabilité à la fraude », devront chaque année contrôler toute la chaîne de production : « de l'exploitation agricole et du moulin, en passant par le négociant, jusqu’au distributeur qui fournit l’essence ou le diesel à la station-service ».

Qu'ils soient importés ou produits en Europe, seuls seront pris en compte dans l'atteinte de l'objectif de 10 % les biocarburants répondant à tous les critères de certification.

Sources : communiqué de presse de la Commission Européenne, Caradisiac

L'utilisation de la biomasse précisée par la Commission Européenne

Vendredi 5 mars 2010

La Commission européenne a adopté le 25/02/2010 un rapport  « sur les exigences de durabilité concernant l'utilisation de sources de biomasse solide et gazeuse pour l'électricité, le chauffage et le refroidissement. » Celui-ci a fait d’autre part l’objet d’un communiqué de presse le même jour.

Après avoir défini et recensé les sources de biomasse, ce rapport comporte quatre recommandations pour les états membres, mais ne voit pas l’utilité d’une loi supplémentaire au niveau européen. Il précise cependant que le point sera fait de nouveau dans 18 mois. Ce rapport concerne « les exigences applicables à un régime en matière d’utilisation durable de la biomasse en dehors des biocarburants et des bioliquides » (ceux-ci ont fait l’objet de la directive sur les sources d’énergie renouvelables en 2009).

Qu’est-ce que la biomasse ?

sources de biomasse

source : econov.blogspot.com

D’une manière générale, la biomasse peut être composée de diverses matières premières organiques d’origine végétale comme le bois, les cultures spécifiques, le recyclage des déchets agricoles, industriels ou ménagers. Elle est source de chaleur et d’électricité ou de biocarburants.

En Europe, selon le rapport, elle est composée de résidus agricoles (paille, maïs, blé…), de sylviculture (souches, feuilles, branches mais aussi copeaux et sciure) et de déchets organiques (déchets municipaux solides, boue d’épuration…). La plus grosse partie de la biomasse solide se présente sous forme de granulés, généralement composés de résidus forestiers.

Ils ne sont donc pas produits spécifiquement pour le secteur de l’énergie, mais résultent d’activités qui auraient lieu de toute façon.

Vis-à-vis des gaz à effet de serre, la biomasse a un bilan neutre : les végétaux restituent le carbone stocké durant leur croissance lorsqu’ils sont exploités à des fins énergétiques.

Mais le stockage et l’exploitation de la biomasse posent des problèmes de logistique et le coût de l'énergie produite est très élevée.

Exploitation de la biomasse

Il s’agit en fait de la quatrième ressource énergétique exploitée à l’échelle mondiale. Mais en Europe, la bioénergie représente actuellement 5 % seulement de la consommation finale d’énergie. Certains pays sont cependant très en avance : l’Autriche, la Finlande et la Suède. L’objectif serait d’arriver à 20 % en 2020.

Mais les pays de l'’Union Européenne se fournissent en biomasse en partie parmi les états membres, mais importent aussi de pays tiers qui la produisent parfois selon des méthodes non durables. Le rapport souligne d’ailleurs que, si en Europe et en Amérique du Nord, les forêts se développent, au niveau mondial, par contre, le déboisement continue, contre tout principe de gestion durable. Des régimes de certification de gestion durable des forêts ont été mis en place : au niveau mondial, seulement 8 % des forêts sont certifiées contre 45 % dans l’Union Européenne.

biomasse

source : gentileschi.it

Les recommandations

Le communiqué de presse présente ainsi les critères de viabilité environnementale pour les états membres de l’UE « désireux d’introduire un régime national en vue d’éviter les entraves au fonctionnement du marché intérieur de la biomasse » :

a) une interdiction générale d’utiliser la biomasse issue de terres prises sur la forêt, de zones renfermant un important stock de carbone et de zones riches en biodiversité;

b) une méthode commune de calcul des émissions de gaz à effet de serre qui pourrait être utilisée afin que la biomasse permette d’éviter au minimum 35 % d’émissions de gaz à effet de serre (ce chiffre devant atteindre 50 % en 2017 et 60 % en 2018 pour les installations nouvelles), par comparaison avec la répartition des énergies produites à partir de sources fossiles dans l’UE;

c) la différenciation des régimes de soutien nationaux en faveur des installations qui ont des rendements élevés de conversion énergétique; et

d) le contrôle de l’origine de la biomasse.

Le critère c vise en particulier à favoriser les installations de cogénération à hauts rendements et le critère d à éviter l’importation d’une biomasse produite dans des pays peu respectueux de l’environnement.

Il est en outre conseillé de ne pas appliquer les critères de viabilité environnementale aux déchets, étant donné que ceux-ci doivent déjà respecter les règles environnementales édictées en vertu de la législation relative aux déchets nationale et européenne.

Liberté surveillée

Une analyse d’impact est jointe au rapport : elle montre que des critères contraignants généreraient des coûts importants pour les acteurs économiques en Europe. Le rapport rappelle enfin que le secteur de la biomasse est morcelé et recouvre une multitude de petits utilisateurs : les régimes de durabilité doivent surtout être appliqués aux grands producteurs (puissance thermique ou électrique de 1 mégawatt au moins).

Chaque état reste donc libre de mettre en place son propre système pour la biomasse solide et gazeuse destinée à la production d’électricité, de chaleur ou de refroidissement. Mais le communiqué de presse précise encore :

Conformément à la directive sur les énergies renouvelables, les États membres doivent communiquer leur plan d’action national en matière d’énergies renouvelables pour juin 2010. Ces plans seront un outil indispensable pour définir les ambitions de l’UE en matière d’exploitation de son potentiel de biomasse, que ce soit dans le secteur de l’électricité, du chauffage ou des transports. Après avoir reçu ces plans et analysé les régimes nationaux en cours d’élaboration, la Commission réfléchira, en 2011, à l’opportunité de mesures supplémentaires telles que des critères de viabilité environnementale communs à toute l'UE.

Sources : Rapport de la Commission Européenne, communiqué de presse