Articles avec le tag ‘charbon’

La fin subventionnée des mines de charbon d'Europe ?

Mardi 27 juillet 2010

La Commission Européenne souhaite voir se fermer les mines de charbon déficitaires en Europe. Telle est la conséquence de la proposition de règlement qu'elle vient d'adopter et qui vise à faciliter la fin d'exploitation des mines de houille non rentables avant le 1er octobre 2014. Ce règlement concerne aussi bien la houille que le lignite et tous les autres types de charbon.

Ancienne mine de charbon en Allemagne

Ancienne mine de charbon en Allemagne (source : euranet)

Des aides à la fermeture

Un gouvernement désirant une aide dans ce secteur devra désormais, pour l'obtenir,  présenter parallèlement un plan de fermeture des mines déficitaires. L'objectif recherché est donc de fermer toutes les mines de charbon non compétitives avant 4 ans. La Commission reconnaît que fermer ces mines trop brusquement entraînerait des conséquences socio-économiques désastreuses, mais estime aussi que, pour des raisons de loyauté envers les entreprises concurrentes,  et dans l'intérêt des finances publiques, seules celles qui sont viables sans subvention doivent subsister. Elle rappelle aussi que la règle est de favoriser les énergies propres.

Les états membres ne seront donc autorisés à accorder des aides de fonctionnement à l'activité minière d'un site que dans un contexte de fermeture. Ces aides devront être dégressives dans le temps (-33% par tranche de 15 mois) et devront être remboursées si la mine n'a pas fermé ses portes à la date prévue (1er octobre 2014). De plus, pour obtenir une aide à la fermeture, les états membres devront présenter un plan de mesures dans le domaine du rendement énergétique, des énergies renouvelables ou encore du captage et stockage du CO2 pour atténuer l'impact environnemental de l'industrie houillère aidée.

Plan de financement aux mines déficitaires donc, mais ce plan portera sur les conséquences sociales et environnementales de l'abandon de l'extraction. Par contre, les services d'orientation et de reconversion des travailleurs des mines continueront à travailler dans un cadre juridique commun. La réhabilitation des sites abandonnés en fera aussi partie.

Conséquences importantes, mais voie vers les énergies renouvelables

Cependant, dans certaines régions où l'activité d'extraction du charbon reste encore très importante, les conséquences socio-économiques des fermetures risquent d'être déstabilisantes. Ces fermetures de sites miniers entraîneront d'autre part vraisemblablement de manière transitoire une hausse des rejets de gaz à effet de serre, car il faudra importer davantage de charbon et l'acheminer vers les centrales.

Actuellement, 100 000 personnes travaillent encore pour le secteur des mines : 42 000 dans le secteur proprement dit, le reste dans les industries connexes. En fait, la production de charbon de l'Europe ne représente que 2,5 % de la demande mondiale, et elle importe plus de la moitié de ses consommations pour faire fonctionner ses centrales thermiques. Mais en Allemagne 40 % de la production d'électricité provient de la combustion du charbon (et 15,4 % des énergies vertes), de même qu'en Roumanie, et 25 % pour l'Espagne (mais 20,6 % des énergies renouvelables).

L'Union Européenne veut montrer, au niveau mondial, la voie à suivre vers les énergies renouvelables, à la fois pour des raisons environnementales et par souci d'un approvisionnement sûr. Ces énergies vertes ont représenté 62 % des nouvelles capacités de production d'électricité en 2009, contre 57 % en 2008. En maintenant ce rythme, l'objectif de 20 % d'électricité consommée d'origine renouvelable sera certainement très largement dépassé et pourrait atteindre 35 voire 40 % de l'électricité totale consommée.

Source : Fenêtre sur l'Europe

Chine : toujours plus de charbon

Mercredi 21 juillet 2010

mine de charbon en chine

Premier producteur mondial de charbon (38 % des volumes), la Chine était jusqu'en 2007 un pays exportateur de charbon. Depuis 2008, elle est devenue importatrice et les importations ont bondi de 212 % (125,8 millions de tonnes) en 2009 par rapport à l'année précédente. Les experts en prévoient 170 millions pour l'année 2010, ce qui lui confère la place de premier importateur de charbon.

D'une part, le pays a un besoin croissant d'énergie, et celle-ci s'appuie en grande partie sur le charbon ; d'autre part, il a des objectifs à tenir en matière d'efficacité énergétique et ceux-ci risquent d'être compromis. C'est ce qui explique deux déclarations récentes du gouvernement chinois : d'une part, il demande aux producteurs locaux de charbon de ne pas augmenter leurs prix pour les fournisseurs d'électricité ; d'autre part, il menace de réduire les aides, et s'il le faut les fournitures d'électricité,  dans les zones où la consommation affiche une croissance excessive.

En 2008, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Empire du Milieu a consommé 40 % de la production mondiale de charbon et la moitié du pétrole consommé dans toute l'Asie. Sa croissance rapide et l'élévation du niveau de vie de ses 1,3 milliards d'habitants ne lui laissent pas d'autre choix que l'utilisation des énergies fossiles pour sa production d'électricité, d'autant que le charbon reste, en zones rurales, à la fois accessible et bon marché.

Ce dernier assure à lui seul 65 % de l'énergie primaire consommée en Chine, et 80 % de sa production d'électricité. Et les prévisions 2007-2030 font état d'une Chine à l'origine de 65 % de la croissance mondiale de la consommation de charbon. Car pendant ce temps-là la demande mondiale doit continuer à croître d'environ 1,9 % par an, mais celle de la Chine de 2,9 %.

La hausse de la demande de charbon résulte presque exclusivement de l'usage électrique : actuellement à travers le pays, deux centrales thermiques de 500 MW sont mises en service chaque semaine. Pourtant, parallèlement, la Chine fait de gros efforts pour s'équiper en énergies renouvelables et les premiers résultats sont encourageants. Ainsi en 2009, c'est le pays qui a le plus investi dans ce domaine, devant les Etats-Unis. Elle a mis en place une capacité de 37 GW de production d'énergies renouvelables et une augmentation de la puissance éolienne installée de 13 GW à 19 GW, selon les sources, l'année dernière. Au total, elle a investi 31,6 milliards d'euros dans les technologies vertes, contre 22, 7 milliards d'euros pour l'Europe (selon une étude de l'agence Bloomberg).  Ses investissements dans ces domaines étaient même peut-être supérieurs à ceux engagés dans les énergies fossiles. D'autre part, le développement nucléaire a aussi commencé.

Mais sans pétrole, et surtout sans charbon, cela ne suffit pas. Le charbon risque de rester pendant longtemps encore, un combustible sans sérieux concurrent. Son indépendance énergétique en dépend en grande partie.

Sources : Le Monde, Novethic, IFP, Jobenergies, Le Figaro Environnement, Ouest-France (image)

La taxe carbone européenne verra-t-elle le jour ?

Lundi 7 juin 2010

Un projet de taxe carbone européenne est actuellement à l'étude, mais bien des obstacles semblent se dresser sur sa route : ainsi sa discussion par la Commission Européenne, initialement prévue le 26 mai, a déjà été reportée au 23 juin. Et si les commissaires se mettent d'accord pour proposer cette directive, encore faudra-t'il qu'elle remporte l'unanimité des états membres.

taxe carbone fumees industrielles

source : developpementdurable

Le projet de taxe carbone

Cette taxe carbone concernerait les transports routiers (23 % des émissions de gaz à effet de serre), les bâtiments (10 % en Europe, selon les chiffres donnés par le rapport) et l'agriculture. Elle n'a rien de commun avec la taxe aux frontières, réclamée par le président français. D'un prix plancher de 20 € par tonne de Co2, cette fiscalité européenne ferait entrer deux composantes dans son mode de calcul : une sur le contenu de carbone du carburant, du gaz ou du charbon, différentes en fonction des sources (le charbon par exemple émet bien plus de CO2 que le gaz ou les biocarburants) ; l'autre sur l'efficacité énergétique des produits.

Le texte prévoit d'ores et déjà des réductions et exemptions possibles, pour le secteur agricole par exemple, mais aussi pour les ménages à faibles revenus ou pour les zones rurales isolées. Il précise par ailleurs que les industries lourdes, la production d'électricité et l'aviation ne seront pas concernées, puisque déjà soumises au système des quotas.

Les états utiliseront ces fonds récoltés avec une grande liberté : pour réduire leur dette ou d'autres impôts ou encore pour compenser les effets négatifs de cette taxe pour certains contribuables. La fiscalité énergétique européenne représente environ 300 milliards d'euros. Mais cette réforme ne rapporterait pas de ressources supplémentaires selon le rapport, son objectif étant avant tout pédagogique :

L'objectif n'est pas d'augmenter les taxes, mais de les restructurer afin de permettre aux consommateurs de réduire leur imposition en modifiant leur comportement.

Les points qui posent problème

Ce type de schéma existe d'ailleurs déjà en Suède, en Finlande et au Danemark (voir notre article du 4 avril), mais d'autres pays protestent déjà contre cette initiative européenne. Ainsi la Grande-Bretagne qui n'a rien contre ce type de taxation, mais ne veut pas que cela se fasse au niveau européen, rejointe en cela par l'Espagne. L'Allemagne exprime aussi quelques réticences.

D'autre part, la commission reste prudente sur ce sujet en raison des récentes mésaventures du gouvernement français à propos de la taxe carbone en France, passée de 32 € à 17 €, avant d'être tout simplement abandonnée, et de celles de la commissaire au climat, à laquelle la France et l'Allemagne ont opposé une fin de non-recevoir pour son projet de réduire de 30 % et non de  20 les émissions de gaz à effet de serre en Europe d'ici 2020 (voir notre article du 2 juin).

Cette taxe soulèverait une autre difficulté en France, entre autres : elle ferait remonter le prix du gazole au niveau de celui de l'essence, mais les biocarburants se trouveraient beaucoup moins taxés qu'aujourd'hui. De même son champ d'application pose problème : en effet le commissaire à la fiscalité souhaiterait y soumettre le chauffage domestique individuel et le secteur agricole, avec cependant des aménagements nécessaires. Enfin, si cette taxe carbone était adoptée, sa mise en œuvre ne se ferait que très progressivement entre 2013 et 2018, pour laisser à des pays comme l'Allemagne et la Pologne, qui assisteraient à une hausse vertigineuse du prix de leur charbon, le temps de s'adapter.

Sources : Le Point, Les Echos

Greenpeace examine les centres de données récents

Vendredi 9 avril 2010

Nous en parlions dans un article récent, mais c'est aujourd'hui Greenpeace qui publie un rapport sur la contribution au changement climatique de ce que l'on appelle « l'informatique en nuage » (cloud computing en anglais) ou le nuage de données ou encore l'informatique dématérialisée. L'ONG en profite pour distribuer des bons et des mauvais points aux grandes firmes.

L'informatique en nuage ?

Informatique en nuage - cloud computing

L'informatique en nuage (ou infonuagique pour les Québécois) fait référence à l'utilisation de la mémoire et des capacités de calcul de serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau. Mais ces grandes fermes de serveurs sont très énergivores tant par la consommation des appareils que par les équipements de télécommunication qu'elles nécessitent.

Selon Greenpeace, leur consommation en 2007 était d'environ 623 milliards de kWh et devrait atteindre 1 963 milliards de kWh en 2020, soit des émissions de CO2 de l'ordre de 1 024 millions de tonnes. Greenpeace estime que les grandes firmes devraient jouer le « nuage vert » plutôt que le « nuage marron ».

Les bons élèves

Yahoo est bien classé grâce à son nouveau site de Lockport dans l'état de New-York dont le climat tempéré facilite le refroidissement des serveurs, et dont l'alimentation en électricité provient en grande partie (27,7 %) d'une centrale hydraulique, peu émettrice de CO2. Une part de 27 % provient de l'énergie nucléaire et 21 % du charbon.

Google aussi, pour son site de Dalles dans l'Oregon, alimenté par environ 51 % d'énergies renouvelables. Mais il reste encore une part de 34,4 % pour le  charbon  et 3,3 % pour le nucléaire. La firme peut d'autre part choisir maintenant l'origine de son électricité, grâce à sa filiale Google Energy.

Et les derniers de la classe

Apple vient par contre d'installer un centre en Caroline du Nord, alimenté par 3,8 % seulement d'énergies « propres », contre 50,5 % d'électricité de centrales à charbon et 38,7 % de centrales nucléaires.

Facebook, pour son nouveau centre dans l'Oregon, a choisi l'énergie fournie par la PacificCorp, électricité provenant en très grande partie du charbon, l'un des fournisseurs les moins chers mais parmi les plus polluants.

Greenpeace souhaiterait que les grandes firmes donnent l'exemple et gardent à l'esprit les arguments écologiques lors de l'installation de leurs nouveaux sites, mais force lui est de constater que ce n'est pas souvent le cas.

Sources : Greenpeace, PCinpact, ZDnet, ITespresso, Wikipedia,

Nous en parlions dans un article récent, mais c'est aujourd'hui Greenpeace qui publie un rapport sur la contribution au changement climatique de ce que l'on appelle « l'informatique en nuage » (cloud computing en anglais) ou le nuage de données ou encore l'informatique dématérialisée. L'ONG en profite pour distribuer des bons et des mauvais points aux grandes firmes.

L'informatique en nuage fait référence à l'utilisation de la mémoire et des capacités de calcul de serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau. Mais ces grandes fermes de serveurs sont très énergivores tant par la consommation des appareils que par les équipements de télécommunication qu'elles nécessitent.

Selon Greenpeace, leur consommation en 2007 était d'environ 623 milliards de kWh et devrait atteindre 1 963 milliards de kWh en 2020, soit des émissions de CO2 de l'ordre de 1 024 millions de tonnes. Greenpeace estime que les grandes firmes devraient jouer le « nuage vert » que le « nuage marron ».

Les bons élèves

Yahoo est bien classé grâce à son nouveau site de Lockport dans l'état de New-York dont le climat tempéré facilite le refroidissement des serveurs, et dont l'alimentation en électricité provient en grande partie (27,7 %) d'une centrale hydraulique, peu émettrice de CO2. Une part de 27 % provient de l'énergie nucléaire et 21 % du charbon.

Google aussi, pour son site de Dalles dans l'Oregon, alimenté par environ 51 % d'énergies renouvelables. Mais il reste encore une part de 34,4 % pour le  charbon  et 3,3 % pour le nucléaire. La firme peut d'autre part choisir maintenant l'origine de son électricité, grâce à sa filiale Google Energy.

Et les derniers de la classe

Apple vient par contre d'installer un centre en Caroline du Nord, alimenté par 3,8 % seulement d'énergies « propres », contre 50,5 % d'électricité de centrales à charbon et 38,7 % de centrales nucléaires.

Facebook, pour son nouveau centre en Oregon, a choisi la fourniture d'énergie par la PacificCorp, électricité provenant en très grande partie du charbon, l'un des fournisseurs les moins chers mais parmi les plus polluants.

Greenpeace souhaiterait que les grandes firmes donnent l'exemple et gardent à l'esprit les arguments écologiques lors de l'installation de leurs nouveaux sites, mais force lui est de constater que ce n'est pas souvent le cas.

Diminution de la consommation d'énergie en 2009

Samedi 20 février 2010

Une bonne nouvelle ? Pas tout  à fait sûr. Si cela permet de générer moins de gaz à effet de serre, cela prouve aussi la présence de la crise financière qui avait déjà participé en 2008 à de moindres émissions de CO2 (cf. article du 10 février 2010). Le rapport du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) sur la conjoncture énergétique estime la baisse de la consommation à 5 %, en données corrigées du climat (4,7 % en réel).

Les ménages n'ont pas pour autant changé d'habitudes de consommation énergétique : au contraire, le CGDD souligne une consommation en hausse en électricité et carburant ; il est vrai que les périodes hivernales de 2009 ont été un peu plus rigoureuses que celles de 2008. On doit plutôt chercher l'explication de cette baisse dans la conjoncture économique et industrielle : la production industrielle enregistre effectivement une baisse de 12 % par rapport à l'année précédente. En conséquence, les émissions de CO2 ont logiquement régressé de 4 % sur l'année.

Une production en baisse aussi

La production d'énergie de 2009 se chiffre à 114 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit un recul de 7 % par rapport à l'année précédente. En effet, la production nucléaire par exemple a enregistré son plus bas niveau depuis 10 ans, en raison de pannes à répétition sur les derniers mois de l'année, au moment où la demande était la plus forte. En conséquence, les centrales électriques au charbon ont dû prendre le relais sur les mois de novembre (+ 8 %) et décembre (+ 13 %), pendant la vague de froid hivernal, entrainant avec elles une augmentation de CO2 de 3 % sur le mois de décembre, même si le bilan final de l'année est orienté à la  baisse. Le charbon diminue néanmoins sur l'ensemble de l'année, par rapport à 2008.

Malgré la forte progression de l'éolien (+ 33 %) et de doublement du solaire (cf. article du 12 février), le recul de 9,2 % du secteur hydro-électrique a entraîne dans sa chute l'ensemble des énergies renouvelables qui enregistrent au total une baisse de – 6 %.

Les produits pétroliers reculent de 3,5 %, mais la consommation des carburants routiers reste stable. En 2009, le gazole représente près de 80 % des livraisons de carburant, en raison d'un nombre toujours croissant de véhicules diesel.

Bilan final

Le CGDD observe un taux d'indépendance énergétique de la France de 46,1 %, soit un recul d'un point par rapport à 2008. Et une facture énergétique de 39 milliards d'euros, soit 34 % de moins que l'année 2008. Cela s'explique par la baisse du prix du pétrole : le prix moyen annuel a été de 61 $ par baril contre 97 $ en moyenne pour l'année précédente.

Apparemment, et c'est regrettable, la maîtrise de l'énergie dans les usages domestiques ne fait pas encore partie des bonnes habitudes des ménages. Malgré la crise financière qui a touché directement un bon nombre d'entre eux, leur consommation progresse toujours. A un niveau individuel, il est certes difficile de peser sur l'industrie, mais gérer au mieux ce qui se passe chez soi en matière de gaspillage d'énergie devrait devenir une priorité : une éducation à commencer par les enfants peut-être.