Articles avec le tag ‘CO2’

Champagne : l'allègement de l'empreinte carbone passe par la bouteille

Jeudi 9 septembre 2010

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse (Musset)

Le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC) a annoncé au printemps dernier le lancement officiel d'un nouveau standard de bouteille, afin de contribuer à réduire les émissions de carbone de la filière.

nouvelle bouteille de champagne qui reduit les émissions de CO2

D'un poids de 835 g, contre 900 précédemment, cette nouvelle bouteille devrait permettre d'éviter le rejet de 8 000 tonnes de CO2 pour l'ensemble de l'industrie (l'équivalent des émissions de 4 000 voitures). Le CIVC indique :

Cette nouvelle bouteille est très semblable à celle qui a été créée dans les années 1600, mais (elle) reste beaucoup plus légère et beaucoup plus respectueuse de l'environnement.

Cette nouvelle bouteille résulte d'un très grand nombre d'expérimentations chez les opérateurs, menées en liaison avec les verriers français : en effet, le verre doit résister à la pression des gaz retenus dans la bouteille. Cet allègement de 65 g, pratiquement imperceptible à l'œil, représente le maximum de diminution de poids possible, sans modification sensible des caractéristiques dimensionnelles et tout en conservant les mêmes performances mécaniques. Il correspond à une économie de 2 % de matière, soit 0,32 € par bouteille.

La filière a pour objectif de réduire son empreinte carbone de 25 % à l'horizon 2020 et de 50 % d'ici 2050 : le choix de cette bouteille allégée devrait y participer. Moët et Chandon, la Veuve Cliquot et quelques autres adoptent cette nouvelle bouteille dès la récolte de cette année, la plupart des producteurs devraient suivre l'année prochaine.

Sources : Enerzine, CIVC, Enviro2B

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Capter le CO2 ou lutter contre le réchauffement climatique : à chacun son idée

Samedi 4 septembre 2010

Pour se débarrasser d'une (bonne) partie du CO2 qui nous encombre, chacun y va de son idée, et l'imagination humaine est sans limite… Voici donc quelques projets, concoctés par différents chercheurs. Leurs résultats ne sont certes pas encore garantis, mais il faut bien essayer, non ?

Les loutres de mer

Tout d'abord, des biologistes de l'université de Californie veulent faire participer les loutres de mer au sauvetage de la planète. Ils estiment en effet que cet animal, hélas menacé de disparition dans l'ouest américain, est une véritable « pompe à carbone ». Selon eux, pour chaque mètre carré d'eau qu'elle occupe, elle en aspire 0,18 kg. Malheureusement, leur population ne comte plus que 100 000 individus : elles présentaient effectivement un autre avantage directement exploitable,  leur fourrure, et la chasse ne les a pas ménagées. Et 100 000, c'est un nombre tout à fait insuffisant pour faire diminuer sérieusement les quantités de CO2…

Des arbres artificiels

Dans un laboratoire de l'université de Columbia, par contre, on ne fait pas totalement confiance à ce qui existe dans la nature. Partant du principe que les forêts constituent d'importants puits de carbone, mais que la destruction du bois le libère à nouveau dans l'atmosphère, des chercheurs veulent régler ce problème en créant des arbres artificiels, capables de capter le CO2 mille fois plus vite que les vrais arbres. Les scientifiques britanniques croient fermement à ce projet et estiment que 100 000 de ces arbres (autant que la population de loutres de mer !) pourraient capturer la majeure partie des émissions de CO2 du Royaume-Uni. Pas de précipitation cependant : cet arbre n'existe actuellement que sous forme de prototype…

De la peinture blanche

Pose de peinture blanche dans les Andes à 4700m sur le Chalon Sombrero

Source : Le Figaro

Autre idée pour atténuer les effets du réchauffement climatique : celle d'un Péruvien, partant du principe que la couleur blanche réfléchissant le soleil, il suffit d'en répandre suffisamment sur une montagne pour préserver un glacier. Encouragé par la Banque mondiale, qui a versé 200 000 $ pour l'expérience (dans le cadre du concours « 100 idées pour sauver la planète »), il a donc entrepris de déverser des pots de peinture blanche sur les rochers du Chalon Sombrero, pic andin ayant déjà perdu la majeure partie de son glacier. Peinture 100 % naturelle quand même : à base de citron, de blanc d'œuf et d'eau, elle est utilisée depuis des siècles au Pérou. Au rythme d'un hectare par semaine, il lui faudra encore plusieurs mois pour mener à bien cette entreprise débutée au mois de mars dernier…

Sources : L'Express de Toronto, Cleantech Republic, National Geographic, 20 minutes

Climat : des records peu rassurants pour juillet 2010

Dimanche 29 août 2010

Il ne s'agit pas bien sûr de résultats sportifs, sans conséquence dramatique sur l'environnement, mais de records climatiques, nettement plus gênants au niveau mondial. Ils concernent le gaz carbonique, les températures, les pluies et la surface des glaces de l'Arctique.

Le CO2

Pour les gaz à effet de serre, c'est le CO2, principal gaz anthropique, qui a battu un record de concentration atmosphérique en passant les 390 particules par million en volume (ppmv) en juillet 2010 (390,09), soit une augmentation de 0,6 % en un an. En 10 ans, la concentration de CO2 a ainsi enregistré une augmentation de 5 %, selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA, l'administration américaine chargée de la météorologie et des océans). Pourtant, en période de crise, les industries tournent plutôt au ralenti.

Les températures sur terre et sur mer

Temperatures juillet 2010

Source : Libération

Pour la température, le mois a été le second mois de juillet le plus chaud (le record date de 1998)  depuis que les relevés météorologiques existent avec une moyenne de 16,5°C pour les zones terrestres et marines des deux hémisphères, soit 0,66° de plus que la moyenne des mois de juillet du XXème siècle. En fait, c'est surtout sur terre que la température a augmenté  le plus sensiblement (1,3°) alors que la surface des océans montrait une légère baisse (0,54°) par rapport à la moyenne du siècle dernier. Si l'on considère par contre les températures relevées de janvier à août de cette année, nous sommes dans la période la plus chaude depuis 131 ans, et les régions les plus frappées se trouvent vers le bouclier canadien (+5°) et le nord de la Sibérie (entre 4° et 5°).

La pluie

Les pluviomètres ont aussi enregistré plusieurs dizaines de millimètres d'eau de plus qu'en temps normal : les zones particulièrement arrosées se trouvent en Amérique Centrale, aux Etats-Unis (le centre), dans les îles britanniques et l'Europe orientale, l'Inde Occidentale et le Pakistan. Cela a d'ailleurs provoqué d'importantes inondations, comme on l'a vu récemment.

Les glaces

Toujours selon la NOAA, les glaces d'été de l'Arctique recouvrent 8,4 millions de km², soit en moyenne 16,9 % de moins que les surfaces observées dans les mêmes périodes entre 1970 et 2000, avec une quatorzième année consécutive inférieure à la moyenne. Les glaciologues américains comptent une diminution régulière de 6,4 % de la surface par décennie depuis 1979. Par contre les glaces de l'Antarctique s'étendent en moyenne de 0,9 % par décennie sur cette même période, et la surface enregistrée en juillet accusait un léger mieux (+4,8 %) sur la moyenne observée depuis juillet 1979.

Ajoutons à cela une légère augmentation des températures de la basse (+0,13 à 0,18°C) et la moyenne (+0,08 à 0,14°C) troposphères et un léger refroidissement de la stratosphère (-0,45 à 0,33°C), et nous obtenons un tour d'horizon des principaux événements climatiques du mois de juillet 2010.

Dans ce contexte, deux éléments paraissent incontestables. D'une part, l'augmentation des températures se traduit par de plus grands risques de vagues de chaleur (la canicule russe par exemple). Ces dernières se traduisent à leur tour par une augmentation de l'évaporation de l'eau et donc une plus grande quantité d'eau dans l'atmosphère. Or celle-ci se condense et finit par retomber, avec cette fois-ci un risque de trop grandes quantités sur un endroit particulier (la mousson très intense du Pakistan par exemple).

Source : le Journal de l'Environnement, Libération

Télécoms : une charte de bonne conduite pour le développement durable

Lundi 26 juillet 2010

Une charte d'engagements volontaires pour le développement durable a été signée le 22 juillet entre le gouvernement et le secteur des télécommunications représenté par la Fédération Française des Télécommunications (FFT). 25 autres secteurs d'activité se sont déjà engagés dans ce domaine autour d'une charte. Le secteur des télécommunications est le 26ème.

Cabine telephone en pleine nature

source image : geograph.org.uk

Un double objectif

L'objectif de cet engagement est double : il vise à ce que le secteur devienne plus respectueux de l'environnement et à ce qu'il réduise ses émissions de gaz à effet de serre. Les acteurs de la téléphonie française espèrent même contribuer à hauteur de 7 % à la réduction des émissions de CO2, soit un tiers des objectifs français.

En fait la téléphonie crée autant de dégâts qu'elle en évite à d'autres secteurs (bâtiment, papiers…). Pointé par l'IDATE (Institut de l'Audiovisuel et des télécommunications en Europe) en début d'année (voir notre article du 19 février), le secteur veut prouver sa volonté  d'améliorer son bilan environnemental.

Des engagements forts

La charte s'articule autour de cinq volets principaux :

  • la maîtrise des consommations énergétiques, malgré l'explosion des usages de la téléphonie, par des engagements concrets des opérateurs sur la consommation d'énergie de leurs centres de données, de leurs réseaux mais aussi des box ADSL et des décodeurs TV. Les opérateurs veulent maintenir l'électricité consommée par le secteur à 8,5 milliards de kWh (TWh) d'ici à 2012 (ce qui revient à garder une consommation stable alors que les usages se développent très rapidement). Les box consomment beaucoup : 1,6 TWh pour 19,6 millions d'usagers en 2008, et on en prévoit 40 millions en 2015. Les changer n'améliorerait pas l'impact environnemental du secteur, car il faudrait pouvoir toutes les recycler. Les opérateurs travaillent plutôt sur des solutions logicielles de mises en veille sans intervention de l'usager. Quant aux décodeurs TV, ils sont équipés à partir de juillet de cette année d'un bouton marche/arrêt.
  • la diffusion des usages innovants des technologies de l'information et de la communication (TIC). Celles-ci sont à la base de solutions pour piloter et limiter les consommations d'énergie de secteurs comme le bâtiment, les transports, les réseaux. Il en va ainsi de l'assistance à des bâtiments économes (par le pilotage du chauffage ou des équipements permettant de réduire les consommations par exemple), les réseaux d'énergie intelligents, mais aussi le travail à distance ou la dématérialisation des documents.
  • l'engagement vers une consommation durable avec la généralisation des offres de reprises des téléphones usagés : en 2009, le secteur a collecté 485 000 téléphones en fin de vie, alors qu'il en vendait 15 millions. Quand Bouygues a supprimé son offre de reprise à 10 €, le nombre de téléphones collectés par l'entreprise a été divisé par 4 ! Les opérateurs envisagent donc de nouvelles offres de reprises, qui pourraient aller de 2 à 280 € en fonction de l'âge et de l'état de l'appareil, entre autres critères. Cela permettra de mieux gérer la fin de vie et le recyclage des appareils abandonnés. De plus, le secteur est le premier à s'engager sur l'affichage des performances environnementales des modèles mis sur le marché.
  • la responsabilisation de toute la chaîne de production avec la diffusion des critères de responsabilité sociale et environnementale et l'évaluation des principaux fournisseurs. Il s'agit donc là de mener une politique d'achat responsable et pour cela d'adopter des méthodes standardisées d'évaluation des partenaires.
  • l'inscription dans une démarche de progrès et d'éco-responsabilité des entreprises du secteur en incitant les collaborateurs à adopter des comportements économes (limitation de l'usage du papier, ou du parc automobile…).

Nathalie Kosciusko-Morizet précise :

En se contraignant à un calendrier et à des objectifs précis en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de déchets, les professionnels des télécoms témoignent de leur volonté de verdir leur secteur. Mais cette charte consacre également la capacité des TIC à innerver l’ensemble des secteurs économiques pour accélérer leur conversion écologique. En alliant « croissance verte » et « révolution numérique », nous faisons le choix d’un nouveau modèle de croissance, dans lequel pourra se modeler la société durable de demain.

Cette charte relève d'une démarche volontaire des opérateurs, mais elle s'appuie sur des objectifs chiffrés et concrets, pour lesquels des indicateurs précis de suivi sont fixés. Pour une croissance verte du secteur, certaines solutions se révèlent finalement simples à mettre en place et le seront rapidement, d'autres demanderont un peu plus de temps, mais la tenue des objectifs devra pouvoir s'apprécier dès 2012.

Sources : Communiqué de presse du MEEDEM, Durable, Les mobiles, La Tribune (article du 22 juillet et article du 23 juillet)

Un train à énergie solaire ?

Lundi 12 juillet 2010

Un train express régional (TER) expérimental, équipé de panneaux photovoltaïques, vient d'être présenté par la SNCF au centre de maintenance de Saintes (Charentes-Maritimes).

TER

Directeur TER à la SNCF, Claude Solard, présent à cette manifestation, a toutefois précisé :

Cela permet d'avoir une autonomie énergétique sur tout ce qui est éclairage et ambiance lumineuse et aussi de recharger les batteries pendant les arrêts, apportant une autonomie nouvelle qui évitera un certain nombre de pannes qu'on pouvait trouver dans le passé. (…) Le solaire ne va pas permettre d'apporter toute l'électricité nécessaire, il faudra toujours un complément pour faire fonctionner la traction du train.

Propulsé au diesel, ce train va faire l'objet d'une expérimentation de 3 ans dans la région Poitou-Charentes. Selon la société Disatech, concepteur des panneaux photovoltaïques fixés au toit du TER, celui-ci devrait y gagner en confort et en sécurité, notamment en permettant à une rame en panne sur les voies de conserver l'éclairage et la ventilation. Le responsable de l'activité photovoltaïque de la société estime à environ 10 à 15 tonnes de CO2 par an, pour une rame de 6 voitures, la réduction des rejets provenant de cette amélioration technologique.

Eclairé par des diodes peu gourmandes en énergie (les spots halogènes de 20 W ont été remplacés par des spots LED de 3 W), ce TER est aussi équipé de films sur les vitres pour en améliorer l'isolation.

Il n'en reste pas moins que ce train est propulsé, nous l'avons dit, au diesel, et qu'une propulsion électrique serait de toute façon plus « propre ». S'il est vrai que l'éclairage et la ventilation ajoutent à la consommation énergétique d'un train, l'essentiel, et de loin, est cependant constitué par la traction. Ne vaudrait-il pas mieux alors envisager d'investir dans l'infrastructure et l'électrification des lignes pour réduire de manière nettement plus sensible les émissions de CO2 dues aux transports ferroviaires ? Certains, après calcul, avancent que le solaire n'apporte que le millième de l'énergie nécessaire à ce train. Quand verrons-nous des trains réellement propulsés à l'énergie solaire ?

Sources : Le Monde, Le Figaro

Réduction des émissions de CO2 : les Japonais sont priés de se coucher plus tôt

Samedi 10 juillet 2010

Japonais qui devrait aller se coucher plus tot

Le gouvernement japonais vient de lancer une campagne incitant les habitants du pays à aller au lit une heure plus tôt. Veiller fait consommer trop d'électricité et donc émettre trop de dioxyde de carbone, mieux vaut, selon le ministère de l'environnement nippon, profiter d'une heure de jour de plus le matin.

Les Japonais veulent réduire de 25 % leurs rejets de CO2 par rapport à 1990. Partant de la constatation que la population produit 20 % de ses émissions de carbone dans l'heure précédant son coucher, le gouvernement estime en effet que si elle calquait ses activités sur les heures d'ensoleillement, des économies substantielles pourraient être réalisées. Les émissions des ménages représentent 20 % des émissions totales du pays.

Trop de télé, d'ordinateurs, de lumière donc dans l'heure précédant le coucher. La campagne baptisée « Défi du Matin » encourage ainsi les couche-tard à profiter d'une heure gagnée le matin pour se lancer dans de nouvelles activités : yoga, jogging ou encore petit déjeuner consistant. Ce changement d'habitudes pourrait entraîner, selon les calculs du gouvernement, une réduction de 85 kg  par an et par famille des émissions de dioxyde de carbone.

Que cette campagne intervienne à la période où les jours sont les plus longs peut surprendre : les Japonais profitent en fait de la lumière du jour. Mais la mesure de changement d'heure appliquée dans tous les pays européens, pour des raisons d'économies d'énergie justement, n'existe pas au Japon.

Le gouvernement nippon n'en est pas à son coup d'essai  pour inviter les Japonais à changer leurs mauvaises habitudes : il y a cinq ans déjà, il recommandait aux hommes d'affaires de porter des chemises à manches courtes (une révolution !) pour travailler en été, afin d'économiser l'électricité demandée massivement par les climatiseurs aux heures de bureau. Quand on veut réduire son impact carbone, il faut s'en donner les moyens !

Sources : Aujourd'hui le Japon, Maxisciences

Taxe carbone : ajournée aux calendes grecques

Vendredi 2 juillet 2010

Report sine die

Décidément, l'adoption d'une taxe carbone ne semble pas chose aisée : la France avait déjà étudié le projet et décidé de s'en remettre à une réglementation européenne (voir notre article du 4 avril) et voici que la Commission Européenne décide aussi d'en ajourner l'examen, sine die cette fois.

Aucune unanimité – obligatoire en matière de fiscalité – n'aurait pu être obtenue entre les états membres sur le projet de taxer la tonne de CO2 à 20 €, chiffre avancé par le commissaire à la fiscalité, Algirdas Semeta (voir à ce sujet notre article du 7 juin). La commission donne deux raisons au report de cette directive : la crise économique qui sévit toujours et l'hostilité des contribuables à toute nouvelle taxe.

Le commissaire à la fiscalité a donc été prié, selon l'AFP, de « reprendre sa copie » et « d'affiner les études d'impacts sur différents secteurs ». Inutile à lui de se presser : la Commission ne lui a fixé aucun délai pour présenter ses résultats. La porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde-Hansen, a aussi précisé :

L'opportunité de présenter un tel projet touchant à un sujet aussi sensible que la fiscalité dans le contexte économique actuel a dicté cette position de prudence.

Mais en plus des deux motifs invoqués précédemment, on peut en constater un troisième. En effet, certains pays se montrent particulièrement hostiles à cette taxe au niveau européen : soit parce qu'ils sont opposés à toute mesure de fiscalité imposée par Bruxelles, comme la Royaume-Uni (alors que celui-ci a déjà institué une taxe carbone nationale) et l'Irlande ; soit parce qu'une telle taxe les pénaliserait, comme l'Allemagne ou la Pologne qui s'appuient encore beaucoup sur le charbon. Le gouvernement français redoute plus, quant à lui, le mécontentement de certains secteurs d'activité, et c'est déjà pour cette raison qu'il avait préféré confier le soin d'une telle décision à l'Europe.

Le texte du projet donnait aux états une grande liberté pour utiliser les revenus de cette taxe. Elle devait surtout permettre d'impliquer les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre (bâtiment, transports, agriculture) dans la lutte contre le changement climatique. Les commissaires européens estimaient d'ailleurs que 20 € par tonne constituaient un seuil nécessaire pour un impact réel sur les modes de consommation, alors qu'une somme plus faible ne l'aurait pas permis.

Source : AFP

Chasseurs de CO2

Vendredi 25 juin 2010

chasseur de CO2

La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a demandé à des centaines de volontaires à travers le monde de se transformer en chasseurs de CO2.

Leur mission est simple : partout dans le monde, de l'Asie à l'Afrique ou à l'Amérique, ils doivent remplir de gros flocons d'air ambiant et les déposer au Consulat des Etats-Unis le plus proche. Ils sont alors expédiés, via la valise diplomatique, dans le Colorado, où la NOAA se charge de les analyser. Ce programme a été baptisé Carbon Tracker (chasseur de carbone).

Les chercheurs ont ainsi entrepris depuis quelques années de mesurer les quantités réelles de dioxyde de carbone et de méthane émises dans l'atmosphère. Ils visent à distinguer les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique de celles de source naturelle.

Ils complètent ainsi les relevés émanant de stations fixes : il en existe actuellement 200 dans le monde, dont 40 en Europe où le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA2) espère en disposer d'une centaine supplémentaire prochainement dans le cadre du projet européen Icos. Les chercheurs comptent ainsi pouvoir confronter leurs mesures à celles des gouvernements, évaluées sur des calculs à partir de données sur les quantités de pétrole ou de gaz consommées, la taille des cheptels et la surface des forêts entre autres.

Des relevés effectués par des satellites donnent une autre méthode de mesures. Le premier, japonais, lancé il y a peu, commence à donner quelques résultats. Les Américains, quant à eux, envisagent de lancer le leur en 2013.

En France, le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE)  se charge aussi de mesures et d'analyses similaires. D'autre part, deux missions pilotées par le Centre National d'Etudes Spatiales sont en cours, l'une pour la mesure du CO2, l'autre en collaboration avec l'Allemagne pour la mesure du CH4 (méthane).

Source : Le Figaro

Orange encourage l'utilisation des énergies renouvelables

Lundi 21 juin 2010

Orange et la société GotWind, spécialisée dans les énergies renouvelables, ont pris l'habitude depuis plusieurs années de faire bénéficier de prototype de chargeur de téléphone mobile les spectateurs du festival de Glastonbury (près de Bristol, Royaume-Uni). Et tous ces chargeurs ont un point commun : ils utilisent des énergies renouvelables.

Ainsi en 2007, ces heureux festivaliers ont pu profiter de mini-éoliennes à planter au sommet de leur tente, en 2008 d'un chargeur brassard employant l'énergie cinétique du bras du danseur, en 2009 d'un chargeur utilisant une simple pompe à pied de camping. Cette année, ce sont des bottes caoutchouc qui leur seront fournies, les Orange Power Wellies. Excellente idée et option judicieuse si l'on se fie à la réputation de la Grande-Bretagne en matière de climat.

Orange Power Wellies

Source : fastcompany.com

Mais attention des bottes un peu particulières : elles sont équipées d'un système thermoélectrique dans la semelle et produisent de l'électricité en utilisant la différence de température des pieds et du sol. C'est une application de l'effet Seebeck, principe bien connu de physique qui n'est pas récent puisque découvert en 1821 (il porte le nom du physicien allemand qui l'a trouvé) : une différence de potentiel apparaît à la jonction de deux matériaux soumis à une différence de température.

On trouve donc dans les semelles des bottes des modules thermoélectriques qui une fois reliés forment une thermopile prise en sandwich entre deux wafers (disques fins de matériau semi-conducteur) en céramique : l'un au contact du pied, l'autre du sol. Le rendement est toutefois assez modeste puisqu'une douzaine d'heures de piétinement sont nécessaires pour assurer une heure de charge à un téléphone portable. Et encore cela dépend-il de l'énergie déployée par les festivaliers pour piétiner, chaussées de leurs bottes en caoutchouc !

Une fois la botte rechargée, on peut brancher son appareil sur la prise prévue à cet effet afin de transférer l'énergie emmagasinée durant la journée. Avec le développement des appareils portables et rechargeables en tous genres, les chargeurs solaires, éoliens et autres rencontrent un succès croissant : seule méthode pour recharger son appareil lorsque l'on manque d'une prise électrique. Ces systèmes présentent de plus l'avantage d'émettre peu de CO2.

Source : Greenunivers

Les Emirats misent sur le solaire

Samedi 19 juin 2010

Abou Dhabi va construire la plus grande centrale solaire à concentration du monde. Masdar, société chargée de la promotion des énergies renouvelables et contrôlée par le gouvernement du pays, collaborera pour cela avec Total et le groupe espagnol Abengoa. Dénommée Shams 1 (shams signifie soleil), cette centrale sera la première de ce genre au Proche-Orient.

centrale solaire de Masdar

source : indobestseller

D'une capacité de 100 mégawatts, Shams 1 comportera 768 miroirs paraboliques sur une superficie de 2,5 km², située à 120 km d'Abou Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis. Les miroirs paraboliques concentrent l'énergie du soleil pour produire de la vapeur d'eau destinée à faire tourner des turbines électriques. Les travaux qui débuteront dès le troisième trimestre de cette année dureront au total deux ans. La capacité maximale de cette centrale devrait atteindre 2 000 MW à terme.

Cette centrale permettra d'éviter le rejet de 175 000 tonnes de CO2, ce qui, d'après le communiqué revient à retirer 15 000 automobiles de la circulation ou encore à planter 1,5 million d'arbres. Les Emirats s'engagent ainsi pour la première fois dans l'utilisation d'une source d'énergie qui n'est pas fossile et compte même à l'horizon 2020 atteindre 7 % de production d'électricité par les énergies renouvelables.

D'ailleurs la société Masdar a un projet encore plus ambitieux et surtout prestigieux : la création de Masdar City qui accueillera 500 000 personnes et qui sera, selon les dirigeants de la société, la première ville du monde à zéro émission de gaz carbonique. Située près de l'aéroport d'Abou Dhabi (vraisemblablement considérablement plus émetteur de dioxyde de carbone), la ville devrait être achevée en 2015. Elle fonctionnera exclusivement avec des énergies renouvelables, essentiellement solaire,  et abritera plusieurs instituts de recherches sur les EnR, dans le but avoué de faire d'Abou Dhabi un des leaders mondiaux dans ce domaine.

En tout cas, il est temps que des pays qui ont vécu jusqu'à présent des revenus du pétrole qu'ils produisaient se tournent vers des énergies renouvelables, et le solaire en particulier, puisque le soleil ne leur fait pas défaut. Ils doivent aussi préparer leur reconversion, puisque le pétrole est appelé à s'épuiser.

Source :  AFP