Compteurs Linky : les Français connaissent peu mais se montrent plutôt bienveillants

Lundi, 18 février 2013

schéma LinkyLe Médiateur de l’énergie rend compte dans sa lettre du 11 février 2013 des résultats d’une enquête, menée avec l’Institut National de la Consommation (INC), sur la perception par les Français des compteurs évolués (Linky) afin de mieux comprendre les besoins et les attentes des consommateurs « pour assurer la réussite de ce projet d’intérêt  général, une des composantes essentielles de la transition énergétique. » Si les Français en semblent très mal informés, ils n’y sont cependant pas hostiles et espèrent qu’une meilleure connaissance de leur consommation d’électricité devrait leur permettre de faire des économies.

Le Médiateur rappelle d’abord que d’ici 2020 35 millions de compteurs électriques évolués devraient équiper les foyers français et que ce type de compteur sera « un outil d’efficacité, de sobriété et de compétitivité pour accompagner la transition énergétique. » Il doit en bref inciter les foyers à agir sur leur comportement en matière d’énergie et sur leur logement. Mais pour cela, les usagers doivent avoir facilement accès aux informations que ce compteur évolué peut leur fournir :

Dans l’optique du lancement par ERDF d’un appel d’offre pour la fabrication de 35 millions de compteurs, il est nécessaire d’acter dès à présent que chaque compteur sera installé avec un module de communication sans fil vers le logement du consommateur, ce qui le rendra réellement communicant. Cette proposition, émise dès 2011 par l’ADEME et le médiateur national de l’énergie, faisait débat à l’époque mais recueille aujourd’hui un quasi consensus. (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

La FNCCR donne sa position sur les compteurs évolués communicants

Mardi, 4 décembre 2012

logo FNCCRAlors que le ministère du développement durable vient de relancer la généralisation de Linky (voir notre article du 19/11), la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) a rappelé, à l’occasion d’un comité de suivi du compteur communicant, sa position sur ce dernier et insiste sur la nécessité de suivre l’avis de la Commission Européenne sur un accès des consommateurs aux informations concernant leur consommation d’électricité, pratique et gratuit, affichage déporté par exemple.

Après avoir demandé la clarification de deux points sur les coûts et les bénéfices pour la collectivité et les usagers du compteur communicant et sa propriété (la seule inscription d’ERDF dessus pouvant faire croire à tort qu’ils sont la propriété de l’entreprise) et précisé que « les autorités organisatrices ne souhaitent pas devenir le garant assurantiel du gestionnaire de réseau désireux de se couvrir des risques d’obsolescences prématurés des compteurs communicants sur le plan fonctionnel ou des risques liés à des décisions issues du droit européen et qui s’imposeraient au niveau national » , la FNCCR souligne que l’installation de ces nouveaux compteurs doit permettre à l’usager de mieux maîtriser sa consommation d’électricité : pour cela, il doit avoir accès aux données en temps réel gratuitement et « sous une forme suffisamment ergonomique et accessible (afficheur déporté dans le lieu de vie d’autant plus que plus de la moitié des compteurs sont dits inaccessibles), sans imposer pour cette transmission minimale l’entremise obligatoire d’un fournisseur. »

Cette position correspond à celle de la Commission Européenne qui estime que cette information constitue « une exigence fonctionnelle minimale reconnue » dans un objectif de maîtrise de l’énergie, et la FNCCR souligne tout particulièrement ce point :

La FNCCR insiste sur l’importance de la mise à disposition des usagers consommateurs d’informations indispensables à la maîtrise de leur consommation d’énergie. L’évolution du comportement des consommateurs finals vers une véritable sobriété énergétique étant ardemment recherchée compte tenu de la tendance lourde d’une énergie qui risque d’être durablement chère, il est indispensable que ceux-ci disposent d’un niveau minimal d’informations apportées dans le cadre du service public. Un tel apport serait la garantie d’un accès pour tous les usagers à un socle de données qui ne pourra que faciliter la compréhension des offres et par conséquent le dialogue avec les fournisseurs. (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

Coucou ! Revoilà Linky !

Lundi, 19 novembre 2012

Delphine Batho à l'usine Landis&Gyr de Montluçon (image France 3)Mis entre parenthèses depuis quelques mois, voilà que le projet d’installation des compteurs communicants Linky réapparaît. A l’occasion de la visite de l’entreprise Landis et Gyr de Montluçon (Allier), la ministre du développement durable, Delphine Batho, a annoncé sa volonté de voir aboutir le programme de déploiement des compteurs communicants.

Ces compteurs, outils d’efficacité, de sobriété et de compétitivité, selon le ministère, devront accompagner la transition énergétique. Ils doivent à terme équiper les 35 millions de consommateurs et permettront d’améliorer la qualité du service rendu, d’informer les usagers sur leur consommation et de moderniser la gestion des réseaux de distribution. Mais, a souligné la ministre, ce projet doit être orienté vers la réponse aux attentes des consommateurs et permettre de créer les conditions du développement des services d’efficacité et d’effacement :

C’est très important qu’il y ait autour de ce projet une adhésion populaire. Que Linky soit construit comme un outil au service des consommateurs, d’une politique d’efficacité énergétique. Nous voulons faire déboucher le travail qui a débuté depuis des années en répondant aux attentes des utilisateurs, que sont tous les Français. (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

Linky : l’UFC-Que Choisir saisit le Conseil d’Etat. EcoCO2 monte le projet TBH Alliance.

Jeudi, 26 avril 2012

Alors que les pouvoirs publics ont décidé la généralisation des compteurs Linky, certaines questions demeurent encore sans réponse, telle la propriété des compteurs : les négociations entre ERDF et la FNCCR (Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies) sont actuellement interrompues. D’autre part, ce compteur, très avantageux pour les opérateurs, l’est moins pour le consommateur, malgré la « campagne de désinformation » d’ERDF. L’UFC-Que Choisir a donc décidé de passer à l’acte en saisissant le Conseil d’Etat afin qu’il annule cette généralisation. L’organisation revient à ce qu’elle estime « le vrai problème » : la non-conformité de ce compteur aux exigences des directives européennes.

Compteur Linky

Les organisations de consommateurs jugent généralement que ces compteurs en l’état n’apportent aucun avantage au consommateur et se montrent donc très réticentes. Sans système d’affichage accessible, pas de maîtrise de l’énergie possible : les expérimentations menées en Touraine et à Lyon avec un simple remplacement de l’ancien compteur par Linky laissent penser que la quasi-totalité des consommateurs n’ont rien modifié à leurs pratiques, et donc que leur consommation n’a pas changé. Rappelons qu’au sein de l’Alliance TBH, Eco CO2, persuadé de l’intérêt de systèmes d’affichage accessibles dans la maitrise de l’énergie, cherche à mener une large étude sur la population française permettant de mesurer les économies réalisées grâce aux différents systèmes d’affichage.

L’UFC-Que Choisir souligne effectivement que « en l’état, le compteur Linky ne répond pas aux exigences normatives européennes et nationales, et, en conséquence, n’est pas au service des consommateurs pour une meilleure maîtrise de leur consommation énergétique et de leur budget. » Nous avons relevé le fait plusieurs fois dans ces pages : le plus souvent placé à l’extérieur du logement (limite de propriété ou parties communes d’un immeuble difficilement accessibles), il ne permet pas plus au consommateur de contrôler sa consommation que les compteurs électromécaniques ou électroniques dont nous sommes actuellement équipés.

L’association estime que, face aux exigences claires des directives énergie, l’arrêté de généralisation « souffre encore et toujours de trois carences » :

  • L’absence d’évaluation probante préalable à la généralisation. En effet, les objectifs assignés aux expérimentations de Touraine et de Lyon n’ont pas été atteints : planning de poses non tenu, défaillance technique, et notamment dans la transmission des données, et maitrise de la demande d’énergie non évaluée. (Lire la suite…)
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Article rédigé par Claudine

Linky, un compteur « semi-communicant » selon le Médiateur National de l’Energie

Dimanche, 25 mars 2012

compteur LinkyD’ici 2020, 35 millions de compteurs Linky doivent être installés sur le territoire français, et le déploiement doit commencer en 2013. D’ici là, beaucoup de questions cherchent encore des réponses et le Médiateur National de l’Energie ne cache pas que sous sa forme actuelle, ce déploiement ne lui convient pas.

Pierre angulaire des futurs réseaux intelligents (smartgrids), ces compteurs sont parés sur le papier de toutes les vertus : ils devraient diminuer les coûts des gestionnaires de réseaux, permettre de faire des économies d’énergie et donner un coup de fouet à la concurrence, au bénéfice des consommateurs. En 2011, Linky s’est retrouvé au cœur d’un vif débat : que peut faire réellement un compteur « évolué », avec quels services et à l’initiative de qui ?

Le médiateur de l’énergie suit de près ce dossier, et a plaidé, comme l’ADEME, pour un accès direct de tous les  consommateurs à leurs consommations en temps réel (par afficheur déporté), et il regrette, par la voix du délégué général, que « cet outil ait davantage été pensé pour les fournisseurs et le distributeur que pour les consommateurs. » Le rapport rappelle les avantages que vont en tirer les opérateurs :

Les gestionnaires de réseaux vont en effet réaliser des gains de productivité, avec la fin de la « relève à pied » (35 millions de km par an pour ERDF), la possibilité d’effectuer des opérations à distance, le repérage facilité des pannes et de la fraude. Les fournisseurs, connaissant mieux les habitudes de leurs clients, pourront multiplier les tarifications innovantes et proposer de nouveaux services.

Pour les clients, rien que la facture établie sur des consommations réelles. Car, précise le rapport, pour que les compteurs communicants puissent jouer un rôle dans la maîtrise de la demande d’énergie, les données de consommations doivent être fournis directement aux particuliers à l’endroit où ils vivent, la consultation des compteurs n’étant pas souvent aisée (une moitié est à l’extérieur des logements, et une partie de l’autre moitié dans des endroits peu accessibles. Les études montrent que l’information apportée « en direct » permet de réduire de près de 10 % l’utilisation de l’énergie : « une solution d’information en temps réel et sur le lieu de vie doit être offerte gratuitement à chaque consommateur, avec un nombre limité d’options comme l’envoi de sms d’alerte ou l’installation d’un afficheur déporté délivrant des renseignements sur la consommation, le coût, le niveau de puissance appelée… » Il soutient donc largement la position de l’ADEME. (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

Série Linky, un nouvel épisode de notre feuilleton : divergences entre la CRE et le Gouvernement.

Lundi, 16 janvier 2012

Compteur LinkyLe gouvernement et la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) ne semble actuellement pas tout à fait en phase à propos du déploiement des compteurs communicants Linky : c’est tout du moins ce que l’on peut déduire des dernières déclarations de Philippe de Ladoucette à Enerpresse, en réponse à une affirmation du ministre de l’énergie.

Eric Besson a en effet récemment déclaré :

J’ai annoncé la généralisation du compteur (communicant) Linky, en mettant en avant deux principes. Premièrement, la gratuité pour les consommateurs (…). Deuxièmement, la nécessité qu’ERDF soit sécurisé sur le plan régulatoire quant au retour sur investissement d’un tel effort. ERDF travaille actuellement avec la CRE pour le respect de ces deux engagements.

Propos dont s’étonne un peu le président de la CRE qui rappelle en premier point que l’arrêté de déploiement des compteurs Linky n’a toujours pas été publié*. En ce qui concerne la gratuité, la CRE émet un son de cloche quelque peu différent du gouvernement, et de ERDF d’ailleurs :

« La CRE n’est liée par aucun engagement de gratuité ». Certes, on a bien compris que le client ne va pas débourser un euro à l’installation du nouveau compteur, en revanche, le déploiement de cet outil entre dans le périmètre de la base d’actifs régulés; il est donc du ressort du Turpe. « Ce projet ne peut pas ne pas être dans le Turpe ». (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

Déploiement de Linky : le Conseil de Paris n’est pas d’accord

Jeudi, 20 octobre 2011

Conseil de Paris refuse LinkySur une proposition du groupe Europe Ecologie-Les Verts, le Conseil de Paris du 18 octobre a adopté un voeu visant à rejeter la décision « unilatérale » du ministre de l’énergie de généralisation des compteurs Linky en l’état et demandant un réexamen de son cahier des charges avant tout déploiement, afin d’assurer la prise en compte d’éléments indispensables à l’intérêt des usagers.

Le texte rappelle que la Ville de Paris est propriétaire de l’ensemble du réseau de distribution d’électricité sur son territoire, y compris les compteurs électriques, et que ERDF en a la gestion par concession. Il regrette donc « l’absence totale de concertation » des collectivités propriétaires avant la décision de généralisation du déploiement, d’autant qu’un avenant signé il y a 2 ans avec ERDF précisait justement que la Ville serait consultée. Il note d’autre part que l’expérimentation menée à Lyon et en Touraine a soulevé nombre de critiques.

Mais c’est principalement le manque d’intérêt du compteur Linky pour les usagers, en l’état actuel des choses qui retient l’attention du groupe :

En l’état, les services gratuits proposés avec ces compteurs ne permettent pas d’assurer la maîtrise de la demande d’énergie, remettant ainsi en question les potentialités des « smart grids » (réseaux intelligents) pourtant à l’origine même du changement de matériel. (Lire la suite…)

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Article rédigé par Claudine

ERDF prêt à lancer la généralisation du compteur Linky

Jeudi, 13 janvier 2011

Logo LinkySuite de notre feuilleton Linky, le nouveau compteur communicant de l’ERDF. Vous vous souvenez des polémiques liées à son éventuelle généralisation et la prolongation à fin mars 2011 du retour d’expérience de l’opération pilote  (cf. notre article du 21 septembre dernier) ? Eh bien trois mois plus tard, où en sommes-nous ? (Lire la suite…)

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Article rédigé par Jacques

Compteurs Linky : polémiques et multiples déclarations

Mardi, 21 septembre 2010

Compteur intelligent Linky d'eRDFDécidément, il s’agit d’un feuilleton à rebondissements. Nous avons déjà évoqué dans ces pages plusieurs aspects des nouveaux compteurs intelligents, mais voilà que depuis le début du mois de septembre, ils font régulièrement la une de l’actualité. Apparemment, avant sa généralisation, Linky n’en finit pas d’alimenter les polémiques. C’est un décret paru au journal officiel le 2 septembre qui a mis le feu aux poudres, et le ministère du développement durable a même dû publier une mise au point pour répondre aux associations de consommateurs. Revenons sur les événements.

Le décret

Le décret du 31/08/2010 (Journal Officiel du 2 septembre) fixe la généralisation des compteurs intelligents et précise que l’expérimentation est prévue pour une durée limitée au 31/12/2010. Il indique d’autre part que le coût entre dans les charges à couvrir par le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), donc à la charge finale de l’usager.

De nombreuses réactions

Dès le lendemain, la FNCCR (fédération nationale des collectivités concédantes et régies) réagit :

  • Le coût de l’opération reste incertain : ERDF évalue entre 120 et 240 euros le prix unitaire d’un compteur Linky, soit entre 4 et 8 milliards d’euros pour 35 millions de compteurs.
  • Le décret prévoit un financement par le Turpe, c’est-à-dire par les seuls consommateurs. D’autres sources de financement (distributeurs, fournisseurs…) auraient dû être étudiées.
  • L’intérêt pour le consommateur est aujourd’hui limité à une facturation basée sur la consommation réelle. En termes de maîtrise de la demande et d’économies d’énergie, dans la mesure où la plupart des compteurs ne sont pas installés dans les lieux de vie, il est peu probable que le compteur s’avère efficace. Un autre outil devra lui être adjoint, sans doute à l’initiative de fournisseurs, pour un coût non défini.
  • L’expérimentation, conduite sur 9 mois, et ignorant les mois les plus froids de l’année, est particulièrement courte dans une perspective de généralisation.
  • Compte-tenu des dysfonctionnements majeurs constatés lors du déploiement de l’expérimentation du « pilote Linky », il semble prématuré de généraliser le dispositif.
  • L’expérimentation ne porte que sur un seul prototype alors que d’autres modèles ou systèmes devraient être testés avant toute décision de généralisation.

Puis c’est à l’UFC Que choisir de s’exprimer pour mettre en garde les consommateurs. Elle accuse l’Etat de vouloir « passer en force » dans les installations du nouveau compteur grâce à se décret, alors qu’il était prévu d’attendre la fin de l’expérimentation (31/03/2010) avant de valider ce compteur. Et elle rappelle un certain nombre de dysfonctionnements :

Le planning de pose dérape, les compteurs disjonctent un peu trop facilement et la transmission des données ne se fait pas. (…) Comment réaliser un bilan complet au 31 décembre 2010, c’est-à-dire trois mois plus tôt que prévu, avant la pose de l’ensemble des compteurs expérimentaux et sans même les tester pendant la période hivernale ?

Contrairement à l’engagement pris dans la loi Grenelle 1, il ne permet pas [aux consommateurs] de « mieux connaître leur consommation d’énergie en temps réel et ainsi de la maîtriser ».

Il est aussi reproché à Linky son coût, supporté par les consommateurs, alors que les seuls bénéficiaires réels de ses fonctionnalités sont ErDF et les distributeurs. En effet, généralement installé hors de la maison ou dans des sous-sols, il ne permettrait pas au consommateur, sans l’apport d’un appareil supplémentaire à sa charge, de connaître suffisamment sa consommation pour pouvoir la maîtriser.

La CLCV (confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie) n’est pas en reste et s’exprime ainsi par la voix de Thierry Saniez :

On sort un décret sans savoir combien coûte ce compteur, comment il marche et quels services il rend réellement. On ne sait pas non plus où il sera installé. S’il est caché, ou situé en dehors du logement, je ne vois pas comment l’usager aura accès aux informations immédiates, alors que c’est le but recherché. J’ajoute que tout cela a un coût et que l’on va demander aux clients de le supporter, alors que le principal bénéficiaire est l’opérateur. Enfin se pose le problème de la protection des données personnelles, qui n’est toujours pas réglé. Nous n’avons rien contre les nouvelles technologies, surtout si elles apportent des services. Mais, pour l’instant, il y a trop de flou.

Le syndicat CGT Mines-Energie, par la voix de Marie-Claire Cailletaud, sa déléguée, a aussi quelques inquiétudes à exprimer :

[Le débat] va rapidement prendre de l’ampleur. L’utilité du service rendu à l’abonné est loin d’être prouvée. Mais nous pensons qu’il y a d’autres objectifs en jeu, comme la coupure du compteur à distance, ou la fin de la relation directe avec le client. Cela aura immanquablement des répercussions sur l’emploi.

Des déclarations contradictoires

Si l’on ajoute à cette cacophonie des déclarations contradictoires, en provenance d’ErDF et de l’ADEME, on comprend que l’usager ait bien du mal à s’y retrouver et se montre méfiant. Ainsi, Michelle Bellon s’exprime ainsi dans les pages d’un quotidien :

Le compteur communicant offrira un grand nombre d’avantages au client pour un euro par mois, notamment une réduction de sa consommation d’électricité. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), sur une facture moyenne annuelle de 400 euros, l’économie est estimée à 50 euros par an.

Alors que François Moisan, directeur Stratégie, Recherche, International à l’ADEME la contredit indirectement dans les pages d’un hebdomadaire :

Tout seul, Linky ne fait que de la relève de consommation sans qu’un agent ne soit obligé de se déplacer (…). Pour que Linky soit à même de permettre des économies d’électricité, il faut qu’il soit doté de « compléments », pour lesquels l’Ademe a lancé un appel à projets.

Il est en cela approuvé par Sarah Darby, du centre de l’environnement de l’université d’Oxford, qui estime, relayée par l’AFP, que seule une démarche éducative peut amener à une réduction de la consommation :

Souvent, les gens ne savent pas quoi faire de ces informations. Il faut qu’elles s’intègrent dans une approche éducative plus large. Par exemple, au Royaume-Uni, nous réfléchissons à l’idée d’utiliser ce compteur pour amener les gens à mieux isoler leurs logements.

Nous l’avions déjà évoqué dans un article précédent : un affichage seul ne sert pas à grand chose. D’une part, si le compteur se trouve dans une dépendance ou dehors, il n’est pas suffisamment visible. D’autre part, une fois les informations collectées, il faut pouvoir les utiliser, avoir des points de comparaison, les comprendre et modifier ses comportements. Le tout fait donc partie d’une démarche plus large qu’un simple affichage.

Le communiqué de mise au point du ministère

Il y a quelques jours enfin, le MEEDDM a publié une « mise au point sur les compteurs  Linky ». Il précise tout d’abord que la phase d’expérimentation « s’achèvera au 1er semestre 2011″, mais confirme aussi une prolongation d’au moins 3 mois, soit jusqu’au 31/03/10 « par une évaluation du système en période de froid », afin de suivre une recommandation de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie). Il rappelle que ce décret a fait l’objet d’une large concertation et a reçu un avis favorable du Conseil Supérieur de l’Energie, qu’il ne décide pas de la généralisation des compteurs, mais prévoit plusieurs séquences.

Il estime par ailleurs les critiques actuelles sur le fonctionnement du compteur « infondées », car ils sont en phase d’expérimentation, donc précisément « une période d’apprentissage et d’optimisation qui doit permettre d’ajuster les caractéristiques techniques de l’appareil ». Le communiqué se termine ainsi :

Le ministère du Développement durable réfute donc les critiques émises qui ne trouvent aucun fondement dans le processus engagé.

La réussite du programme Linky est un enjeu stratégique pour la France et les Français. Il s’agit :

  • de poursuivre la modernisation du système électrique français, en améliorant le service rendu aux usagers ;
  • d’accélérer la maîtrise des consommations d’énergie et les gains de pouvoir d’achat qui en résultent ;
  • de saisir l’opportunité pour notre pays d’être à la pointe dans un secteur industriel créateur d’emplois en plein essor au niveau mondial.

Le ministère précise qu’en aucun cas, le coût ne sera facturé au consommateur à la pose, mais n’exclut cependant pas une petite augmentation de la facture :

Les opérateurs énergétiques, tels que EDF, GDF-Suez, Poweo… auront toutefois la possibilité d’augmenter la facture du consommateur de 1 à 2 euros par mois pour amortir le coût du changement des installations.

Sources : Energie 2007 (articles du 3 , du 11 et du 15 septembre), Enerzine, ZDnet, Sud-Ouest, Le Figaro, L’Express, Batiactu

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Article rédigé par Claudine
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