Articles avec le tag ‘consommation’

Connaitre les émissions de CO2 de son automobile

Samedi 21 août 2010

Plusieurs outils pour vous aider à mieux évaluer l'impact carbone de votre véhicule sont accessibles sur le site de l'Ademe dans son mini-site ecocitoyens.ademe.fr.

L'outil de calcul

Assez rustique mais très simple, l'outil permet en trois clics de sélectionner le véhicule neuf le plus proche de son automobile et d'en connaître les caractéristiques essentielles dont la consommation et les émissions de CO2.

Il est consultable ici. Il est préférable d'utiliser Internet Explorer pour l'utiliser.

Le guide  2010

Le guide « Consommations conventionnelles de carburant et émissions de gaz carbonique des véhicules particuliers en France » recense tous les véhicules homologués en France et vendus en 2010.

Il délivre pour chaque véhicule la valeur de sa consommation de carburant et de ses émissions de CO2, ainsi que le bonus ou malus correspondant.

Un palmarès dresse la liste des véhicules, Essence et Diesel, les moins émetteurs de carbone, pour les 10 premières valeurs d’émissions de CO2. Les trois premiers sont :

  1. Toyota Prius
  2. Toyota iQ
  3. Honda Insight

Il est téléchargeable ici.

Electricité : l'alimentation est assurée jusqu'en 2013

Lundi 9 août 2010

Selon un rapport de RTE (Réseau de Transport d'Electricité), l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité est assuré jusqu'en 2013, grâce au développement programmé de nouveaux moyens de production, mais reste incertain pour 2015. Ces informations confirme le bilan prévisionnel à 15 ans publié en 2009 et l'affine.

Pylones électriques le soir

Source image : notre-planete.info

Ce bilan prévisionnel a pour objectif de vérifier les équilibres entre la consommation d'électricité en France et l'offre de production, à laquelle s'ajoutent les capacités d'importation (en provenance de nos voisins européens), afin d'assurer l'alimentation électrique du pays, tant industrielle que résidentielle. Il attire cependant l'attention sur la vigilance nécessaire lors des pics de consommation dus aux vagues de froid.

Pour 2015, la situation reste encore floue : RTE prend en compte la reprise économique et y associe le déclassement de certaines installations thermiques chez nos voisins qui pourraient affecter leurs possibilités d'exportation. Pour 2015, la consommation prévue se situe à 506 TWh (soit 10 TWh de baisse par rapport à la prévision de 2009), dans des conditions météorologiques normales. Dans le cas de températures particulièrement froides (comme l'hiver dernier, marqué par consommations exceptionnelles lors des vagues de froid), elle ne serait réduite que de 1 000 MW sur l'hiver 2012/2013 et de 600 en 2014/2015, en comptant avec la baisse de la consommation industrielle et le développement du chauffage électrique (convecteurs et pompes à chaleur) dans le secteur résidentiel.

Au vu de ces différents éléments, il n’y a pas d’alerte particulière pour l’équilibre offre-demande en France d’ici à 2013. À l’horizon 2015 en revanche, le besoin identifié devient important, d’environ 3 GW, alors même qu’une incertitude plus forte pèse sur l’existence de marges de production chez nos voisins européens à cette échéance.

En 2015, l'arrêt programmé d'une partie des centrales à charbon – les plus anciennes doivent fermer dans toute l'Europe – devrait en principe être compensé par la mise en service des cycles combinés gaz (CCG) en construction et du réacteur EPR de Flamanville dont la première production électrique était attendue pour 2013 (mais on vient d'annoncer un retard important, vraisemblablement 2 ans, dans le programme) :

À l’horizon 2015, la mise en service des cycles combinés gaz en construction et du réacteur de Flamanville compense à peine l’arrêt prévu d’une partie des centrales charbon et l’érosion probable du parc de cogénération.

Les régions Bretagne et Provence-Alpes-Côte d'Azur restent cependant fragiles et de nouveaux investissements y sont nécessaires. Leur sécurité d'approvisionnement dépend de trois conditions :

RTE engage dès aujourd’hui des solutions pour limiter le risque dans son domaine de compétence. La sécurisation électrique de ces deux régions nécessite un plan global comprenant plusieurs volets : maîtrise de la demande, notamment à la pointe ; développement de nouvelles sources de production, notamment renouvelables ; et renforcement du réseau.

Sources : actualisation du Bilan Prévisionnel RTE, Enerzine

Voir aussi : Le contenu CO2 du kWh en France, Belgique et Grande-Bretagne

La consommation de carburants en France en hausse

Dimanche 25 juillet 2010

carburants

Les voitures électriques sont en préparation, mais pas encore livrées et utilisées. Cela se sent dans la consommation de carburants : 4,4 millions de m3, ce sont les quantités livrées en France en juin 2010, soit 0,9 % de plus qu'en juin 2009.

Si l'on constate une baisse de 5,7 % des livraisons de supercarburant (SP 95 ou 98), celle-ci est largement compensée par une augmentation de 3 % des livraisons de gazole, car ce carburant représente à lui seul 78 % des consommations françaises.

En année mobile, entre juillet 2009 et juin 2010, la consommation globale a augmenté de 1,1 % par rapport aux douze mois précédents (juillet 2008 – juin 2009), avec durant cette période une baisse de 4,6 % des supercarburants alors que les quantités de gazole ont augmenté de 2,9 % sur la même période. Un petit point positif cependant : la consommation reste en retrait de 1,7 % par rapport aux années 2007 – 2008.

Sources : Enerzine, UFIP, Portail Orange Ile de la Reunion (image)

Trop d'électricité solaire = pas d'électricité ?

Samedi 3 juillet 2010

Les productions particulières d'énergie photovoltaïque risqueraient d'entraîner, à terme, des coupures électriques. C'est ainsi que Michelle Bellon, présidente du directoire d'ErDF, a exprimé des inquiétudes bien surprenantes, lors d'un récent colloque de l'Union Française de l'électricité. Ses déclarations ont aussitôt suscité une chaîne de réactions, notamment celles des professionnels de l'énergie solaire.

Rayonnement solaire

Les déclarations

Selon ErDF donc, l'électricité, produite par les particuliers au moyen de panneaux photovoltaïques et réinjectée dans le réseau, pourrait être responsable de surtension lorsque la production excèderait la demande. La surtension occasionnée entraînerait alors des coupures. Inquiète de « la prolifération des panneaux photovoltaïques », la présidente du directoire souligne pour les particuliers « un effet d'aubaine assez fabuleux » en raison des tarifs de rachat de l'électricité produite et s'alarme des demandes, toujours plus nombreuses, de raccordement :

500.000 raccordements d’ici à 2013, ce sont 3 milliards d’euros d’investissements. Or c’est ERDF qui finance le raccordement et les renforcements du réseau qui y sont liés (…) Comment va-t-on gérer toute cette production non prévisible, aléatoirement ? Ça va être extrêmement complexe.

Elle donne ainsi l'exemple du département des Landes, où les projets de raccordement représenteraient cinq fois la consommation de pointe du département.

Les protestations

L'association professionnelle de l'énergie solaire, Enerplan,  a aussitôt réagi en ces termes :

Bien que la France soit encore loin de ses objectifs de déploiement des énergies renouvelables, ERDF s’inquiète de sa capacité à gérer l’augmentation du parc solaire photovoltaïque. Pour rassurer Mme Bellon, nous l’invitons en Allemagne qui a déjà dépassé dans son mix électrique le seuil d'1 % d’électricité solaire qu’a retenu le Grenelle de l’Environnement pour 2020 en France (…) Cette visite sera l’occasion de prouver par la réalité que si peu d’électricité solaire ne déstabilise pas le réseau électrique allemand. Qui plus est, ce sera l’occasion pour ERDF de s’initier aux bonnes pratiques du gestionnaire de réseau pour connecter les installations photovoltaïques outre Rhin.

Quant au syndicat des énergies renouvelables, SER-SOLER, il a déclaré :

Les professionnels de la filière tiennent à rassurer leurs concitoyens. Il n’est pas nécessaire d’apporter des modifications majeures à notre réseau tant que la France ne disposera pas d’un parc d’une puissance 100 fois supérieure à celui d’aujourd’hui (…) Le nombre de producteurs s’élève aujourd’hui à 0,1 % des consommateurs en France métropolitaine. Cela signifie qu’aucun risque de black-out n’est à craindre. Il faut néanmoins anticiper le développement de cette forme d’électricité et son accueil sur le réseau, même si la limite qui pourrait impliquer une nouvelle structuration du réseau est encore lointaine.

D'autres font remarquer qu'au fond, tout ceci est une question d'argent : le kWh généré par un particulier grâce à l'énergie solaire est racheté 0,58 €, soit un tarif bien supérieur à celui du marché. Les énergies renouvelables, lorsqu'elles sont produites par des particuliers, reviennent donc cher à ErDF mais n'oublions pas que par le mécanisme dit du CSPE (contribution au service public de l’électricité) ces éventuels surcoûts, liés à la mission de service public qui lui est attribuée, sont refacturés quelques centimes d'euros sur la facture de tous les français. Certes on ne peut pas encore stocker l'énergie électrique, mais par le passé, ErDF utilisait déjà des processus de pompage/turbinage sur les barrages afin de réguler la production électrique.

Enfin, si l'électricité ne se stocke pas, elle se transporte. Et le député de l'Isère, François Brottes souligne que dans certaines régions, les habitants refusent à la fois des moyens de production et des réseaux de transport d'électricité. Il estime qu'il serait juste de jouer dans ce cas sur les tarifs d'acheminement de l'électricité vers ces régions pour traduire financièrement ce refus :

Il n'est pas normal que ces régions payent le même prix si elles ne veulent pas de production sur leur sol. Est-ce que c'est normal de concentrer toutes les centrales au même endroit? Celui qui assume d'avoir une centrale sur son territoire doit-il payer le même prix que les autres ?

Que l'énergie solaire nous plonge dans le noir, voilà qui serait un comble !

Sources : Batiactu, Greenzer, Energie 2007

Un accompagnement au développement durable dans le Finistère

Dimanche 28 mars 2010

Velo

L'initiative est intéressante et va se mettre en place dans les prochaines semaines : le Conseil Général du Finistère, appuyé par deux associations actives dans le domaine du développement rural (Nature et Culture et le Réseau Cohérence), va proposer à 30 familles volontaires un accompagnement au développement durable dans leur vie quotidienne.

Partant du principe que l'Agenda 21, et c'est vrai pour tous les départements, liste des actions, mais ne met pas en face une politique pédagogique pour les faire porter, les trois organismes cherchent à mener une expérience concrète auprès de ménages représentatifs socialement de tout de département. Le directeur du Réseau Cohérence explique :

Un célibataire qui habite en ville n'a pas les mêmes besoins de transport et alimentaires qu'une famille nombreuse en milieu rural.

Trente foyers volontaires s'engageront donc dans une expérience à caractère pédagogique. Après sélection (pour en assurer la représentativité), les ménages bénéficieront d'un diagnostic de leurs pratiques quotidiennes en matière de consommation, de déplacement, etc. Des conseils personnalisés suivront ainsi que des échanges d'expériences et des invitations à des journées thématiques pédagogiques sur des questions de transports, d'alimentation…

Il s'agit en fait de construire des programmes, avec la participation active des familles, pour s'inscrire dans une dans une démarche de développement durable. L'opération se déroulant jusqu'à la fin 2011, une durée de plus d'un an permettra très certainement de donner un bon aperçu des résultats obtenus.

Un petit bémol cependant : les candidatures seront prises au Salon du Développement Durable de Brest ce week-end et par téléphone au Réseau Cohérence. Or il semble que les familles qui visitent le salon ou qui contactent une association œuvrant dans ce domaine sont déjà sensibilisées à ce sujet. Mais d'une manière générale, à une époque où l'on se rend compte qu'il est nécessaire de sensibiliser, de mobiliser et de responsabiliser chacun sur des thèmes tels que le cadre de vie, les transports, la consommation, il reste intéressant de proposer à certains, et si possible au plus grand nombre, des actions concrètes.

Sources : le Télégramme, association Nature et Culture, Réseau Cohérence

Comment représenter les émissions de CO2 ?

Dimanche 21 mars 2010

Nous avions fait le lancement de notre newsletter en mai 2008 sur les clips vidéo Black Balloon. Nous y revenons aujourd'hui car nous n'avons toujours pas trouvé mieux depuis.

Un petit rappel

Le gouvernement de la Province Victoria en Australie a lancé dès 2006 une initiative « You have the power. Save energy » matérialisé par un site web et une campagne de communication à base de petits clips vidéo autour d'une représentation que nous trouvons géniale : les « black balloons ».

black balloon tv

La campagne a démarré avec un premier clip choc : de curieux ballons noirs sortent des équipements ménagers (ventilateur, cafetière, téléviseur en veille, machine à laver…), puis s'accumulent au plafond dans la maison, avant de s'échapper dans la rue et rejoindre beaucoup d'autres ballons venant des maisons voisines, le ciel est envahi de ballons noirs…

Le message apparait alors comme un coup de poing : « You have the power, save energy. Stop the climate crisis. »

You have the power, save energy

La prise de conscience est née. Il faut maintenant agir. Mais que faire ? C'est là que sont intervenus la série des clips suivants. Au niveau de certains usages, comme par exemple la télévision en veille, la vidéo démontre qu'en éteignant l'appareil, ici la veille de la télévision, le ballon qui s'échappait lentement de l'appareil est réabsorbé par l'équipement : « You have the power, save energy ».

Quelques liens

Voir la vidéo sur YouTube
Voir la vidéo sur bliptv en haute définition
Télécharger la vidéo sur ecoCO2 au format MPEG (4,22 Mo)
ou
Consulter le site saveenergy du gouvernement australien

Qui dit mieux ?

Connaissez-vous d'autres représentations marquantes ? Partagez-vous notre avis ? Communicants, designers, avez-vous envie de travailler avec nous sur ce sujet ?

N'hésitez pas à réagir, ici même sur ce blog, ou en nous contactant, ou en postulant sur notre proposition de stage

Ma consommation d'électricité est-elle normale ?

Samedi 20 mars 2010

La PME française Fludia a mis en ligne le site maitrisermonenergie.com sur lequel on peut utiliser un petit outil très pratique. Il se présente sous forme d'une calculette un peu sophistiquée qui permet de répondre en quelques clics à la question :

Ma consommation d'électricité est-elle normale ou trop élevée ?

Calculette Fludia

Son utilisation est très simple : il suffit de répondre aux quelques questions posées et de cliquer sur « Calculer ».

Vous pouvez rentrer les index fournis sur les factures « réelles » (lorsque que le compteur a bien été effectivement relevé) et non les factures « estimées » (personne ne s'est déplacé et un calcul plus ou moins faux a été fait).

Vous pouvez aussi faire le calcul entre une facture réelle et un relevé que vous faites vous même maintenant sur votre compteur. Vous savez ainsi combien vous auriez à payer si votre facture arrivait aujourd'hui.

Mais le vrai « plus » de cet outil c'est la décomposition par usage, que Fludia sait réaliser à partir de son expérience et sa base de données.

Maitrisermonenergie.com est une initiative soutenue par l'ADEME – Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, dans le cadre du PREBAT, Programme de Recherche et d'Expérimentations sur l'Energie dans le Bâtiment.

Découvrez le widget : Combien consomme cet appareil électrique ?

Mercredi 17 mars 2010

Connaissez-vous le widget « Combien consomme cet appareil électrique ? » développé par ecoCO2 ?

widget ecoCO2 : combien consomme cet appareil électrique

C'est une application internet simple et autonome pour évaluer l'empreinte carbone, et la consommation de vos équipements électriques.

Très souple, cet outil est :

  • disponible en trois langues : français, anglais, allemand ;
  • disponible en deux tailles ;
  • modifiable depuis l'onglet paramètres pour entrer la valeur exacte de votre prix du kWh ;
  • téléchargeable sur une page web de votre choix (sur votre site, votre blog…) ;
  • totalement personnalisable aux couleurs de votre site par téléchargement.

Comment y accéder ou le télécharger ?

Sur le site www.ecoco2.com dans la rubrique « Outils » ou bien sur cette page dédiée.

L'affichage environnemental des produits de grande consommation

Lundi 22 février 2010

Appelé aussi plus couramment, bien qu'improprement,  « l'étiquette CO2  » (cf. notre article du 13/02/2010), l'affichage environnemental des produits de grande consommation est un des engagements du Grenelle de l'Environnement. Le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDEM) a donc chargé l'ADEME et l'AFNOR de coordonner des groupes de travail, afin d'élaborer une étiquette destinée à favoriser la consommation responsable des ménages. Celle-ci doit se mettre en place dès janvier 2011.

En quoi cela consiste-t'il ?


En effet, selon le projet de loi « Grenelle II » adopté au Sénat en octobre 2009, le consommateur devra « être informé du contenu en équivalent carbone et des autres impacts imputables au couple produit/emballage au cours de leur cycle de vie. Les modalités d'application seront définies par décret pour chaque catégorie de produits en tenant compte de la spécificité des très petites entreprises » (art.85).

Plusieurs principes ont été précisés par le projet de texte de loi :

  • l'information environnementale concernera le couple produit/emballage : elle prendra donc aussi en compte les déchets ;
  • elle résultera d'une analyse sur le cycle de vie du produit : pour un légume, par exemple, de la production à l'assiette du consommateur ;
  • l'information fournie dépendra de la catégorie du produit : impossible de traiter de la même façon une conserve de légumes et du gel douche, bien entendu ;
  • elle comprendra obligatoirement l'indice carbone, mais aussi une approche multi-critères : la proportion des déchets recyclables ou non par exemple ;
  • la méthodologie doit être simple et abordable pour que les très petites entreprises (TPE) puissent la mettre en pratique.

Autrement dit, une étiquette, de même format pour tous les produits, comprenant des informations à la fois fiables et simples pour être compréhensibles pour tous les consommateurs et qui doit leur permettre de repérer les produits eco-responsables.

Le commissariat Général au Développement Durable précise dans Le point sur n° 39 de janvier 2010 (téléchargeable à partir du site de l'ADEME et l'AFNOR consacré à l'affichage environnemental) :

A titre d’illustration, la contribution des achats des ménages au changement climatique est, selon les différentes estimations, comprise entre 40 et 70 % de la contribution totale à l’effet de serre (le reste résultant des constructions, de la consommation d’énergie des logements et des transports de personnes). L’intervalle de 40 à 70 % résulte essentiellement des périmètres retenus par les différentes études : consommation courante de biens par les ménages ou consommation incluant les services (hôtels, restaurants, poste, banques…) ou encore analyses intégrant ou non les émissions de CO2 générés hors de France pour les produits importés et consommés en France. Ces estimations intègrent les émissions liées aux produits sur l’ensemble de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières qui les composent jusqu’à leur élimination finale après usage : ainsi, par exemple, 1 litre d’eau minérale générera de l’ordre de 120 g d’équivalent CO2 tandis qu’une tablette de chocolat présentera quelque 250 g d’équivalent CO2 et qu’un « Tee-shirt » produira de l’ordre de 4 kg d’équivalent CO2.

Selon différents sondages, 83 % des Français souhaitent  une information sur l'impact environnemental des produits, et 77 % des dirigeants d'entreprises y sont favorables.

Deux expériences en cours en France

Le groupe Casino et 3 centres Leclerc du nord de la France ont lancé depuis plus d'un an une expérience d'affichage environnemental, concernant exclusivement leur propre marque distributeur, chacun s'appuyant sur une méthodologie différente et avertissant le client par des moyens différents : étiquette sur le produit pour le premier, affichage sur les gondoles et récapitulation sur le ticket de caisse pour le second.

Le groupe Casino a lancé l'étiquetage de l'indice carbone, c'est à dire la quantité de CO2 émise par 100 g de produit pendant son cycle de vie, depuis juin 2008. Ceci résulte d'une réflexion entamée en 2006 et menée en collaboration avec le cabinet de conseil Bio Intelligence Service.

Cet étiquetage concerne actuellement environ 400 produits de la marque Casino (un peu plus de 10 % de la gamme), 600 d'ici la fin de l'année 2010, et à terme,  au total, 3000 références alimentaires (réparties dans 39 familles différentes : pâtes, yaourts, café…) mais aussi des produits d'hygiène, de droguerie et de parfumerie.

Le calcul de l'indice carbone prend tout en compte : la production, la fabrication, le transport, l'emballage (des matières premières jusqu'au recyclage), la distribution et même la cuisson chez le consommateur. Il est présenté sur une étiquette comportant une réglette allant du vert très clair au vert foncé, selon le niveau de l'indice. Pas de rouge, car selon Alain Brizeau, PDG du groupe Casino, ce serait trop culpabilisant pour le consommateur. L'étiquette Casino annonce aussi le pourcentage de déchets recyclables et le nombre de kilomètres parcourus pour arriver dans les linéaires.

Bien entendu, pour une boîte de conserve identique, les émissions de CO2 vont varier selon la provenance, par exemple : 225 g pour une boîte produite en France et transportée par camion, 235 g pour une boîte en provenance d'Inde et voyageant par bateau et camion, 305 g pour une boîte d'origine ukrainienne et apportée par camions (chiffres donnés par Novethic).

Les 3 centres Leclerc concernés par l'affichage environnemental ont, quant à eux, travaillé avec le cabinet Greenext à partir d'une approche statistique qui fait appel à des bases de données. Celles-ci recensent l'impact CO2 des ingrédients et emballages. Les émissions liées à la cuisson sont intégrées dans le calcul.  La base de calcul prend donc en compte la quantité de gaz carbonique induite par la production, la distribution et la consommation des produits. Cette méthode a permis de référencer un nombre plus important d'articles, toujours de marque générique, environ 20 000 actuellement.

Le produit en lui-même ne porte pas d'étiquette supplémentaire : l'affichage se fait sur les gondoles et s'exprime en kg de CO2 par kg ou litre de produit. Le total est ensuite repris sur le ticket de caisse. Les clients peuvent ensuite comparer, sur un graphique, leur bilan CO2 par rapport aux quantités hebdomadaires moyennes d'un foyer de même taille (de 1 à 6 personnes). Dans le vert sur le graphique ? Bien, leur bilan est inférieur à la moyenne. Dans le rose (pas de rouge, ici non plus) ? Attention, le bilan est supérieur à la moyenne.

Et en Europe ?

Selon le site Greenunivers, l'organisation britannique Forum for the Future a publié en 2008 déjà un rapport qui s'appuyait sur un sondage réalisé auprès de 1000 consommateurs en Grande-Bretagne. Les études britanniques donnent les chiffres suivants : 85 % des consommateurs britanniques réclament des informations sur l'impact environnemental des produits qu'ils consomment, et vont même plus loin puisque les deux-tiers d'entre eux pensent que les distributeurs devraient retirer des rayons les produits les plus dommageables pour l'environnement.

Les produits achetés comptent pour 45 % des émissions de carbone en moyenne, soit 5 tonnes par an et par personne (selon l'ADEME, chaque Français émet aujourd'hui dans son quotidien 10 000 kg équivalent CO2 par an, dont 3 000 pour son alimentation).

Forum for the Future préconise d'ailleurs des éléments différents de ceux retenus par le MEEDDEM. Notamment que seuls les produits qui génèrent de fortes émissions de CO2 pendant leur utilisation soient étiquetés, et de ne pas multiplier les labels car le consommateur risque de ne pas s'y retrouver.

Les grandes surfaces Tesco en Grande-Bretagne ont donc lancé elles aussi une expérience, de même que la chaîne de fast-food Max en Suède. En Suisse, c'est le distributeur Migros qui affiche sur ses produits la mention « approuvé au CO2".

Le point sur l'avancée actuelle des travaux

L'ADEME et l'AFNOR doivent donc élaborer la méthodologie nécessaire pour chaque catégorie de produit, en s'appuyant sur des groupes de travail de producteurs, industriels, distributeurs et cabinets spécialisés. Greenext participe d'ailleurs à cette plateforme.

Trois principes dominent, pour mémoire : l'affichage portant sur le couple produit et emballage sur l'ensemble de leur cycle de vie, le même format d'affichage  et des méthodes de calcul identiques pour tous les produits.

La plateforme travaille donc sur la mise en place d'une base de données de référence, tenant compte à la fois des données primaires, spécifiques à chaque produit, et des données secondaires, issues de bases de données existant déjà. Aujourd'hui, il en existe de multiples, donnant souvent des facteurs d'impact environnemental différents pour un même produit. Il s'agit donc de les harmoniser dans une seule et même base de calcul, utilisée par tous les acteurs de cet affichage et de réaliser les étiquettes, identiques pour tous les produits, et permettant de rendre lisible pour le consommateur l'ensemble des informations.

Le tout doit être réalisé, nous le rappelons, pour janvier 2011. Or, si certains groupes ont déjà bien avancé dans leurs travaux, d'autres ont à peine commencé à se réunir. Le délais des 10 mois restant semble ne pas pouvoir suffire. De nombreux problèmes subsistent encore.

Tout ne sera pas réglé par l'affichage environnemental bien sûr. On sait que les transports sont une source de pollution importante, mais aussi les déchets : les emballages jetés ne sont pas tous recyclables, et parmi ceux qui le sont, le recyclage ne concerne réellement que 56 % (taux moyen pour la France), le tri sélectif n'étant pas généralisé et les consommateurs pas toujours responsabilisés. Les chiffres suivants parlent d'eux-mêmes :

  • le Bilan CO2 moyen d’un repas est de 3 kg eq. CO2
  • un trajet Lille – Paris en TGV émet 2 kg eq. CO2
  • un trajet Lille – Paris en voiture émet 44 kg eq. CO2 (voiture moyenne de 6 à 10 chevaux avec 1 personne à bord)
  • quatre mois de chauffage au gaz pour un 3 pièces participent à l’émission de 1000 kg eq. CO2
  • (Sources ADEME et Eco-comparateur)

Des voix s'élèvent actuellement pour demander à ce qu'un taux de bilan carbone élevé soit intégré au prix du produit : en effet, la consommation de matières premières est plus importante, donc le prix de revient devrait être plus cher. L'UFC-Que Choisir estime, par la voix du vice-président de Quimper (cité par le Télégramme), que le prix restera déterminant dans l'acte d'achat, mais espère que le consommateur deviendra de plus en plus citoyen. Il rejoint en cela le directeur des Centres Leclerc  du Nord (cité par Rue 89) qui avoue que 80 % des clients ne se posent pas la question de l'empreinte environnementale des produits, mais regardent juste le prix.

Le consommateur suivra-t'il ? Les produits d'importation seront-ils concernés ? Comment traiter les produits bio, qui actuellement ne sont pas différenciés dans les calculs ? Industriels et distributeurs seront-ils prêts ? L'UFC-Que Choisir reste perplexe. Et la grande question demeure : en effet, plus de 80 % de la population affirme approuver l'initiative de l'affichage environnemental mais 80 % ne regarde que le prix, comment concilier ces chiffres ? La sensibilisation des consommateurs à ce problème reste le maître-mot de sa réussite.

Sources : Le point sur l'affichage des caractéristiques environnementales des produits (CGDD, n°39), articles de Rue 89, le Télégramme, Terravada, Greenunivers, J'économise ma planète, Vedura

Diminution de la consommation d'énergie en 2009

Samedi 20 février 2010

Une bonne nouvelle ? Pas tout  à fait sûr. Si cela permet de générer moins de gaz à effet de serre, cela prouve aussi la présence de la crise financière qui avait déjà participé en 2008 à de moindres émissions de CO2 (cf. article du 10 février 2010). Le rapport du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) sur la conjoncture énergétique estime la baisse de la consommation à 5 %, en données corrigées du climat (4,7 % en réel).

Les ménages n'ont pas pour autant changé d'habitudes de consommation énergétique : au contraire, le CGDD souligne une consommation en hausse en électricité et carburant ; il est vrai que les périodes hivernales de 2009 ont été un peu plus rigoureuses que celles de 2008. On doit plutôt chercher l'explication de cette baisse dans la conjoncture économique et industrielle : la production industrielle enregistre effectivement une baisse de 12 % par rapport à l'année précédente. En conséquence, les émissions de CO2 ont logiquement régressé de 4 % sur l'année.

Une production en baisse aussi

La production d'énergie de 2009 se chiffre à 114 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit un recul de 7 % par rapport à l'année précédente. En effet, la production nucléaire par exemple a enregistré son plus bas niveau depuis 10 ans, en raison de pannes à répétition sur les derniers mois de l'année, au moment où la demande était la plus forte. En conséquence, les centrales électriques au charbon ont dû prendre le relais sur les mois de novembre (+ 8 %) et décembre (+ 13 %), pendant la vague de froid hivernal, entrainant avec elles une augmentation de CO2 de 3 % sur le mois de décembre, même si le bilan final de l'année est orienté à la  baisse. Le charbon diminue néanmoins sur l'ensemble de l'année, par rapport à 2008.

Malgré la forte progression de l'éolien (+ 33 %) et de doublement du solaire (cf. article du 12 février), le recul de 9,2 % du secteur hydro-électrique a entraîne dans sa chute l'ensemble des énergies renouvelables qui enregistrent au total une baisse de – 6 %.

Les produits pétroliers reculent de 3,5 %, mais la consommation des carburants routiers reste stable. En 2009, le gazole représente près de 80 % des livraisons de carburant, en raison d'un nombre toujours croissant de véhicules diesel.

Bilan final

Le CGDD observe un taux d'indépendance énergétique de la France de 46,1 %, soit un recul d'un point par rapport à 2008. Et une facture énergétique de 39 milliards d'euros, soit 34 % de moins que l'année 2008. Cela s'explique par la baisse du prix du pétrole : le prix moyen annuel a été de 61 $ par baril contre 97 $ en moyenne pour l'année précédente.

Apparemment, et c'est regrettable, la maîtrise de l'énergie dans les usages domestiques ne fait pas encore partie des bonnes habitudes des ménages. Malgré la crise financière qui a touché directement un bon nombre d'entre eux, leur consommation progresse toujours. A un niveau individuel, il est certes difficile de peser sur l'industrie, mais gérer au mieux ce qui se passe chez soi en matière de gaspillage d'énergie devrait devenir une priorité : une éducation à commencer par les enfants peut-être.