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Papier : enquête à ne pas imprimer

Dimanche 8 août 2010

Enquete riposte verte papier

400 millions d'euros (soit l'équivalent de 32 milliards de pages) : voici le chiffre des dépenses annuelles des entreprises françaises en impressions inutiles. Heureusement, selon une enquête de Riposte Verte, menée auprès des personnels administratifs d'entreprises françaises de tous les secteurs, 68 % affirment connaître les impacts du papier de bureau sur l'environnement : on n'imagine même pas le chiffre sinon !

Chaque employé de bureau consomme en moyenne 70 feuilles par jour, soit 75 kg de papier à l'année. La récupération du papier semi-usager (imprimé sur une seule face par exemple) semble maintenant assez passée dans les mœurs puisque 70 % des structures s'en resservent et que 90 % des collaborateurs ont déjà pris l'habitude de l'utiliser comme brouillon.

Par contre, encore une entreprise sur trois ne récupère pas le papier usagé pour le recyclage. Et près de la moitié des employés déclarent n'avoir jamais été sensibilisés à l'impact des bonnes pratiques quotidiennes de l'utilisation du papier au bureau. Effectivement, l'information sur ces pratiques se révèle insuffisante : parfois menée par courriel (27 %) ou par affichage (37 %), mais rarement par formation (14 %).

Quelques notes plus positives quand même : 90 % des personnes choisissent un papier courant de moins de 90 g, sur lequel 99 % des employés impriment avec une taille de police réduite (inférieure ou égale à 12), et 80 % utilisent même la fonction recto/verso des copieurs multifonctions branchés sur réseaux (mais seulement 40 % pour la fonction 2 pages en 1).

Mais pour la gestion du papier, bon nombre de pratiques restent encore contraires au bon sens, même si les dirigeants et leurs collaborateurs ont pris conscience de l'impact environnemental de l'utilisation du papier. Le rapport leur rappelle d'ailleurs quelques chiffres : 75 kg de papier recyclé permettent d'économiser 13 arbres, 16 000 litres d'eau, 750 litres de pétrole et produisent 45 % de CO2 de moins que du papier de fibres vierges.

En bref, des solutions existent et sont connues pour économiser le papier, mais encore trop peu appliquées. Le papier est pourtant le symbole d'une politique d'entreprise éco-responsable.

Source : Enquête « Papier, quelles (éco)pratiques au bureau« 

www.riposteverte.com/

Télécoms : une charte de bonne conduite pour le développement durable

Lundi 26 juillet 2010

Une charte d'engagements volontaires pour le développement durable a été signée le 22 juillet entre le gouvernement et le secteur des télécommunications représenté par la Fédération Française des Télécommunications (FFT). 25 autres secteurs d'activité se sont déjà engagés dans ce domaine autour d'une charte. Le secteur des télécommunications est le 26ème.

Cabine telephone en pleine nature

source image : geograph.org.uk

Un double objectif

L'objectif de cet engagement est double : il vise à ce que le secteur devienne plus respectueux de l'environnement et à ce qu'il réduise ses émissions de gaz à effet de serre. Les acteurs de la téléphonie française espèrent même contribuer à hauteur de 7 % à la réduction des émissions de CO2, soit un tiers des objectifs français.

En fait la téléphonie crée autant de dégâts qu'elle en évite à d'autres secteurs (bâtiment, papiers…). Pointé par l'IDATE (Institut de l'Audiovisuel et des télécommunications en Europe) en début d'année (voir notre article du 19 février), le secteur veut prouver sa volonté  d'améliorer son bilan environnemental.

Des engagements forts

La charte s'articule autour de cinq volets principaux :

  • la maîtrise des consommations énergétiques, malgré l'explosion des usages de la téléphonie, par des engagements concrets des opérateurs sur la consommation d'énergie de leurs centres de données, de leurs réseaux mais aussi des box ADSL et des décodeurs TV. Les opérateurs veulent maintenir l'électricité consommée par le secteur à 8,5 milliards de kWh (TWh) d'ici à 2012 (ce qui revient à garder une consommation stable alors que les usages se développent très rapidement). Les box consomment beaucoup : 1,6 TWh pour 19,6 millions d'usagers en 2008, et on en prévoit 40 millions en 2015. Les changer n'améliorerait pas l'impact environnemental du secteur, car il faudrait pouvoir toutes les recycler. Les opérateurs travaillent plutôt sur des solutions logicielles de mises en veille sans intervention de l'usager. Quant aux décodeurs TV, ils sont équipés à partir de juillet de cette année d'un bouton marche/arrêt.
  • la diffusion des usages innovants des technologies de l'information et de la communication (TIC). Celles-ci sont à la base de solutions pour piloter et limiter les consommations d'énergie de secteurs comme le bâtiment, les transports, les réseaux. Il en va ainsi de l'assistance à des bâtiments économes (par le pilotage du chauffage ou des équipements permettant de réduire les consommations par exemple), les réseaux d'énergie intelligents, mais aussi le travail à distance ou la dématérialisation des documents.
  • l'engagement vers une consommation durable avec la généralisation des offres de reprises des téléphones usagés : en 2009, le secteur a collecté 485 000 téléphones en fin de vie, alors qu'il en vendait 15 millions. Quand Bouygues a supprimé son offre de reprise à 10 €, le nombre de téléphones collectés par l'entreprise a été divisé par 4 ! Les opérateurs envisagent donc de nouvelles offres de reprises, qui pourraient aller de 2 à 280 € en fonction de l'âge et de l'état de l'appareil, entre autres critères. Cela permettra de mieux gérer la fin de vie et le recyclage des appareils abandonnés. De plus, le secteur est le premier à s'engager sur l'affichage des performances environnementales des modèles mis sur le marché.
  • la responsabilisation de toute la chaîne de production avec la diffusion des critères de responsabilité sociale et environnementale et l'évaluation des principaux fournisseurs. Il s'agit donc là de mener une politique d'achat responsable et pour cela d'adopter des méthodes standardisées d'évaluation des partenaires.
  • l'inscription dans une démarche de progrès et d'éco-responsabilité des entreprises du secteur en incitant les collaborateurs à adopter des comportements économes (limitation de l'usage du papier, ou du parc automobile…).

Nathalie Kosciusko-Morizet précise :

En se contraignant à un calendrier et à des objectifs précis en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de déchets, les professionnels des télécoms témoignent de leur volonté de verdir leur secteur. Mais cette charte consacre également la capacité des TIC à innerver l’ensemble des secteurs économiques pour accélérer leur conversion écologique. En alliant « croissance verte » et « révolution numérique », nous faisons le choix d’un nouveau modèle de croissance, dans lequel pourra se modeler la société durable de demain.

Cette charte relève d'une démarche volontaire des opérateurs, mais elle s'appuie sur des objectifs chiffrés et concrets, pour lesquels des indicateurs précis de suivi sont fixés. Pour une croissance verte du secteur, certaines solutions se révèlent finalement simples à mettre en place et le seront rapidement, d'autres demanderont un peu plus de temps, mais la tenue des objectifs devra pouvoir s'apprécier dès 2012.

Sources : Communiqué de presse du MEEDEM, Durable, Les mobiles, La Tribune (article du 22 juillet et article du 23 juillet)