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Eolien : les députés reviennent déjà sur certaines dispositions

Lundi 10 mai 2010

Eolienne près de Dunkerque

Les députés, réunis en commission, sont revenus sur certains articles très controversés du Grenelle II concernant l'énergie éolienne. Ils se prononcent pour le retour au droit actuel.

Ainsi, les petites éoliennes pourront continuer à bénéficier d'un tarif de rachat préférentiel de l'énergie qu'elles produisent, tarif qui avait été imposé en 2002 pour les producteurs d'énergies solaire et éolienne. Ce dispositif concerne celles dont la puissance est inférieure ou égale à 250 kW et dont la hauteur de mât ne dépasse pas 30 mètres.

D'autre part, le seuil minimum de 15 mégawatts pour les nouvelles implantations de fermes éoliennes est lui aussi abandonné, par l'adoption d'un amendement de Patrick Ollier, Président de la commission des Affaires Economiques, alors qu'il l'avait lui-même fait inscrire dans le texte gouvernemental. Ce seuil, ainsi que celui de 5 éoliennes minimum par ferme, étaient dénoncés à la fois par les professionnels de l'énergie éolienne et par les écologistes comme « une entrave au développement de cette énergie renouvelable ». Selon François de Rugy, député Vert :

C'est toujours bon à prendre, mais ça ne va pas permettre de produire en grand de l'énergie éolienne.

Ce projet de loi Grenelle II suscite beaucoup de critiques dans les milieux attachés aux énergies renouvelables, et en particulier à l'éolien : il laisse en effet la part belle au nucléaire.

Dans le même temps, Jean-Louis Borloo, MEEDDEM, annonce en conseil des ministres, le 5 mai, une accélération du développement des énergies éoliennes en mer et des énergies marines. Il vise une puissance totale installée de 6 000 mégawatts à l'horizon 2020 et déclare :

L'enjeu pour la France est double : il s'agit de respecter les engagements du Grenelle de l'environnement et du paquet « énergie-climat » adopté sous présidence française de l'Union européenne, mais aussi de conquérir une position de champion dans la future industrie des énergies marines et permettre ainsi la création d'un nombre important d'emplois pérennes. Le « programme de développement de l'éolien en mer du Grenelle de l'environnement » illustre ainsi la « croissance verte » dans laquelle notre pays s'est engagé.

Il charge les préfets des régions concernées de recenser des sites propices pour pouvoir annoncer très rapidement la sélection d'une dizaine de zones dans lesquelles l'éolien en mer pourra être développé. Il compte lancer dès le mois de septembre un premier appel d'offres pour l'implantation de 3 000 MW dans ces « zones propices », pour une sélection des dossiers dans l'été 2011.

Hasard du calendrier ou volonté de calmer les esprits ?

Source : AFP, Vie Publique

Kbane, le magasin dédié à la maison écologique

Jeudi 6 mai 2010

Kbane vue exterieure du magasin

Sans publicité, Kbane fait son apprentissage et développe son concept tranquillement. Son premier magasin est ouvert à Villeneuve d'Asq (59) depuis plus d'un an (nous vous en parlions déjà dans notre newsletter de septembre 2008) et de nouvelles implantations sont en cours d'étude.

Un magasin pour l'habitat durable

Avec un an d'expérience, Kbane se définit comme le spécialiste des solutions habitat durable et des nouvelles énergies. Son site web affiche actuellement :

KBANE : installateur solaire et énergies nouvelles en NORD (59), produits et solutions pour une maison plus saine, plus économe et plus respectueuse de l'environnement

Son premier magasin est installé dans le Département du Nord à Villeneuve d'Asq dans un ancien corps de ferme, superbement rénové. On y trouve :

  • Des produits et solutions pour sa maison ou sa PME : isolation et éco-construction, jardinage raisonné, énergies renouvelables, qualité de l'air et de l'eau, décoration et produits sains. Le tout agréablement présenté dans son enceinte aux murs de brique.

Kbane vue interieure du magasin

  • Des prestations pour installer des énergies renouvelables et rénover son habitat : En dix mois, plus de 380 chantiers ont été réalisés dans le Nord-Pas-de-Calais : 65 installations de modules photovoltaïques, 30 pompes à chaleur, 71 poêles à bois, 11 VMC, 78 chantiers d’isolation intérieure et 24 d’isolation extérieure.

Des projets pour développer le concept

Tout d'abord, Kbane réalise actuellement la construction de son deuxième magasin à Valenciennes, dont l’ouverture est prévue en septembre prochain. Il sera moins développé sur l'aspect produits et plus orienté vers les prestations d'installations. L’enseigne prévoit aussi d’ouvrir à Marquette-lez-Lille, au premier trimestre 2011, un site de 1 500 m2 répondant aux exigences du label BBC (bâtiment basse consommation), qui regroupera son siège social et un nouveau magasin.

Très bientôt, Kbane  va ouvrir aussi une e-boutique où les internautes pourront, sans se déplacer à Villeneuve d'Asq commander l'ensemble des produits du magasin.

Enfin, Kbane travaille à de nouvelles implantations en France, à commencer par la Région Parisienne. Où exactement ? Melun-Sénart ? Informations à suivre sur ce blog dans quelques mois…

Source : Ademe, Kbane

Une éolienne design et silencieuse

Jeudi 8 avril 2010

Distinguée par plusieurs concours en 2009 pour son concept innovant, la Nov'éolienne a bien des atouts. D'un tout nouveau type faisant l'objet d'un brevet international, elle est le fruit du travail d'une petite société française, Novéol, créée en 2009 et installée sur le site du Futuroscope de Poitiers.

Noveolienne, eolienne esthetique

Esthétique et silence

Les éoliennes, en général, ont bien des avantages, on les connaît, mais aussi quelques inconvénients qu'on leur reproche fréquemment : l'esthétique d'abord, le bruit engendré par la rotation des pales et les difficultés pour les inscrire dans un paysage urbain.

Novéol s'est donc directement attaqué à ces problèmes, en créant une petite éolienne à axe vertical, à la fois esthétique et silencieuse. Produisant de l'électricité sans émettre de CO2, comme toutes ses congénères, elle est constituée en majeure partie de composants recyclables.

Elle se décline en deux modèles. Le premier, à l'usage des particuliers, d'une puissance de 2 kW, produit annuellement environ 3 500 kWh, suffisamment pour couvrir les besoins électriques d'une famille de quatre personnes, hors chauffage. Le second, à l'usage des collectivités, des lotisseurs et promoteurs, d'une puissance de 6 kW, produit annuellement environ 10 500 kWh.

L'éolienne des villes et des campagnes

Autre avantage : leurs dimensions qui leur permettent de s'insérer dans le paysage urbain, comme de s'installer dans des endroits isolés. Leurs diamètres – 1,7 m pour la première, 3 m pour la seconde – leur permettent de s'installer dans des espaces moins dégagés que celles qui ornent nos côtes ou nos campagnes.

Il est difficile en milieu urbain de trouver des flux d’air puissants, comme en mer ou en montagne. Aussi la Nov'éolienne, à démarrage autonome, profite-t'elle du plus léger souffle d'air : 3 m/s, soit 11 km/h,  et continue à produire jusqu'à des vents, même tourbillonnants, de 20 m/s, soit 72 km/h.

Elle est avant tout destinée à une production d'électricité pour l'autoconsommation des ménages. Un éventuel surplus peut toujours être revendu, mais le tarif n’est pas subventionné (8,32 c€/kWh) et EDF n’est pas tenue de l'acheter, sauf en zone de développement éolien (ZDE).

Suède : 2000 éoliennes supplémentaires d'ici 2020

Mardi 9 mars 2010

Le ministre des entreprises et de l'énergie suédois, Maud Olofsson,  a récemment déclaré que son pays comptait se doter de 2000 nouvelles éoliennes d'ici 2020.

La Suède est extrêmement bien placée pour rapidement augmenter sa production d'énergie renouvelable, en particulier par l'utilisation de biocarburants et d'énergie éolienne, a-t'elle déclaré.

La Suède veut en effet augmenter rapidement sa production d'énergie renouvelable par l'utilisation de biocarburants, de la géothermie et l’installation de nouvelles éoliennes. Fin 2008 déjà,  1156 éoliennes étaient en exploitation. En 2009, 200 nouvelles ont été installées pour une capacité de 500 mégawatts supplémentaires. Le total se répartit à travers le pays sur  506 parcs, en comptant de 1 à 16, pour une puissance totale  de 1560 mégawatts, contre 220 MW 10 ans plus tôt.

Ces 2000 nouvelles éoliennes fourniraient environ 10 térawatts heure (TWh) par an. Une subvention d'investissement de 14 millions d’euros a déjà été récemment approuvée pour la construction de la plus puissante éolienne offshore du monde, et au cours du dernier sommet de Copenhague, la Suède s’est associée à 9 autres pays européens pour développer des parcs d’éoliennes offshore en Mer du Nord et en Mer d’Irlande.

éoliennes offshore

Source : environnement-france.fr

Le but du pays est d'arriver à couvrir 50 % de ses besoins par des énergies renouvelables en 2020 contre 20 % actuellement, en augmentant la production totale de 25 TWh.

Sources : Le Figaro, enerzine.com, thewindpower.net

Le tableau de bord éolien-photovoltaïque du CGDD montre une forte croissance du solaire en France en 2009

Lundi 8 mars 2010

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de faire paraître une note indiquant les chiffres des installations solaires et éoliennes en France pour l’année 2009.

En ce qui concerne le solaire, la puissance de la production française a triplé l’année dernière. Les installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique, au nombre de 43 700 environ, ont une puissance totale de 268 mégawatts (MW), soit une augmentation de 224 % en un an. La part des installations de plus de 36 kW était en forte progression (437 contre 94 fin 2008). Parmi celles-ci, 23 ont une puissance supérieure à 250 kW.

statistisques photovoltaique et eolien en France 2009

Source : www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr d'apres ERDF et RTE

Trois régions se distinguent, cumulant à elles seules la moitié de la puissance : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Pays de la Loire. A signaler dans les DOM, non comptabilisés dans les précédents résultats, l'ile de la Réunion qui représente 60 % de la production solaire hors métropole.

Pour l’éolien, la progression est moindre en pourcentage (29 %) mais supérieure en puissance raccordée. Les 731 installations ont une puissance de 4574 MW, dont 1036 MW raccordés en 2009. Le petit éolien (moins de 36 kW) est en hausse de 24 %, avec 203 installations. La production totale s’est élevée à 7,6 TWh, en augmentation de 33 %.

Là, ce sont 5 régions que se partagent 55 % de la puissance : Picardie, Lorraine, Bretagne, Centre et Champagne-Ardennes.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : certains profitent apparemment plus de leur soleil, d’autres de leur vent ! Mais la prochaine centrale solaire de Toul en Lorraine (voir notre article précédent)  pourrait propulser cette région, pourtant peu ensoleillée, dans le peloton de tête.

Lors de la publication d'un précédent tableau de bord (septembre 2009), le ministre de l'Écologie, l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer avait déclaré :

Malgré la conjoncture, nous sommes dans une dynamique de forte croissance des énergies renouvelables, et même dans une croissance exponentielle pour le solaire. Et cela se traduit par des investissements industriels. Le projet de loi « Grenelle 2 » qui sera examiné prochainement par le Sénat est crucial pour conforter cette dynamique, car c’est avec le Grenelle 2 que l’on va supprimer les derniers freins au développement des énergies renouvelables.

Il faudra voir dans les prochains tableaux de bord les effets des nouveaux tarifs de rachat de l'électricité sur l'ensemble de la filière photovoltaïque.

Sources : Ouest-France, Tableau de bord éolien-photovoltaïque, energie.com

Une centrale solaire géante à Toul dès 2012

Jeudi 4 mars 2010

Une centrale solaire géante doit être installée à Toul-Rosières (Meurthe et Moselle) par EDF Energies Nouvelles, filiale d’EDF, sur le site d’une ancienne base aérienne désaffectée en 2004.

L'emplacement

Ce terrain d’une superficie de 522 hectares servait depuis à organiser des festivals en plein air ou autres rassemblements évangéliques.

Base aérienne de Toul-Rosières

Source www.lepoint.fr

Il  avait été envisagé lors d’un premier projet pour accueillir une usine de production de panneaux photovoltaïques de l’américain First Solar, mais cette implantation n’avait pas abouti, les capacités d’épuration d’eau de la commune étant insuffisantes. On sait d'ailleurs que depuis les deux partenaires franco-américains ont choisi un site à Blanquefort, à côté de Bordeaux (Gironde).

Actuellement occupé par une centaine de bâtiments plein d’amiante, sans compter des cuves à mazout enterrées, le site de Toul-Rosières doit d’abord être dépollué et les travaux devraient débuter très rapidement.

Le projet

La filiale d’EDF, qui louera le site au Ministère de la Défense pour environ 1 million d’euros par an, compte installer un parc de panneaux de 140 hectares, d’une puissance de 143 mégawatts, soit la consommation électrique de plus de 62 000 personnes. Selon Nadine Morano, élue de Meurthe et Moselle, citée par Les Echos, ce sera « la plus grande [centrale solaire] au monde à ce jour ». Ceci représente un investissement de 434 millions d’euros.  L’électricité sera revendue selon les nouveaux tarifs, définis par l’arrêté du 14 janvier, mais bénéficiera d’un bonus de 17 % par rapport au tarif appliqué dans les régions les plus ensoleillées.

EDF EN avait jusqu’à présent une capacité de production d’énergie solaire de 100 mégawatts. Cette nouvelle centrale lui permettra donc de multiplier par 2,5 sa production actuelle en 2012, date à laquelle les panneaux photovoltaïques seront opérationnels. Tradingsat cite ainsi les commentaires d’un analyste parisien :

Ce projet s'inscrit dans le droit fil de la stratégie de développement [d'EDF EN] dans le photovoltaïque avec un objectif de 500 Megawatt-crête installés d'ici fin 2012 dans le cadre d'un objectif global tout type d'énergie confondu de 4 200 MWc (pour l'essentiel dans l'éolien).

Le reste du terrain sera pour une partie reboisé, et servira pour l'autre partie à l’aménagement d’une « maison des énergies renouvelables » et d’un petit musée d’avions militaires, grâce auxquels la mairie espère aussi quelques retombées financières.

A l’issue du bail, fixé pour 22 ans, il sera soit reconduit, soit la filiale d’EDF s’engage au démantèlement de la centrale et au recyclage des panneaux solaires.

Ce projet est conforme au Grenelle de l’environnement, et tombe à un moment où l’état, en France comme en Allemagne, nous l’avons vu dans de précédents articles, souhaite lutter contre le déploiement anarchique de panneaux photovoltaïques sur des terres cultivables. Il existe un peu partout des « friches » militaires, industrielles (nombreuses dans la partie est de l’Allemagne) ou commerciales. Les utiliser pour produire de l’électricité grâce à des énergies renouvelables serait un plus appréciable pour l’environnement.

Sources : Les Echos du 2/3/2010, Le Figaro, Le Républicain Lorrain, Tradingsat.com

Photovoltaïque : la suite du feuilleton sur les tarifs de rachat…

Mardi 2 mars 2010

Le Cabinet de droit d'affaires publiques Azan Avocats Associés, interrogé par Batiactu, détaille les conséquences prévisibles des atermoiements du MEEDEM sur la date d'application des nouveaux tarifs d'achat d'électricité. Il insiste notamment sur les nombreux contentieux qu'ils risquent de provoquer.

Nous avons déjà parlé dans un article précédent du caractère de rétroactivité de cet arrêté qui tendait à remettre en cause toutes les demandes de raccordement déposées entre le 1er novembre et le 14 janvier. Exception faite, depuis le communiqué de presse de février, pour les agriculteurs, dont le MEEDEM soulignait la « bonne foi ».

La hausse des recours contentieux sera, selon le cabinet interrogé, proportionnelle au nombre de demandes de raccordement qui se trouveront visées par « la nouvelle ligne directrice » de l'arrêté.

Le MEEDEM et l’ensemble des services impliqués dans le circuit des demandes de raccordement devront vraisemblablement surmonter trois types de recours contentieux :

-Recours contre l’arrêté du 12 janvier 2010, et éventuellement contre les futurs arrêtés ;

-Recours contre les décisions de refus de raccordement, ou refus d’octroi d’un contrat d’achat ;

-Refus contre les décisions des services instructeurs relativement aux demandes d’urbanisme.

Les producteurs ayant investi de fortes sommes dans les installations pourraient « à l’appui de leurs recours, demander une indemnisation de leur préjudice au titre de la perte de chance. »

Photovoltaïque : l'Allemagne freine aussi

Samedi 27 février 2010

Ferme solaire photovoltaiqueToujours pas d'accord en France sur les tarifs de rachat de l'électricité voltaïque (voir notre article : Photovolaïque : en attendant l'arrêté définitif), mais en Allemagne, le gouvernement vient d'annoncer une diminution importante, voire dans certains cas, une suppression des aides à la production d'électricité photovoltaïque.

L'objectif de Berlin est clairement de faire éclater la bulle spéculative qui a entraîné la prolifération de panneaux solaires sur les surfaces cultivables. Nous en parlions pour l'Espagne  et c'est aussi un des points qui préoccupe le MEEDEM en France. Après avoir annoncé une baisse des aides dans le courant du mois de janvier, le gouvernement allemand vient d'annoncer une diminution plus importante encore.

Tout d'abord, les nouveaux tarifs de reprise de l'électricité vont chuter de 16 % pour les panneaux solaires installés sur les toits, et de 11 à 15 % pour ceux installés au sol. Finie l'aide pour l'installation de panneaux photovoltaïques au sol : elle est purement et simplement supprimée, alors qu'il était question en janvier de la réduire de 25 %. Les rapporteurs du groupe parlementaire CDU/CSU soulignent :

Cela afin d'éviter que les agriculteurs cessent de semer du blé pour planter des panneaux solaires (cité par Batiactu le 23/02/2010)

Les prix avantageux de rachat de l'électricité photovoltaïque, précédemment garantis pendant 20 ans, vont ainsi baisser progressivement chaque année. En Allemagne, le prix de revente du kWh est très supérieur au prix moyen, et ce sont les consommateurs qui paient la facture : cela correspond à 1 milliard d'euros par mois, selon les parlementaires. Ceux-ci préconisent plutôt des installations sur des terrains industriels libres, ou le long des autoroutes et des voies ferrées. Les entreprises allemandes de ce secteur d'activités dénoncent ces baisses qui mettent en péril des milliers d'emploi.

Sacrifier des surfaces cultivables pour y installer des panneaux photovoltaïques représente certes une aberration : il faut avant  tout assurer l'alimentation humaine. Les Etats-Unis ont fait déjà fait l'erreur de détourner des milliers d'hectares pour produire du maïs destiné au biocarburant, plutôt qu'à l'alimentation, provoquant ainsi de gros problèmes d'approvisionnement au Mexique. Par contre, produire de l'électricité grâce aux énergies renouvelables est aussi une nécessité : il est donc important de trouver un juste équilibre.

Rappelons en conclusion :

On oublie que cette technologie a aussi pour vocation de nous permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et de protéger tout simplement notre planète… (Les EnR, citées dans notre précédent article)

Photovoltaïque : en attendant l'arrêté définitif

Mercredi 24 février 2010

Le 12 janvier 2010, l'arrêté tarifaire du MEEDEM fixe les nouveaux tarifs et les conditions de rachat de l'électricité photovoltaïque. Devant l'émoi provoqué par la baisse annoncée des tarifs de rachat et les nouvelles conditions, le MEEDEM a déjà dû  revoir plusieurs fois sa copie et publié différents communiqués. Le point aujourd'hui.

Tuiles photovoltaiques Captelia

Source : www.captelia.fr

Les principes

Lorsqu'un particulier ou un professionnel injectent de l'électricité, dans le cas présent grâce à des installations photovoltaïques,  sur le réseau, le fournisseur la  rachète à un tarif fixé par la loi.  EDF et les entreprises locales de distribution sont soumises à cette obligation. Depuis 2006, ce tarif était en métropole de 0,60 €  le kWh pour presque tout le monde et tout allait plus ou moins bien dans le meilleur des mondes. Mais dans le but louable d'éviter un développement anarchique des centrales au sol (comme en Espagne où elles se sont multipliées en quelques années) et des spéculations dans ce domaine, le ministère a voulu fixer de nouvelles conditions.

Du coup, tout le monde n'est plus logé à la même enseigne : les particuliers (à condition qu'ils n'aient pas un toit en terrasse), ainsi que les secteurs de la santé et de l'enseignement, sont les moins pénalisés avec un tarif de 0,58 €, et les bureaux (0,50 €) mais pour les autres installations (dont les bâtiments industriels et commerciaux et les hangars agricoles) le kWh devient beaucoup moins intéressant et peut même descendre jusqu'à 0,314 € selon la situation de l'implantation. Ajoutons à cela l'annonce d'une réduction des tarifs d'achat de 10 % chaque année à partir du 1er janvier 2012 (revalorisée selon l'inflation) et une rétroactivité sous-entendue aux contrats de rachat déposés à EDF après novembre 2009, et voici réunies toutes les conditions d'une fronde.

Ce texte institue à la fois de multiples conditions et de multiples tarifs (pour le détail, consulter la note technique très complète établie par Photovoltaïque.info) et, selon Les EnR : « Le non-initié perd son latin et les tarifs leur logique industrielle ».

Un petit historique

En fait, les épisodes commencent en fin d'année 2009. Déjà en septembre, un premier projet du ministère crée un nouveau tarif intermédiaire de 0,45€ le kWh (pour les installations semi-intégrées à la toiture). L'objectif était d'empêcher la création de hangars vides, uniquement destinés à la production d'électricité photovoltaïque (le tarif de 0,60 € était alors applicable). Fin décembre, le ministère reste sur la même ligne, mais intègre désormais la notion de bâtiments d'habitation ou à usage de bureaux. Le 12 janvier, c'est la présentation des nouveaux tarifs, corrigés dans les jours suivants avec l'intégration d'un 4ème tarif, rendant encore plus complexe le principe de rachat.

La Confédération Rurale (citée par le Midi Libre) s'est lancée dans la bataille :

La CR, dont de nombreux adhérents ont cru en l'engagement de l'État pour favoriser les énergies renouvelables, est scandalisée par le revirement soudain de la politique menée en faveur de la production d'électricité photovoltaïque (…) et demande donc que les anciens tarifs seront appliqués à tous ceux qui ont fait une demande complète de raccordement avant le 14 janvier 2010 .

Le 9 février, le MEEDEM renonce à présenter au Conseil Supérieur de l'Energie le projet d'arrêté qui visait à annuler une partie des projets solaires présentés sur la fin de l'année 2009.

Mais l'impatience monte et, Arnaud Mine, président du syndicat des énergies renouvelables (cité dans Batiactu), déclare le 12 février :

Nous avions établi des propositions pour préciser les termes du projet d’arrêté qui devait être présenté hier matin de façon à aboutir à un texte acceptable pour la filière et en phase avec les préoccupations du Gouvernement. Le maintien de l’incertitude met indûment en difficulté les entreprises qui ont notamment des opérations en cours de réalisation. Il est désormais urgent que cet arrêté soit publié dans les meilleurs délais.

Le 17 février, le ministère publie un nouveau communiqué, précisant les bénéficiaires des tarifs fixés en 2006. Il prévoit

de traiter de manière différenciée les projets abusifs ou spéculatifs et les projets de taille raisonnable menés de bonne foi, notamment dans le secteur agricole.

Les modifications du nouvel arrêté

Le nouvel arrêté devrait donc prévoir que pourront bénéficier des anciens tarifs :

  • les installations pour lesquelles une demande de contrat d'achat a été déposée avant le 01/11/2009 ;
  • les installations de puissance inférieure à 36 kWc* (kiloWatt crête), soit 360 m² de panneaux, dont la demande a été déposée avant le 11/01/2010 ;
  • les installations entre 36 et 250 kWc (2 500 m² de panneaux) avec demande de contrat d'achat complète et demande de raccordement déposées avant le 11/01/2010 ;
  • les installations entre 36 et 250 kWc avec demande de contrat d'achat complète, sous réserve de remplir certaines conditions.

Selon Batiactu, les réactions sont mitigées. En effet les agriculteurs sont satisfaits. Le Syndicat des Installations de Photovoltaïque « n'est pas catastrophé ». Les petites installations sont effectivement moins touchées. Par contre, les entreprises qui traitent de gros chantiers se trouvent lourdement pénalisées. La Société Ténergie a déclaré :

Au nom de la spéculation, le ministère tire à vue sur les gros projets.

Le nouvel arrêté devrait sortir dans le courant du mois de mars.

Les incertitudes de l'arrêté tarifaire

Mais des problèmes demeurent. D'une part, selon Les EnR, l'état est attaquable sur plusieurs points :

  • la rétroactivité de la loi est interdite en France ;
  • l'égalité devant la loi n'est pas respectée, puisque par exemple un hôpital a un tarif plus intéressant qu'un domaine agricole ;
  • enfin de très nombreux projets sont en attente dans les bureaux d'ERDF (cf.  l'article Tout le monde il est beau… sur notre blog).

D'autre part, le ministère pénalise les secteurs industriels et tertiaires alors qu'ils représentent les plus forts potentiels dans ce domaine (avec le secteur agricole) et souhaite privilégier les domaines de l'éducation et de la santé. Mais comment les collectivités locales et l'état, déjà fortement endettés, pourraient-ils financer de tels projets ? Le potentiel de développement dans ces domaines est donc faible. De même, pour un particulier, l'investissement devient beaucoup moins rentable, comme le constate Erik Van Baren, patron de Fotosol’R, bureau de conseil et d’études d’ingénierie sur le photovoltaïque, dans l'Usine Nouvelle. Seule solution selon lui : les producteurs vont devoir baisser leurs tarifs, sinon une baisse du marché est à craindre. Et s'il s'agit d'un immeuble d'habitation à toit plat, fréquent dans la région parisienne entre autres, il faudra un réel engagement environnemental pour se lancer dans un projet de cette sorte : inutile d'en attendre un retour financier.

Enfin, et peut-être surtout, Les EnR relèvent :

Mais finalement cette petite guerre des tarifs de rachat montre le manque de maturité de la France dans un sujet aussi important que la production d'énergie électrique décentralisée.  Entre les sociétés qui n'ont que pour objectif de gagner de l'argent en surfant sur la vague photovoltaïque avec un tarif d'achat élevé, des investisseurs qui cherchent des rentabilités à 10% sur des projets photovoltaïques, on oublie que cette technologie a aussi pour vocation de nous permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et de protéger tout simplement notre planète…

Effectivement, il serait peut-être bon d'en revenir à l'intérêt premier des énergies renouvelables dont le photovoltaïque fait partie. Réduire les gaz à effet de serre, c'est bien ce que nous cherchons, n'est-ce pas ?

Sources : Batiactu, Les EnR, le Midi-Libre, l'Usine Nouvelle, Photovoltaïque.Info, Energies nouvelles, l'ADEME

* Définition de l'ADEME : La puissance-crête d’une installation photovoltaïque (exprimée en kWc) est la puissance maximale (capteurs bien orientés, bien inclinés, sans ombrage) qu’elle peut produire sous un ensoleillement donné. Dix mètres carrés de modules courants développent une puissance-crête d’un kilowatt, soit environ une énergie de 900 kWh à Lille et de 1 200 kWh à Nice, par an.

La France : 7ème pays dans le monde pour l'énergie solaire

Vendredi 12 février 2010

Selon l’AFP relayant un rapport du cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC), en 2009, la France est passée du 12ème au 7ème rang mondial dans le classement des pays les mieux équipés en capacité de production d’énergie solaire. Les nouvelles installations (250 MW) ont pratiquement doublé les capacités de production des années précédentes.

Bien… mais peut mieux faire ! Avec une puissance installée s’élevant à 525 MW, nous sommes, pour le moment, devant la Chine, mais bien loin derrière nos voisins allemands (9 000 MW) et espagnols (3 600 MW), leaders sur le marché.