Articles avec le tag ‘gaz à effet de serre’

Les feux tricolores aggravent les émissions de CO2

Vendredi 3 septembre 2010

emissions de co2 lors des arrets aux feux tricolores

L'organisation de mobilité belge, Touring, cherche depuis plusieurs mois à alerter  les autorités bruxelloises : la désynchronisation des feux de signalisation en ville, qui provoque des arrêts et des redémarrages fréquents ainsi que des files de voitures bloquées, multiplie par 3 les émissions de CO2.

S'appuyant sur des études réalisées à sa demande par un laboratoire universitaire, l'association constate que dans certaines rues de la capitale belge, en raison de la désynchronisation,  les voitures doivent attendre jusqu'à 4 cycles de feux de signalisation avant de passer. Touring précise :

Il ressort que les émissions de CO2 triplent si les véhicules sont bloqués dans les files créées par des feux de signalisation non synchronisés. Pire encore : les émissions de particules fines, de NOx et de CO augmentent aussi.

Pour évaluer ceci en chiffres : une perte de temps (évaluée à 9 minutes d'attente), trois fois plus de rejets de CO2 par rapport à un cycle unique et 1 minute et demie d'attente, et une concentration de particules fines en augmentation de 10 % pour le monoxyde de carbone et de 6 % pour l'oxyde d'azote.

L'association préconise la mise en place d'une « équipe d'entretien des feux de signalisation » chargée d'analyser les flux de circulation et d'adapter le réglage des feux, en s'appuyant sur des comptages de trafic réguliers. Cette solution éviterait d'importantes émissions de gaz à effet de serre, notamment lors de changement structurel des routes ou de variation des flux de circulation.

Les autorités belges font cependant la sourde oreille : leur but est avant tout de décourager les automobilistes à utiliser leur véhicule. Même logique en France, où un directeur de centre de gestion de feux tricolores reconnaît que la synchronisation des feux de circulation ne répond pas à un programme environnemental, mais à un besoin de fluidifier le trafic, et surtout de favoriser le passage des bus. Elle répond aussi à une volonté de ralentir les véhicules particuliers. L'objectif recherché est là aussi d'encourager les usagers à utiliser les transports en commun.

On rappelle actuellement  l'importance de l'apprentissage de l'éco-conduite : celle-ci limite la consommation de carburant et permet de réduire les émissions de CO2. Son utilité est démontrée par la place qui lui est donnée en auto-école et par la formation systématique des personnels de certaines entreprises, comme les agents de distribution du courrier de La Poste (cf notre article du 10 avril). Rappelons aussi que dans certaines villes étrangères, il est d'ores et déjà obligatoire d'éteindre son moteur lorsque l'on est arrêté à un feu rouge (ce que font automatiquement les nouveaux véhicules équipés de la fonction stop & start).  Il semble regrettable que paradoxalement les pouvoirs publics n'utilisent pas aussi  l'outil de régulation du trafic que représentent les feux tricolores pour permettre une réduction des gaz à effet de serre en ville.

Sources : L'Argus, le Journal de l'Environnement

Produits bios et CO2

Vendredi 27 août 2010

Manger bio nous permet-il de réduire notre impact environnemental ? Pas si sûr, tout du moins dans l'état de notre consommation actuelle, puisque presque 40 % des produits bio consommés en France proviennent  de l'exportation. Or, on le sait, les transports participent pour une part importante dans les émissions de gaz à effet de serre et dans la pollution.

Fruits bios

source : visiondurable.com

Si 46 % des Français ont consommé du bio au moins une fois par mois l’année dernière, ils ne sont par contre que 6 à 9 % (selon les sondages) à en consommer quotidiennement. Mais même avec ces chiffres modestes, l'offre française ne suffit pas : moins de 2,3 % des surfaces agricoles produisent du bio (21ème place sur les 27 pays européens en part de territoire cultivé en bio). Autrement dit, pour satisfaire la demande, il faut importer près de 40 % des produits bios consommés en France. Et 40 % des importations sont des produits pour lesquels la France a « une forte vocation naturelle » : fruits et légumes, céréales, lait, viande de porc…

La raison ? Les pouvoirs publics qui développent une politique peu favorable au bio. Selon l'association Bioconsom’acteur, en 2002, 177 559 hectares étaient cultivés en bio. En 2008, 47 473 ha seulement, soit une chute de 73 %. En 2009, cependant, suite au Grenelle de l'environnement, le bio s'est un peu redressé et  3 800 exploitants agricoles ont choisi d'y consacrer leur production : soit en un an, plus d'agriculteurs que dans les sept années précédentes.

Mais selon Dominique Marion, président de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), il existe une grande différence entre ce qu'annonce le gouvernement et ce qu'il met en œuvre. En cause, selon lui, 40 ans de co-gestion avec la FNSEA, qui préfère de loin l’agriculture intensive, plus rentable. Les objectifs du Grenelle – 6 % des terres en bio en 2012 et 20 % en 2020 – sont totalement hors d’atteinte dans l'état actuel des choses, et au vu de l'importante régression qui s'est opérée dans les dix dernières années.

Pourtant quelques chiffres auraient de quoi faire réfléchir : un melon, même bio, importé d’Amérique du Sud nécessite 60 fois plus de pétrole qu’un melon cultivé en France et consommé en saison. Bonjour les émissions de CO2 !

Une seule solution : privilégier les produits bios cultivés localement, et les consommer en saison.

Source : L'Express

Etats-Unis : le Sénat refuse la loi sur le climat

Jeudi 29 juillet 2010

Green Obama

Barack Obama se proposait de faire adopter rapidement des mesures importantes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Etats-Unis. La Chambre de représentants s'était prononcée pour une loi contraignante à une courte majorité, mais au Sénat, ce sont les républicains qui ont la majorité. Or, cette loi, ils n'en veulent pas et l'ont donc rejetée massivement.

Le projet de loi original était ambitieux : il avait pour objectif une diminution de 17 % des rejets de CO2 d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005, et de 80 % d'ici 2050. Alors qu'il avait été adopté en 2009 par la Chambre des représentants, le gouvernement espérait le faire accepter par le Sénat. Mais celui-ci refuse même un texte largement édulcoré.

En effet, ce texte comprend quatre volets : les forages pétroliers, le développement des énergies renouvelables, les incitations fiscales pour réduire la consommation d'énergie et l'introduction d'un marché d'émission, un système « cap and trade » (système de plafonnement et d'échange), limité au seul secteur électrique. Mais ni cette tentative de taxer le carbone, ni l'obligation pour le secteur énergétique d'utiliser 10 % d'énergies propres n'ont été approuvées par le Sénat. Curieusement, même la récente marée noire du golfe du Mexique, qui a mis en évidence les dangers des forages de plus en plus profonds, n'a pas fait reculer les républicains. Barack Obama se voit donc obligé de renoncer à un projet qui lui tenait particulièrement à cœur.

Les écologistes, très déçus par ce refus du Sénat, espèrent encore que, à défaut de loi, le gouvernement passera par la voie des réglementations : l'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) pourrait décider par décret des réductions de CO2. Mais dans ce cas, selon les analystes, les ambitions se limiteraient à une diminution de 14 % des émissions américaines de GES, voire même à une simple stabilisation des rejets.

D'autre part, l'abandon du projet cap and trade risque de gêner l'essor des énergies renouvelables outre Atlantique. En effet, le gouvernement souhaitait financer le développement des énergies alternatives grâce aux milliards de dollars récoltés par la vente des permis d'émission, qui lui auraient permis en outre de diminuer le déficit budgétaire du pays.

Autre conséquence de ce revers pour le président des Etats-Unis, il arrivera à la conférence des Nations Unies sur le climat dans une position embarrassante : il lui sera impossible de garantir les engagements pris à Copenhague en 2009. Cette conférence se déroulera à Cancun au Mexique au mois de novembre. Mais dans ce contexte, les USA pourront-ils s'engager à soutenir financièrement les pays émergents dans leur lutte contre le réchauffement du climat ? Les Européens s'interrogent sur l'avenir de la contribution américaine à ce plan.

Source : Le Monde

La fin subventionnée des mines de charbon d'Europe ?

Mardi 27 juillet 2010

La Commission Européenne souhaite voir se fermer les mines de charbon déficitaires en Europe. Telle est la conséquence de la proposition de règlement qu'elle vient d'adopter et qui vise à faciliter la fin d'exploitation des mines de houille non rentables avant le 1er octobre 2014. Ce règlement concerne aussi bien la houille que le lignite et tous les autres types de charbon.

Ancienne mine de charbon en Allemagne

Ancienne mine de charbon en Allemagne (source : euranet)

Des aides à la fermeture

Un gouvernement désirant une aide dans ce secteur devra désormais, pour l'obtenir,  présenter parallèlement un plan de fermeture des mines déficitaires. L'objectif recherché est donc de fermer toutes les mines de charbon non compétitives avant 4 ans. La Commission reconnaît que fermer ces mines trop brusquement entraînerait des conséquences socio-économiques désastreuses, mais estime aussi que, pour des raisons de loyauté envers les entreprises concurrentes,  et dans l'intérêt des finances publiques, seules celles qui sont viables sans subvention doivent subsister. Elle rappelle aussi que la règle est de favoriser les énergies propres.

Les états membres ne seront donc autorisés à accorder des aides de fonctionnement à l'activité minière d'un site que dans un contexte de fermeture. Ces aides devront être dégressives dans le temps (-33% par tranche de 15 mois) et devront être remboursées si la mine n'a pas fermé ses portes à la date prévue (1er octobre 2014). De plus, pour obtenir une aide à la fermeture, les états membres devront présenter un plan de mesures dans le domaine du rendement énergétique, des énergies renouvelables ou encore du captage et stockage du CO2 pour atténuer l'impact environnemental de l'industrie houillère aidée.

Plan de financement aux mines déficitaires donc, mais ce plan portera sur les conséquences sociales et environnementales de l'abandon de l'extraction. Par contre, les services d'orientation et de reconversion des travailleurs des mines continueront à travailler dans un cadre juridique commun. La réhabilitation des sites abandonnés en fera aussi partie.

Conséquences importantes, mais voie vers les énergies renouvelables

Cependant, dans certaines régions où l'activité d'extraction du charbon reste encore très importante, les conséquences socio-économiques des fermetures risquent d'être déstabilisantes. Ces fermetures de sites miniers entraîneront d'autre part vraisemblablement de manière transitoire une hausse des rejets de gaz à effet de serre, car il faudra importer davantage de charbon et l'acheminer vers les centrales.

Actuellement, 100 000 personnes travaillent encore pour le secteur des mines : 42 000 dans le secteur proprement dit, le reste dans les industries connexes. En fait, la production de charbon de l'Europe ne représente que 2,5 % de la demande mondiale, et elle importe plus de la moitié de ses consommations pour faire fonctionner ses centrales thermiques. Mais en Allemagne 40 % de la production d'électricité provient de la combustion du charbon (et 15,4 % des énergies vertes), de même qu'en Roumanie, et 25 % pour l'Espagne (mais 20,6 % des énergies renouvelables).

L'Union Européenne veut montrer, au niveau mondial, la voie à suivre vers les énergies renouvelables, à la fois pour des raisons environnementales et par souci d'un approvisionnement sûr. Ces énergies vertes ont représenté 62 % des nouvelles capacités de production d'électricité en 2009, contre 57 % en 2008. En maintenant ce rythme, l'objectif de 20 % d'électricité consommée d'origine renouvelable sera certainement très largement dépassé et pourrait atteindre 35 voire 40 % de l'électricité totale consommée.

Source : Fenêtre sur l'Europe

Un supercalculateur refroidi à l'eau

Samedi 17 juillet 2010

Nous l'avons évoqué dans un article du 31 mars, les centres de données consomment beaucoup, et même beaucoup trop d'énergie. Ainsi, pour chaque kWh utilisé par le serveur, s'ajoute 1kWh employé pour le refroidir. Les chercheurs réfléchissent donc à des solutions permettant d'économiser l'énergie et d'émettre moins de CO2. Nous avions vu les efforts déployés dans ce sens par Microsoft, Google et d'autres. IBM présente à son tour une nouvelle solution.

calculateur aquasar refroidi à l'eau

C'est effectivement dans cet esprit d'économie d'énergie que les chercheurs d'IBM Research Center ont mis au point un supercalculateur, l'Aquasar, et l'ont co-développé avec l'Institut Fédéral de Technologie (ETH)  de Zürich où il est installé. Etudié dans le souci d'optimiser la consommation électrique et le refroidissement des infrastructures, le système utilise l'eau chaude pour se refroidir. Ceci entraînerait une diminution de 40 % de la consommation d'électricité par rapport à un refroidissement par air, et une réduction d'environ 85 % des émissions de gaz à effet de serre.

Chacune des lames est équipée d'un refroidisseur  liquide à haute performance qui relie chaque processeur. L'eau à 60° provient des circuits de chauffage de l'ETH et ressort à 65° après avoir refroidi les processeurs. Elle est ensuite envoyée dans un échangeur de chaleur où sa température s'abaisse de 5° avant d'être de nouveau réinjectée dans le serveur. La chaleur récupérée par cette opération est utilisée pour participer au chauffage des bâtiments du campus universitaire.

Source : Data Center

Les énergies renouvelables en question

Mardi 13 juillet 2010

Les énergies renouvelables sont actuellement en première ligne. Au niveau européen et mondial, certains affirment qu'elles pourraient couvrir la quasi-totalité des besoins en énergie, si on investit suffisamment. Mais dans le même temps, l'Espagne estime qu'elles lui coûtent trop cher.

Energies Renouvelables

Source : lycée Léonard de Vinci à St Michel sur Orge

Greenpeace et le Conseil Européen des Énergies Renouvelables

L'Europe pourrait produire la presque totalité de son énergie à partir de sources renouvelables en 2050. C'est tout du moins ce qu'affirment Greenpeace et le Conseil européen des énergies renouvelables dans une récente étude, commandée par un centre aérospatial allemand.

Les 27 états pourraient éliminer totalement le charbon et le nucléaire et utiliser d'autres sources – vent, soleil, géothermie, biomasse – à hauteur de 92 % de leurs besoins en énergie. Pour la marine et l'aviation, le pétrole est actuellement difficilement remplaçable et constituerait les 8 % restants. L'effet sur les émissions de gaz à effet de serre serait immédiat : les rejets diminueraient de 95 %. Les économies européennes pourraient ainsi économiser 19 milliards d'euros par an sur les importations de gaz et de pétrole.

L'Agence Internationale des Énergies renouvelables

Hélène Pelosse, directrice de l'Agence Internationale des énergies renouvelables (Irena), va même plus loin et assure que le vent, le soleil et les océans pourraient répondre aux besoins énergétiques mondiaux. Elle affirme :

S'il n'y a pas une solution unique qui marcherait partout, les énergies renouvelables peuvent certainement assurer de 20 à 80%, voire 100% de la consommation de base. Mais il faut penser autrement. (…) Si on couple plusieurs sources d'énergie, on peut faire autant qu'avec le nucléaire ou les fossiles. Et régler les problèmes d'intermittence.

Les Émirats Arabes Unis sont déjà prêts à verser 350 millions de dollars sur 7 ans en faveur des énergies renouvelables – somme pour laquelle ils se sont déjà engagés, pour obtenir le siège de l'institution à Abou Dhabi. Pour trouver les capitaux nécessaires à ce changement, il faudrait, selon la responsable de l'agence, une nouvelle institution financière abondée, par exemple, par les revenus du pétrole et du gaz, entre autres. Ce qui semble logique : les énergies fossiles sont responsables d'une très large partie des gaz à effet de serre et donc du dérèglement climatique.

L'Espagne

Par contre, le financement, voilà ce qui semble poser problème à l'Espagne, qui semble nager à contre-courant des autres institutions. Elle vient en effet de décider de son côté de réduire de 35% la prime accordée à l'éolien et de geler les projets thermosolaires pour un an. Elle devrait prendre rapidement une décision concernant le photovoltaïque qui se développe dans le pays d'une manière anarchique. Les industriels pensent que dans ce domaine, les primes devraient être réduites de 40%.

Explication : le gouvernement espagnol avait prévu quatre milliards d'euros pour les financer, et en a déjà dépensé en fait 6,2 pour 2009. Les acteurs des énergies renouvelables du pays se consolent en pensant que cela aurait pu être pire, si ces mesures avaient été rétroactives.

Sources : Le Nouvel Observateur, Romandie.com, Usine Nouvelle

Chasseurs de CO2

Vendredi 25 juin 2010

chasseur de CO2

La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a demandé à des centaines de volontaires à travers le monde de se transformer en chasseurs de CO2.

Leur mission est simple : partout dans le monde, de l'Asie à l'Afrique ou à l'Amérique, ils doivent remplir de gros flocons d'air ambiant et les déposer au Consulat des Etats-Unis le plus proche. Ils sont alors expédiés, via la valise diplomatique, dans le Colorado, où la NOAA se charge de les analyser. Ce programme a été baptisé Carbon Tracker (chasseur de carbone).

Les chercheurs ont ainsi entrepris depuis quelques années de mesurer les quantités réelles de dioxyde de carbone et de méthane émises dans l'atmosphère. Ils visent à distinguer les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique de celles de source naturelle.

Ils complètent ainsi les relevés émanant de stations fixes : il en existe actuellement 200 dans le monde, dont 40 en Europe où le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA2) espère en disposer d'une centaine supplémentaire prochainement dans le cadre du projet européen Icos. Les chercheurs comptent ainsi pouvoir confronter leurs mesures à celles des gouvernements, évaluées sur des calculs à partir de données sur les quantités de pétrole ou de gaz consommées, la taille des cheptels et la surface des forêts entre autres.

Des relevés effectués par des satellites donnent une autre méthode de mesures. Le premier, japonais, lancé il y a peu, commence à donner quelques résultats. Les Américains, quant à eux, envisagent de lancer le leur en 2013.

En France, le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE)  se charge aussi de mesures et d'analyses similaires. D'autre part, deux missions pilotées par le Centre National d'Etudes Spatiales sont en cours, l'une pour la mesure du CO2, l'autre en collaboration avec l'Allemagne pour la mesure du CH4 (méthane).

Source : Le Figaro

Les biocarburants durables réglementés par la Commission Européenne

Jeudi 24 juin 2010

La Commission Européenne s'est récemment penchée sur le cas spécifique des biocarburants et encourage les pouvoirs publics, mais aussi les entreprises et les ONG, à se doter d'un système de certification pour tous les types de biocarburants, produits sur place ou importés. Provenance, processus de fabrication, et gain en réduction d'émissions de gaz à effet de serre : tout doit pouvoir se contrôler et contribuer à atteindre l'objectif global d'une part de 20 % d'utilisation d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie et la réduction des émissions de CO2 prévue.

biocarburant

Source : partibreton.com

Günther Oettinger, commissaire européen chargé de l'énergie entend bien s'entourer de toutes les garanties pour veiller à ce que l'Europe n'utilise que des biocarburants durables :

Pour les années à venir, les biocarburants représentent la principale alternative à l’essence et au diesel utilisé dans les transports, à l’origine de plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne. Nous devons toutefois veiller à ce que les biocarburants que nous utilisons soient des biocarburants durables. Notre régime de certification est le plus strict du monde; il garantira que les biocarburants consommés dans l’UE satisfont aux normes environnementales les plus élevées. Et parce qu’il couvre les biocarburants importés, il produira des effets positifs sur d’autres régions du monde également.

Critères de provenance

Ainsi les matières premières des biocarburants distribués en Europe ne devront pas provenir de l'exploitation des forêts en général ni de zones récemment déboisées,  et encore moins des forêts tropicales, pas plus que de la conversion d'une forêt en plantation de palmiers à huile. Elles ne doivent pas venir non plus de l'exploitation de tourbières drainées, de zones humides ni de terres auxquelles la biodiversité procure une grande valeur.

Certaines associations ont demandé que soient protégées les terres réservées à la production de l'alimentation humaine, mais la commission a estimé qu'il existait suffisamment de terres en friche dans l'Union Européenne pour ne pas utiliser pour la production de biocarburants des terres cultivables pour l'alimentation.

Critères de réduction d'émissions de gaz à effet de serre

Après un rappel des objectifs nationaux contraignants en matière d'énergies renouvelables et de réduction des gaz à effet de serre, la Commission souligne le fait que pour le secteur des transports, l'objectif de  l'utilisation d'une part de 10 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020 est identique dans tous les états membres.

Pour obtenir la certification, les biocarburants devront permettre une réduction minimum de 35 % des émissions de CO2 par rapport à leurs homologues issus des énergies fossiles dans un premier temps, pour atteindre 50 % en 2017 et 60 % en 2018 pour les biocarburants produits avec les nouvelles installations.

Contrôle de l'observation des normes

Les fabricants devront respecter scrupuleusement les règles « les plus strictes du monde » édictées par la Commission. Dans ce but, des auditeurs indépendants, dont les critères de choix sont fixés par la directive en matière « de fiabilité et d'imperméabilité à la fraude », devront chaque année contrôler toute la chaîne de production : « de l'exploitation agricole et du moulin, en passant par le négociant, jusqu’au distributeur qui fournit l’essence ou le diesel à la station-service ».

Qu'ils soient importés ou produits en Europe, seuls seront pris en compte dans l'atteinte de l'objectif de 10 % les biocarburants répondant à tous les critères de certification.

Sources : communiqué de presse de la Commission Européenne, Caradisiac

Protection de la nature : mesures insuffisantes en France

Mardi 15 juin 2010

Deux nouvelles se télescopent dans l'actualité : d'une part la parution du rapport quadriennal sur l'état de l'environnement en France et d'autre part le rappel à l'ordre de Bruxelles à la France qui doit mettre en conformité ses lois avec les directives européennes sur l'environnement.

Le rapport quadriennal souligne des améliorations en ce qui concerne l'air en ville et la pollution des eaux, et des dégradations au sujet de la biodiversité et de la présence de pesticides dans la nature. Il passe entre autres en revue le CO2, l'air, l'eau, les sols et la biodiversité.

En ce qui concerne les gaz à effet de serre (GES), le rapport précise :

Alors que les émissions des six GES couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté au niveau mondial de 24 % de 1990 à 2004, la France a enregistré une baisse de ses émissions de GES de 5,6 % durant la même période.

Avec 8,4 teq CO2 par habitant (chiffre retenu pour l'année 2007), la France se classe parmi les pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet de serre. Toutefois, ce chiffre monte à 12 tonnes si l'on y inclut le CO2 des produits importés. Mais contrairement à ce que nous croyons généralement, 68 % des GES lié aux importations provient des autres pays européens, contre 14 % pour l'Asie, 11 % pour l'Amérique et l'Afrique. Entre 1990 et 2008, les émissions de CO2 ont diminué de 6,4 %, et on compte sur une baisse entre 2008 et 2009 de 4 %, due cette fois à la crise. D'autre part, les émissions dues aux transports routiers, si elles ne diminuent pas, ont infléchi un peu leur courbe d'augmentation : 14 % entre 1990 et 2008, alors qu'entre 1990 et 2007, on chiffrait l'augmentation à 19 %.

Pour l'air des villes, on relève dans le rapport :

Variables selon les polluants et très sensibles aux conditions météorologiques, les indices de pollution sont orientés à la baisse sur la période à l’exception de l’ozone.

L'air des villes s'est donc amélioré entre 2000 et 2008 : les émissions de dioxyde de soufre enregistrent une diminution de 63 %. Mais les particules fines sont elles aussi en baisse, grâce à des normes plus sévères sur la qualité du fioul domestique et des carburants et à une surveillance accrue des pollutions industrielles. Acides, ammoniac et oxydes d'azote chutent de 34 % entre 1990 et 2007, mais les chercheurs notent la présence de métaux lourds dans l'air, ainsi qu'une pollution chronique par les pesticides.

En ce qui concerne l'eau, le rapport se montre nuancé :

Bien que les niveaux de pollution restent globalement élevés et que les années de sécheresse puissent aggraver sensiblement la concentration des polluants, on constate tendanciellement une stabilisation, voire une amélioration, des paramètres de qualité des cours d’eau.

En fait, la concentration de nitrates dans les cours d'eau n'augmente pas : dans 58 % des cas, elle est inférieure à 10 mg, contre 56 % précédemment. Mais la qualité des eaux souterraines se dégradent. Les pesticides changent : l'atrazine est ainsi 5 fois moins présente en 2007 qu'en 1997 (elle est interdite depuis 2003), mais le glyphosate la remplace. Le rapport souligne aussi le risque prouvé de « perturbateurs endocriniens » dans l'eau, qui agissent sur la détermination sexuelle de la faune aquatique, à cause de produits pharmaceutiques, de plastifiants et de détergents.

A propos de l'eau, notons aussi qu'un rapport du Conseil d'Etat (L'eau et son droit) propose la création d'une taxe sur les nitrates et une mise en cause des collectivités locales en cas de condamnation de la France par Bruxelles pour non-respect des directives sur l'eau.

Pour les sols, le rapport ne se montre pas particulièrement positif :

Concernant les sols, le suivi des éléments traces (ex. plomb, cuivre) ne donne un état des lieux que pour la période 2000-2009. Pour le phosphore, l’analyse bénéficie de données depuis 1990. Globalement, la contamination des sols est très large.

Les sols se trouvent contaminés par le plomb émis précédemment par le trafic routier. Aujourd'hui, les carburants n'en contiennent plus, mais après des années de rejet dans l'air par les véhicules, le plomb est retombé sur le sol. Ainsi 43 % des analyses présentent  30 à 100 mg de plomb, et plus particulièrement dans un rayon inférieur à 30 km des grandes agglomérations. En zone agricole, on relève la présence du phosphore en raison de l'utilisation des engrais, et une concentration de cuivre en zone viticole en raison de l'application régulière de sulfate de cuivre.

biodiversite

source : paris.novopress.info

Et pour la biodiversité, les propos sont franchement négatifs :

Influencé par la dynamique d’artificialisation et de fragmentation de l’espace, et plus généralement par la pression du développement humain, l’état de la biodiversité n’est pas satisfaisant.

Bien que les espaces protégés aient augmenté, les marais, las tourbières, les dunes et les habitats côtiers et marins sont jugés dans un état de conservation plutôt mauvais. Si le diagnostic est préoccupant pour la flore, il se trouve plus difficile à déterminer pour la faune en raison des difficultés de suivi des populations. En ce qui concerne les oiseaux, une baisse importante des oiseaux « spécialisés » est avéré : moins 20 % pour les oiseaux agricoles, moins 11 % pour les forestiers. Les « généralistes » résistent mieux et continuent à augmenter. La population de mammifères sauvages (notamment les ongulés) progresse elle aussi, tout comme l'aire de présence régulière du lynx.

Le rapport conclut :

L’environnement en France paraît encore trop considéré de manière sectorielle, fragmentée. Les efforts consentis par les différents acteurs sont encore très variables. Il reste à traduire dans les faits la vision globale et partagée portée par le Grenelle de l’environnement visant un développement économique susceptible d’apaiser les relations de l’homme avec son milieu sur le long terme.

Les reproches de l'Europe

D'ailleurs, c'est justement pour ce manque de traduction dans les faits que la France, comme cinq autres pays européens, vient d'être épinglée par Bruxelles. Les institutions européennes lui reprochent de ne pas avoir encore transposé certaines règles environnementales décidées au niveau de l'Union Européenne dans la législation nationale, et de plus de ne pas faciliter l'accès à des données sur l'environnement comme les sources de pollution, la qualité de l'environnement et la localisation des sites protégés.

Ainsi, Janek Protocnik, commissaire européen à l'environnement, a déclaré :

La législation environnementale de l'UE est destinée à protéger les citoyens de l'Union et l'environnement. J'invite instamment les États membres qui ne l'ont pas encore fait à transposer sans délai les dispositions concernées dans leurs législations nationales.

Sources : Les Echos, Batiactu, le Rapport sur l'Environnement en France

La taxe carbone européenne verra-t-elle le jour ?

Lundi 7 juin 2010

Un projet de taxe carbone européenne est actuellement à l'étude, mais bien des obstacles semblent se dresser sur sa route : ainsi sa discussion par la Commission Européenne, initialement prévue le 26 mai, a déjà été reportée au 23 juin. Et si les commissaires se mettent d'accord pour proposer cette directive, encore faudra-t'il qu'elle remporte l'unanimité des états membres.

taxe carbone fumees industrielles

source : developpementdurable

Le projet de taxe carbone

Cette taxe carbone concernerait les transports routiers (23 % des émissions de gaz à effet de serre), les bâtiments (10 % en Europe, selon les chiffres donnés par le rapport) et l'agriculture. Elle n'a rien de commun avec la taxe aux frontières, réclamée par le président français. D'un prix plancher de 20 € par tonne de Co2, cette fiscalité européenne ferait entrer deux composantes dans son mode de calcul : une sur le contenu de carbone du carburant, du gaz ou du charbon, différentes en fonction des sources (le charbon par exemple émet bien plus de CO2 que le gaz ou les biocarburants) ; l'autre sur l'efficacité énergétique des produits.

Le texte prévoit d'ores et déjà des réductions et exemptions possibles, pour le secteur agricole par exemple, mais aussi pour les ménages à faibles revenus ou pour les zones rurales isolées. Il précise par ailleurs que les industries lourdes, la production d'électricité et l'aviation ne seront pas concernées, puisque déjà soumises au système des quotas.

Les états utiliseront ces fonds récoltés avec une grande liberté : pour réduire leur dette ou d'autres impôts ou encore pour compenser les effets négatifs de cette taxe pour certains contribuables. La fiscalité énergétique européenne représente environ 300 milliards d'euros. Mais cette réforme ne rapporterait pas de ressources supplémentaires selon le rapport, son objectif étant avant tout pédagogique :

L'objectif n'est pas d'augmenter les taxes, mais de les restructurer afin de permettre aux consommateurs de réduire leur imposition en modifiant leur comportement.

Les points qui posent problème

Ce type de schéma existe d'ailleurs déjà en Suède, en Finlande et au Danemark (voir notre article du 4 avril), mais d'autres pays protestent déjà contre cette initiative européenne. Ainsi la Grande-Bretagne qui n'a rien contre ce type de taxation, mais ne veut pas que cela se fasse au niveau européen, rejointe en cela par l'Espagne. L'Allemagne exprime aussi quelques réticences.

D'autre part, la commission reste prudente sur ce sujet en raison des récentes mésaventures du gouvernement français à propos de la taxe carbone en France, passée de 32 € à 17 €, avant d'être tout simplement abandonnée, et de celles de la commissaire au climat, à laquelle la France et l'Allemagne ont opposé une fin de non-recevoir pour son projet de réduire de 30 % et non de  20 les émissions de gaz à effet de serre en Europe d'ici 2020 (voir notre article du 2 juin).

Cette taxe soulèverait une autre difficulté en France, entre autres : elle ferait remonter le prix du gazole au niveau de celui de l'essence, mais les biocarburants se trouveraient beaucoup moins taxés qu'aujourd'hui. De même son champ d'application pose problème : en effet le commissaire à la fiscalité souhaiterait y soumettre le chauffage domestique individuel et le secteur agricole, avec cependant des aménagements nécessaires. Enfin, si cette taxe carbone était adoptée, sa mise en œuvre ne se ferait que très progressivement entre 2013 et 2018, pour laisser à des pays comme l'Allemagne et la Pologne, qui assisteraient à une hausse vertigineuse du prix de leur charbon, le temps de s'adapter.

Sources : Le Point, Les Echos