Articles avec le tag ‘lampes basse consommation’

La fin programmée des ampoules à incandescence

Mercredi 14 juillet 2010

ampoule basse cono et ampoule a incandescenceSuivant l'engagement du Grenelle de l'environnement, nous avons dit adieu le 30 juin aux ampoules à incandescence de 60 W. Après les 100 W et les 75 W, ce sont celles qui représentaient le segment le plus important qui disparaissent, ou sont tout du moins retirées des rayons de nos magasins, car beaucoup continueront encore leur carrière, et ce jusqu'à leur mort naturelle, en équipant les luminaires des ménages français.

Dans les rayons, elles sont remplacées par des lampes basse consommation, consommant 4 à 5 fois moins d'énergie et ayant une durée de vie de 6 à 10 fois plus longue. Sur la durée de vie de la lampe, on peut ainsi économiser plusieurs dizaines d'euros, malgré le prix initial plus élevé. On trouve d'autre part de plus en plus de lampes LED (diodes électro-luminescentes), permettant elles aussi une économie substantielle.

Le MEEDEM précise :

La convention signée le 23 octobre 2008 par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, la FCD (Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution, la FMB (Fédération des Magasins de Bricolage), l’éco-organisme agréé responsable de collecte et du recyclage des lampes usagées (Récylum), EDF et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) est entrée pleinement en application :

- Les ampoules à incandescence de puissance supérieure ou égale à 100 W ont déjà été retirées de la vente dès le 30 juin 2009, puis celle de 75 W le 31 décembre 2009 ;

- Les rayons des magasins ont été réaménagés, afin de réserver au moins la moitié de l’espace aux lampes basse consommation ;

- Les ventes de lampes basse consommation progressent fortement, et ont représenté 25 % du marché en 2009, contre seulement 12 % lors de la signature de la convention ; ainsi, grâce au Grenelle Environnement, 27 millions de lampes basse consommation supplémentaires ont été vendues en 2009 (52 millions au total, contre 25 millions en 2007) ;

- Plus de 2 000 meubles de collecte des lampes usagées ont été déployés dans les magasins.

L’étape franchie aujourd’hui concerne les ampoules à incandescence de 60 W et plus. Cette mesure sera ensuite généralisée à toute l’Union européenne en septembre 2011.

Notons que, dans plusieurs villes de France, ont eu lieu des opérations visant à fournir des lampes à basse consommation, en échange d'ampoules à incandescence, pour les ménages les plus modestes, à l'instar de celle menée dans  la ville de Paris (voir notre article du 12 mai) au  début du mois de mai. Par ce retrait du marché des ampoules de 60 W, la France anticipe donc de plus d'un an la mise en œuvre du plan énergie-climat européen.

Source : MEEDEM, le blog de Corinne Hamet

A Paris : économies d'énergie pour ménages en difficulté

Mercredi 12 mai 2010

Du 4 au 21 mai, la mairie de Paris va faire distribuer 100 000 lampes basse consommation aux foyers parisiens bénéficiant du Tarif Première Nécessité (TPN) d'EDF : 3 lampes fluocompactes contre une ampoule à incandescence usagée.

distribution lampes Paris

Source : Mairie de Paris

Le TPN permet à tout bénéficiaire de la Couverture Maladie Universelle (CMU) d'obtenir une réduction sur son abonnement à l'électricité (EDF) et sur 100 kWh consommés par mois. Il donne d'autre part droit à la gratuité de la mise en service.

Cet échange est un bon moyen de pousser les foyers les plus modestes à s'équiper de lampes relativement chères à l'achat et qui leur permettront de réaliser quelques économies sur leur facture électrique. Économies certes limitées, puisque la part de l'éclairage ne représente que 14 % de la facture d'électricité moyenne d'un foyer, hors chauffage et eau chaude. Mais cette distribution s'accompagne aussi de conseils en économies d'énergie, prodigués par des conseillers spécialement formés. Elle présente donc l'avantage de sensibiliser un certain nombre de ménages modestes à la maîtrise de l'énergie.

Cette opération concerne 32 000 foyers, et selon les calculs de la mairie de Paris, elle permettra de réaliser à terme environ 5 GWh par an d'économies d'énergie et d'éviter l'émission de près de 500 tonnes de CO2. Pour chaque famille, cela représenterait, selon la même source, une économie de 15 € par an. La mairie explique :

Moins consommatrices en énergie et à la durée de vie plus longue, [les lampes basse consommation] présentent un coût global (achat plus consommation) plus faible que celui des ampoules à incandescence. Néanmoins, leur prix d’achat, trois à sept fois supérieur à celui des ampoules à incandescence, peut demeurer un point de blocage pour certains foyers.

La Ville de Paris accompagne les Parisiens à revenus modestes dans ce saut technologique et fait en sorte que, quels que soient leurs moyens, ils puissent bénéficier de dispositifs qui leur permettent à la fois de diminuer leur impact sur l’environnement et leur facture énergétique.

Pratiquement, chaque bénéficiaire du TPN a reçu dans le courant du mois d'avril une lettre de la ville, comportant un coupon qu'il doit rapporter, en même temps qu'une ampoule à incandescence usagée, à la mairie de son arrondissement. Il y est reçu par un conseiller qui lui remet les 3 lampes basse consommation et lui explique les « éco-gestes » lui permettant de réduire sa facture d'énergie.

En 2009, la mairie de Paris a remplacé 80 000 ampoules à incandescence par des lampes basse consommation, évitant ainsi le rejet de 470 tonnes de CO2. Rappelons que ces ampoules sont de toute façon amenées à disparaître d'ici 2012.

Source : la Mairie de Paris

Changement d'heure et économies d'énergie

Mardi 30 mars 2010

horloge - changement d'heure

Ça y est : nous avons changé d'heure et retrouvé, comme tous les pays européens d'ailleurs, notre heure d'été et ce jusqu'au dernier week-end d'octobre. La France est donc actuellement à GMT+2. Ce changement s'opère chaque année depuis 1974, après le premier choc pétrolier et a pour but de réaliser des économies d'énergie en réduisant l'éclairage le soir.

Selon un communiqué de presse de l'ADEME, une nouvelle étude confirme les bénéfices réels du changement d'heure en termes d'économies d'énergie et d'émissions de CO2. En 2009, le gain sur l'éclairage a été de l'ordre de 440 gigawatts/h (GWh), soit l'équivalent de la consommation d'éclairage de 800 000 foyers français, et l'émission de 44 000 tonnes de CO2 a ainsi été évitée. On compte en effet pour l'éclairage qu'un kW consommé produit 100 g de CO2.

L'éclairage diminue aussi depuis plusieurs années pour d'autres raisons : l'introduction et la généralisation des lampes basse consommation et un éclairage public mieux géré y sont également pour quelque chose. Mais l'ADEME estime qu'en 2030, les économies d'énergie découlant de l'heure d'été seront toujours réelles, même si les bénéfices en seront plus faibles en raison de l'avancée des technologies permettant un éclairage toujours plus performant. Le gain estimé serait encore d'environ 340 GWh.

Pour ce qui concerne le chauffage et la climatisation, les économies sont difficilement quantifiables et certainement modestes : de l'ordre de 70 GWh sur la climatisation tertiaire actuellement et de 130 GWh attendus en 2030, à condition que les consignes de températures soient respectées et appliquées grâce aux systèmes de régulation automatique. Au total, toujours en 2030, la réduction des émissions de gaz à effet de serre due au changement d'heure devrait encore être de 70 000 à 100 000 tonnes de CO2.

Autre avantage, la réduction de la demande d'électricité le soir soulage le réseau. Même si en avril, les gros pics de consommation d'hiver sont passés, les variations climatiques du printemps (comme de l'automne d'ailleurs) entraînent des risques de marges insuffisantes, notamment dans des régions comme la Bretagne ou PACA. Le changement d'heure en 2009 a permis une diminution de 3,5 GW de la puissance appelée à 19 heures. Cet avantage devrait rester de 2 GW en 2030.

En 1976, le gain d'une année sur l'autre avait été évalué à environ 450 GWh selon les calculs de l'ADEME. En 1995, EDF a réalisé une nouvelle estimation basée sur une extrapolation des économies constatées en 1976, et aboutissait au chiffre de 1 200 GWh, soit la consommation d'une ville de 500 000 habitants. En 2007, de nouveaux calculs de l'ADEME, intégrant les nouveaux usages de l'électricité et l'évolution des technologies, évaluaient à 470 GWh les économies réalisées annuellement sur l'éclairage et 210 GWh sur les usages thermiques.

Malgré le temps écoulé depuis la décision de changement d'heure (36 ans), certaines associations (Association la Méridienne notamment) militent toujours pour un retour à l'heure méridienne en déclarant que les économies réalisées l'après-midi sont en fait annulées par les dépenses supplémentaires faites le matin. Elles ne désarment toujours pas, puisqu'une pétition a encore été mise en ligne cette année sous le titre « l'avancement de l'heure nuit à notre santé ».

Plus généralement, on apprécie de pouvoir profiter de soirées plus longues au printemps ou en été, même si, pour cela, il faut se lever une heure plus tôt un dimanche de printemps. Si, en plus, c'est pour la bonne cause et que les économies d'énergie réalisées permettent d'émettre un peu moins de gaz à effet de serre, nous voilà conforter dans cette habitude remontant maintenant à plusieurs décennies !

Pour une maison écologique, adoptez l'éco-rénovation

Dimanche 7 mars 2010

Le parc de logements français vieillit, et les nombreux habitats énergivores doivent être rénovés : c'est une obligation si l’on veut atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement. En effet, isoler son habitation, c’est aussi faire un geste pour l’environnement en limitant les émissions de gaz à effet de serre, en réduisant sa facture énergétique et en préservant les ressources.

Rénovations, soit, mais de préférence éco-rénovations. Pour de meilleures performances énergétiques, cinq points sont à examiner, et de préférence dans l’ordre : l’isolation et l’étanchéité, la ventilation, les portes et fenêtres, le système de chauffage et enfin l’éclairage et la gestion de l’eau.

Le toit et les murs

L’isolation et l’étanchéité viennent en premier, déjà par les déperditions importantes que représentent le toit et les murs opaques : 25 à 30 % pour le toit, 20 à 25 % pour les murs, selon l'ADEME. Voilà qui représente déjà une bonne moitié de la chaleur dont nous ne profitons pas et dont l’environnement se passerait volontiers.

Les differentes pertes de chaleur dans une maison non isolée

Les différentes pertes de chaleur dans une maison non isolée (source ADEME)

Procédons par ordre : d’abord le toit, puis les murs, puis les planchers. Pour le toit les techniques varient selon l’utilisation que l’on peut avoir du grenier. Pour les combles perdus, une isolation correcte du plancher peut suffire, mais pour des combles aménageables et habitables, c’est toute la toiture qu’il va falloir isoler. Pour les murs opaques et le plancher, l’isolation doit être thermique certes, mais dans les zones urbaines, il est utile qu’elle soit aussi phonique. A la campagne, par contre, il est dommage de se passer du chant des oiseaux pour contrer le bruyant tracteur qui passe… une ou deux fois par jour !

On dispose maintenant de nombreux matériaux, mais tous ne sont pas aussi respectueux de l’environnement. Les classiques matériaux synthétiques (polystyrènes expansés et extrudés, polyester) très abordables, mais pas exempts de toxicité, les fibres minérales (laine de verre ou de roche) qui contiennent des éléments respirables et irritants peuvent être avantageusement remplacés par des matériaux plus naturels : des laines végétales (chanvre, lin, coton et bois) et animales (mouton). Les matériaux comme la cellulose, sont aussi efficaces, mais écologiquement controversés.

Les isolants ne conduisent pas la chaleur. Leur résistance thermique est d’autant plus élevée que leur épaisseur est importante et que leur coefficient de conductivité (lambda) est faible.

Toiture et murs isolés, on peut économiser déjà jusqu’à 50 % de sa consommation énergétique. Mais une bonne isolation bien réalisée va de pair avec une ventilation bien conçue. Dans les anciens logements, la question ne se posait même pas : la cheminée, associée à l’air qui passait le long des fenêtres et sous la porte assuraient ce rôle, en refroidissant sérieusement les lieux au passage.

L'aération

Ventilation naturelle ou assistée mécaniquement ? Les deux peuvent donner des résultats satisfaisants. Des grilles d’aération basses et hautes dans les pièces assurent une ventilation par tirage naturel, et un ensemble bien étudié donne des résultats satisfaisants.  Plus onéreuse, une VMC (ventilation mécaniquement contrôlée) est idéale à coupler à des travaux de rénovation. Si l’on investit dans une VMC à double flux, l’air réchauffé ou refroidi par le système circulera à la température désirée pour une ventilation saine et contrôlée.

Selon le conseiller énergétique Pierre Kermarrec  (cité par Travaux.com) :

Lors de mon dernier audit sur une maison datant des années 60/70, en refaisant simplement l'isolation et en ajoutant une ventilation performante, la maison est passé de la catégorie G à C sur le DPE.

Portes et fenêtres

Portes et fenêtres représentent 10 à 15 % des pertes de chaleur : elles ne viennent donc qu’une fois réalisés les travaux précédents. Des fenêtres à double vitrage et une porte étanche permettront quelques économies supplémentaires. Il existe plusieurs qualités de vitrage actuellement – double vitrage classique ou double vitrage à isolation renforcée (VIR) – et leurs résultats sont assez différents. Mais il ne faut pas oublier non plus la nature de la fermeture : volets ou persiennes bien fermés la nuit vont réduire les déperditions et limiter la température des pièces en été.

Le chauffage

Une fois toutes ces interventions réalisées, changer le système de chauffage n’est pas obligatoire. Des petites modifications, style robinets thermostatiques et programmateur, peuvent suffire. Mais bien sûr une chaudière trop âgée, même régulièrement entretenue, n’aura pas les rendements d’une nouvelle chaudière basse température ou à condensation. Il vaut mieux envisager de la changer… et de penser aux énergies renouvelables : un poêle à bois, des panneaux solaires par exemple.

Quelques détails supplémentaires

La maison isolée, aérée et correctement fermée, on peut alors passer aux travaux de détail : l’éclairage déjà, il est nécessaire de remplacer nos bonnes vieilles ampoules à incandescence qui chauffaient plus qu’elles n’éclairaient – et qui sont peu à peu interdites à la vente – par des lampes basse consommation ou même de passer aux LED (diodes électroluminescentes). C’est plus cher à l’achat, mais tellement plus intéressant à long terme.

Pour économiser de l’eau, en maison individuelle, on peut installer un système de recyclage de l’eau de pluie pour la chasse d’eau des toilettes par exemple, mais on peut aussi dans tous les cas se tourner vers des équipements beaucoup moins onéreux : des petits accessoires comme des mousseurs qui, en introduisant de l’air dans l’eau, donnent une même sensation de pression pour une quantité d’eau utilisée moindre.

Coordonner les travaux entre les différents professionnels qui doivent intervenir peut poser quelques problèmes et Travaux.com relève :

En moyenne une maison du parc immobilier français consomme 200Kw/m².an. Une maison neuve consomme 100Kw/m².an, et une maison BBC, le standard obligatoire pour 2012, 50Kw/m².an. 90% des travaux de rénovation n'atteignent pas le niveau de performance escompté parce que les particuliers ne se sont pas adressés aux bons professionnels. Un conseiller saura vous orienter. Faire appel à une entreprise de conseil en rénovation thermique est aussi une solution intéressante. Suite à une étude sur place, ce professionnel vous présentera plusieurs scénarios de travaux pour « verdir » votre logement.

Le financement

Reste à envisager le financement de tout cela : compter sur le prêt à taux 0, dont  le service public précise :

Pour bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro, les travaux doivent concerner l'une des 3 opérations suivantes :

- travaux permettant au logement d'atteindre un seuil minimal de performance énergétique global,

- travaux de réhabilitation de systèmes d'assainissement non collectif par des dispositifs ne consommant pas d'énergie,

- ou travaux comprenant au moins 2 types de travaux figurant dans la liste suivante (sous réserve de précisions apportées par un décret à paraître) :

  • travaux d'isolation thermique performants des toitures,
  • travaux d'isolation thermique performants des murs donnant sur l'extérieur,
  • travaux d'isolation thermique performants des parois vitrées et portes donnant sur l'extérieur,
  • travaux d'installation, régulation ou remplacement de systèmes de chauffage, le cas échéant associés à des systèmes de ventilation économiques et performants, ou de production d'eau chaude sanitaire performants,
  • travaux d'installation d'équipements de chauffage utilisant une source d'énergie renouvelable,
  • travaux d'installation d'équipements de production d'eau chaude sanitaire utilisant une source d'énergie renouvelable.

Quelques crédits d’impôts peuvent encore encourager les propriétaires à engager les travaux, et nous avons vu récemment que, pour les logements loués, les locataires pouvaient sous certaines conditions être obligés de participer en faisant profiter leur propriétaire d’une partie des économies d’énergie réalisées.