Articles avec le tag ‘offshore’

Eolien : le grand sacrifié en France, mais le favori à l'étranger

Mardi 3 août 2010

Pour faire suite à l'un de nos articles récents, alors qu'en France l'éolien stagne, voire recule, en partie suite au Grenelle II de l'environnement, le Danemark se garantit les moyens d'un plein essor et pense déjà au renouvellement de ses installations vieillissantes et des pays tels que la Grande-Bretagne, la Norvège ou les Etats-Unis se lancent dans une concurrence acharnée pour la conception d'éoliennes toujours plus puissantes.

eolienne

source image : greenpeace

Coup d'arrêt sur l'éolien en France

En France, Pâris Mouratoglou, le président d'EDF Energies Nouvelles, parle de 2 à 3 ans de vaches maigres pour la production d'électricité éolienne. En effet, après le Grenelle II qui limite les parcs éoliens à un seuil de 5 mâts et encadre strictement leur déploiement, les hommes politiques (pas tous heureusement) fermement opposés à l'implantation d'éoliennes dans les paysages français, les subventions qui se réduisent comme peau de chagrin et risquent d'être tout à fait supprimées, on voit mal comment tenir l'objectif de 23 % d'énergies renouvelables en 2020 : selon EDF EN, sans l'éolien, c'est tout simplement impossible. L'entreprise n'attend pas de reprise du secteur avant 2014 ou 2015, le temps que les politiques prennent conscience du retard accumulé dans ce domaine.

Quant à l'éolien offshore, toujours selon les mêmes sources, ce n'est pas pour tout de suite, mais en dernier recours, lorsque l'objectif français passera à 50 % d'énergies renouvelables en 2050. Et d'en exprimer les raisons : le coût de l'installation d'un parc éolien offshore, l'opposition des pêcheurs et des associations de protection de l'environnement maritime et la prise en compte des couloirs d'essai de torpilles de la marine !

La réussite de l'éolien au Danemark

Le Danemark par contre réunit trois atouts pour la réussite de l'éolien, et ce depuis 30 ans déjà : une volonté politique, une simplification des formalités administratives et une coopération réussie avec les populations locales. Le tout produit une part de 22 % de l'électricité danoise d'origine éolienne, terrestre ou maritime, quand elle n'est que de 1,5 % en France.

Les premières petites éoliennes danoises ont été installées par des coopératives issues de communautés ou de municipalités et la démarche participative reste toujours en vigueur. Ainsi le texte de l'accord politique de 2008 permet aux citoyens de prendre des participations dans les projets de parcs éoliens proches de chez eux, ce qui entraîne une bien meilleure acceptabilité sociale de l'éolien. Dans un récent sondage, 90 % des Danois citent en priorité l'éolien pour le développement des énergies renouvelables. L'opposition des pêcheurs, consultés en amont sur le schéma d'implantation (qu'ils peuvent faire déplacer), est inexistante, d'autant plus qu'ils sont dédommagés.

Quant aux formalités d'installation, elles bénéficient d'une simplification maximale : un guichet unique qui gère la sélection des régions, coordonne les études et procède à l'appel d'offres. D'autre part, Energinet doit connecter immédiatement tout projet autorisé et réalisé. Le gouvernement danois a enfin lancé un programme, soutenu par des primes, de modernisation du parc déjà vieillissant.

La concurrence pour des technologies offshore toujours plus puissantes

A l'international, une course effrénée s'est engagée dans la conception et la construction d'éoliennes géantes en mer, de plus de 10 MW, soit deux fois plus puissantes que la dernière génération. La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Norvège sont ainsi en ligne pour lancer les premières réalisations.

En Grande-Bretagne, Arup travaille sur le projet d'un aérogénérateur en mer, machine tournant sur un axe de 275 m, qui, après deux ans d'essais, pourrait produire ses premiers kilowatts/heure en 2013 ou 2014. Mais Clipper Wind, en collaboration avec le département américain des énergies nouvelles, le talonne avec le projet de construction de « Britannia », une turbine éolienne offshore de 10 MW, dans le Nord de l'Angleterre. La Norvège ne demeure pas en reste : Sway pense élaborer un prototype d'éolienne flottante de 10 MW.

D'autre part, un projet de recherche financé par l'Union Européenne étudie la conception de turbines d'éoliennes maritimes de 8 à 10 MW, et d'autres compagnies, danoises et américaines, travaillent sur des machines de 9 MW. L'EWEA (Association Européenne de l'Energie Eolienne) a d'ailleurs prédit l'année dernière que l'Europe augmenterait sa puissance d'éoliennes en mer de 2 GW actuellement à 150 GW en 2030.

Sources : Usine Nouvelle, Le Monde, Enerzine

L'éolien offshore en pleine forme en Europe

Mercredi 28 juillet 2010

L'Association Européenne de l'Energie Eolienne (EWEA), qui regroupe actuellement 650 membres à travers 60 pays, annonce le raccordement au réseau européen de 118 nouvelles éoliennes offshore au cours du premier semestre 2010. D'une capacité de 333 MW, elles représentent déjà plus de la moitié des 577 MW installés l'année dernière en mer et donnent une preuve de la bonne santé du secteur en Europe.

eolienne offshore

source image : direct industry

A cela s'ajoutent 151 autres éoliennes maritimes d'une capacité totale de 440 MW, installées mais pas encore raccordées. Et 16 parcs éoliens se construisent le long des rivages de l'Europe, quatre sont même déjà opérationnels : l'un au Danemark, l'autre en Allemagne et deux au Royaume-Uni. Ce qui fait dire à Justin Wilkes, directeur de la politique au sein de l'Agence Européenne de l'Énergie Eolienne :

Je suis certain que cette année va être historique (…).

Aujourd'hui, ce sont donc au total 948 éoliennes offshore réparties sur 43 parcs qui alimentent déjà l'Europe en électricité, pour une capacité totale de 2 396 MW. Justin Wilkes continue :

L'Europe est un leader mondial en matière d'éoliennes offshore et de croissance continue – et la disponibilité des financements est essentielle pour les emplois européens et la compétitivité ainsi que dans le but de réduire les émissions de CO2.

Nous avons vu dans un article du 13 juin que, si globalement les énergies marines ont le vent en poupe, la France accuse cependant un sérieux retard dans ce domaine. Profiterons-nous de l'effet d'entraînement de l'Europe ?

Source : Enerzine

Un des plus grands parcs éoliens du monde au Danemark

Lundi 5 juillet 2010

Le groupe danois Dong Energy, spécialiste de l'éolien offshore, s'est vu confier par le Parlement danois la construction du plus grand parc en mer du pays, près de l'île d'Anholt (mer de Kattegat, au nord-est du Danemark).

Le PDG de l'entreprise, Anders Eldrup, avait  déclaré lors de l'appel d'offres du gouvernement danois en avril dernier :

Construire ce parc éolien offshore sera un jalon important dans le plan d'expansion de la production d'énergie renouvelable au Danemark. DONG Energy a construit la moitié des plus grands parcs éoliens offshore actuellement en service dans le monde, ce qui a fait de la compagnie l'un des chefs de file sur ce segment de marché.

Parc eolien offshore

Source : windpowerninja.com

D'une capacité totale de 400 mégawatts, ce parc se classera parmi les plus grands au monde et permettra de couvrir les besoins en électricité d'environ 400 000 foyers, soit 4 % de la consommation totale d'électricité du Danemark. L'installation des 111 turbines de 3,6 MW chacune,  fournies par le groupe allemand Siemens, et la construction du parc devraient créer 8 000 emplois, selon le gouvernement danois.

Une fois mis en service (2012/2013), ce nouveau parc éolien permettra au Danemark de se rapprocher d'un point de son objectif de 30 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020. Les énergies renouvelables représentent déjà actuellement 20 % de la consommation énergétique du pays et reposent principalement sur l'éolien et la biomasse. Il est d'ailleurs curieux de remarquer que ce parc éolien va se construire près d'une île où des centaines d'années d'utilisation du bois de chauffage ont donné naissance au plus grand « désert » nordique (la terre est couverte en fait de bruyère et de lichens).

Source : Batiactu, Wikipédia, Les Energies de la Mer