Articles avec le tag ‘recyclage’

Papier : enquête à ne pas imprimer

Dimanche 8 août 2010

Enquete riposte verte papier

400 millions d'euros (soit l'équivalent de 32 milliards de pages) : voici le chiffre des dépenses annuelles des entreprises françaises en impressions inutiles. Heureusement, selon une enquête de Riposte Verte, menée auprès des personnels administratifs d'entreprises françaises de tous les secteurs, 68 % affirment connaître les impacts du papier de bureau sur l'environnement : on n'imagine même pas le chiffre sinon !

Chaque employé de bureau consomme en moyenne 70 feuilles par jour, soit 75 kg de papier à l'année. La récupération du papier semi-usager (imprimé sur une seule face par exemple) semble maintenant assez passée dans les mœurs puisque 70 % des structures s'en resservent et que 90 % des collaborateurs ont déjà pris l'habitude de l'utiliser comme brouillon.

Par contre, encore une entreprise sur trois ne récupère pas le papier usagé pour le recyclage. Et près de la moitié des employés déclarent n'avoir jamais été sensibilisés à l'impact des bonnes pratiques quotidiennes de l'utilisation du papier au bureau. Effectivement, l'information sur ces pratiques se révèle insuffisante : parfois menée par courriel (27 %) ou par affichage (37 %), mais rarement par formation (14 %).

Quelques notes plus positives quand même : 90 % des personnes choisissent un papier courant de moins de 90 g, sur lequel 99 % des employés impriment avec une taille de police réduite (inférieure ou égale à 12), et 80 % utilisent même la fonction recto/verso des copieurs multifonctions branchés sur réseaux (mais seulement 40 % pour la fonction 2 pages en 1).

Mais pour la gestion du papier, bon nombre de pratiques restent encore contraires au bon sens, même si les dirigeants et leurs collaborateurs ont pris conscience de l'impact environnemental de l'utilisation du papier. Le rapport leur rappelle d'ailleurs quelques chiffres : 75 kg de papier recyclé permettent d'économiser 13 arbres, 16 000 litres d'eau, 750 litres de pétrole et produisent 45 % de CO2 de moins que du papier de fibres vierges.

En bref, des solutions existent et sont connues pour économiser le papier, mais encore trop peu appliquées. Le papier est pourtant le symbole d'une politique d'entreprise éco-responsable.

Source : Enquête "Papier, quelles (éco)pratiques au bureau"

www.riposteverte.com/

Télécoms : une charte de bonne conduite pour le développement durable

Lundi 26 juillet 2010

Une charte d'engagements volontaires pour le développement durable a été signée le 22 juillet entre le gouvernement et le secteur des télécommunications représenté par la Fédération Française des Télécommunications (FFT). 25 autres secteurs d'activité se sont déjà engagés dans ce domaine autour d'une charte. Le secteur des télécommunications est le 26ème.

Cabine telephone en pleine nature

source image : geograph.org.uk

Un double objectif

L'objectif de cet engagement est double : il vise à ce que le secteur devienne plus respectueux de l'environnement et à ce qu'il réduise ses émissions de gaz à effet de serre. Les acteurs de la téléphonie française espèrent même contribuer à hauteur de 7 % à la réduction des émissions de CO2, soit un tiers des objectifs français.

En fait la téléphonie crée autant de dégâts qu'elle en évite à d'autres secteurs (bâtiment, papiers…). Pointé par l'IDATE (Institut de l'Audiovisuel et des télécommunications en Europe) en début d'année (voir notre article du 19 février), le secteur veut prouver sa volonté  d'améliorer son bilan environnemental.

Des engagements forts

La charte s'articule autour de cinq volets principaux :

  • la maîtrise des consommations énergétiques, malgré l'explosion des usages de la téléphonie, par des engagements concrets des opérateurs sur la consommation d'énergie de leurs centres de données, de leurs réseaux mais aussi des box ADSL et des décodeurs TV. Les opérateurs veulent maintenir l'électricité consommée par le secteur à 8,5 milliards de kWh (TWh) d'ici à 2012 (ce qui revient à garder une consommation stable alors que les usages se développent très rapidement). Les box consomment beaucoup : 1,6 TWh pour 19,6 millions d'usagers en 2008, et on en prévoit 40 millions en 2015. Les changer n'améliorerait pas l'impact environnemental du secteur, car il faudrait pouvoir toutes les recycler. Les opérateurs travaillent plutôt sur des solutions logicielles de mises en veille sans intervention de l'usager. Quant aux décodeurs TV, ils sont équipés à partir de juillet de cette année d'un bouton marche/arrêt.
  • la diffusion des usages innovants des technologies de l'information et de la communication (TIC). Celles-ci sont à la base de solutions pour piloter et limiter les consommations d'énergie de secteurs comme le bâtiment, les transports, les réseaux. Il en va ainsi de l'assistance à des bâtiments économes (par le pilotage du chauffage ou des équipements permettant de réduire les consommations par exemple), les réseaux d'énergie intelligents, mais aussi le travail à distance ou la dématérialisation des documents.
  • l'engagement vers une consommation durable avec la généralisation des offres de reprises des téléphones usagés : en 2009, le secteur a collecté 485 000 téléphones en fin de vie, alors qu'il en vendait 15 millions. Quand Bouygues a supprimé son offre de reprise à 10 €, le nombre de téléphones collectés par l'entreprise a été divisé par 4 ! Les opérateurs envisagent donc de nouvelles offres de reprises, qui pourraient aller de 2 à 280 € en fonction de l'âge et de l'état de l'appareil, entre autres critères. Cela permettra de mieux gérer la fin de vie et le recyclage des appareils abandonnés. De plus, le secteur est le premier à s'engager sur l'affichage des performances environnementales des modèles mis sur le marché.
  • la responsabilisation de toute la chaîne de production avec la diffusion des critères de responsabilité sociale et environnementale et l'évaluation des principaux fournisseurs. Il s'agit donc là de mener une politique d'achat responsable et pour cela d'adopter des méthodes standardisées d'évaluation des partenaires.
  • l'inscription dans une démarche de progrès et d'éco-responsabilité des entreprises du secteur en incitant les collaborateurs à adopter des comportements économes (limitation de l'usage du papier, ou du parc automobile…).

Nathalie Kosciusko-Morizet précise :

En se contraignant à un calendrier et à des objectifs précis en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de déchets, les professionnels des télécoms témoignent de leur volonté de verdir leur secteur. Mais cette charte consacre également la capacité des TIC à innerver l’ensemble des secteurs économiques pour accélérer leur conversion écologique. En alliant « croissance verte » et « révolution numérique », nous faisons le choix d’un nouveau modèle de croissance, dans lequel pourra se modeler la société durable de demain.

Cette charte relève d'une démarche volontaire des opérateurs, mais elle s'appuie sur des objectifs chiffrés et concrets, pour lesquels des indicateurs précis de suivi sont fixés. Pour une croissance verte du secteur, certaines solutions se révèlent finalement simples à mettre en place et le seront rapidement, d'autres demanderont un peu plus de temps, mais la tenue des objectifs devra pouvoir s'apprécier dès 2012.

Sources : Communiqué de presse du MEEDEM, Durable, Les mobiles, La Tribune (article du 22 juillet et article du 23 juillet)

Régions-pilotes pour métiers verts

Samedi 26 juin 2010

Les orientations de la formation professionnelle relèvent de la compétence des régions. Ainsi la secrétaire d'état au développement durable a  annoncé récemment les cinq régions-pilotes retenues pour leurs projets d'expérimentation sur des qualifications dans les métiers de croissance verte. Chacune s'est portée volontaire pour travailler sur un ou plusieurs secteurs, en accord avec les spécificités régionales.

Les régions ont la compétence en matière de formation professionnelle et ce sont les principales interlocutrices dans les territoires. C'est avec elles que sera enclenchée une dynamique efficace inspirée par l'expérience du terrain.

emplois verts

source : recrut.com

Onze secteurs avaient précédemment été définis. Tous ne sont pas encore représentés, mais le gouvernement lancera un nouvel appel à projets expérimentaux au mois de septembre pour les autres régions. L'objectif est double : établir un diagnostic régional de ces emplois et favoriser les projets territoriaux à caractère innovant. L'Alsace, la Corse, le Nord-Pas de Calais, les Pays de Loire et l'Ile de la Réunion ont ainsi déterminé les secteurs sur lesquels elles désiraient investir en termes de formation professionnelle.

L'Alsace fera porter ses efforts sur l'efficacité énergétique, l'agriculture et l'automobile.  La Corse travaillera particulièrement sur les métiers de la mer, la protection de la biodiversité, le tourisme et les métiers de la forêt. Le Nord-Pas de Calais s'est porté volontaire pour, outre l'efficacité énergétique, le recyclage,  les transports et la déconstruction, ce dernier secteur intéressera aussi  les Pays de la Loire en plus de l'agriculture et des énergies renouvelables. Energies renouvelables (particulièrement marines) pour le Réunion aussi, ainsi que le tourisme durable, la biodiversité et l'agriculture.

Quelques filières ne sont pas encore représentées : l'assainissement, les carburants, la chimie verte ou les métiers de l'écologie par exemple, qui feront certainement l'objet de l'appel à projet de septembre. Au total, les experts estiment que ces métiers de croissance verte pourraient représenter 600 000 emplois nouveaux à l'horizon 2020.

Source : AFP

Pepsi encourage au recyclage de ses bouteilles et canettes

Jeudi 13 mai 2010

La célèbre marque de cola cherche à convaincre les consommateurs américains à déposer leurs bouteilles et canettes vides dans des récupérateurs d'un type particulier dont elle a participé à la mise au point : la Dream Machine, en fait véritable kiosque de recyclage automatisé.

Dream Machine de Pepsi

Ne comptant apparemment pas sur le simple esprit civique des Américains en matière de recyclage, Pepsi tente de les encourager en distribuant, pour chaque contenant récupéré, des points échangeables par la suite en bons de réduction entre autres.

Comment ça marche ?

Avant d'engager sa bouteille vide ou sa canette dans la trappe de l'appareil, l'utilisateur en scanne d'abord le code-barre. La Dream Machine calcule le nombre de points en fonction du récipient récupéré. L'utilisateur peut alors les échanger sur le site internet greenopolis.com contre des places de cinéma, des voyages à prix réduit ou des bons de réduction pour sa marque de soda préférée : tout un monde de rêve qui s'ouvre au consommateur !

Chaque machine contient environ 300 bouteilles ou canettes, et 3 000 vont être déployées dans les prochains mois en Californie avant de gagner tout le pays. La firme affiche l'objectif de recycler, grâce à ces conteneurs d'un type particulier, 400 millions de récipients par an.

Pepsi et sa "démarche verte"

La marque a par ailleurs lancé depuis plusieurs années déjà deux sites internet dédiés au recyclage, afin de pousser les consommateurs à trier leurs déchets. On y apprend par exemple que le recyclage d'une boîte en aluminium permet, selon elle, d'économiser assez d'électricité pour faire fonctionner un ordinateur pendant 2 heures ou une ampoule de 100 W pendant 4 heures. Pepsi va plus loin en informant directement ses clients par des petites phrases figurant sur ses boîtes, telles que :

  • Le recyclage permet d'économiser 95 % de l'énergie utilisée pour fabriquer cette canette.
  • Les boîtes produites aux Etats-Unis contiennent en moyenne 40 à 50 % de matériaux recyclés.
  • Tout au long de sa vie, un Américain peut recycler 25 000 boîtes.

Pepsi s'est engagée également dans une forte communication sur sa "démarche verte" expliquant, par exemple sur son site canadien, les réductions de l'eau et de l'électricité utilisées pour la fabrication de ses bouteilles et autres canettes de boisson, ainsi que de carburant en produisant les bouteilles PET sur le lieu même de leur remplissage au lieu de les faire livrer comme auparavant par camions.

Une interrogation demeure sur l'énergie nécessaire à la construction et à l'exploitation de ces Dream Machines par rapport à de classiques conteneurs. Le gain environnemental peut être faible si on lui oppose les ressources consommées pour leur fabrication et leur fonctionnement. Selon Pepsi, chaque machine consomme "autant qu'un ordinateur domestique", mais la marque ne communique pas sur sa fabrication, ni sur ce qu'il adviendra de ce kiosque automatisé en fin de vie.

Sources : Enerzine, BCME La boîte boisson, Sharegreen, Consoglobe

Rasoirs jetables ? Non, recyclables !

Jeudi 22 avril 2010

Recyclage rasoirs Bic

La société Bic s'engage dans le recyclage : la marque, dont le nom était associé jusqu'alors à des rasoirs jetables – rien de moins respectueux pour l'environnement que les produits jetables – a décidé d'assurer elle-même la collecte de ses rasoirs en fin de vie, afin de les faire recycler. Elle lance pour cela dès le mois d'avril un système de récupération "gratuit" pour le client.

Engagée depuis 2003 dans une politique de développement durable pour réduire ses impacts environnementaux, la marque a sorti en 2009 une gamme "évolution" fabriquée en bioplastique, matière d'origine végétale, donc renouvelable. Marie Saglio, directeur de Bic France, a déclaré :

BIC favorise depuis toujours la longue durée d’utilisation de ses produits- environ 10 rasages par rasoir- et l'utilisation minimale de matières, tant dans le produit lui-même que dans son emballage. Avec cette opération de recyclage lancée en France métropolitaine, BIC va plus loin et confirme sa volonté d'engagement vers de solutions environnementales innovantes.

Pour cette opération qui concerne tous les rasoirs en plastique dits "jetables", Bic s'est associé avec un CAT (Centre d'Aide par le Travail) et une PME française, spécialisée dans le recyclage. Le principe de l'opération de recyclage est simple. Le consommateur est invité à conserver ses rasoirs usagés jusqu'à en avoir 10 (pour optimiser le transport et réduire les impacts environnementaux). Il commande alors sur le site dédié de la marque www.bicrecycle.com une enveloppe prépayée spéciale, indéchirable et spécialement conçue pour ce transport.

Une fois les 10 rasoirs glissés dans l'enveloppe, il suffit de déposer celle-ci dans une boîte à lettre de la poste. Le CAT reçoit et traite ces enveloppes. Puis la PME prend en charge les rasoirs pour les broyer et transformer la matière première récupérée en pièces de machines à laver.

Le lancement de l'opération dans les jours prochains se fera à l'aide d'une campagne de communication en magasin et sur le site internet de la marque, afin de sensibiliser les consommateurs à cette action.

Les rasoirs jetables n'étaient pas encore concernés par une obligation de reprise (par le biais d'une filière de déchets dont nous parlions récemment), on ne peut donc que saluer cette initiative ainsi que la mise en place de cette filière de retraitement.

Sources : Enerzine, le site Bicrecycle

Filières déchets : les nouveautés 2010

Mercredi 21 avril 2010

En 2001, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) étaient à l'origine du principe producteur/pollueur/payeur, ou responsabilité élargie des producteurs (REP). Pour certains produits, une filière déchets a donc été créée pour répondre soit à une règlementation européenne, soit à des exigences nationales.

La responsabilité élargie des producteurs

La REP, c'est l'obligation pour les fabricants, mais aussi les importateurs et les distributeurs de prendre en charge la collecte sélective, le recyclage et le traitement des déchets des produits qu'ils ont introduits sur le marché, obligation notamment financière. Pour cela deux possibilités s'offrent à eux. S'ils optent pour un système de responsabilité individuelle (organisation et financement de la gestion des déchets), ils mettent en place un système qui doit recevoir l'agrément des pouvoirs publics. Dans le système de responsabilité collective, le plus utilisé, les entreprises adhèrent à un éco organisme agréé par les pouvoirs publics. Celui-ci se charge, contre contribution financière,  de l'obligation de collecte, de recyclage et de traitement des déchets en reversant aux collectivités locales et aux prestataires de collecte et de traitement des déchets.

Avec la diversité des produits, les filières de déchets se multiplient : emballages ménagers, les déchets d'équipements électriques et électroniques ou DEEE (voir notre article du 14 mars sur le sujet), pneus usagés, papiers à usage graphique, piles et accumulateurs, textiles usagés, véhicules hors d'usage (VHU).

Filières déchets : deux petites nouvelles

Pour 2010, on relève l'apparition de deux petites nouvelles, actuellement encore en préparation. La première s'occupe des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI), elle concerne les patients en auto traitement. Elle est mise en place pour éviter les accidents du personnel de gestion des ordures ménagères avec des objets perforants (seringues par exemple) potentiellement contaminés. Elle apparaîtra dans le courant de l'année 2010.

La seconde concernera les déchets dangereux diffus des ménages. Elle traitera les produits présentant des risques toxiques et de pollution pour l'environnement. On attend sa mise en place pour la fin de l'année 2010, ou le début 2011.

Dechets déchetterie

source : Communauté de communes de Mortagne

Un périmètre d'activités agrandi pour deux filières

Deux autres filières voient leur périmètre d'activité élargi. La filière des imprimés en fin de vie change de nom, elle devient filière des imprimés à usage graphique. Filière purement française apparue en 2007, elle a déjà connu plusieurs extensions de ses activités. Elle devra traiter désormais en plus les papiers à usage graphique, les enveloppes et les pochettes postales. Dès 2011, les producteurs devront financer le traitement des produits mis sur le marché en 2010, auprès d'ECOFOLIO, seul éco organisme de ce domaine agréé par les pouvoirs publics.

La filière des piles et accumulateurs doit son extension à une directive européenne. Elle se chargera aussi désormais des piles et accumulateurs portables professionnels qui n'étaient pas concernés jusqu'à maintenant par l'obligation de financement des producteurs. D'autre part, le traitement des batteries automobiles devient l'objet d'une filière spécifique.

Renouvellement d'agrément des éco organismes

De plus, les éco organismes ont vu leur agrément, d'une durée de 5 ans, renouvelé pour une même durée. Dans la filière des DEEE, il s'agit d'ECOLOGIC, ECOSYSTEMES et ERP (European  Recycling Platform). Pour les lampes, RECYCLUM obtient aussi le renouvellement de son agrément. Pour les piles et les accumulateurs portables, les organismes COREPILE et SCRELEC, outre l'extension de leurs activités, obtiennent cette prolongation d'agrément.

Un tout nouveau principe de modulation des barèmes

Au 1er juillet 2010, un principe de modulation de barèmes va entrer en vigueur pour les produits relevant de deux filières. Pour la filière des DEEE, les critères de modulation seront liés à la réparabilité et au réemploi, à la dépollution, à la recyclabilité des équipements électriques et électroniques ménagers. Seront concernés dans un premier temps : les équipements produisant du froid avec circuit réfrigérant, les aspirateurs, les téléphones portables, les ordinateurs portables, les téléviseurs et les lampes. Les critères et l'amplitude de la modulation seront identiques pour tous les éco organismes agréés dans ce domaine.

Dans la filière des piles et des accumulateurs portables, la contribution variera en fonction des critères environnementaux liés à la fin de vie de ces équipements, s'ils n'entrainent pas le transfert de pollution vers une autre étape du cycle de vie de ces produits. Ces critères sont en fait liés aux effets potentiels des substances utilisées dans les piles et accumulateurs sur l'environnement et la santé humaine, au coût de leur traitement et à la capacité de ces produits.

Le tri, le recyclage et le traitement des déchets restent, on le constate, à l'ordre du jour. Les indications contenues dans cet article proviennent de la FICIME (fédération des entreprises internationales de la mécanique et le l'électronique) qui apporte à ses adhérents toute une gamme de services dans le domaine de la réglementation entre autres, et ont été relayées par Batiactu.

Trier devient un jeu d'enfant : une nouvelle collecte sélective

Mardi 6 avril 2010

Neotri, trier est un jeu d'enfant

Finis les vieux CD entassés dans un carton, les cartouches d'imprimantes reléguées au fond d'un tiroir ainsi que les piles qui s'amassent dans un coin, et dont on se dit régulièrement qu'il faut penser à les emporter la prochaine fois… Neotri, une petite entreprise marseillaise, a conçu un conteneur novateur qui permet la collecte de tous ces petits déchets dont on ne sait trop que faire, permettant de trier sept produits différents.

Il fallait y penser : un mobilier urbain qui laisse, grâce à sa vitrine, une part – indispensable de nos jours – à la communication, mais rend bien service lorsque l'on souhaite se débarrasser de cette multitude de résidus de la civilisation moderne qui attendent dans un coin qu'on veuille bien leur offrir une fin de vie honorable.

Un seul conteneur, donc, mais composé à l'intérieur de sept compartiments séparés dotés chacun d'une entrée identifiée  dont la forme ne laisse aucun doute sur sa destination : une fente pour les CD, un rond pour les ampoules, etc. Il vient compléter les Points d'Apport Volontaire (PAV) déjà existants et peut trouver sa place partout en ville. C'est aussi un encouragement direct au tri sélectif écocitoyen de petits objets dont les composants toxiques ne leur permettent pas, sans danger pour l'environnement, de rejoindre nos poubelles.

La jeune société Neotri propose en même temps que le conteneur un service intégral qui va de la mise à disposition des conteneurs à la collecte des déchets et à la redistribution aux organismes agrées, en passant par l'entretien du matériel.  La Régie des Transports de Marseille en a déjà installé aux abords de stations de métro, permettant ainsi aux riverains de jeter en un seul point CD et DVD retraités, cartouches d'imprimantes vides et autres batteries usagées.

Les organismes agréés, destinataires finaux de  ces produits potentiellement toxiques, se chargent ensuite de recycler tout ce qui peut l'être et de détruire ce qui ne peut être récupéré. Un petit détail supplémentaire, Neotri garde un compartiment pour collecter les bouchons plastique destinés à l'association Les Bouchons d'Amour qui, grâce au produit de leur recyclage, aide au financement de matériel ou de projet pour les personnes handicapées.

Sources : site Neotri, et plaquette de présentation

Redevance d'enlèvement des ordures ménagères au poids : de grandes communes s'y mettent

Jeudi 1 avril 2010

collecte bac recyclage

source : siom.fr

De petites villes avaient déjà essayé, avec un succès certain, d'appliquer la formule "pollueur, payeur" aux particuliers depuis quelques années. Mais pour la première fois, une grande ville (et sa communauté d'agglomération), Besançon (Doubs) vient d'annoncer la mise en place d'un système de redevance d'enlèvement des ordures ménagères (REOM) incitative dès 2012. Le paiement d'enlèvement des ordures au poids fait d'ailleurs partie des travaux du Grenelle de l'environnement.

Rappel en chiffres

En France actuellement, le calcul de la taxe d'ordures ménagères est lié au logement occupé et non au nombre de personnes vivant dans ce logement. Le pays produisait environ, en 2007, 390 kg de déchets par an et par habitant, et seuls 20 % étaient recyclés. Pourcentage vraiment minime qui signifie que 300 kg environ par habitant étaient enterrés ou incinérés.

Certains pays ont réagi largement avant nous : l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, la Suisse, la Belgique pour ne citer qu'eux. En Belgique, par exemple, les déchets enlevés ont ainsi été réduits en quelques années de 369 kg par an et par habitant à 115 kg. Plus de trois fois moins !

"Réduisons vite nos déchets, ça déborde !"

Le slogan n'est pas récent : il date de 2005. Si depuis (et avant), de nombreuses communes appliquent le tri sélectif, ce n'est pas encore le cas partout : de nombreuses communes rurales  ne voient toujours rien venir. Pas de poubelles spécifiques, pas de sacs de couleur pour inciter au tri, et encore moins d'enlèvement sélectif. Trier ses déchets dépend alors de la bonne volonté (ou pas) de chacun et aller les porter en déchetterie, ou dans les containers les plus proches (souvent à plusieurs kilomètres), oblige à remplir régulièrement sa voiture de déchets divers, pour tomber parfois devant une porte close (déchetterie fermée) ou des containers débordant tellement qu'il est hors de question d'y ajouter sa petite obole !

D'autres petites communes par contre se sont engagées dans cette voie depuis plusieurs années et le constat est plus que positif. La communauté de communes de la Porte d'Alsace (13 300 habitants), autour de Manspach (Haut-Rhin) a adopté le système de paiement d'enlèvement des déchets au poids depuis 1999. La communauté de communes de Ribeauvillé (18 000 habitants) lui a emboité le pas dès 2002. La redevance est divisée en deux parties : une part variable, demandée à chaque ménage en fonction des déchets résiduels  qu'ils n'ont pu éliminer, et une petite part fixe, permettant de couvrir un service minimum d'enlèvement et le coût de fonctionnement des déchetteries.

Pour calculer, un système en trois parties. D'abord, sur chaque poubelle, une puce contient les informations liées au redevable : nom et adresse, date et heure de l'enlèvement et poids net. Dans le camion, une antenne reconnait la puce, le lève-conteneur effectue la pesée et les données sont transmises à un ordinateur embarqué. Au retour du camion à son centre, les données sont collectées et envoyées à chaque commune qui facture ainsi au plus juste ses administrés. Dans la communauté de commune de la Porte d'Alsace, en moyenne, les déchets se sont réduits de 400 kg par an et par habitant à 96 kg !

Téléchargez la fiche explicative réalisée avec l'Ademe Alsace, et découvrez en page 2 du document le principe de fonctionnement du système.

Pour la première fois en France, une grande ville

La communauté d'agglomération de Besançon est cependant la première ville de plus de 50 000 habitants à se lancer dans ce projet : il s'agit cette fois-ci de 180 000 habitants concernés. Les véhicules de collecte seront aussi équipés d'un système de pesée, et à chaque ramassage  enregistreront les résultats. Le but est bien entendu de favoriser la réduction des déchets et leur recyclage. Les habitants seront donc invités à trier en amont et à déposer dans les containers installés dans tous les quartiers le papier, le verre, le plastique et les autres recyclables.

Contre quoi, leur redevance se décomposera en trois parts : une part fixe de 50 % pour chaque usager, une part variable de 40 %, calculée selon le poids des déchets, et une seconde part variable qui prendra en compte la fréquence d'enlèvement des ordures. Ce système se mettra en place dès 2012.

Une autre agglomération a annoncé récemment envisager de se lancer dans ce système  de paiement au poids des ordures enlevées : celle de Brive dans la Corrèze (90 000 habitants sur l'aire urbaine). Mais elle se donne cinq ans pour aboutir.

Plusieurs freins existent en fait à ces mesures qui permettraient pourtant de recycler une bien plus grande part des déchets qu'actuellement. D'une part, les investissements sont importants, et les communes reculent devant les craintes d'impayés qui rendraient leurs charges plus lourdes encore. D'autre part, les entreprises qui assurent la collecte voient d'un mauvais œil la diminution des volumes embarqués, synonyme pour eux de diminution du chiffre d'affaires.  Au total actuellement, guère plus d'une vingtaine de collectivités locales de moins de 50 000 habitants se sont engagées dans ce chemin, et Besançon sera la première grande agglomération à appliquer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères incitative.

L'engagement 243 de la table ronde du Grenelle de l'environnement consacré aux déchets prévoyait déjà que :

La détermination de la part variable (pesée embarquée, nombre de sacs, taille du container, etc.) serait laissée au libre choix des collectivités, ce qui permettrait de faire payer plus ceux qui produisent plus de déchets tout en préservant l'équité grâce à la part fixe.

Le but était de faire baisser progressivement la part fixe au profit de la part variable. Mais la loi est toujours en gestation et faute d'outils législatifs incitatifs, ces initiatives restent marginales et ne concernent qu'une toute petite partie de la population française, ce qui est regrettable.

Sources : Le Progrès, l'Alsace, Naturavox, ADEME, la Lettre du Cadre, Rue 89

L'ONU inquiète devant l'augmentation de déchets électriques et électroniques (DEEE) dans le monde

Dimanche 14 mars 2010

Les quantités de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) augmentent très rapidement dans le monde et l'ONU s'inquiète du manque de traitements adaptés de ces déchets dans certains pays. La France par contre, sous l'impulsion d'une directive européenne, se décerne un satisfecit, peut-être pas totalement mérité.

Les DEEE se composent de tous les équipements ménagers électriques ou électroniques (réfrigérateurs, téléviseurs, téléphones ou ordinateurs par exemple) mais aussi industriels déclassés. Ils contiennent des métaux précieux (or, argent, palladium, cuivre et indium en particulier) mais dangereux s'ils ne sont pas manipulés avec certaines précautions : dangereux pour le santé humaine, mais aussi très dommageables pour l'environnement. Les stocker ne peut donc rien résoudre.

Or, au niveau international, le bilan est mauvais, et tout particulièrement dans les pays émergents où les DEEE s'amoncellent, pour une grande partie sans aucun traitement : ces pays sont maintenant grands consommateurs de téléphones portables et autres appareils électroniques,  mais n'ont pas les structures de recyclage nécessaires. Actuellement, ce sont encore les États-Unis qui sont les plus gros producteurs de DEEE avec 3 millions de tonnes par an, mais la Chine en est déjà à 2,3 millions de tonnes. En Inde, au Brésil et en Afrique du Sud, les quantités de déchets devraient exploser d'ici 2020 : l'ONU en prévoit 500 % de plus pour l'Inde et entre 200 et 400 % de plus pour les autres pays.

En Europe depuis 2006, une directive vise à rendre obligatoire la valorisation des déchets d'équipements électriques et électroniques. Celle-ci, citée par l'ADEME, précise que ces derniers doivent être récupérés :

  • soit par les collectivités locales qui ont mis en place la collecte sélective (déchèterie, collecte de proximité par exemple),
  • soit par les distributeurs (retour magasin, reprise livraison)… Les DEEE collectés sont ensuite enlevés et valorisés par différents prestataires. Les producteurs d’EEE sont tenus de prendre en charge financièrement la collecte et le traitement des DEEE au prorata de leur part de marché. Pour s’acquitter de leurs obligations, ils doivent adhérer à l’un des quatre éco-organismes agréés (Ecologic, Eco-Systèmes, ERP pour tous les DEEE ménagers hors lampes, Recylum pour les lampes), ou mettre en place une filière individuelle qui doit être approuvée par les pouvoirs publics.

En France, 3 800 producteurs adhèrent à un éco-organisme, et il existe actuellement 18 600 points de collecte auprès des distributeurs et 3 400 auprès des collectivités locales. La directive européenne prévoyait une collecte de 4 kg par habitant et par an, et nous en sommes à 5,7 kg, soit 371 000 tonnes de DEEE collectés en 2009. En 2008, 81 % des déchets collectés avaient été recyclés et des organismes sociaux avaient pu bénéficier d'une partie du matériel après remise en état. Ces bons résultats poussent la France à revoir ses objectifs à la hausse, pour atteindre 10 kg par habitant et par an en 2014. Pour cela, le gouvernement prévoit de mettre en place des actions de sensibilisation et les distributeurs pourraient devoir reprendre les appareils usagés même sans achat de remplacement par les clients.

Tout cela semble bien effectivement, mais nous produisons entre 14 et 24 kg de DEEE par habitant chaque année, soit dans les 900 000 tonnes environ ! Nous sommes donc loin du compte. Et d'autres pays d'Europe, soumis aux directives européennes (Suède et Royaume-Uni) ou pas (Norvège, Suisse), en sont déjà, eux, à 10 kg et plus par an et par habitant. Même si, ici, la situation est moins préoccupante que dans les pays émergents, nous avons encore des efforts à fournir pour devenir réellement des éco-citoyens.

Sources : Bati-actu, Wikipédia, ADEME

Consultez également la page de notre annuaire dédiée à ce thème

Eco-rénovation : les matériaux isolants écologiques

Mercredi 10 mars 2010

Isoler son logement, c'est bien, mais utiliser pour cela des matériaux respectueux de l'environnement, c'est encore mieux. Il existe maintenant un large choix de matériaux qui, selon leurs propriétés spécifiques, assurent une bonne isolation,  phonique et thermique, ce qui nous intéresse particulièrement.

Les isolants qu'on voudrait éviter

Nous avons vu dans un article précédent que les matériaux synthétiques n'étaient pas exempts de toxicité : en effet, les polystyrènes, isolants parmi  les plus utilisés et bon marché, dégagent du pentane, non dangereux pour la santé mais contribuant à l'effet de serre, ainsi que du styrène à la chaleur, substance soupçonnée d'être cancérigène. D'autre part, ils s'enflamment facilement et dégagent alors du CO2, de la vapeur d'eau et du monoxyde de carbone. De plus ces isolants ne sont pas recyclables.

Laine de verre et laine de roche, également très répandues en Europe ont quelques inconvénients. La première est interdite à la pose dans les bâtiments publics en Allemagne. Elle est irritante pour la peau et pour les voies respiratoires supérieures, principalement lors de sa mise en œuvre. Les fibres de la seconde pourraient provoquer des  problèmes pulmonaires. Mais pour les deux, le bilan écologique est mauvais : elles nécessitent beaucoup d'énergie à la fabrication et constituent en fin de vie des déchets potentiellement toxiques.

Les isolants végétaux

Isolants naturels

source : www.elyxir-isolation.com

Mais il existe d'autres isolants, souvent plus onéreux, mais beaucoup plus adaptés au développement durable : ce sont principalement des isolants végétaux, qui cumulent bien des avantages et sont eux recyclables. D'autres solutions, d'origine animale ou provenant du recyclage par exemple, peuvent s'avérer satisfaisantes pour l'isolation, mais présentent aussi quelques défauts.

Il en existe de plusieurs sortes : le chanvre, le lin, le coton, mais aussi le liège et le bois. Tous ont l'avantage de faire appel à des matières premières renouvelables et d'être recyclable en fin de vie.

Le chanvre est utilisé comme matière première depuis des milliers d'années pour le tissage, l'huile qui en est extraite et même en médecine. Au XXème siècle, sa culture a été très réglementée en raison de ses propriétés psychotropes. Et cela jusqu'en 1996. Depuis il a pris un nouvel élan grâce à l'apparition d'espèces au taux de stupéfiant négligeable. On en utilise l'écorce et la tige la chènevotte). Durant sa croissance, il absorbe du CO2. Après la moisson, il laisse les champs propres et riches en éléments minéraux.

Comme isolant, il a de nombreux avantages. Utilisé sans additifs donc sans danger pour la santé, il laisse les murs respirer. Très résistant à l'humidité, il est imputrescible et sert de répulsif naturel aux rongeurs. Il ne contient pas d'albumine, et ni insectes ni acariens ne l'attaquent. Enfin, il est recyclable.

Le lin, comme le chanvre, est l'une des principales plantes textiles cultivées et utilisées depuis l'antiquité. Produit en Europe (nord de la France et Normandie par exemple), qui assure les deux tiers de la récolte mondiale, il demande peu d'engrais, et peu de produits phytosanitaires. Mais, toute la plante étant récoltée, y compris les racines, il appauvrit les terres et doit être cultivé en alternance avec d'autres végétaux. La fabrication des tissus utilise la tige, la production d'huile les graines. Les fibres courtes, non utilisées par l'industrie textile, récupérées, servent à la fabrication des matériaux isolants. Il est très utilisé en Europe du Nord.

Le lin possède un fort pouvoir hygroscopique : il peut absorber dix fois plus d'eau que la laine sans se détériorer. Plus facile à travailler que le chanvre, il n'a pas d'impact sur l'environnement. Il est lui aussi parfaitement recyclable.

Autre fibre textile, le coton peut lui aussi être utilisé comme isolant thermique. Composés de chutes neuves de l'industrie textiles et de vêtements usagés, les matériaux isolants en coton sont donc fabriqués à partir de matières premières recyclées. On sait qu'il ne provoque pratiquement pas d'allergie, mais il doit être traité contre les moisissures, les insectes xylophages et les acariens. Il possède d'autre part de très bonnes performances thermiques et phoniques car ses fibres étouffent les bruits.

Le bois est aussi un excellent isolant. L'élaboration des matériaux isolants utilise des fibres et du lignite de bois. Perméable aux vapeurs d'eau, très sain, il est particulièrement performant contre la chaleur en plus du froid. Traités contre les insectes et ignifugés, les isolants à base de bois s'adaptent à tout type de travaux d'isolation et possèdent une très longue durée de vie. Seul inconvénient : leur poids.

Le liège est actuellement difficile à trouver et donc cher. Issu de l'arbre le chêne-liège, abondamment exploité dans le bassin méditerranéen, seule l'écorce est utilisée et l'arbre continue à vivre. Idéalement, on peut même fabriquer des panneaux isolants avec les bouchons recyclés. Le liège présente en effet de nombreux avantages : ce matériau très sain est imputrescible, ininflammable et très résistant aux attaques d'insectes, de rongeurs et de champignons. C'est à la fois un isolant thermique et phonique et parfaitement écologique. Is servait au début du siècle dernier pour isoler les chambres froides. Avec le recul, on a pu constater sa résistance et même le récupérer pour le recycler.

Les autres isolants recyclés

Déjà utilisé par les Mongols en Asie Centrale pour protéger leurs yourtes du froid et des intempéries, le feutre est aussi connu depuis longtemps, depuis l'antiquité pour tout dire puisque les Grecs et les Romains s'en servaient déjà pour fabriquer des couvertures et même pour se protéger des flèches ! Il était alors fabriqué à base de poils d'animaux variés (chèvres, moutons ours, castors…) et même de cheveux, agglomérés par pression et ébouillantés. Autant de matériaux de récupération donc. Il est  souvent composé aujourd'hui encore de matériaux recyclés : bois, tissus, laine mais aussi de fibres de jute. C'est à la fois un isolant thermique et phonique et on l'utilise fréquemment sous les revêtements de sol.

Mais il existe aussi un isolant d'origine animale : la laine de mouton. C'est en fait le seul isolant produit par la nature, avec le duvet des oiseaux. Elle absorbe bien les excès d'humidité, est imputrescible et difficilement inflammable. Mais son utilisation est controversée dans le monde du bâtiment. En effet, la laine brute est naturellement protégée des mites par le suint, mais utilisée telle quelle, dégage une odeur assez forte qui s'estompe avec le temps… en même temps que s'estompe la protection, car les mites finissent par revenir. On peut aussi utiliser une laine traitée contre les mites, mais elle n'est plus naturelle, et même dans ce cas, ce n'est qu'une histoire de temps : en deux à cinq ans, les mites sont de retour ! Elle bénéficie d'un prix intéressant, mais ne peut être considérée comme un isolant durable.

L'ouate de cellulose paraît elle aussi intéressante : voilà un produit de recyclage. Elle provient des papiers et cartons recyclés, quantités qui même au siècle d'internet ne diminuent pas vraiment, si l'on considère que nos boîtes à lettres les alimentent très régulièrement. Grâce à l'ajout de sel de Bore, elle présente une forte résistance aux moisissures et aux insectes.

Le sel de Bore est très utile, certes, mais peut-être un peu toxique. Il est en effet reconnu comme "pouvant, par inhalation, ingestion, ou pénétration cutanée, entraîner des risques graves, aigus, ou chroniques" et son emballage doit désormais revêtir un logo de mise en garde. Si l'on ajoute à cela qu'une grande partie de la production de bore provient de pays douteux (travail des enfants) où les conditions d'extraction sont peu surveillées, on peut se montrer méfiant. L'ouate de cellulose contient aussi des résidus d'encres présentes sur le papier recyclé. Le tout la rend écologiquement controversée.

Les isolants d'origine minérales existent aussi, mais n'ont pas été pris en compte ici : en effet, bien qu'actuellement abondants, ils ne sont pas renouvelables. Mais déjà parmi ceux écologiquement satisfaisants, le nombre de matériaux isolants et les diverses formes sous lesquelles ils se présentent rendent le choix difficile. D'autant plus qu'on doit prendre en compte dans ce choix les coûts des matériaux et de la mise en œuvre. L'investissement peut être lourd, mais plus personne ne remet en cause actuellement sa nécessité.

Sources : Idées Maison, Isolation: comprendre, choisir, Eco-logis, Sodeer, site de l'ADEME, dd-magazine, Wikipédia, biologie-habitat, matériaux écologiques