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Ma consommation d'électricité est-elle normale ?

Samedi 20 mars 2010

La PME française Fludia a mis en ligne le site maitrisermonenergie.com sur lequel on peut utiliser un petit outil très pratique. Il se présente sous forme d'une calculette un peu sophistiquée qui permet de répondre en quelques clics à la question :

Ma consommation d'électricité est-elle normale ou trop élevée ?

Calculette Fludia

Son utilisation est très simple : il suffit de répondre aux quelques questions posées et de cliquer sur « Calculer ».

Vous pouvez rentrer les index fournis sur les factures « réelles » (lorsque que le compteur a bien été effectivement relevé) et non les factures « estimées » (personne ne s'est déplacé et un calcul plus ou moins faux a été fait).

Vous pouvez aussi faire le calcul entre une facture réelle et un relevé que vous faites vous même maintenant sur votre compteur. Vous savez ainsi combien vous auriez à payer si votre facture arrivait aujourd'hui.

Mais le vrai « plus » de cet outil c'est la décomposition par usage, que Fludia sait réaliser à partir de son expérience et sa base de données.

Maitrisermonenergie.com est une initiative soutenue par l'ADEME – Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, dans le cadre du PREBAT, Programme de Recherche et d'Expérimentations sur l'Energie dans le Bâtiment.

Le tableau de bord éolien-photovoltaïque du CGDD montre une forte croissance du solaire en France en 2009

Lundi 8 mars 2010

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de faire paraître une note indiquant les chiffres des installations solaires et éoliennes en France pour l’année 2009.

En ce qui concerne le solaire, la puissance de la production française a triplé l’année dernière. Les installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique, au nombre de 43 700 environ, ont une puissance totale de 268 mégawatts (MW), soit une augmentation de 224 % en un an. La part des installations de plus de 36 kW était en forte progression (437 contre 94 fin 2008). Parmi celles-ci, 23 ont une puissance supérieure à 250 kW.

statistisques photovoltaique et eolien en France 2009

Source : www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr d'apres ERDF et RTE

Trois régions se distinguent, cumulant à elles seules la moitié de la puissance : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Pays de la Loire. A signaler dans les DOM, non comptabilisés dans les précédents résultats, l'ile de la Réunion qui représente 60 % de la production solaire hors métropole.

Pour l’éolien, la progression est moindre en pourcentage (29 %) mais supérieure en puissance raccordée. Les 731 installations ont une puissance de 4574 MW, dont 1036 MW raccordés en 2009. Le petit éolien (moins de 36 kW) est en hausse de 24 %, avec 203 installations. La production totale s’est élevée à 7,6 TWh, en augmentation de 33 %.

Là, ce sont 5 régions que se partagent 55 % de la puissance : Picardie, Lorraine, Bretagne, Centre et Champagne-Ardennes.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : certains profitent apparemment plus de leur soleil, d’autres de leur vent ! Mais la prochaine centrale solaire de Toul en Lorraine (voir notre article précédent)  pourrait propulser cette région, pourtant peu ensoleillée, dans le peloton de tête.

Lors de la publication d'un précédent tableau de bord (septembre 2009), le ministre de l'Écologie, l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer avait déclaré :

Malgré la conjoncture, nous sommes dans une dynamique de forte croissance des énergies renouvelables, et même dans une croissance exponentielle pour le solaire. Et cela se traduit par des investissements industriels. Le projet de loi « Grenelle 2 » qui sera examiné prochainement par le Sénat est crucial pour conforter cette dynamique, car c’est avec le Grenelle 2 que l’on va supprimer les derniers freins au développement des énergies renouvelables.

Il faudra voir dans les prochains tableaux de bord les effets des nouveaux tarifs de rachat de l'électricité sur l'ensemble de la filière photovoltaïque.

Sources : Ouest-France, Tableau de bord éolien-photovoltaïque, energie.com

Gaz à effet de serre et alimentation

Dimanche 28 février 2010

Selon la FAO (Food and Agriculture Organization ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), en 2006, la production de viande représentait 18 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Ce chiffre prend bien entendu en compte toute la filière depuis la production de plantes fourragères. L'élevage est en progression constante, et, selon le même organisme, devrait doubler d’ici 2050 pour répondre aux besoins de la population mondiale. Il est en outre à l’origine de 9 % de la consommation d’eau douce de la planète.

Vaches SalersBovins et GES

Selon l’Agence Européenne pour l’Environnement, l’agriculture est à l’origine de 10 % des GES en Europe et l’élevage en représente plus de la moitié. Les bovins constituent 60 % de l’élevage, on estime donc à 3 % les émissions de gaz à effet de serre de nos sympathiques vaches.

Celle-ci, par son processus très complexe de digestion (la vache est un ruminant), produit du méthane, gaz 20 fois plus puissant que le CO2 : en fait, en moyenne 70 kg de méthane, soit environ 1,3 tonne d’équivalent CO2, par an pour une vache à viande et 120 kg, soit environ 2,4 tonnes d’équivalent CO2 pour une vache à lait, produites en Europe ou en Amérique du Nord. Une vache africaine produit en moyenne 3 fois moins de méthane (…et 10 fois moins de lait !). Les moutons et les chèvres en produisent 10 fois moins.

Ajoutons à cela les GES produits de manière indirecte par la décomposition du fumier. Du méthane, mais aussi du protoxyde d’azote, 296 fois plus puissant que le CO2. L’épandage du fumier et du lisier dans les champs contribue à l’échappement de ces gaz, mais les engrais chimiques aussi.

Notre consommation en question ?

Nous consommons environ 12 kg de viande bovine (chiffre donné par le CREDOC) par personne et par an et 400 kg d’équivalent lait, sous forme de produits laitiers divers et de fromages (chiffre donné par l’INRA). Une personne devenant brusquement végétarienne économiserait 52 kg d’équivalent CO2 par an, 208 kg si elle renonce en plus à tout produit laitier… choses que l’on ne saurait conseiller pour la santé.

Selon DD magazine, ce sont surtout des modifications en matière de production agricole qui seraient efficaces :

De nombreux travaux scientifiques montrent cependant que ce sont surtout les changements de pratiques agricoles, plus que la réduction de la consommation, qui seraient le plus à même de réduire l'impact climatique des filières bovine et laitière.

Et la FAO, citée par développementdurable.com, précise :

L'objectif est de veiller à ce que la croissance continue de cette production ne soit pas nocive pour les écosystèmes, la biodiversité, les terres, les ressources forestières et la qualité de l'eau, et ne contribue pas au réchauffement climatique (…). Des investissements urgents sont nécessaires pour que le secteur de l'élevage dans le monde réponde à une demande croissante et, dans le même temps, contribue à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire, à la préservation de l'environnement et à la santé humaine.

Car dans certains pays en voie de développement, ces activités ont en effet pour conséquence néfaste d’accélérer la déforestation afin d’étendre les zones de pâturage. Or selon la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) :

Avec le temps, les vieux arbres fixent une grande quantité de carbone par l'intermédiaire de leur litière et de leurs racines. Les vieilles forêts constituent de véritables puits de carbone.

L'affichage environnemental des produits de grande consommation

Lundi 22 février 2010

Appelé aussi plus couramment, bien qu'improprement,  « l'étiquette CO2  » (cf. notre article du 13/02/2010), l'affichage environnemental des produits de grande consommation est un des engagements du Grenelle de l'Environnement. Le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDEM) a donc chargé l'ADEME et l'AFNOR de coordonner des groupes de travail, afin d'élaborer une étiquette destinée à favoriser la consommation responsable des ménages. Celle-ci doit se mettre en place dès janvier 2011.

En quoi cela consiste-t'il ?


En effet, selon le projet de loi « Grenelle II » adopté au Sénat en octobre 2009, le consommateur devra « être informé du contenu en équivalent carbone et des autres impacts imputables au couple produit/emballage au cours de leur cycle de vie. Les modalités d'application seront définies par décret pour chaque catégorie de produits en tenant compte de la spécificité des très petites entreprises » (art.85).

Plusieurs principes ont été précisés par le projet de texte de loi :

  • l'information environnementale concernera le couple produit/emballage : elle prendra donc aussi en compte les déchets ;
  • elle résultera d'une analyse sur le cycle de vie du produit : pour un légume, par exemple, de la production à l'assiette du consommateur ;
  • l'information fournie dépendra de la catégorie du produit : impossible de traiter de la même façon une conserve de légumes et du gel douche, bien entendu ;
  • elle comprendra obligatoirement l'indice carbone, mais aussi une approche multi-critères : la proportion des déchets recyclables ou non par exemple ;
  • la méthodologie doit être simple et abordable pour que les très petites entreprises (TPE) puissent la mettre en pratique.

Autrement dit, une étiquette, de même format pour tous les produits, comprenant des informations à la fois fiables et simples pour être compréhensibles pour tous les consommateurs et qui doit leur permettre de repérer les produits eco-responsables.

Le commissariat Général au Développement Durable précise dans Le point sur n° 39 de janvier 2010 (téléchargeable à partir du site de l'ADEME et l'AFNOR consacré à l'affichage environnemental) :

A titre d’illustration, la contribution des achats des ménages au changement climatique est, selon les différentes estimations, comprise entre 40 et 70 % de la contribution totale à l’effet de serre (le reste résultant des constructions, de la consommation d’énergie des logements et des transports de personnes). L’intervalle de 40 à 70 % résulte essentiellement des périmètres retenus par les différentes études : consommation courante de biens par les ménages ou consommation incluant les services (hôtels, restaurants, poste, banques…) ou encore analyses intégrant ou non les émissions de CO2 générés hors de France pour les produits importés et consommés en France. Ces estimations intègrent les émissions liées aux produits sur l’ensemble de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières qui les composent jusqu’à leur élimination finale après usage : ainsi, par exemple, 1 litre d’eau minérale générera de l’ordre de 120 g d’équivalent CO2 tandis qu’une tablette de chocolat présentera quelque 250 g d’équivalent CO2 et qu’un « Tee-shirt » produira de l’ordre de 4 kg d’équivalent CO2.

Selon différents sondages, 83 % des Français souhaitent  une information sur l'impact environnemental des produits, et 77 % des dirigeants d'entreprises y sont favorables.

Deux expériences en cours en France

Le groupe Casino et 3 centres Leclerc du nord de la France ont lancé depuis plus d'un an une expérience d'affichage environnemental, concernant exclusivement leur propre marque distributeur, chacun s'appuyant sur une méthodologie différente et avertissant le client par des moyens différents : étiquette sur le produit pour le premier, affichage sur les gondoles et récapitulation sur le ticket de caisse pour le second.

Le groupe Casino a lancé l'étiquetage de l'indice carbone, c'est à dire la quantité de CO2 émise par 100 g de produit pendant son cycle de vie, depuis juin 2008. Ceci résulte d'une réflexion entamée en 2006 et menée en collaboration avec le cabinet de conseil Bio Intelligence Service.

Cet étiquetage concerne actuellement environ 400 produits de la marque Casino (un peu plus de 10 % de la gamme), 600 d'ici la fin de l'année 2010, et à terme,  au total, 3000 références alimentaires (réparties dans 39 familles différentes : pâtes, yaourts, café…) mais aussi des produits d'hygiène, de droguerie et de parfumerie.

Le calcul de l'indice carbone prend tout en compte : la production, la fabrication, le transport, l'emballage (des matières premières jusqu'au recyclage), la distribution et même la cuisson chez le consommateur. Il est présenté sur une étiquette comportant une réglette allant du vert très clair au vert foncé, selon le niveau de l'indice. Pas de rouge, car selon Alain Brizeau, PDG du groupe Casino, ce serait trop culpabilisant pour le consommateur. L'étiquette Casino annonce aussi le pourcentage de déchets recyclables et le nombre de kilomètres parcourus pour arriver dans les linéaires.

Bien entendu, pour une boîte de conserve identique, les émissions de CO2 vont varier selon la provenance, par exemple : 225 g pour une boîte produite en France et transportée par camion, 235 g pour une boîte en provenance d'Inde et voyageant par bateau et camion, 305 g pour une boîte d'origine ukrainienne et apportée par camions (chiffres donnés par Novethic).

Les 3 centres Leclerc concernés par l'affichage environnemental ont, quant à eux, travaillé avec le cabinet Greenext à partir d'une approche statistique qui fait appel à des bases de données. Celles-ci recensent l'impact CO2 des ingrédients et emballages. Les émissions liées à la cuisson sont intégrées dans le calcul.  La base de calcul prend donc en compte la quantité de gaz carbonique induite par la production, la distribution et la consommation des produits. Cette méthode a permis de référencer un nombre plus important d'articles, toujours de marque générique, environ 20 000 actuellement.

Le produit en lui-même ne porte pas d'étiquette supplémentaire : l'affichage se fait sur les gondoles et s'exprime en kg de CO2 par kg ou litre de produit. Le total est ensuite repris sur le ticket de caisse. Les clients peuvent ensuite comparer, sur un graphique, leur bilan CO2 par rapport aux quantités hebdomadaires moyennes d'un foyer de même taille (de 1 à 6 personnes). Dans le vert sur le graphique ? Bien, leur bilan est inférieur à la moyenne. Dans le rose (pas de rouge, ici non plus) ? Attention, le bilan est supérieur à la moyenne.

Et en Europe ?

Selon le site Greenunivers, l'organisation britannique Forum for the Future a publié en 2008 déjà un rapport qui s'appuyait sur un sondage réalisé auprès de 1000 consommateurs en Grande-Bretagne. Les études britanniques donnent les chiffres suivants : 85 % des consommateurs britanniques réclament des informations sur l'impact environnemental des produits qu'ils consomment, et vont même plus loin puisque les deux-tiers d'entre eux pensent que les distributeurs devraient retirer des rayons les produits les plus dommageables pour l'environnement.

Les produits achetés comptent pour 45 % des émissions de carbone en moyenne, soit 5 tonnes par an et par personne (selon l'ADEME, chaque Français émet aujourd'hui dans son quotidien 10 000 kg équivalent CO2 par an, dont 3 000 pour son alimentation).

Forum for the Future préconise d'ailleurs des éléments différents de ceux retenus par le MEEDDEM. Notamment que seuls les produits qui génèrent de fortes émissions de CO2 pendant leur utilisation soient étiquetés, et de ne pas multiplier les labels car le consommateur risque de ne pas s'y retrouver.

Les grandes surfaces Tesco en Grande-Bretagne ont donc lancé elles aussi une expérience, de même que la chaîne de fast-food Max en Suède. En Suisse, c'est le distributeur Migros qui affiche sur ses produits la mention « approuvé au CO2".

Le point sur l'avancée actuelle des travaux

L'ADEME et l'AFNOR doivent donc élaborer la méthodologie nécessaire pour chaque catégorie de produit, en s'appuyant sur des groupes de travail de producteurs, industriels, distributeurs et cabinets spécialisés. Greenext participe d'ailleurs à cette plateforme.

Trois principes dominent, pour mémoire : l'affichage portant sur le couple produit et emballage sur l'ensemble de leur cycle de vie, le même format d'affichage  et des méthodes de calcul identiques pour tous les produits.

La plateforme travaille donc sur la mise en place d'une base de données de référence, tenant compte à la fois des données primaires, spécifiques à chaque produit, et des données secondaires, issues de bases de données existant déjà. Aujourd'hui, il en existe de multiples, donnant souvent des facteurs d'impact environnemental différents pour un même produit. Il s'agit donc de les harmoniser dans une seule et même base de calcul, utilisée par tous les acteurs de cet affichage et de réaliser les étiquettes, identiques pour tous les produits, et permettant de rendre lisible pour le consommateur l'ensemble des informations.

Le tout doit être réalisé, nous le rappelons, pour janvier 2011. Or, si certains groupes ont déjà bien avancé dans leurs travaux, d'autres ont à peine commencé à se réunir. Le délais des 10 mois restant semble ne pas pouvoir suffire. De nombreux problèmes subsistent encore.

Tout ne sera pas réglé par l'affichage environnemental bien sûr. On sait que les transports sont une source de pollution importante, mais aussi les déchets : les emballages jetés ne sont pas tous recyclables, et parmi ceux qui le sont, le recyclage ne concerne réellement que 56 % (taux moyen pour la France), le tri sélectif n'étant pas généralisé et les consommateurs pas toujours responsabilisés. Les chiffres suivants parlent d'eux-mêmes :

  • le Bilan CO2 moyen d’un repas est de 3 kg eq. CO2
  • un trajet Lille – Paris en TGV émet 2 kg eq. CO2
  • un trajet Lille – Paris en voiture émet 44 kg eq. CO2 (voiture moyenne de 6 à 10 chevaux avec 1 personne à bord)
  • quatre mois de chauffage au gaz pour un 3 pièces participent à l’émission de 1000 kg eq. CO2
  • (Sources ADEME et Eco-comparateur)

Des voix s'élèvent actuellement pour demander à ce qu'un taux de bilan carbone élevé soit intégré au prix du produit : en effet, la consommation de matières premières est plus importante, donc le prix de revient devrait être plus cher. L'UFC-Que Choisir estime, par la voix du vice-président de Quimper (cité par le Télégramme), que le prix restera déterminant dans l'acte d'achat, mais espère que le consommateur deviendra de plus en plus citoyen. Il rejoint en cela le directeur des Centres Leclerc  du Nord (cité par Rue 89) qui avoue que 80 % des clients ne se posent pas la question de l'empreinte environnementale des produits, mais regardent juste le prix.

Le consommateur suivra-t'il ? Les produits d'importation seront-ils concernés ? Comment traiter les produits bio, qui actuellement ne sont pas différenciés dans les calculs ? Industriels et distributeurs seront-ils prêts ? L'UFC-Que Choisir reste perplexe. Et la grande question demeure : en effet, plus de 80 % de la population affirme approuver l'initiative de l'affichage environnemental mais 80 % ne regarde que le prix, comment concilier ces chiffres ? La sensibilisation des consommateurs à ce problème reste le maître-mot de sa réussite.

Sources : Le point sur l'affichage des caractéristiques environnementales des produits (CGDD, n°39), articles de Rue 89, le Télégramme, Terravada, Greenunivers, J'économise ma planète, Vedura

Diminution de la consommation d'énergie en 2009

Samedi 20 février 2010

Une bonne nouvelle ? Pas tout  à fait sûr. Si cela permet de générer moins de gaz à effet de serre, cela prouve aussi la présence de la crise financière qui avait déjà participé en 2008 à de moindres émissions de CO2 (cf. article du 10 février 2010). Le rapport du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) sur la conjoncture énergétique estime la baisse de la consommation à 5 %, en données corrigées du climat (4,7 % en réel).

Les ménages n'ont pas pour autant changé d'habitudes de consommation énergétique : au contraire, le CGDD souligne une consommation en hausse en électricité et carburant ; il est vrai que les périodes hivernales de 2009 ont été un peu plus rigoureuses que celles de 2008. On doit plutôt chercher l'explication de cette baisse dans la conjoncture économique et industrielle : la production industrielle enregistre effectivement une baisse de 12 % par rapport à l'année précédente. En conséquence, les émissions de CO2 ont logiquement régressé de 4 % sur l'année.

Une production en baisse aussi

La production d'énergie de 2009 se chiffre à 114 millions de tonnes d'équivalent pétrole, soit un recul de 7 % par rapport à l'année précédente. En effet, la production nucléaire par exemple a enregistré son plus bas niveau depuis 10 ans, en raison de pannes à répétition sur les derniers mois de l'année, au moment où la demande était la plus forte. En conséquence, les centrales électriques au charbon ont dû prendre le relais sur les mois de novembre (+ 8 %) et décembre (+ 13 %), pendant la vague de froid hivernal, entrainant avec elles une augmentation de CO2 de 3 % sur le mois de décembre, même si le bilan final de l'année est orienté à la  baisse. Le charbon diminue néanmoins sur l'ensemble de l'année, par rapport à 2008.

Malgré la forte progression de l'éolien (+ 33 %) et de doublement du solaire (cf. article du 12 février), le recul de 9,2 % du secteur hydro-électrique a entraîne dans sa chute l'ensemble des énergies renouvelables qui enregistrent au total une baisse de – 6 %.

Les produits pétroliers reculent de 3,5 %, mais la consommation des carburants routiers reste stable. En 2009, le gazole représente près de 80 % des livraisons de carburant, en raison d'un nombre toujours croissant de véhicules diesel.

Bilan final

Le CGDD observe un taux d'indépendance énergétique de la France de 46,1 %, soit un recul d'un point par rapport à 2008. Et une facture énergétique de 39 milliards d'euros, soit 34 % de moins que l'année 2008. Cela s'explique par la baisse du prix du pétrole : le prix moyen annuel a été de 61 $ par baril contre 97 $ en moyenne pour l'année précédente.

Apparemment, et c'est regrettable, la maîtrise de l'énergie dans les usages domestiques ne fait pas encore partie des bonnes habitudes des ménages. Malgré la crise financière qui a touché directement un bon nombre d'entre eux, leur consommation progresse toujours. A un niveau individuel, il est certes difficile de peser sur l'industrie, mais gérer au mieux ce qui se passe chez soi en matière de gaspillage d'énergie devrait devenir une priorité : une éducation à commencer par les enfants peut-être.

La France : 7ème pays dans le monde pour l'énergie solaire

Vendredi 12 février 2010

Selon l’AFP relayant un rapport du cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC), en 2009, la France est passée du 12ème au 7ème rang mondial dans le classement des pays les mieux équipés en capacité de production d’énergie solaire. Les nouvelles installations (250 MW) ont pratiquement doublé les capacités de production des années précédentes.

Bien… mais peut mieux faire ! Avec une puissance installée s’élevant à 525 MW, nous sommes, pour le moment, devant la Chine, mais bien loin derrière nos voisins allemands (9 000 MW) et espagnols (3 600 MW), leaders sur le marché.

Légère baisse des émissions de CO2 en 2008 en France

Mercredi 10 février 2010

Le Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de la Mer vient de rendre public le rapport du CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d'Etudes de la Pollution Atmosphérique) sur les émissions de gaz à effet de serre en 2008 : 527 MT d'équivalent CO2, soit 0,6 % de moins qu'en 2007. Entre 2006 à 2007, la baisse se chiffrait à – 2 %.

Détails du bilan

Les principales baisses se situent dans

  • les transports : – 4,5 %, mais il s'agit exclusivement des transports routiers des biens et des personnes, le transport fluvial et ferroviaire et l'aviation civile. Selon le CITEPA, la baisse provient exclusivement du transport routier, les autres restant stables. Les causes en sont pour une partie la hausse du prix des carburants, qui incite à rouler moins, et l'incorporation des biocarburants (pour une moitié).
  • l'industrie manufacturière : - 3,8 %, baisse deux fois plus importante que celle de l'année précédente.
  • les industries de l'énergie : - 3 %. Dans les deux derniers cas, le CITEPA souligne le rôle vraisemblable de la crise financière qui a débuté en 2008. En effet, les industries ont consommé moins de gaz naturel et de produits pétroliers, et baissé leur production.

Mais le CITEPA relève parallèlement quelques hausses significatives :

  • le résidentiel-tertiaire : + 7,7 %, expliqué en partie par un hiver plus rigoureux que celui de 2007.
  • l'agriculture/sylviculture : + 2,3 %, après une baisse importante sur les années précédentes. Le CITEPA attribue cette hausse en grande partie à l'abandon des mesures de jachère obligatoires.

Les objectifs seront-ils atteints ?

Le protocole de Kyoto prévoyait de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990, soit 563,9 MT d'équivalent CO2. Or, 2008 est en dessous de ce chiffre : on en est même à - 6,4 %.

Par contre, l'Europe s'est donnée pour objectif une baisse de 23 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Selon les calculs de la revue Energie Plus, une projection linéaire, à partir de l'évolution dans les années 2000-2010 pour les années 2010-2020,  donnerait seulement une baisse de 12 % en 2020, soit pratiquement moitié moins que les objectifs européens.

Le rapport souligne le fait que la deuxième moitié de l'année 2008 a été marquée par la crise financière. Les chiffres de 2009 ne seront connus que début 2011.