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10 : 10 = – 10 % de CO2 pour 2010

A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, samedi 5 juin, Yann Arthus-Bertrand a lancé la campagne 10 : 10 par des pique-niques organisés à Paris, Bordeaux et Toulouse. Orchestrée par sa fondation, Good Planet, cette campagne voudrait engager les particuliers, mais aussi les entreprises et les collectivités dans une réduction volontaire de leurs gaz à effet de serre sur un an.

L'empreinte carbone de l'avion est nettement supérieure à celle du train.

La philosophie de l’opération

La campagne s’appuie sur dix principes, dont les quatre premiers déjà en illustrent bien la philosophie :

  1. 10:10 est une campagne de réduction volontaire des émissions de gaz à effet de serre qui invite toute personne, organisation ou entreprise à s’engager à diminuer ses émissions de 10% en 12 mois à partir de 2010.
  2. 10:10 est une campagne ouverte à toutes et à tous. Chaque individu, entreprise et organisation est le bienvenu.
  3. L’objectif de 10:10 est de réduire de manière absolue les émissions de gaz à effet de serre. La compensation ou l’achat de crédits carbone ne peut être inclus dans 10:10.
  4. Les succès seront fêtés, mais les échecs ne seront pas décriés, afin de ne pas décourager les individus ou les organisations qui craindraient d’être critiqués en cas de manquement à leur objectif de 10%.

L’origine de 10 : 10

L’initiative a en fait été lancée en novembre 2009 en Grande-Bretagne par Franny Armstrong, réalisatrice d’un documentaire sur le changement climatique qui a eu beaucoup de succès dans les pays anglo-saxons. S’apercevant qu’à la fin des séances de projection auxquelles elle assistait, les spectateurs venaient lui demander comment s’engager concrètement dans une action de réduction de CO2, elle a eu l’idée de cette opération. Elle encourage les Britanniques à réduire leurs émissions de CO2 (on évalue leurs rejets de gaz à effet de serre  à 14 tonnes par habitant et par an.) en faisant de petits sacrifices, comme changer leurs ampoules pour des lampes basse consommation ou baisser d’un degré leur chauffage.

Cette opération, soutenue par le quotidien britannique The Guardian, a immédiatement connu beaucoup de succès Outre-Manche : des vedettes et les deux gouvernements qui viennent de s’y succéder y ont adhéré, entraînant près de 60 % des municipalités britanniques, et même une garnison sur la base militaire de Blandford, sans parler des innombrables particuliers.  Dans les mois qui ont suivi, la campagne a été reprise en Irlande, en Norvège, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Allemagne et même en Australie et au Ghana.

Quelques bonnes résolutions à prendre

C’est maintenant au tour de la France de s’y engager : le Parti Socialiste et l’UMP ont déjà signé l’engagement, ainsi que certains ministères ou des conseils généraux, comme celui des Deux-Sèvres. Comme le précisent les principes cités précédemment, toute la campagne est fondée sur une démarche volontaire. Pour les particuliers, le site de l’opération, 10 : 10, propose dix résolutions pour la famille comme faire du vélo, réduire de 10 % le chauffage et la consommation électrique, éviter de prendre l’avion, manger plus de fruits et de légumes et limiter la viande rouge, acheter plus « local » et privilégier la qualité pour des produits qui durent, jeter moins et recycler, économiser l’eau… Yann Arthus-Bertrand résume :

Consommer un petit peu moins ou consommer plus intelligent. Consommer des produits locaux, manger un tout petit peu moins de viande et si on mange de la viande, essayer de manger de la viande locale, de la viande française. […] Si les gens n’arrivent pas à moins 10 %, ce n’est pas grave, l’important est de créer une dynamique.

On estime qu’un Français rejette entre 8,5 et 10,5 tonnes d’équivalent CO2 par an. L’originalité de cette démarche, qui en soit n’est pas nouvelle puisque depuis 2005 la fondation Nicolas Hulot a lancé le « défi pour la planète » par exemple, réside dans le fait qu’elle fixe un objectif chiffré, même si cela ne semble pas si simple à réaliser. En effet, si les entreprises disposent d’outils pour mesurer leurs émissions de CO2, il n’en va pas de même pour les particuliers, bien que certains se développent peu à peu sur Internet.  Mais certaines résolutions sont faciles à prendre et l’opération ne donne aucune contrainte. Yann Arthus-Bertrand conclut :

Le particulier signe avec lui-même, s’engage avec sa conscience.

Sources : Good Planet et Good Planet Info, Le Monde, France-Info, 1010