Blog d’Eco CO2

Vous donner les clés pour comprendre et agir pour la transition énergétique

3,5 millions de ménages français ont froid l’hiver

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

précarite énergétiqueLes Français voient augmenter très rapidement les dépenses liées au logement, et l’augmentation des loyers ou celle des prix de l’immobilier à l’achat ne sont pas seules en cause. D’après une étude de l’Insee, ils sont de plus en plus nombreux à grelotter chez eux, faute de moyens suffisants pour se chauffer convenablement, en raison de la hausse des prix de l’énergie.

La comparaison de deux années

En 1996, 10,9 % des Français déclaraient avoir eu froid chez eux au cours de l’hiver. Dix ans plus tard, ils étaient 14,8 %, soit un chiffre en augmentation de 35 %. Et cela n’a rien à voir avec la météo puisque l’Insee a choisi de comparer deux hivers équivalents. 3,5 millions de ménages français affirment ne pas se chauffer convenablement. Si parmi eux, plus de 21 % auraient eu les moyens de le faire, mais ont préféré privilégier d’autres dépenses, parmi les plus modestes un ménage sur cinq a souffert du froid, malgré l’amélioration globale des conditions de logement en 10 ans.

Il est possible que la population soit devenue plus sensible au froid ou plus exigeante en matière de confort thermique que par le passé. Mais surtout, davantage de ménages ont déclaré avoir restreint leurs dépenses d’énergie en renonçant au confort thermique. En effet, les ménages ayant eu froid dans leur logement indiquent plus fréquemment en 2006 qu’en 2002 avoir limité leur consommation de chauffage en raison de son coût (21,5 % contre 14 %).

La population touchée

Toute la population touchée par le froid n’a donc pas le même profil. Ainsi le rapport souligne :

En dehors des ménages modestes, les deux populations touchées par la précarité énergétique ont des profils différents.

Sont concernés les ménages consacrant plus de 10 % de leurs ressources pour chauffer leur logement. Il s’agit de propriétaires (19,5 %), de personnes de 65 ans et plus (25,4 %) et d’habitants de maisons individuelles (17,1 %). La précarité énergétique se manifeste par l’impossibilité d’atteindre une température convenable. Sont alors surtout concernés les jeunes (19,1 %), les locataires (25,2 %) et les ménages habitant en logement collectif (21 %).

Et un certain nombre de ménages cumule même les deux formes de précarité : 281 000 consacrent plus de 15 % de leur revenu aux dépenses d’énergie. Ce sont ceux qui, en raison de leurs revenus modestes vivent dans des « passoires thermiques » :

Ces ménages habitent dans des logements déperditifs entraînant de fortes dépenses d’énergie sans protéger du froid, ce qui place leurs occupants dans une situation de précarité énergétique extrême. Cette situation, que les experts attribuent à des logements qualifiés parfois de « passoires énergétiques », touche essentiellement les ménages les plus modestes (…)

L’inconfort thermique

Mais l’inconfort thermique peut aussi avoir d’autres origines : une installation de chauffage défectueuse ou insuffisante (33 %), une mauvaise isolation (41 %). La date de construction du logement influe aussi sur son confort thermique. Ceux qui souffrent du froid occupent plus souvent des logements construits entre 1949 et 1975. Par contre ceux construits avant 1948 ne sont pas plus exposés au froid que ceux de la tranche suivante. Les ménages plus aisés invoquent plus les pannes de chauffage pour justifier leur sensation de froid.

Le type de chauffage peut aussi être déterminant. Notamment 48 % des personnes qui se plaignent d’inconfort thermique pour des raisons financières se chauffent à l’électricité (alors que globalement 33 % seulement utilise ce mode de chauffage). Les locataires qui n’ont pas le choix du type d’énergie se trouvent aussi plus pénalisés : les propriétaires occupant peuvent plus facilement engager des travaux et la qualité de leur logement est en général meilleure. Les locataires du parc social ne sont pas mieux lotis : si les logements sont en meilleur état, en cas de chauffage collectif, ils ne peuvent pas agir sur la chaleur et donc pas moduler la température.

Notons pour finir quelques informations étonnantes : les Français du sud ont plus froid que ceux du nord. En cause, l’isolation thermique qui est moins développée dans le sud. D’autre part, l’écart des taux d’effort liés au logement (la part des revenus consacrée au logement) se réduit entre Paris et la province : en effet les surfaces habitables sont généralement plus importantes en province et coûtent donc plus cher à chauffer, même si les loyers ou les prix des logements à l’achat sont en principe plus bas.

Sources : Insee, Europe 1, Sud-Ouest, partenaire-europeen.fr (image)

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Abonnez-nous au blog !

Les derniers articles

Articles similaires

Abonnez-nous au blog !

4 réponses sur “3,5 millions de ménages français ont froid l’hiver”

  1. bonjour, Il faudrait que soit imposé un nettoyage (sorte de ramonage ) des tuyaux de VMC collectives. Seul est vérifié depuis 3 ou 4 ans, le moteur de la VMC et la courroie. J’ai un petit appart qui date e 83, chauffage électrique donc presque 40 ans, et jamais les tuyaux n’ont été nettoyés, on imagine la couche de poussière grasse qui doit colmater les parois et réduire le passage. Il se passe que ça aspire fort dans les appartements les plus hauts et très faiblement dans les appartement plus bas. J’ai vu même dans un appartement au 3ème (4 étages en tout) qu’il n’y avait plus de bouche d’aspiration dans le coin cuisine, on voyait le tuyau à nu…. Le locataire disait qu’il avait très froid dès qu’il fermait le radiateur. et pendant ce temps au rez de chaussée, quasi plus de ventilation et les moisissures qui apparaissaient….

    Il faudrait un grand nettoyage par exemple chaque 8 ou 10 ans, et révision des bouches dans les appartement. ça c’est le plus difficile pour intervenir dans les appartements. Certains ne répondent pas ou ne se dérangent pas.

    Je passe aussi les bouchages d’entrées d’air sur fenêtres par les locataires, mais aussi par des propriétaires qui ne comprennent pas le système.

    Sur l’immeuble dont je parle, il y a une isolation extérieure en fibralith de 50 mm. Sur la façade arrière, rien n’a été fait depuis l’origine. Le syndic ne veut faire qu’une peinture, avec un entoilage, et il veut fixer cette vieille isolation qui est considérée aujourd’hui comme peanuts, même si elle n’est pas neutre. Avec les fixations (il a peur que l’isolation existante se décole), ça va nous coûter un bras. Tant qu’à faire,mieux vaudrait surisoler ( on n’aurait que le prix de la marchandise en plus).
    Autre problème : les petits logements avec convecteurs électriques à l’origine sont classés F. Et ce n’est pas une simple peinture qui va améliorer les choses. dans le classement F, le chauffage électrique baisse la classification de 2 lettres, mais en isolant mieux, on devrait y gagner.

  2. bonjour, au sujet des gens qui ont froid, bien sûr il y a des logements qui sont très difficiles à chauffer.
    Mais même avec des logements correctement isolés et avec chauffage central récemment refait intégralement à neuf, certains ne sont pas contents.

    En plus, avec l’augmentation des énergies, ils ont l’obsession de payer très peu pour le chauffage. Alors, ils chauffent à peine, et avec des radiateurs tout à peine tièdes lorsqu’il fait – 5 la nuit, on ne peut pas avoir très chaud. Plusieurs propriétaires sont confrontés à ce problème avec leur locataire.

    Autre problème : les locataires qui bouchent les entrées d’air sur fenêtres (certains ne savent pas encore à quoi ça sert alors que ça existe depuis 1980. Et alors, ils constatent qu’il y a de la condensation, et ils font un mail en signalant « l’anomalie »….. On va voir, on leur demande qu’est ce que c’est que ce scotch, et on leur explique que s’il y a des aérations sur les fenêtres, c’est parce que c’es indispensable et qu’il ne faut surtout pas les boucher. Ils bouchent aussi le passage sous les portes intérieures qui est indispensable également.
    ON leur envoie des documentations d’internet où tout est expliqué. En plus ils mettent des plantes vertes pour avoir un peu plus d’humdité alors qu’ils ont tout bouché;

    Il y a aussi l’utilisation du chauffage, même avec les chaudières modernes qui sont pas mal automatisées. Il y a le thermostat d’ambiance, les robinets thermostatiques, la sonde extérieure qu’ils n’ont pas à toucher;
    Bref, ils n’y comprennent rien. Ils ouvrent à peine 2 radiateurs en laissant les portes intérieures ouvertes, et puis ils ont froid… Ils croient au miracle…. et avec les médias qui se plaisent de raconter n’importe quoi, le bailleur passe pour un mauvais individu, même si a engagé de gros frais de rénovation et qu’il est assez compétent en la matière; et tous ces soucis dans une ville moyenne saturée de logements où les loyers sont quasi moitié prix que dans les villes importantes. Et il n’y a pas que ça, mais ce serait trop long.j

    Bon, on en a plus que marre.

  3. SUITE, il est curieux de voir comment les gens sont attentifs à la qualité de l’eau qu’ils boivent et si peu à l’air qu’ils respirent, Ils veulent faire de leur logement comme un bocal sans circulation d’air, pour « é co no mi ser »

    Ils oublient qu’ils respirent et que la qualité de l’air est aussi importante que la qualité de l’eau.

  4. bonjour, Et aussi, si un propriétaire chauffe plus, (s’il n’a pas de loyer à payer, il a ou il a eu un crédit, et en plus les impôts fonciers qui ne cessent d’augmenter) c’est aussi qu’il tient à conserver sa maison, donc il chauffe davantage qu’un locataire.

    (On voit des vidéos sur la précarité énergétique, certes, lorsqu’on voit la maison, on comprend qu’elle est quasi impossible à chauffer, mais en plus, la dame est en manches courtes et avec un décolleté en V. Chez nous, même à 20° on met un polaire, et c’est de rigueur… L’isolation, peut aussi commencer sur soi-même).

    Le locataire n’a cure de la conservation du logement, il cherche à dépenser le moins possible pour pouvoir dépenser ailleurs, et pas toujours utilement d’ailleurs, Pour certains, il y a le budget cigarette, un chien qui coûte annuellement selon les étudez 1100 euro annuel souvent plus cher que le chauffage, l’internet qui est devenu indispensable, les abonnements TV pour certains, les loisirs…. Alors comme les médias ont dit que c’était la faute du propriétaire….
    Lorsqu’ils deviennent propriétaire, ça arrive, là, le propriétaire, c’est eux, et là, ils ne voient plus les choses de la même façon…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.