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Alimentation : l’empreinte énergétique et carbone évaluée en France

Pilotée par le Club Ingénierie Prospective Energie et Environnement, l’étude issue du projet CECAM (Contenu énergétique et carbone de l’alimentation des ménages) L’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France a été publiée par l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales). Soutenue par l’ADEME, elle s’attache à mesurer les principales consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (GES) du régime alimentaire de la population française.

A l’origine d’une part importante des émissions de gaz à effet de serre, l’alimentation est une des cibles des politiques de lutte contre le dérèglement climatique. Les démarches d’affichage environnemental des produits et les stratégies à plus long terme de réduction des émissions de GES ont vocation à faire évoluer les régimes et les pratiques alimentaires des ménages, et au-delà les modes et les lieux de production agricole.empreinte énergétique et carbone de l'alimentation

La consommation alimentaire

L’étude commence par une évaluation de la consommation alimentaire des ménages. Un individu en France ingère chaque jour environ 2,4 kg d’aliments, dont la moitié d’aliments solides et la moitié de boissons. Parmi les aliments solides, on compte 2/3 de produits d’origine végétale (produits céréaliers, fruits et légumes) et 1/3 de produits d’origine animale (lait, viande principalement).

La part des fruits et légumes importés dépasse 40 % pour certains produits tels que les tomates, les concombres, les pêches/nectarines et le raisin de table (hors agrumes et bananes non produits en métropole). Ils constituent un des principaux postes de transport de denrées alimentaires, juste après l’alimentation animale.

La production agricole et la transformation

Ces deux étapes pèsent lourds en termes d’émissions de gaz à effet de serre. La surface nécessaire à l’alimentation de la population française (26 Mha), est très légèrement inférieure à sa surface agricole (28 Mha). Mais la consommation de viande et de lait mobilise plus de 80 % de la surface agricole.

La moitié de la consommation d’énergie de l’agriculture est de l’énergie indirecte (liée aux intrants et aux équipements). Cependant, le contenu carbone des produits agricoles exportés excède le contenu carbone des produits importés, ce solde positif est de 9 MteqCO2 soit environ 8 % des émissions de GES de l’agriculture française.

A l’exception des fruits, légumes et produits de la mer frais, l’essentiel des produits que nous consommons a subi une ou plusieurs étapes de transformation. Or, la consommation d’énergie liée à la transformation des produits est du même ordre de grandeur (4,9 Mtep) que la consommation d’énergie de l’étape agricole. En revanche, les émissions de CO2 (9,1 MtCO2) sont 10 fois plus faibles du fait notamment de l’importance des émissions de CH4 et N2O de l’agriculture.

Les transports de marchandises lié à l’alimentation

L’alimentation des ménages en France générerait un trafic de 201 milliards de t.km (tonnes-kilomètres) par an. Si la majorité est du transport maritime (57 %), les émissions à la tonne de ce mode de transport étant plus faibles que celles du transport routier, c’est bien le transport routier qui est à l’origine de l’essentiel des émissions du transport de produits alimentaires (83 %).

Les aliments produits en France représentent 23% du trafic seulement mais 47% des émissions. L’avion représente une très faible part de la demande de transport (0,5 %), mais son impact en termes d’émissions de CO2 est significatif (1,1 MtCO2, soit 5 %).

Le transport des aliments pour animaux pèse pour 1/3 du trafic total (en majorité des tourteaux) et 19 % des émissions de CO2. Les fruits et légumes représentent 1/4 du trafic total, et 31 % des émissions, ils forment donc la première catégorie donc en termes d’émissions liées au transport.

Enfin, 1 360 km/personne/an sont parcourus par les ménages pour les achats alimentaires et la restauration hors domicile, induisant l’émission de 8,5 MtCO2 par les ménages.  De l’ordre d’un repas sur sept est pris hors domicile, ce qui correspond à 19 % des 1 360 km parcourus.

Distribution de produits alimentaires et préparation des repas

Les émissions du résidentiel-tertiaire relatives à l’alimentation sont de 11 MtCO2, elles proviennent pour moitié du tertiaire et pour moitié du domicile des ménages. La consommation d’énergie des petits établissements dédiés à l’alimentation (restaurants, petits commerces, cafés, traiteurs) est similaire à celle de la grande distribution et du commerce de gros, de l’ordre de 20 TWh chacun.

Cependant les émissions des petits établissements sont plus élevées en raison de l’importance de la fonction cuisson et de l’usage du gaz. La restauration collective dans les établissements d’enseignement, les hôpitaux et les maisons de retraite, pèse pour 13 % des émissions du tertiaire. Un repas hors domicile émettrait près de deux fois plus d’émissions qu’un repas au domicile.

Résultats globaux de l’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation

En conclusion, l’empreinte énergétique de l’alimentation en France représente 31,6 Mtep par an. Les émissions de gaz à effet de serre issues de l’alimentation des ménages en France s’élèvent quant à elle à 163 Mt d’eqCO2, soit 24 % de l’empreinte carbone des ménages en France. L’étude note que la part carnée de notre alimentation mais aussi les pratiques agricoles sont déterminantes dans ce bilan.

Le second secteur à l’origine des émissions totales de GES est le secteur des transports. Chercher à rapprocher les lieux de production des lieux de consommation est donc un enjeu majeur, y compris pour les produits transformés.

Réduire la demande énergétique est donc la première étape incontournable dans les stratégies de réduction des émissions de GES. De plus, l’évolution de l’assiette des ménages vers une alimentation moins carnée et la réduction du recours aux intrants azotés revêtent un enjeu majeur dans une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Source : IDDRI

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