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Allemagne : plus de nucléaire… mais un peu de charbon ?

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Centrale Charbon DusseldorfAprès la loi de sortie du nucléaire définitivement adoptée fin juin en Allemagne, le parlement doit maintenant affiner le scénario afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique outre-Rhin. Et il y a urgence en la matière car l’hiver qui arrive va servir de test : avec 8 réacteurs arrêtés sur 17, alors que le nucléaire assurait jusqu’ici 22 % des besoins allemands en électricité, il va lui falloir faire face. En important plus d’électricité ? En en produisant par d’autres moyens ?

Greenpeace estimait fin juin que l’Allemagne bénéficiait d’une surcapacité de production électrique et que les centrales supplémentaires déjà planifiées devraient permettre  »une élimination progressive du nucléaire d’ici à 2015 » sans risque de black-out. C’est tout le thème du débat allemand actuel. Le ministre fédéral de l’économie et des technologies (Philip Rösler) cherche à assurer l’approvisionnement électrique à des conditions financières convenables, tout en protégeant l’environnement. Celui de l’environnement (Norbert Röttgen) prône les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Un après nucléaire pas si facile à organiser et pour lequel l’addition pourrait être salée. En juin, le CDU, parti de la chancelière, avait déjà chiffré l’arrêt et le démantèlement des centrales nucléaires à une quarantaine de milliards d’euros.

Soucieux de maintenir les approvisionnements pour maintenir l’activité des industries, les financiers sont prêts à opter pour les énergies fossiles. Mais il faut compter aussi avec les réductions de CO2 prévues : 40 % de moins en 2020 par rapport à 1990. Pour arriver à cet objectif, il va donc falloir trouver des moyens importants. Investir dans les énergies renouvelables, c’est à dire développer des parcs éoliens (et l’Allemagne mise sur des parcs de haute mer) dans le nord, mais aussi installer des kilomètres de lignes à haute tension afin de transporter le courant dans le sud, où se trouvent beaucoup d’industries (4 500 km de lignes nécessaires selon l’agence de l’énergie allemande). Mais parallèlement construire des centrales thermiques classiques (gaz et charbon) reste nécessaire pour assurer la jonction lorsque les sources renouvelables se montrent un peu capricieuses.

La Commezbank estime que les importations d’électricité ont déjà été la cause, au deuxième trimestre, du ralentissement de la croissance. Les industries se plaignent du prix de l’électricité, et leur facture doit s’alourdir encore de 9 % en 2012. Mais la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est passée de 17 % à 20,8 %, et le MWh produit par ce moyen coûte beaucoup plus cher que celui produit par l’énergie nucléaire (l’objectif est de 80 % de renouvelable à l’horizon 2050).

Pour financer tout cela, l’Allemagne dispose de deux outils : la vente aux enchères des quotas de CO2, et le prélèvement « énergies renouvelables » sur la facture d’électricité des particuliers (les entreprises en sont exonérées) : un prélèvement de 3,59 centimes par kWh consommé en 2012 – en légère hausse par rapport à 2011 – soit 120 € en moyenne par an et par ménage (environ 14 % de sa facture). Mais les Allemands acceptent d’assumer le prix d’une électricité propre : on sait que le nucléaire n’y a jamais eu les faveurs de l’opinion publique. Un sondage de TNS Infratest montre que 79 % estime ce prélèvement raisonnable, alors que 15 % seulement le juge trop élevé.

Cela ne suffira cependant pas : l’approvisionnement de l’Allemagne passe bien aussi par la subvention de nouvelles centrales à gaz et à charbon (une dizaine) très polluantes. 5 % du Plan Energie Climat allemand pourrait être consacré à subventionner jusqu’à 15 % des centrales, si Bruxelles toutefois autorise ces aides. De plus, ces nouvelles centrales devront être équipées de systèmes de captage et de stockage de CO2, si Berlin veut maintenir son objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Les producteurs d’électricité étrangers s’intéressent de très près à cette situation : les Français bien sûr, mais aussi les Russes et les Américains, qui ont déjà annoncé un investissement important dans un parc éolien offshore.

Sources : Le Monde, Le Journal de l’Environnement, AFP, Actu-Environnement, Notre Planète (image)

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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