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Allergies aux pollens : l’impact du changement climatique confirmé

L’Association des Pollinariums Sentinelles de France, la Fédération Atmo France (regroupant les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air) et le Réseau National de Surveillance Aérobiologique, publient un rapport annuel de surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant. Celui de 2019 vient de sortir et confirme l’impact du changement climatique sur la pollinisation.

Une allergie aux pollens de plus en plus fréquente

Le nombre de personnes atteintes par cette allergie saisonnière aux pollens augmente depuis plusieurs années. Cette pathologie a un impact non négligeable sur la qualité de vie des personnes allergiques (concentration, vigilance, sommeil, etc.) et sur les dépenses de santé (consommation médicamenteuse, arrêt de travail, etc.).

D’où l’importance de l’information précoce délivrée par les alertes aux pollens dans les différentes régions. Elle permet d’anticiper les traitements, de modifier son comportement pour la saison en cours et d’inciter les nouveaux allergiques à une prise en charge pour l’année suivante. Une surveillance annuelle attentive des émissions allergéniques (pollens) et de leur diffusion dans l’atmosphère (pollens et moisissures) leur est donc indispensable.

Cette surveillance porte sur différents types de végétaux : les arbres (aulne, bouleau, cyprès, frêne, olivier, noisetier, etc.) et les herbacées : les graminées (dactyle, fléole, flouve, fromental, ray-grass, vulpin, etc.), l’ambroisie, l’armoise, le plantain, etc. Elle permet la mise en place d’alertes.

La confirmation de l’impact du changement climatique

Mais ce que souligne le rapport 2019, c’est la confirmation de l’impact du changement climatique sur la pollinisation et les moisissures. « Le changement climatique se manifeste principalement par une élévation des températures moyennes, un allongement des périodes chaudes et une modification du régime des précipitations. Or, la pollinisation est directement liée à la température et aux précipitations, qui impacte les dates de floraison et les quantités de pollens émis. Cet effet est néanmoins variable selon les espèces », précise-t-il.

« Pour les arbres à chatons et la plupart des plantes vivaces, un climat plus chaud entraîne une forte hausse des quantités de pollen émises. Pour le bouleau, par exemple, la progression au cours des trois dernières décennies a été comprise, selon les villes françaises, entre 21 et 126 grains par mètre cube d’air et par an. Mais l’inverse a été observé pour les graminées avec, presque partout, une diminution des concentrations de pollen dans l’air. »

Enfin, principales causes du changement climatique, des teneurs atmosphériques croissantes en gaz carbonique (CO2) sont susceptibles d’aggraver la fréquence des allergies aux pollens. Elles augmentent en effet de50 à plus de 200 % la production de pollen de chaque fleur de certaines graminées. C’est le cas par exemple de la fléole des prés ou de chaque fleur d’ambroisie. Parallèlement, la quantité de particules allergènes à l’intérieur de chaque grain est majorée, ce qui rend le pollen encore plus allergisant.

Source : Atmo-France