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Application « Stop-Covid » : les doutes de la CNIL

Stop Covid et CNILLe gouvernement envisage, parmi d’autres options, de mettre en place une application de traçage, « Stop Covid », lors du déconfinement, qui permettrait de localiser les personnes ayant croisé la route de malades. Lors d’une audition au Sénat, Marie-Laure Denis, Présidente de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), s’est montrée sceptique sur son efficacité et a insisté dans tous les cas pour que son usage soit temporaire.

Une utilisation qui pose question

Entre le peu d’équipement des personnes âgées, l’adhésion volontaire au définitif et les zones blanches, l’utilité de la future application Stop Covid semble en effet assez limitée. Et l’application elle-même soulève effectivement beaucoup de questions. Elle se présente sous la forme d’un outil qui pourra être téléchargé sur la base du volontariat et de manière anonymisée.

Pour assurer un déconfinement dans de bonnes conditions, il permettrait de savoir si l’on a croisé une personne malade du Covid-19 et, dans ce cas, de se faire tester. Actuellement testé dans plusieurs pays, l’application suscite beaucoup de craintes, y compris chez les parlementaires. C’est dans ce cadre qu’ils ont souhaité entendre la Présidente de la CNIL, alors même que l’organisme n’a pas été encore saisi par le gouvernement.

Temporaire et avec consentement éclairé

La Présidente de la CNIL a souligné qu’en fonction des objectifs, les solutions les moins intrusives et d’un caractère temporaire devaient être recherchées. « Il faut vraiment que sa durée n’excède pas la durée nécessaire au traitement de la crise sanitaire », insiste-t-elle, et qu’il y ait « une suppression de données ». Il est ainsi « important qu’on puisse désinstaller l’appli. Ça rejoint la question du consentement ».

C’est en effet une autre exigence : le consentement éclairé des usagers et le fait que refuser de télécharger Stop Covid ne limite pas les déplacements et soit sans conséquence. Mais ces points, qui sont un préalable, ne présagent pas de l’efficacité de l’application. La Présidente de la CNIL met en garde sur les nombreuses limites de l’outil, au point même de se poser la question de la nécessité de le mettre en œuvre.

Pour qu’un nombre suffisant de personnes téléchargent l’outil, la confiance est essentielle. En effet, seule une adhésion suffisamment massive des citoyens garantira l’efficacité de Stop Covid. « Une étude de l’université d’Oxford dit qu’il faudrait qu’une application de ce type couvre 60% de la population pour être efficace » souligne Marie-Laure Denis. Et encore l’étude ne prend-elle pas « en compte la combinaison avec la réponse sanitaire : gestes barrières, plus de tests, plus de masques ».

Les limites du Stop Covid

L’appli n’est en fait « qu’un des éléments d’une réponse qui doit être plus globale. Il faut pouvoir tester de façon massive ». Seule elle ne sert à rien : « Ce serait dangereux de penser qu’une application de ce type pourrait tout résoudre ».

Autre limite sérieuse à l’utilisation de l’application : « Il y a déjà 25% des personnes qui n’ont pas d’ordiphone, comme on dit en français, permettant de télécharger l’appli. Et ce taux est d’autant plus élevé chez les personnes âgées. Elles ne sont que 44%, chez les plus de 70 ans, qui ont un smartphone, contre 98% chez les 18-25 ans », explique la Présidente de la CNIL. Soit plus de la moitié de la population à risque est d’emblée hors jeu.

Enfin, d’autres limites subsistent : les « zones blanches », espaces où on ne capte pas ou mal, la question des personnes asymptomatiques, qui passeraient au travers, ainsi que la définition des mises en alerte lors du contact avec une personne malade. Faut-il une distance de 2 mètres « et une exposition de moins de 30 minutes », comme à Singapour, ou « de 15 minutes » comme préconisé en Grande-Bretagne ?

Mais avant tout, il est nécessaire que ce dispositif ne reste « qu’une parenthèse dans nos vies ». « Il faut vraiment se garder, que des dispositifs exceptionnels, pris dans de circonstances exceptionnelles, puissent perdurer », conclut la Présidente de la CNIL.

Sources : Public Sénat, CNIL

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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