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Assises de l’eau : Un pacte pour préserver les ressources

A l’issue de sept mois de consultation, les Assises de l’eau se sont clôturées. Elles ont permis de faire émerger un pacte de 23 mesures pour préserver les ressources en eau affectées par le changement climatique. Elles portent sur la protection des captages d’eau potable, les économies d’eau et la préservation des écosystèmes aquatiques. Il s’en dégage quelques innovations, notamment en matière de tarification de l’eau.

Objectifs définis par les Assises de l’eau

Selon les scientifiques, d’ici 2050, il y aura entre 10 et 40 % moins d’eau dans les fleuves, les rivières et les nappes phréatiques, en raison du réchauffement climatique. Les enjeux sont donc capitaux. Les Assises de l’eau ont réuni des experts, des agriculteurs, des associations pour 7 mois de débats. Ils ont mis l’accent sur une vingtaine de mesures nécessaires, concernant tous les usages de l’eau.

Trois objectifs ont ainsi été définis : protéger les captages pour garantir une eau de qualité à la source, économiser l’eau pour préserver une ressource vitale et préserver nos rivières et nos milieux humides. Elles ont aussi permis de déterminer trois leviers pour les remplir : donner aux collectivités les moyens pour agir, développer sur l’ensemble du territoire des outils de gestion de l’eau et favoriser les changements de comportement.

Economiser l’eau potable

Les mesures innovantes portent particulièrement sur les moyens d’économiser l’eau potable et d’en optimiser les usages. Les communes pourront désormais mettre en place des tarifs évolutifs, pour encourager les économies d’eau. L’été, période de basses eaux, la ressource pourra coûter plus cher que l’hiver. De plus, les tarifs pourront se moduler selon les volumes d’eau soutirés : les gros consommateurs paieraient ainsi plus cher au mètre cube au-delà d’un volume déterminé.

Les collectivités pourront de plus créer une catégorie d’usagers « résidences secondaires ». Parallèlement, il sera possible pour toutes les collectivités volontaires d’instaurer une tarification sociale de l’eau, pour limiter les incidences sur les ménages les plus modestes. Elles pourront également mettre en place des mesures de sensibilisation renforcée pour une meilleure maitrise de la consommation d’eau.

La mise en place de cette tarification incitative vise à encourager les changements de comportement, afin de réduire les consommations de tous les usagers particuliers comme professionnels (usages industriels et agricoles). Les objectifs visés sont des volumes d’eau en baisse de 10 % dans 5 ans et jusqu’à 25 % d’ici 15 ans.

Utiliser les eaux non-conventionnelles

Ces économies nécessitent un meilleur usage de l’eau potable. Actuellement encore, l’immense majorité des chasses d’eau fonctionnent à l’eau potable. Même chose pour beaucoup de statons de lavage de voitures. On gaspille donc énormément d’eau traitée afin d’être bue pour des usages qui n’en ont pas besoin.

Les mesures évoquées et retenues lors les Assises de l’eau visent donc aussi à renforcer l’utilisation des eaux dites « grises », celles provenant des douches et des lave-linge par exemple et plus largement des eaux non-conventionnelles (eaux usées traitées, eaux de pluie, eaux d’exhaure et eaux grises). « Cette pratique peut être pertinente dans certains secteurs. La règlementation sera adaptée pour autoriser de nouveaux usages de ces eaux (nettoiement, arrosage d’espaces verts, …), lorsqu’une qualité d’eau potable n’est pas nécessaire et que les risques sanitaires sont maîtrisés », précise le communiqué du ministère.

Les mesures visent à tripler les volumes d’eaux non-conventionnelles réutilisées d’ici 2025, en facilitant leurs usages. Et il y a fort à faire, car nous avons du retard sur le suet : « 19 000 mètres cube c’est le volume moyen d’eaux usées réutilisées en France contre 800 000 mètres cubes par jour en Italie ! »

Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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