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Autoroutes d’Ile de France éteintes : écologie, économies ou sécurité ?

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autoroute allumée

Depuis le 12 mai, certaines portions de l’A86 sont éteintes la nuit. Peu à peu, ce sont 130 km de routes rapides d’Ile de France qui plongeront dans le noir. La direction des routes d’Ile de France donne trois arguments : les économies d’énergie, la diminution de la facture et la sécurité. Mais l’association française de l’éclairage (AFE) conteste cette décision.

Des arguments écologiques

Tout d’abord, la direction estime suivre par là les recommandations du Grenelle de l’environnement : en effet, cela permettra de limiter la pollution lumineuse, de réduire les émissions de CO2 liées à l’éclairage, et de diminuer, à terme, de 40 % les consommations d’électricité.

L’AFE souligne pour sa part que 86 % de l’électricité étant d’origine nucléaire, les quantités de CO2 émises sont réduites et que l’éclairage n’est responsable que de 1 % des émissions. D’autre part, il existe des lampadaires équipés de panneaux photovoltaïques.

Des raisons économiques

Le deuxième point concerne la réduction de la facture d’électricité : l’argument semble évident. Moins d’éclairage public sur les voies rapides représente moins d’électricité consommée, donc une facture énergétique qui s’allège. Certains avancent même le chiffre de 1,5 million d’euros économisés chaque année, grâce au démontage des candélabres. En effet, cela évitera aussi d’utiliser des ampoules et d’entretenir les équipements. Cependant, le démontage de ces installations ne devrait pas intervenir avant un an, à la fin de la durée d’expérimentation de cette mesure.

Et la sécurité ?

Le troisième argument concerne la sécurité et il est âprement discuté. En effet, la direction des routes s’appuie sur un exemple concernant l’A15. Cette autoroute n’est plus éclairée depuis 2007, suite au vol de câbles de cuivre des lampadaires. Or, la DIRIF constate que sur cette portion, la sécurité ne s’est pas dégradée, au contraire, puisque les chiffres d’accidents sont en baisse. Gérard Sauzet, Directeur des routes d’Ile de France, précise lors d’un entretien avec le journal Le Parisien :

Il faut tordre le cou à l’idée selon laquelle l’éclairage favorise la sécurité routière. Sur l’A15, le nombre d’accidents a baissé de 30 % depuis qu’elle n’est plus éclairée. Les véhicules roulent moins vite et les conducteurs sont plus vigilants. C’est ce que nous avons constaté depuis deux ans. Et pourtant, les pressions locales pour rétablir l’éclairage n’ont pas manqué (…).

Nous continuerons à éclairer les zones fortement urbanisées, les tunnels, les zones où alternent tunnels et sections découvertes, comme sur l’A86, les échangeurs et aussi, pour des raisons de sécurité publique, quelques points singuliers comme l’A1 entre Roissy et la Porte de La Chapelle, où les vols à la portière sont fréquents.

L’AFE conteste la corrélation entre la baisse enregistrée et l’absence d’éclairage. Elle insiste sur le fait que des routes bien éclairées représentent plus de sécurité pour les usagers en avançant l’argument suivant :

L’éclairage routier permet une visibilité sur une distance 3 à 4 fois supérieure à la distance d’arrêt d’un véhicule (qui varie en fonction de la vitesse). A 110 km/h, la distance d’arrêt est de 130 m alors que la visibilité avec feux de croisement seuls de nuit est de 40 à 50 m.

Selon l’AFE, l’éclairage permet aussi de mieux évaluer les distances et de réduire les phénomènes d’éblouissement, dus aux feux des véhicules que l’on croise. Elle propose comme solution une modulation du niveau d’éclairage, qui selon elle entraînerait aussi une économie d’énergie de l’ordre de 40 %, avec une baisse au milieu de la nuit.

Quelques éléments à ajouter

Il semble nécessaire cependant de noter d’autres éléments plaidant pour cet arrêt de l’éclairage public sur les routes et autoroutes d’Ile de France. D’une part, toute économie d’électricité est bonne à prendre et entraîne une diminution des émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, il s’agit d’un problème que ne se posent en aucun cas les usagers des autoroutes et autres voies rapides de province : elles ne sont jamais éclairées. Pas plus que les routes départementales et communales de la France entière, et le nombre d’accidents y baisse constamment. Enfin, même si les phares des voitures sont de plus en plus performants, dans le noir, les conducteurs sont plus vigilants et les véhicules roulent moins vite. Et cela aussi permet d’économiser de l’énergie et de diminuer les émissions de CO2.

Sources : Libération, L’Express, Le Parisien, AggloTV

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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