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Bangkok : une des villes les plus menacées par l’eau

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Bangkok menacée de submersionLa réunion préparatoire à la COP24, qui se déroule du 4 au 9 septembre, à Bangkok est l’occasion d’éclairer les problèmes de la capitale de la Thaïlande. Construite sur des marécages, la ville de 10 millions d’habitants s’enfonce inexorablement. Elle pourrait être en grande partie submergée d’ici 2030.

Bangkok s’enfonce de 1 à 2 cm par an

La COP24 aura lieu en décembre en Pologne, à Katowice. Mais c’est sa réunion préparatoire, à Bangkok, qui ramène dans l’actualité le problème de survie de cette ville, menacée par les eaux. Hausse du niveau de la mer, érosion du rivage, urbanisation galopante aggrave la situation de cette ville construite sur des marécages, 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, et soumise aux aléas météorologiques.

Elle « s’affaisse aujourd’hui de un à deux centimètres par an et risque de subir des inondations très importantes dans un futur proche« , s’inquiète Tara Buakamsri, directeur de Greenpeace Thaïlande, dans un entretien à l’AFP. S’il tire ainsi la sonnette d’alarme, c’est que, selon les prévisions de la Banque Mondiale, 40 % de la ville pourrait être engloutie d’ici 2030.

L’urbanisation détruit les terres marécageuse, bétonnant toute la surface. La mer, dans le Golfe de Thaïlande, tout proche, monte de 4 mm par an, plus que la moyenne mondiale. L’érosion, accentuée par la construction de nombreuses fermes de crevettes, grignote le littoral, seule protection de la ville. Au Sud, c’est la mer qui menace, au Nord, ce sont les crues des moussons.

Des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents

En 2011 déjà, lors de grandes inondations, un cinquième de la ville s’est retrouvé submergé, particulièrement dans les zones périphériques, plus populaires, tandis que des digues dressées à la hâte protégeaient le quartier des affaires. Mais ce phénomène est appelé à se reproduire de plus en plus souvent. Si bien que la ville est actuellement classée comme l’une des plus menacée d’Asie, comme Jakarta (Indonésie).

La ville est en perpétuelle transformation et le poids de nouveaux gratte-ciel contribue à son engloutissement progressif. « La plupart des habitants de Bangkok n’ont pas conscience de ces changements climatiques futurs. Ils pensent que nos ingénieurs trouveront toujours les solutions suffisantes« , explique Suppakorn Chinvanno, expert sur le climat à l’université Chulalongkorn de Bangkok.

Selon l’expert, « les nombreux canaux qui traversaient la capitale, appelée autrefois la Venise de l’Orient, ont en partie disparu, recouverts par l’important réseau routier. Ils constituaient pourtant un bon système de drainage naturel« , relève Suppakorn Chinvanno. Un plan de prévention, adopté en 2011 après les inondations, a été abandonné en 2014 après le coup d’Etat militaire. Pourtant, « les spécialistes anticipent des tempêtes de plus forte intensité dans les années à venir » prévient-il.

Un plan de prévention insuffisant, selon les experts

Pour Narong Ruangsri, directeur du département de drainage et d’assainissement de Bangkok, « Nous devons suivre en permanence les facteurs météorologiques et géographiques et nous adapter chaque année. Nous disposons d’outils importants : un réseau de canaux atteignant 2.600 kilomètres, des stations de pompage et huit tunnels souterrains pour évacuer l’eau. Un autre tunnel gigantesque est en construction et trois autres sont à l’étude. » Un parc de rétention a été conçu, spécialement pour drainer l’eau. Des digues supplémentaires ont été construites ainsi que de nouveaux bassins de rétention.

Mais tout cela pourrait se révéler insuffisant, selon certains experts. « Il faut une politique claire de gestion des sols dans la ville« , souligne Tara Buakamsri. « Il faut aussi prévoir davantage d’espaces verts destinés à absorber les eaux d’inondation. Mais le prix du terrain très cher à Bangkok fait que les intérêts économiques sont prioritaires« , déplore-t-il.

Sources : AFP, France TV info

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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