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Baromètre de l’Habitat Sain 2017 : les corrélations entre santé et conditions de logement

Mené en collaboration avec les instituts Ecofys, Fraunhofer IBP et Copenhagen Economics et publié par le Groupe Velux, le Baromètre de l’Habitat Sain 2017 approfondit les conclusions de l’étude réalisée en 2016 et met en lumière des corrélations saisissantes entre la santé et les conditions de logement. Une réalité pour l’Europe : « Un Européen sur six vit dans un habitat insalubre et court deux fois plus de risques de tomber malade. Un sur dix est en situation de précarité énergétique, avec également un risque doublé d’être en mauvaise santé » comme pour la France où « 12 % des foyers disent souffrir de problèmes d’humidité dans leur logement, et 5 % affirment ne pas pouvoir se chauffer correctement en hiver. »
Enquête chauffage et précarité
C’est à l’occasion des 3èmes rencontres sur les bâtiments sains, organisées le 31 mai au Parlement Européen que cette étude a été dévoilée. Elle se penche donc cette année particulièrement sur les rapports directs entre la santé et l’habitat ainsi que sur le coût social des maladies liées au mal-logement et les réponses à y apporter. En effet, le baromètre vient nous rappeler que l’habitat a pour vocation d’offrir à ses habitants un cadre de vie sain mais que ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, les Européens vivant dans des logements exposés aux moisissures ou manquant de lumière naturelle – un sur 6 vit dans un logement insalubre – sont deux fois plus nombreux à se dire en mauvaise santé et 40 % de plus à souffrir d’asthme.

La précarité énergétique touche environ 49 millions de personnes en Europe, une personne sur 10, et cette situation pèse aussi sur la santé : ils seraient deux fois plus à être en mauvaise santé en moyenne en Europe, et près de trois fois plus en France, que ceux vivant dans des logements convenables. Parmi les personnes en situation de précarité, celles qui manquent de lumière sont trois fois plus nombreuses que dans le reste de la population, idem pour celles qui déclarent des problèmes d’humidité.

Quant au coût total des affections respiratoires supporté par les Etats en Europe, il se monte à 82 milliards d’euros : 42 milliards « directs » (traitement) et 40 milliards « indirects » (arrêts de travail, perte de productivité). 2,2 millions de personnes souffrent d’asthme du fait de leurs conditions de vie. Catherine Juillard, Directrice Bâtiments Durables et Relations Institutionnelles de Velux France précise : « Nous savons instinctivement qu’il est mauvais pour la santé de vivre dans un logement humide. Cette étude donne la mesure du coût sanitaire du mal-logement pour les Européens mais aussi du coût financier qu’ont à supporter les sociétés européennes, faute de réhabilitation d’un parc immobilier vieillissant. »

Une des solutions prioritaires consistent donc à moderniser le bâti par des travaux de rénovation énergétique. Or 60 % des Européens (et 67 % des Français) vivent en habitat individuel et celui-ci représente plus de la moitié des logements concernés par des problèmes d’humidité. Mais « S’appuyant sur les données de l’OCDE et de la Commission européenne (Eurostat), le Baromètre de l’Habitat Sain 2017 constate que le capital disponible pour financer l’effort de rénovation dans les États membres de l’Union Européenne s’élève à 30 mille milliards d’euros. Les recherches menées par l’institut Copenhagen Economics concluent que 70 % des foyers européens (même chiffre pour la France) seraient en mesure de financer une démarche graduelle de rénovation, indépendamment de toutes aides au financement et subventions » affirme l’étude.

Elle montre que le principal levier identifié de passage à l’acte vers des travaux d’assainissement et de rénovation énergétique relève du critère du bien-être et du confort : ces deux incitations peuvent jouer un rôle primordial dans une dynamique de rénovation énergétique en Europe. Or, avec seulement 2 % de maisons efficacement rénovées par an, le nombre d’Européens exposés à l’humidité et à l’insalubrité pourrait baisser de 50 % à l’horizon 2050, entraînant un recul de 25 % des pathologies corollaires.

Pour Maroš Šefčovič, Vice-Président de l’Union énergétique au sein de la Commission européenne, « Cette étude nous rappelle que la vocation de l’habitat est d’offrir à ses occupants un cadre de vie sain. Elle montre aussi que la rénovation du parc existant peut avoir une incidence majeure sur notre santé et notre bien-être, tout en apportant des solutions à certaines de nos grandes problématiques sociétales et climatiques. »

Source : Groupe Velux

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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