RTE (Réseau de Transport d’Electricité) a publié le bilan électrique de 2019. La consommation d’électricité a continué à baisser légèrement, mais depuis 10 ans, elle tend à se stabiliser. La production s’est encore un peu plus décarbonée, en raison d’un net recul de la production thermique à partir du charbon, tandis que les productions éolienne et solaire sont en hausse.
Une tendance à la baisse de la consommation…
Le bilan électrique montre depuis 10 ans une baisse légère mais continuelle de la consommation d’électricité. En 2019, elle a connu son plus bas niveau depuis 2010. Corrigée de l’aléa météorologique, elle a atteint l’an dernier 473 TWh (térawattheures), soit 0,5 % de moins que l’année précédente.
Cette tendance à long terme traduit certes une meilleure maîtrise de la consommation, mais également un ralentissement de la croissance économique et de la croissance démographique. Selon le bilan électrique 2019, outre le renforcement des actions d’efficacité énergétique et le ralentissement de la croissance, cette baisse peut également s’expliquer par les mouvements sociaux de fin d’année.
…comme de la production
La production d’électricité était elle-aussi orientée à la baisse en 2019 – 537,7 TWh, soit 2 % de moins que l’année précédente. Les nombreuses indisponibilités des groupes nucléaires ont entraîné une production en baisse sans ce secteur (-3,5 %). Cela a également entraîné une plus forte mobilisation des centrales à gaz (+24 %), tandis que le charbon, moins compétitif, continuait de chuter (-74 %).
L’année ayant été marquée par des vents importants, la production éolienne a augmenté de 21 %. La production solaire a également connu une hausse, mais plus modérée. Parallèlement cependant, le bilan électrique montre une production hydraulique en retrait de plus de 12 %, en raison de conditions météorologiques défavorables.
Le recul du charbon au profit du gaz, associé à la hausse des productions d’origines éolienne et solaire, a entraîné une nouvelle baisse des émissions de CO2 du secteur (-6 %). Elles se situent désormais à un niveau proche de celui de 2015, le plus bas depuis 5 ans.
Le bilan électrique, côté export
Enfin, la France continue à exporter sa production d’électricité chez ses voisins, mais importe également occasionnellement. Le solde des échanges reste toutefois largement exportateur : 55,7 TWh en 2019, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Les plus grosses exportations se font vers la Suisse (19,3 TWh), l’Italie (19,2 TWh) et l’Allemagne et la Belgique (17,4 %).
En 2019, les prix de marché ont été orientés à la baisse dans toute l’Europe. Ceci s’explique, selon le bilan électrique 2019 de RTE, par une baisse du prix des combustibles (gaz et charbon) et par des températures assez douces en hiver. Mais le prix français reste l’un des plus bas d’Europe, ce qui explique la bonne tenue des exports.
Source : RTE