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Bilan médiocre pour l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence

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Cela devient, année après année un refrain : cinq ans  après l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie, rien ne change vraiment. Le bilan en reste plus que médiocre : consommateurs mal informés, fournisseurs alternatifs ne parvenant pas à s’imposer et précarité énergétique en hausse. L’ouverture à la concurrence n’est pas actuellement une réussite.Fournisseurs d'énergie alternatifs

En effet, cinq ans après, 90 % des consommateurs restent chez les opérateurs historiques, et une grande partie ignore encore avoir la possibilité de changer de fournisseur : seulement 42 % savent qu’ils peuvent choisir pour la fourniture de l’électricité, 37 % pour le gaz. Moins d’un tiers savent même qu’EDF et GDF (devenu GDF-Suez) sont maintenant concurrents. Thierry Saniez, délégué général de l’association de consommateurs CLCV, avance une explication au fait que les consommateurs restent fidèles aux opérateurs historiques, en rapport avec l’impossibilité de proposer des prix réellement compétitifs :

Il y a une très faible capacité concurrentielle pour les opérateurs, car une grande partie du prix de l’énergie est due à des données structurelles ainsi que des taxes et des contributions. Pour produire de l’énergie de manière compétitive, il faut un outil industriel très lourd, on ne s’improvise pas acteur de l’électricité.

L’Autorité de la concurrence a déjà alerté il y a quelques mois sur le fait que certains fournisseurs alternatifs réduisaient leur activité et envisageaient  même un retrait du marché. Mais Xavier Caitucoli, PDG de Direct Energie conteste ce constat d’échec, alors qu’il s’apprête à fusionner avec Poweo. Les deux groupes regrouperont alors 1 million de clients et auront un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros, leur permettant de présenter une alternative crédible aux monopoles historiques :

Certes, l’ouverture des marchés s’est passée plus lentement qu’on le voulait, il y a eu d’énormes loupés notamment sur la réversibilité [la possibilité de retourner au tarif réglementé]. Cela fait partie de l’histoire, mais ce que je regrette toujours c’est qu’il n’y ait pas eu de communication institutionnelle vers les consommateurs, pour leur rappeler que changer de fournisseur, c’est possible, pas compliqué et pas définitif.

Par contre, EDF est depuis un an obligée de revendre un quart de l’électricité nucléaire produite par ses centrales, ce qui aidera peut-être à rééquilibrer le marché. Mais l’ouverture à la concurrence n’a pas empêché les factures d’énergie de grimper : +25 % en deux ans pour le gaz, +8 % pour l’électricité. Ceci aggrave la précarité énergétique qui frappe déjà 3,8 millions de foyers selon l’INSEE. Le gouvernement envisage une tarification progressive pour la contrer. Les fournisseurs alternatifs demandent quant à eux à pouvoir faire bénéficier leurs clients précaires du tarif social de l’électricité, réservé actuellement à EDF.

Source : AFP

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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