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Bois et biomasse : une combustion dangereuse pour le santé et pour le climat ?

Un collectif de médecins et d’associations de santé a publié une tribune dans le journal Libération, alertant contre les effets nocifs du chauffage au bois et des centrales biomasses. Outre une émission supplémentaire de gaz à effets de serre, le collectif pointe les conséquences sur la santé publique, en raison des leurs effets cancérigènes et toxiques pour le système respiratoire.

Des émissions de particules cancérigènes et toxiques

Selon ce collectif en effet, les particules émises par la combustion du bois sont les plus nocives, semblables en termes de composition aux particules diesel. Et ce, notamment en raison des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) extrêmement cancérigènes qui entrent à la fois dans la composition des particules fines mais également des gaz émis par la combustion du bois. « La combustion du bois peut émettre jusqu’à 35 fois plus de HAP cancérigènes que le fioul domestique, et bien plus encore comparativement à la combustion du charbon ou du gaz », précise le collectif.

Non seulement ces particules sont cancérigènes, mais elles sont également les plus toxiques pour les systèmes respiratoires, cardiovasculaires ainsi que pour le développement du fœtus. « Dans ce contexte, encourager le développement du chauffage au bois et des centrales biomasses – qui fonctionnent en grande partie au bois – est dangereux pour la santé de nos concitoyens et incompatible avec les politiques publiques d’amélioration de la qualité de l’air », alerte le collectif.

Oppositions des riverains, mais pas seulement

Pour les appareils de chauffage, le collectif reconnaît que cette pollution est plus marquée pour les systèmes anciens et tend à diminuer avec le renouvellement des installations. Quant aux centrales biomasses, si celles équipées de filtres à manche permettent de diminuer les émissions, elles laissent cependant passer les particules ultrafines, les plus toxiques, en raison de leur taille.

Le communiqué rappelle l’opposition de nombreux riverains aux projets d’installations de centrales à biomasse, ainsi que celles d’associations telles que Greenpeace ou les Amis de la Terre, qui dénoncent la multiplication des centrales au bois. « Les erreurs ne s’arrêtent malheureusement pas là puisque l’État encourage – en plus de la combustion du bois – le recours à la production de chaleur par incinération » rappelle-t-il.

Combustion du bois et de la biomasse mauvais aussi pour le climat

La combustion du bois est dangereuse pour la santé, mais également pour le climat, explique-t-il. « Si la croyance populaire, savamment entretenue, veut qu’elle soit neutre en carbone, en vérité, il n’en est rien : à quantité égale, la combustion du bois est plus émettrice de CO2 que n’importe quelle autre énergie ! Certes, les arbres absorbent du CO2 – CO2 d’ailleurs habilement retranché des émissions liées à la combustion du bois pour faire croire en sa neutralité carbone. » Mais au rythme actuel de déforestation et de consommation de bois, cela ne fonctionne plus. Les forêts ne peuvent plus remplir leur rôle de puits de CO2.

Il rappelle également que des chercheurs du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont également alerté la Commission européenne. « Ces scientifiques alertent sur le danger du développement industriel des forêts européennes, qui ne permet pas de compenser l’augmentation des émissions de CO2 liées au développement des centrales et chauffages au bois et ils estiment que si rien n’est fait la filière bois énergie sera responsable, à elle seule, d’un accroissement de 10 % des gaz à effet de serre dans les dix prochaines années ».

« Nous, médecins et professionnels de santé, rappelons également que les polluants toxiques sont insuffisamment évalués et réglementés dans l’air ambiant, notamment les polluants émis par le secteur industriel incluant les centrales au bois et incinérateurs », conclut le collectif.

Source : Libération

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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