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Climat : « Nous allons dans la mauvaise direction » alerte l’ONU

« Nous allons dans la mauvaise direction », c’est ce qui ressort d’un nouveau rapport sans équivoque sur le climat, élaboré par plusieurs institutions en coordination avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Ce nouveau rapport, intitulé United in Science, fait le point sur les gaz à effet de serre, les températures mondiales, les prévisions climatiques et les points de bascule, le changement climatique dans les villes, l’impact des phénomènes météorologiques extrêmes et les alertes précoces.

Climat : origine anthropique des catastrophes climatiques

Un hiatus entre aspirations et réalité

Les conclusions de ce rapport sont sans appel : il existe un profond hiatus entre nos aspirations et la réalité tangible. Sans mesures rapides et bien plus ambitieuses que celles affichées par les Etats, les conséquences du changement climatique se montreront dévastatrices. Il faudrait arriver à des réductions de gaz à effet de serre 7 fois plus fortes d’ici à 2030 pour espérer contenir le réchauffement de la planète à 1,5°C, conformément à l’Accord de Paris. Or les émissions sont reparties à la hausse, après la baisse temporaire due au confinement, et dépassent les taux antérieurs à la pandémie. En mai 2022, la concentration de CO2 a par exemple atteint 420,99 ppm au Mauna Loa (Hawaï), contre 419,13 ppm en 2021.

Les sept dernières années ont par ailleurs été les plus chaudes jamais enregistrées. Entre 2018 et 2022, la température moyenne a dépassé de 1,17°C celle d’entre 1850 et 1900. 90 % environ de la chaleur accumulée dans le système terrestre est stockée dans l’océan. Or, la teneur en chaleur de l’océan entre 2018 et 2022 était plus élevée qu’au cours de toutes les autres périodes de 5 ans précédentes. Et son taux de réchauffement marque une forte augmentation au cours des deux dernières décennies.

Des points de bascule en risque d’être franchis

Les points de bascule sont les seuils critiques au-delà desquels un système se réorganise, souvent de manière soudaine et/ou irréversible. Or, la persistance du réchauffement climatique ne permet pas d’exclure un franchissement de points de bascule dans le système climatique. De nouvelles études s’imposent pour mieux définir le coût, les avantages et les limites potentielles des mesures d’atténuation des risques et d’adaptation au climat à l’avenir.

Et notamment sur deux d’entre ces point de bascule : d’abord, la circulation méridienne océanique dans l’Atlantique, facteur important de répartition de la chaleur, du sel, et de l’eau dans le système climatique mondial. Elle se montrerait aujourd’hui plus faible qu’a toute autre époque du dernier millénaire. Puis la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, qui aurait des répercussions à l’échelle planétaire, car elle entraînerait une élévation considérable du niveau de la mer durant des centaines ou des milliers d’années.

Des conséquences mondiales et régionales pour le climat

D’autres point de bascule régionaux pourraient avoir de lourdes conséquences localement : le dessèchement de la forêt équatoriale amazonienne, les sécheresses régionales, qui ont une incidence sur le cycle mondial du carbone et perturbent les grands systèmes météorologiques tels que les moussons. Enfin des points de bascule physiologiques pourraient aussi être atteints, au‑delà desquels la population ne pourrait plus travailler en plein air sans assistance technique.

Les villes seront confrontées à des incidences socio-économiques d’ampleur croissante. Elles concentrent 4,2 milliards d’habitants, 55% de la population mondiale, et qui sont responsables de plus de 70% des émissions anthropiques. Plus de 970 d’entre elles (1,6 milliard de personnes) seront régulièrement exposées à des températures trimestrielles d’au moins 35 degrés centigrades. Les villes et agglomérations côtières de faible altitude risquent fort d’être confrontées à une multiplication et une aggravation des inondations côtières par suite de l’élévation du niveau de la mer, et d’ondes de tempête.

Les municipalités ont un rôle important à jouer dans le contexte du changement climatique. Elles doivent de toute urgence appliquer à grande échelle des mesures d’atténuation inclusives, de même qu’augmenter la capacité d’adaptation de milliards d’habitants, précise l’OMM.

Un lien entre le changement climatique d’origine anthropique et les phénomènes extrêmes

 Le rapport rappelle que les catastrophes climatiques, météorologiques et hydrologiques ont augmenté d’un facteur 5 au cours des 50 dernières années. Elles ont causé des dommages qui se chiffrent à 202 millions de dollars des États-Unis par jour. Et ces phénomènes météorologiques extrêmes ont des incidences socio-économiques de longue durée, surtout dans les communautés les plus vulnérables, souvent les moins bien équipées pour réagir, se rétablir et s’adapter.

A mesure que s’affinent les techniques de détermination des facteurs déclenchants, les scientifiques font apparaître plus clairement le lien entre le changement climatique d’origine anthropique et les phénomènes extrêmes observés, tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les cyclones tropicaux, explique l’OMM.

La nécessité de systèmes d’alerte précoce

Selon Petteri Taalas, Secrétaire général de l’OMM, « Les climatologues montrent de plus en plus clairement que, dans beaucoup de cas, si les phénomènes météorologiques extrêmes actuels sont devenus plus probables et plus intenses, c’est à cause du changement climatique induit par des activités humaines.

Nous avons pu nous en convaincre à plusieurs reprises cette année, par l’observation de réelles tragédies. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons agir pour multiplier les systèmes d’alerte précoce afin de renforcer la résilience aux aléas climatiques, tant actuels qu’à venir, des populations vulnérables ». Or, moins de la moitié des pays du monde disent actuellement disposer de systèmes d’alerte précoce multidangers.

Sources : ONU, OMM

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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