Blog d’Eco CO2

Vous donner les clés pour comprendre et agir pour la transition énergétique

Comment imprimer à l’eau ? ou le papier réinventé

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Que de documents imprimés avons-nous en main chaque jour ! Et, selon les chiffres donnés par une équipe de chercheurs de l’université de Jilin (à Changchun, nord-est de la Chine), 40 % d’entre eux atterrissent directement à la poubelle après avoir été lu seulement une fois ! Pour remédier à ce gâchis, les chimistes chinois ont mis au point un papier à imprimante d’un genre tout à fait nouveau : plus d’encre, mais de l’eau pour imprimer temporairement avant de l’effacer et de le réutiliser.

Tout le secret vient donc du papier. Celui-ci réagit directement à l’eau, limitant ainsi les impacts sur l’environnement de l’encre. Sur un papier filtre classique, Sean Xiao-An Zhang et son équipe ont déposé une couche de réactif coloré (oxazolidine), qui réagit à l’eau, prise en sandwich entre deux couches de polymères destinés à la fois à protéger le colorant et à éviter son contact avec la peau.les paroles s'envolent et les écrits restent, euh, non, s'envolent aussi « Les pigments dévoilent leur couleur lorsqu’ils entrent en contact avec l’eau et deviennent incolores lorsque l’eau s’en va » , explique le chimiste.

Il leur a ensuite suffi de remplir d’eau une cartouche  d’imprimante classique pour obtenir une imprimante à jet d’eau. Résultat : un texte lisible (en 10,5 points) pendant 22 heures dans des conditions climatiques normales (humidité entre 20 % et 80 %). Au-delà, le texte s’efface, mais il s’agit, selon eux, d’un temps « suffisamment long pour permettre une lecture temporaire. »  L’eau projetée permet au papier de se colorer en moins d’une seconde et l’impression peut être effacée très rapidement par simple chauffage à 70°C.

Mieux, une fois le tirage effacé, le papier peut être réimprimé des dizaines de fois, sans perte significative de la qualité des couleurs : selon l’étude publiée dans Nature Communications, le texte demeure lisible après une cinquantaine d’utilisations. Gros avantage : un prix de l’impression divisé par 17. Mieux, selon le chimiste chinois, 50 utilisations du même papier ramèneraient le coût d’impression à 1 % de celui d’une imprimante à jet d’encre.

Quelques mises au point sont toutefois encore nécessaires avant de trouver ce papier magique dans le commerce : les chimistes ne réussissent pas encore à maîtriser toutes les couleurs. Pour l’instant, c’est bon pour le bleu, le magenta, le jaune et le violet. De plus la résolution est  encore un peu faible. Mais qui a dit que les paroles s’envolaient et que seuls les écrits restaient ?

Sources : Challenges, Geek Attitude, Nature Communications

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Abonnez-nous au blog !

Les derniers articles

Articles similaires

Abonnez-nous au blog !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.