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Comment s’adapter aux vagues de chaleur ?

S'adapter aux vagues de chaleur

A l’approche de l’été, la gestion du confort devient un sujet incontournable de tous les blogs et supports d’informations. La raison est simple et s’explique par une observation que chacun peut faire : les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Notre quotidien est directement touché et nous nourrissons un seul objectif : améliorer notre confort, ne serait-ce qu’un temps et nous rafraîchir. A la fin de cet article, vous trouverez des conseils pour vous aider à supporter cette chaleur.

Une augmentation constante du nombre de journées chaudes

Une journée chaude est caractérisée par une température maximale durant la journée supérieure à 25 °C. Que montre cet indicateur ?

Observons les données d’une station météo, située proche d’Agen en Lot-et-Garonne (voir graphique adjacent, source Météo-France). On décompte durant l’année 1967 un peu moins de 80 journées chaudes, déjà bien au-dessus de la moyenne à l’époque. 55 ans plus tard, ce nombre avoisine les 120 jours sur un an, soit une augmentation de 50 % du nombre de journées chaudes.

Ce constat est valable dans toute la métropole avec quelques disparités régionales. Globalement, chaque décennie passée représente 4 à 6 journées chaudes en plus par an. Avec le réchauffement global du climat que l’on connaît aujourd’hui, aucun retour en arrière n’est possible. Nos actions peuvent nous permettre de limiter la hausse de la température à long terme mais nous devons nous adapter aux conséquences que l’on peut déjà observer. Les deux vagues de chaleur intense successives que nous avons vécues ces dernières semaines en sont un parfait exemple : on vous en parle dans un autre de nos articles ici.

La climatisation, une expansion sans fin

Au fil des ans, les systèmes de climatisation se multiplient dans les foyers et les entreprises français : en 2020, 25 % des foyers[1] en possède un contre seulement 11 %[2] 3 ans plus tôt. Quant au secteur tertiaire, c’est 40 %1 des surfaces qui sont climatisées. Les fortes chaleurs et canicules à venir ne vont probablement pas inverser cette tendance dans les prochaines années, bien au contraire. Au niveau mondial, l’Agence Nationale de l’Energie (AIE), estime que 2/3 des ménages pourraient être équipés d’un climatiseur d’ici 2050[3].

Des impacts environnementaux à souligner

Bien que l’installation d’une climatisation devienne une solution abordable et pratique pour améliorer son confort et lutter contre les températures élevées, son usage a un impact non négligeable sur notre environnement. Quels sont-ils ?

La climatisation nécessite de l’électricité et émet donc indirectement du dioxyde de carbone (CO2)

En 2020, les systèmes de climatisation ont consommé 15,5 TWh en France, soit l’équivalent de la production annuelle d’électricité de 3 réacteurs nucléaires. Cette consommation est responsable de 4,5 % des émissions[4] CO2 totales générées par la production d’électricité en France.

Au niveau mondial, l’AIE a estimé que l’utilisation de climatiseurs et ventilateurs représentait 10 % de la consommation électrique en 2016.

Les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) dues à l’utilisation de fluides frigorigènes

Chaque unité de climatisation fonctionne grâce à un « fluide frigorigène », ceux-ci contribuent fortement au réchauffement de la planète lorsqu’ils s’évaporent dans l’atmosphère. En 2020, on estime que l’équivalent de 3,5 millions teqCO2 ont été rejetées dans l’atmosphère du fait de l’installation, l’usage ou la fin de vie des équipements de climatisation en France, soit l’empreinte carbone de 3 500 Français sur un an.

La formation d’îlots de chaleur urbains

Le fonctionnement d’un système de climatisation se base sur un principe assez simple : le refroidissement intérieur est obtenu en rejetant de l’air chaud à l’extérieur. Cet effet contribue à la formation d’un phénomène urbain que l’on appelle îlot de chaleur. Il s’agit d’une zone urbaine dans laquelle les températures sont significativement plus élevées.

La chaleur est emmagasinée la journée dans les parois et le sol artificialisé réfléchissant peu la lumière du soleil, ce qui accroît la température ressentie localement. La nuit, cette chaleur emmagasinée la journée est restituée à l’atmosphère, ce qui limite le rafraîchissement de la zone sur cette période. A météo équivalente, il n’est donc pas rare d’observer des écarts de plusieurs degrés entre une zone fortement urbanisée et une zone rurale proche.

Pour lutter contre ce phénomène peu connu, les collectivités sont de plus en plus engagées et promeuvent des aménagements spécifiques en valorisant l’intégration d’espaces verts et la végétalisation au sens large, l’utilisation de matériaux clairs réfléchissants et en réduisant les sources de chaleurs (recours au transport en commun pour limiter les déplacements motorisés individuels, amélioration de l’isolation pour limiter le besoin en climatisation…).

Quelles autres actions mener pour préserver notre confort tout en limitant notre consommation d’énergie ?

Cette hausse des températures et la multiplication des épisodes caniculaires nous impactent tous dans notre quotidien, que ce soit dans nos logements, dans les transports, au travail ou durant nos loisirs. Que l’on dispose d’une climatisation ou non, des actions simples à appliquer permettent d’améliorer notre bien-être.

Réflexe 1 : Je dispose d’un système de climatisation fonctionnel ? Si on essayait d’appliquer d’autres actions avant de le mettre en route ?

Réflexe 2 : La ventilation naturelle représente la mesure gratuite la plus efficace, à la maison comme au travail. Il suffit d’ouvrir deux fenêtres, idéalement opposées pour qu’un courant d’air frais circule et rafraîchisse les différents espaces.

Idéalement, cette mesure doit être appliquée la nuit et tôt le matin (jusqu’à 9h00 heures généralement) pour profiter du rafraîchissement nocturne : c’est ce qu’on appelle le free-cooling.

Réflexe 3 : L’usage des protections solaires existantes est également incontournable. Les rideaux, les volets, les brise-soleils ou les stores doivent être fermés pour limiter les apports solaires et ce dès le début de la journée.

Réflexe 4 : Avec un coût d’achat et d’utilisation bien moindre qu’un système de climatisation, le ventilateur ou brasseur d’air est la solution technologique à privilégier. Il ne permet pas de réduire la température en intérieur mais créé un mouvement d’air agréable aidant les occupants à supporter la chaleur. Associé à un linge ou une serviette humide, cette solution est particulièrement efficace. Des systèmes intègrent même cette solution aujourd’hui : on les appelle des rafraichisseurs d’air.

La climatisation, le dernier recours !

Si les actions listées précédemment ne permettent pas d’atteindre des conditions thermiques confortables et que la climatisation semble indispensable, voici quelques conseils adaptés pour un usage écoresponsable mais pas que…

Choisissez une température adaptée : 26 °C au plus bas tout en assurant d’avoir un écart de température intérieur/extérieur de 7 °C maximum. Il ne s’agit pas que d’une pratique pour économiser de l’énergie, il s‘agit également de préserver la santé des occupants, et particulièrement des plus vulnérables.

En effet, un écart de température trop important expose les occupants à des chocs thermiques qui peuvent se manifester par des pertes de connaissance ou d’équilibre. Plus généralement une température trop basse peut générer une irritation de la gorge ou des maux de tête.

Plusieurs actions pour améliorer son confort sont compatibles avec l’usage de la climatisation mais pas l’aération ! Il faut donc penser fermer les portes et les fenêtres lors de son fonctionnement. Quant au moment d’aération journalier pour renouveler l’air, vous pouvez éteindre complètement votre équipement.

Et surtout pensez à éteindre votre climatiseur quand vous quittez le bâtiment. Pas d’inquiétude pour vos fournitures de bureaux, elles vont supporter la chaleur.

Merci à l’équipe Etudes & Conseils pour la rédaction de cet article !

[1] ADEME, CODA STRATEGIES. 2021. La climatisation de confort dans les bâtiments résidentiels et tertiaires-état des Lieux 2020 – Synthèse, 13 pages

[2] Evaluation de l’INSEE en 2016/2017

[3 OECD/IEA. 2018. The Future of Cooling. Opportunities for energy-efficient air conditioning

[4] ADEME, CODA STRATEGIES. 2021. La climatisation de confort dans les bâtiments résidentiels et tertiaires-état des Lieux 2020 – Synthèse, 13 pages

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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