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COP26 : encore une COP décevante, de l’aveu même de son président

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COP26

Les Conférences de Parties (COP) sur le changement climatique se suivent et se ressemblent quelque peu : elles suscitent beaucoup d’espoir au début, mais aboutissent à des accords bien en-deçà de ce qu’elles promettent. La COP26 qui vient de s’achever à Glasgow ne déroge pas à cette règle. Les accords signés montrent des avancées inédites, mais jugées globalement insuffisantes par les observateurs, et ils déçoivent.

De timides avancées pour la COP26

Parmi les avancées notables, la réduction des énergies fossiles, mentionnée pour la première fois. Réduction, mais pas sortie. Les 196 pays membres sont ainsi invités à « accélérer les efforts vers la diminution progressive de l’énergie au charbon sans système de capture [de CO2] et des subventions inefficaces aux énergies fossiles ». De même pour les subventions aux énergies fossiles : l’accord demande d’arrêter celles qualifiées d’« inefficaces », mais ne précise aucun critère.

Les autres éléments constituent plutôt des rappels. En ce qui concerne la subvention de 100 milliards par an que les pays développés s’étaient précédemment engagés à verser aux pays pauvres, la promesse n’a pas été tenue. La déclaration finale la maintient toutefois et exhorte à la verser de manière urgente… avant 2025, où elle doit être revue à la hausse. Sans compensation pour le retard.

L’accord final de la COP26 contient un appel à améliorer les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les engagements chiffrés sont actuellement insuffisants. Les pays sont invités à les réviser et à les renforcer, mais souligne la nécessité de « prendre en compte les circonstances nationales ». Ce qui peut grandement arranger certains pays.

L’objectif de 1,5°C réaffirmé, mais…

L’objectif de maintenir la hausse de la température à 1,5°C est réaffirmé, conformément à l’Accord de Paris. « Maintenir l’augmentation de la température globale bien en dessous des 2°C » et « poursuivre les efforts de limiter l’augmentation de la température à 1,5°C », précise le texte. Cela nécessite une « rapide, profonde et soutenue réduction des émissions globales de gaz à effet de serre, notamment en réduisant les émissions de dioxyde de carbone de 45% en 2030 par rapport à 2010 et d’atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle ». Mais, note Aurore Mathieu du Réseau action climat, « malheureusement, nous constatons que le texte est toujours loin de refléter l’urgence de la situation. Il y a un énorme décalage entre ce qu’on y lit et ce que nous dit la science ».

Il n’en reste pas moins que le monde se dirige actuellement vers une hausse de la température située, selon les dernières projections chiffrées de l’ONU, entre 2,4° et 2,7°. Et ce, malgré les engagements pris pour 2030. Dans ces conditions, la nécessité de « prendre en compte les circonstances nationales » a été très critiquée par les associations de défense de l’environnement. « Le texte de décision finale ne contient pas de disposition suffisamment contraignante pour combler rapidement le fossé avec l’objectif de l’accord de Paris », remarque Greenpeace.

« Il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 7% chaque année, et cette année, elles ont encore augmenté. Plus les pays tardent (à mettre en œuvre leurs engagements), plus l’objectif (de limitation des températures) sera difficile à atteindre », explique Ines Camilloni, climatologue et experte du Giec, après la déclaration finale de la COP26.

Les ONG globalement déçues

Le texte n’apporte pas non plus de garantie pour l’aide aux pays pauvres. Ceux-ci ont demandé en vain des compensations financières pour les dommages déjà subis, alors que leur responsabilité dans le changement climatique est très modérée. Ils sont très déçus. « C’est une insulte aux millions de personnes dont les vies sont ravagées par la crise climatique ? Il y avait d’énormes attentes (…) , mais les pays riches les plus responsables du réchauffement climatique, en particulier les Etats-Unis, se sont bouchés les oreilles », précise l’ONG ActionAid International

Enfin, alors que le texte initial évoquait une « disparition progressive » du charbon, la formulation a été atténuée sous la pression de l’Inde et de la Chine, pour arriver à « diminution progressive ». Ce qui a amené le président de la COP26, le Britannique Alok Sharma dans son discours de clôture, à se déclarer « sincèrement désolé » avant d’ajouter : « Je comprends la profonde déception, mais il est vital que nous protégions ce texte ».

Sources : France Info, Ouest France

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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