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Des centrales photovoltaïques lacustres

En France et en Italie, de nouveaux concepts de centrales photovoltaïques émergent – c’est le cas de le dire – peu à peu. Pour éviter d’utiliser des terrains propres à l’agriculture, pourquoi ne pas installer des centrales sur l’eau ? Et plus particulièrement sur les étendues d’eau polluées ou impropres à un autre usage. Le système présente effectivement quelques avantages.

Dans le Vaucluse, à Piolenc, la société Ciel et Terre vient d’obtenir un permis de construire déposé en 2011 pour une centrale installée sur un lac de carrière en fin d’exploitation. S’étendant sur une surface de 21 hectares, la centrale comprendra 40 000 modules de panneaux photovoltaïques, installés sur une structure flottante (un radeau). Elle disposera d’une puissance de 12 000 kWc, ce qui devrait produire  16 000 MWh par an, l’électricité suffisante pour alimenter près de 5 700 foyers.

Centrale PV lacustre Ciel et terre

Parmi les avantages mis en avant par la société Ciel et Terre, outre la réponse au conflit d’usage puisque ces centrales préservent les terrains agricoles et se basent essentiellement sur des plans d’eau industriels ou pollués, elles présentent une amélioration de la productivité énergétique grâce au refroidissement des panneaux et des câbles marins par l’eau, la réduction de l’évaporation par la réduction de la température de l’eau et de la surface exposée au soleil, et un impacte limité, « voire favorable  » sur la biodiversité.

Près de Pise, à San Giuliano en Italie, une petite société familiale, la Scintec, teste sur un lac un dispositif sensiblement différent. Constitué de panneaux photovoltaïques munis de réflecteurs de deux côtés, le dispositif qui possède un système de traçage du soleil tourne autour d’un axe, un pilier sur lequel s’appuie un support horizontal en forme de croix, où reposent les éléments. Il s’agit là d’une petite installation dans l’immédiat, mais qui suffit à alimenter une dizaine de familles et sert surtout de test.

Là aussi, le gain de productivité important (2 000 kWh par an pour 1 kW installé contre 1 200 pour une installation classique) provient du refroidissement par l’eau, qui empêche la surchauffe des panneaux pendant les journées très ensoleillées, point de départ d’ailleurs de cette idée. Cette solution présente les mêmes avantages que la précédente et peut être utilisée sur des plans d’eau abandonnés, des lacs de carrière par exemple.  Sa hauteur, ne dépassant pas un mètre, la rend selon son concepteur quasi-invisible : on ne la voit pas avant d’arriver au bord de l’eau. Ceci limite donc son impact sur l’environnement et sur le paysage.

Ces installations « légères » ne nécessitant pas de travaux de terrassement importants, ni d’occupations des berges, ont aussi pour avantage de pouvoir augmenter le nombre de centrales photovoltaïques à un coût plus bas.

Sources : BioaddictLibération, Ciel et Terre