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Ecorvidés ou comment utiliser corbeaux et compagnie pour nettoyer la nature

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ecorvides_smallLes corbeaux et les corvidés en général souffrent d’une mauvaise réputation tout à fait injustifiée, qui les a même fait classer comme « nuisibles » alors qu’ils peuvent rendre des services très utiles. En effet, ce sont des animaux connus et étudiés par les spécialistes pour leur capacité cognitive hors du commun. D’ici à les rendre « utiles pour des déchets nuisibles« , il n’y a qu’un pas qu’ont franchi des étudiants de master d’écologie à Lille, en présentant le projet Ecorvidés au Concours Génération Développement Durable, organisé par le magazine La Recherche et l’ADEME. Projet qui a d’ailleurs reçu le prix spécial du jury, en raison de son concept original d’utilisation de l’intelligence des corvidés pour la collecte des déchets dans la nature

Les corvidés ? Outre les corbeaux, il s’agit des corneilles, pies, choucas, geais, etc. Il en existe au total 130 espèces, largement distribuées sur tout le globe, vêtues de robes généralement sombres, émettant de forts croassements (quelque peu discordants, il est vrai) et volontiers charognards (en fait omnivores) d’où leur mauvaise réputation. Certaines de ces espèces sont capables de fabriquer des outils, de se reconnaître dans un miroir, de mémoriser des visages, de troquer de la nourriture et d’apprendre, tout simplement.

Basé sur l’expérience de Joshua Klein « the crow machine » présentée en 2008, qui distribue une cacahuète en échange d’une pièce de monnaie après apprentissage et conditionnement de l’animal en quatre étapes, l’objectif du projet Ecorvidés est d’utiliser l’intelligence de ces oiseaux, leur longue durée de vie (30 ans) et leurs facultés de transmission entre individus et entre générations, pour leur apprendre à ramasser des déchets dans la nature et à les déposer dans un endroit adapté à la collecte sélective.

Le projet consiste donc à concevoir une machine adaptée à la collecte des déchets sauvages (mégots, emballages plastiques, canettes…) et équipée d’un détecteur capable de discriminer un déchet de tout autre objet (feuille, fleur, branche, caillou…) pour éviter la tricherie dont les corvidés sont tout à fait capables pour obtenir une récompense. Cette machine pourrait intéresser des utilisateurs publics, comme les collectivités territoriales, les campus universitaires (1 000 kg de déchets ramassés annuellement sur le campus de l’université Lille 1, par exemple) , ou privés comme les entreprises de nettoyage.

L’équipe qui travaille sur ce projet est formée de Charlotte Defolie (diplômée d’un master d’éthologie à l’université Paris 13 – parties comportement/ apprentissage des oiseaux), Stéphane Cellier et Sébastien Audibert ( master 1 d’écologie à l’université Lille 1 – parties déchets/ idées techniques pour la machine). Leur tuteur projet est Christophe Vieren, enseignant chercheur au Département Génie Électrique et Informatique Industrielle à l’IUT A de Lille 1 (parties techniques/ électroniques). Pour le moment, leur projet n’en est encore qu’au stade d’étude de faisabilité, mais ils espèrent avoir des premiers résultats concrets dès le mois d’octobre.

Ce concept très original, avec un angle d’étude éthologique exploité à des fins très écologiques,  a, à l’instar du jury du concours apparemment, littéralement enthousiasmé Eco CO2 et nous nous ferons un plaisir de faire par la suite le point sur l’état d’avancement des travaux de cette équipe d’étudiants.

 

 

Sources : Ecorvidés, ADEME

 

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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4 réponses sur “Ecorvidés ou comment utiliser corbeaux et compagnie pour nettoyer la nature”

  1. Je me permets d’apporter quelques nouvelles du projet. Les étudiants Sébastien, à l’origine de l’idée et Stéphane, ont dû pour des raisons de poursuite d’études migrer à Paris où ils n’ont pas encore trouvé de support logistique pour la poursuite du projet. Seul, Charlotte n’ayant plus trop de temps à y consacrer, je tente bine que mal de faire vivre le projet. Grâce à ma qualité d’enseignant chercheur un certains nombre de projet tutorés sont en cours pour améliorer le premier dispositif réalisé sans le sous avant l’obtention du Prix Ademe /La Recherche (1.000 € dont une partie a dû être dépensé pour aller recevoir le prix à paris et tenter une autre chance à Nancy). Le printemps passé, les pies, seuls corvidés présents à proximité de mon labo sur la terrasse duquel a été placé le premier préprototype, ne sont hélas plus friandes de nos « croquettes ». Nous espérons que, comme l’année dernière avec l’époque de la reproduction et donc des oisillons à nourrir elles retrouvent l’appétit. Puisse notre dispositif alors amélioré, grâce à des projets étudiants (IUT GEII, IUT GMP, Licence ECPI, M1 Smart, 3e année Polytechlille), faire ses premières preuves. Nous envisageons de placer également un deuxième dispositif totalement autonome à proximité de zone fréquenté par les corneilles noires, plus rurales.
    Rendez-vous donc dans trois mois maximum pour d’autres nouvelles du projet.
    Avis de recherche : si participer à ce projet est susceptible de vous intéresser, si vous résidez à proximité d’une zone fréquentée par des corneilles noires (souvent on les appelle à tort des corbeaux, rares dans la région du Nord) et à proximité de la région lilloise, alors contactez-moi.

  2. La faisabilité du projet est désormais acquise : au moins deux pies ramènent aux dispositifs des canettes révoltées jusqu’à 50 m du dispositif. Prochaine étape : disposer une 2e boite simplifiée avec lesquelles d’autres pies pourront imiter leur(s) congénère(s) savantes. Il est en effet très probable que suite à l’observation de la ou des pies « savantes » (leur apprentissage c’est réalisé progressivement avec une méthode en plusieurs phases), les pies avoisinantes les imitent.
    Auquel cas, en disposant de proche en proche de tel dispositifs très simple à réaliser, toutes les pies de ce voisinage réalisent la collecte. Et, si il n’y a pas de discontinuité spatiale entre les territoires de chaque pie, c’est la totalité de l’aire géographique constitués de l’ensemble de ces territoires qui sera nettoyé. Voir la vidéo : http://christophevieren.fr/collecter-les-dechets-grace-aux-corvides-sauvages

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