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Electricité : la concurrence ne fait pas baisser les prix

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Alors que dans le secteur des télécommunications, l’ouverture à la concurrence a provoqué une baisse importante des tarifs et la montée rapide de nouveaux acteurs, il n’en va pas de même pour l’électricité. Onze après celle-ci, 81 % des clients particuliers restent fidèles aux tarifs réglementés de vente (TRV) et à EDF, seul opérateur habilité à les appliquer. A ce phénomène, plusieurs motifs.

Une lente avancée de la concurrence

L’ouverture à la concurrence des marchés du gaz et de l’électricité n’ont pas eu les effets escomptés, et cela est tout particulièrement vrai pour l’électricité. Malgré l’entrée en lice ces derniers mois, aux côtés des autres fournisseurs alternatifs, de Leclerc, Total (qui a racheté Lampiris et Direct-Energie) et de CDiscount, les prix continuent leur hausse.

Les usagers constatent bien peu d’effets sur leurs factures. Si le prix du kilowattheure peut afficher des baisses parfois importantes (mais plus généralement de 5 % à 10 % par rapport aux TRV), l’abonnement (environ un tiers de la facture) s’aligne au mieux sur celui d’EDF, voire dans certains cas affiche une hausse. Quant aux taxes (un tiers de la facture également), elles sont les mêmes pour tous les particuliers.

Certes la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) indique une lente érosion de la clientèle de l’énergéticien historique. Celui-ci a perdu environ 100 000 abonnés par mois au premier trimestre 2018. Mais il s’adjuge toujours la part du lion avec plus de 26 millions de clients, fidèles aux TRV.

Des gains peu significatifs

Même s’ils font partie des plus bas d’Europe, les tarifs de l’électricité continuent à grimper depuis dix ans en France. Et ce malgré l’ouverture à la concurrence. En fait, beaucoup de fournisseurs alternatifs proposent des tarifs indexés sur les TRV. Ils montent donc mécaniquement à chaque hausse décidée par le gouvernement. Ils proposent aussi des prix fixes sur un an, voire plus, mais dans ce cas, c’est au renouvellement du contrat qu’ils s’alignent sur les augmentations des TRV.

En fait, les baisses affichées par les fournisseurs alternatifs ne concernant qu’un tiers de la factures, les gains restent peu significatifs, comme l’a justement relevé le Médiateur de l’Energie. Selon ses calculs, en fait « lorsque la publicité d’un fournisseur annonce “moins 10 %”, la baisse n’excède pas 7 % ».

Une ignorance des clients toujours importante

La concurrence se heurte d’autre part à une forte méconnaissance des clients : 1 sur 2 ignore encore qu’il peut changer de fournisseur. Cette proportion ne bouge pas depuis 2012. Et la majorité des Français ne peut citer un autre fournisseur d’électricité que le sien ! « Cette méconnaissance persistante peut surprendre, alors que l’arrivée de nouveaux fournisseurs s’est accompagnée de campagnes de publicité donnant de la visibilité au marché », selon Caroline Keller, chef du service information et communication du Médiateur de l’Energie.

Mauvaise information des autorités envers le public, déplorent les fournisseurs alternatifs. Ce à quoi répond un dirigeant de EDF cité par Le Monde, « Ils n’ont qu’à le faire eux-mêmes. En 2017, 10 millions de nos clients ont été démarchés par des concurrents ! C’est quasiment du harcèlement. »

Des tarifs réglementés de l’électricité confortés par le Conseil d’Etat

Les décisions du Conseil d’Etat n’arrangent pas les choses. Alors que cette même juridiction a décidé l’an dernier de la disparition à terme des tarifs réglementés de vente du gaz (réservés à Engie) pur respecter le loi européenne, elle vient de conforter les tenants de ceux de l’électricité. Par une décision en date du 18 mai 2018, elle a validé leur existence.

Saisi par Engie et l’ANODE (Association nationale des opérateurs détaillants en énergie) qui jugeaient ces TRV de l’électricité contraires à la directive européenne, le Conseil d’Etat reconnaît qu’ils peuvent représenter « une entrave à la réalisation d’un marché concurrentiel« . Cependant il les estime justifiés par un « objectif d’intérêt général« , l’électricité étant « un bien de première nécessité« .

Sources : Le Monde, Décideurs-Magazine

 

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.
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