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Energie : une sobriété choisie plutôt qu’une sobriété imposée ?

Dans une tribune parue le 26 juin dans le JDD, les trois grands énergéticiens français, EDF, Engie et TotalEnergies, appellent ensemble à modérer immédiatement notre consommation de gaz, d’électricité et de produits pétroliers. Si l’on ne choisit pas maintenant la sobriété énergétique, elle risque fort de s’imposer à nous brutalement.

sobriété énergétique
Illustration : Enercoop

La sobriété énergétique, une notion de plus en plus familière

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, et Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies dressent dans cette tribune un tableau alarmant de la situation actuelle. « La flambée des prix de l’énergie (…) menace notre cohésion sociale et politique et impacte trop lourdement le pouvoir d’achat des familles ». Puis ils en appellent à une sobriété immédiate, « d’exception ».

Un éditorial du Monde, en date du 30 mai, rappelle déjà que « Ces derniers mois, le mot « sobriété » a pris de la consistance dans le débat public. Il suggère la nécessité de baisser fortement la demande générale en énergie ». « Il faut changer nos pratiques, accepter de reconsidérer nos modes de vie individuels et collectifs en faisant par exemple rouler moins de voitures, voler moins d’avions ou en mettant moins de viande dans nos assiettes », insiste-t-il.

Des tensions sur l’énergie de plusieurs origines

Les énergéticiens expliquent les tensions sur l’énergie d’une part par la situation internationale : « Depuis maintenant des mois, le système énergétique européen subit de fortes tensions et le système énergétique français n’est pas épargné ». La guerre en Ukraine a entraîné une forte baisse des livraisons de gaz russe dans toute l’Europe.

D’autre part, les choix politiques des différents pays européens n’y sont pas étrangers non plus : « Les capacités de production électrique pilotable en Europe sont également en tension à la suite de choix nationaux ou pour des programmes de maintenance ». Ces programmes de maintenance mettent ainsi à l’arrêt en France de nombreux réacteurs nucléaires, auxquels s’ajoutent des problème de corrosion. Au total 27 des 56 réacteurs français étaient à l’arrêt le 24 mai.

Enfin, « Les conditions climatiques et la sécheresse viennent amputer la production hydraulique ». Mais pas que la production hydraulique : une grande partie du parc nucléaire a besoin de l’eau des rivières pour être refroidie et des niveaux de cours d’eau trop bas peuvent se révéler insuffisants et mettre en péril la production des centrales.

Des actions à court terme, mais qui ne suffiront pas

« Nous, énergéticiens, prenons nos responsabilités en agissant sur l’offre. Nous avons déjà mis en œuvre des actions de court terme pour répondre à cette urgence : la diversification des approvisionnements de gaz, le remplissage proactif des stockages, l’installation en cours d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) dans le port du Havre pour accélérer les importations de GNL, la remise en fonction des installations “sous cocon” », affirment-ils dans la tribune du JDD. Mais cela ne suffira pas.

D’où leur appel à une sobriété choisie, immédiate, alors que « des mesures de rationnement sont mises en place dans certains pays ». « La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas. Nous devons, collectivement, agir sur la demande en énergie en réduisant notre consommation pour nous redonner des marges de manœuvre. ».

Une « nécessaire sobriété d’exception »

Ils en appellent « à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous – chaque consommateur, chaque entreprise – change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers ». Programme d’efficacité énergétique, chasse au gaspillage nationale, sobriété donc. « L’effort doit être immédiat, collectif et massif. Chaque geste compte. Et ne nous trompons pas : économiser l’énergie, c’est augmenter le pouvoir d’achat et c’est aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre. ».

Une « nécessaire sobriété d’exception » pour laquelle ils disposent d’outils et d’expertises qu’ils mobiliseront pour « atteindre cette sobriété dans la durée sans affecter significativement nos modes de vie ». « Nous proposons de mobiliser des ressources humaines, financières et technologiques considérables pour relever un défi qui engage notre mode de vie à court terme et notre futur à long terme », concluent les énergéticiens. Sobriété choisie ou sobriété imposée ? Il faudra de toute façon en passer par là, le plus tôt sera le mieux.

Sources : JDD, Le Monde, FranceInfo, Libération

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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