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Energies marines renouvelables : un potentiel à exploiter

Le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) viennent de publier un rapport, dans le cadre de la feuille de route de la transition énergétique, sur leur mission concernant les perspectives de développement des énergies marines renouvelables (EMR) les plus matures et des filières industrielles correspondantes : la France dispose en effet d’un fort potentiel maritime avec 11 millions de km² sous souveraineté nationale (métropole et outre-mer cumulés), soit le deuxième espace maritime au monde.

En dehors de l’éolien offshore posé, qui a déjà fait l’objet d’un appel d’offres spécifique et devrait en connaître un autre en 2013, la mission examine  donc l’énergie hydrolienne, l’éolien offshore flottant, l’énergie houlomotrice et marémotrice, l’énergie thermique des mers, la climatisation par eau de mer (SWAC) et l’énergie osmotique. Après un inventaire des technologies et l’examen de l’organisation de la recherche-développement en France, le rapport propose un calendrier et un plan d’actions pour la mise en valeur du potentiel marin et l’essor d’une filière industrielle nationale.

Energies marines renouvelables matures

Actuellement, l’énergie hydrolienne est proche d’un développement industrielle, ceci justifie donc le lancement d’un appel à projets pour l’installation de fermes-pilotes expérimentales dans les zones les plus propices : le raz Blanchard et le raz Barfleur en Basse-Normandie et le passage de Fromveur en Bretagne. De même, l’éolien offshore flottant profite maintenant de technologies prometteuses en cours de test, justifiant l’installation de fermes-pilotes d’ici 2 ans. L’énergie houlomotrice connaît elle-aussi le développement d’une « floraison de technologies concurrentes. » Pour les zones tropicales, l’énergie thermique des mers – et plus particulièrement son application à la climatisation (SWAC) –  entre dans une phase  d’expérimentation et de lancement des premières réalisations opérationnelles qui justifie un soutien public.

Par contre, l’énergie osmotique n’est pas encore mature et nécessite une nouvelle phase de R&D. Enfin l’énergie marémotrice, malgré un fort potentiel, comporte un impact environnemental important (fermeture d’estuaires) qui ne permet pas de projets réalistes en France. Globalement, les EMR sont particulièrement adaptées aux régions d’outre-mer et zones non-interconnectées.

Technologies et recommandations

Il existe cependant à l’international une forte concurrence entre les différentes technologies, « avec des coopérations industrielles et des financements considérables de fermes précommerciales (notamment hydroliennes) » : les plus efficaces techniquement et économiquement émergeront inévitablement dans les prochaines années. De plus, les contacts entre les collectivités locales des régions bénéficiant d’une façade maritime et les associations de protection de l’environnement ainsi que les autres usagers de la mer se développement et ne posent pas de difficultés particulières pour les phases d’expérimentation, une fois résolus les conflits d’usage et les problèmes de conservation des espaces et animaux marins. Ceci doit cependant faire l’objet d’un « approfondissement de la concertation et d’une planification des espaces maritimes disponibles. » Autre planification nécessaire : celle de l’exploitation du potentiel énergétique disponible pour optimiser les raccordements au réseau terrestre de transport de l’électricité.

De plus, les projets EMR sont soumis à un ensemble complexe de règles juridiques, source probable de retards, voire de contentieux, qui doit être simplifié, en conservant cependant un niveau élevé de protection de l’environnement. La mission propose également l’établissement d’un « guichet unique » pour les porteurs de projets, regroupant les différentes procédures.

Techniquement et économiquement, plusieurs groupes industriels français et de nombreuses PME spécialisées peuvent prendre position dans la filière des EMR, mais ils attendent que l’Etat affiche sa stratégie pour renforcer leur organisation et leur structuration, car les efforts doivent être fédérés pour constituer une filière compétitive à l’échelle européenne et internationale.

Afin de parvenir aux objectifs nationaux de diversification des énergies renouvelables, la mission propose un plan d’action et un échéancier prévisionnel adaptés à la maturité des différentes technologies, s’appuyant sur les appels à manifestation d’intérêt de l’ADEME assortis d’un tarif d’achat adapté, sur les appels d’offres de la CRE et sur une anticipation indispensable des besoins d’extension du réseau électrique RTE. Les diverses modalités du soutien public à l’essor des EMR sont analysées dans ce rapport.

Le calendrier préconisé

La mission préconise enfin le calendrier suivant :

Image source A Cassimcalendrier énergies marines renouvelables

Source : Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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