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EnR : une trajectoire d’évolution qui s’éloigne des objectifs

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de publier le suivi annuel de la promotion des énergies renouvelables pour 2018. La part des énergies renouvelables (EnR) dans la consommation finale brute d’énergie s’est élevée à 16,5 %, soit une progression de 0,4 % sur un an. Cette trajectoire d’évolution ne permettra pas au pays d’atteindre ses objectifs européens pour 2020.

Trajectoire d'évolution des EnR

EnR : +7 points depuis 2005

La croissance des énergies renouvelables est pourtant importante depuis 2005 (plus de 7 points), notamment avec le développement des biocarburants, de la biomasse solide, des pompes à chaleur, de l’éolien et du solaire photovoltaïque. En 2018, elles progressent de 0,4 %, tirée particulièrement par la hausse de la production d’énergie éolienne.

La part des énergies renouvelables a bien progressé de 7 points depuis 2005. Cependant, « Cette hausse résulte, d’une part, de l’augmentation importante de la consommation finale brute d’énergies renouvelables (+10,3 Mtep depuis 2005, soit une progression de 67 (…) et d’autre part, d’une baisse globale de la consommation finale brute d’énergie (-9,0 Mtep depuis 2005, soit un recul de 5 %) », précise le CGDD.

Certaines filières plus dynamiques que d’autres

Certaines filières restent à la traîne et s’éloignent de la trajectoire d’évolution nécessaire. Ainsi, pour l’électricité renouvelable, la production hydraulique ne progresse plus, voire tend même à diminuer « à cause d’une hydraulicité moins importante que par le passé ». Si le parc éolien terrestre contribue largement à l’augmentation d’EnR dans la consommation finale brute d’énergie (avec +14 % en un an, il en est même le principal contributeur), le parc éolien en mer reste toujours à l’état de projet. Les filières du solaire photovoltaïque et du biogaz sont également en forte hausse en 2018 (respectivement + 10 % et + 11 % par rapport en 2017).

Pour la chaleur et le froid renouvelable, la consommation reste quasi-stable sur les deux dernières années, alors qu’elle a progressé de 50 % depuis 2005. En cause : « une légère baisse de la consommation finale brute de chauffage issue de la filière biomasse solide et déchets urbains renouvelables, qui représente 75 % de la consommation totale ».

Pour le secteur des transports, la consommation des biocarburants augmente par rapport à 2017 (+ 2 %), du fait en particulier d’une nette augmentation de la consommation de bioéthanol. Mais l’électricité renouvelable n’évolue pas, ni sur le réseau routier, ni sur le réseau ferré.

Une trajectoire d’évolution qui s’infléchit depuis 2016

En effet, cette « forte progression » affichée depuis 2005 inclut tout de même un fort ralentissement depuis 2016.  « Malgré cette forte progression des énergies renouvelables, le développement de la majorité des filières reste éloigné de ce que prévoyait en 2010 le PNA EnR [plan national d’action en faveur des énergies renouvelables]. Les plus gros écarts aux cibles 2020 concernent la filière biomasse solide (incluant les déchets urbains renouvelables) et l’éolien offshore », explique le CGDD.

L’objectif défini par la directive européenne relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie se monte à 23 % en 2020 pour la France, avec une part d’au moins 10 % à atteindre pour le seul secteur du transport. Nous sommes donc encore bien loin du compte et la trajectoire d’évolution suivie ne permettra pas de remplir cet objectif.

Source : CGDD

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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