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3 exemples de greenwashing pour ne plus se faire avoir 

3 exemples de greenwashing pour ne plus se faire avoir en tant que citoyen consommateur

Dans cet article, voici 3 exemples de greenwashing triés sur le volet pour aider chacune et chacun à faire de meilleurs choix et avoir un mode de vie plus écologique, compatible avec les enjeux climatiques de notre époque.  

Si vous souhaitez être un citoyen / citoyenne plus éclairé(e), vous êtes au bon endroit !  

Au programme :

🕑 Temps de lecture : 10 minutes

Qu’est-ce que le greenwashing ?

Le greenwashing est une pratique commerciale qui consiste à donner une image faussement écologique à un produit, un service ou une entreprise afin de séduire les consommateurs sensibles aux enjeux environnementaux.  

Autrement dit, il s’agit de tromper les consommateurs en faisant croire que l’entreprise se soucie de l’environnement et agit de manière responsable, alors qu’en réalité ses actions ne sont que des stratégies marketing visant à améliorer son image de marque 

Ainsi, les entreprises qui pratiquent le greenwashing utilisent souvent des termes génériques tels que “écologique”, “respectueux de l’environnement”, “engagé” ou “durable” dans leurs publicités et sur leurs emballages, sans pour autant avoir mis en place des mesures concrètes ou du moins suffisamment impactantes pour réduire leur impact environnemental.

3 exemples de greenwashing

L’exemple de Coca-Cola ou l'impasse des marques héritées du passé

Si ça ne surprendra sûrement personne de dire que l’entreprise américaine est la reine du greenwashing, c’est un cas d’école intéressant qui mérite d’être présenté. 

En effet, l’exemple de Coca-Cola montre bien la difficulté d’une marque héritée du passé à changer radicalement sa manière de produire afin de répondre aux enjeux de notre époque, notamment climatiques.  

Voici ce qu’on peut lire actuellement sur le site de Coca-cola : 

“Coca‑Cola en France soutient et encourage la collecte des emballages [notamment en plastique], une fois le produit consommé, avec un objectif de collecter 100% des emballages afin qu’ils soient recyclés.” 

Si en apparence le recyclage du plastique semble une bonne idée, cette promesse joue avec l’ignorance du consommateur.  

Pourquoi cette promesse est-elle fallacieuse ?  

    • Les infrastructures de recyclage ne sont actuellement pas suffisantes.  
    • Résultat : ¼ des déchets marins sont des canettes et bouteilles en plastique.  
    • En outre, le plastique est fabriqué principalement à partir d’énergies fossiles (bonjour les émissions de gaz à effet de serre !). 

Autrement dit, non seulement le plastique génère de fortes émissions de gaz à effet de serre contribuant un peu plus au dérèglement climatique, mais il vient souiller nos terres et nos océans faute d’infrastructures. En effet, seuls 9 % du plastique fabriqué jusqu’à présent a été retraité. De plus, rappelons que les sols et océans sont des puits de carbone naturels, qu’il faut préserver pour limiter le changement climatique.

Exemples de greenwashing : des marques comme Coca-Cola sont responsables du plastique qui termine dans nos océans
Du microplastique dans les océans

Pour dire les choses autrement, Coca-Cola est un peu l’arbre qui cache la forêt : l’entreprise se targue de faire des efforts mais ils sont vains face à l’impact colossal de son activité sur la santé des écosystèmes dont nous dépendons.  

En parlant d’impact colossal, voici quelques chiffres éloquents : chaque année, l’industrie des boissons produit 470 milliards de bouteilles à usage unique. Et 25 % proviennent uniquement de Coca-Cola ! Ainsi, c’est aujourd’hui le plus grand pollueur de plastique au monde.  

Bannir Coca-Cola de sa liste de courses est donc très bien ; bannir le plastique en général, encore mieux !  

Mais le problème ne s’arrête pas au plastique. Que dire de l’eau nécessaire à la production des boissons ?  

Pour chaque litre de Coca-Cola, il faut en moyenne 1,27 litre d’eau. Dans un contexte où l’eau devient une ressource en tension en France, il est absurde d’acheter des marques héritées du passé qui ont bâti leur empire sur la surexploitation des ressources :  

La ville de Grigny a demandé à l’usine Coca-Cola, installée sur la commune, d’arrêter de puiser dans la nappe phréatique l’eau nécessaire à la production de ses boissons. 

Pour le maire de Grigny cette organisation économique relève d’une autre époque où les sécheresses à répétition provoquées par le réchauffement climatique n’étaient pas une priorité.” 

L’exemple de Coca-cola est donc un cas d’école qui met en lumière les contradictions des géants de l’industrie des boissons (et plus largement de l’industrie agroalimentaire). En effet, ils mettent au cœur de leur stratégie de transition le seul recyclage du plastique (produit en plus à partir d’énergie fossile) alors même que c’est tout un modèle de production et de consommation qu’il faudrait repenser (économie circulaire par exemple). Bref, c’est clairement l’hôpital qui se fout de la charité !

BNP Paribas : la banque d’un monde qui change... et qui brûle

BNP Paribas est un parfait exemple de greenwashing. “Acteur engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique”, peut-on lire sur le site de la banque. Il faut avoir un sacré mépris pour afficher un tel propos quand on finance des projets d’énergies fossiles à travers le monde ! 

Rappelons que les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) sont la première cause des émissions de gaz à effet de serre contribuant au dérèglement climatique. Il y a aujourd’hui un consensus scientifique sur la nécessité de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, qui sont responsables des deux tiers des émissions mondiales… 

Avec BNP Paribas, nous avons donc là une entreprise qui revendique son action en faveur du climat et qui a pourtant été le 1er financeur mondial de 8 géants de l’industrie du gaz et du pétrole entre 2016 et 2021, dont TotalEnergies.

3 exemples de greenwashing pour ne plus se faire avoir en tant que citoyen consommateur
Les banques financent encore très largement les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon).

Une telle dissonance a récemment provoqué une levée de boucliers de la part de militants, de scientifiques et d’étudiants qui n’en peuvent plus de voir la banque française afficher des promesses qu’elle ne compte pas tenir…  

Ainsi, l’année 2023 a été particulièrement intense pour BNP Paribas :  

    • Alerte sans précédent des Nations Unis sur les financements de la banque qui pourraient porter atteinte aux droits humains.  
    • Assignation en justice par un collectif d’ONG (une première mondiale dans le monde de la banque !).  
    • Lettre ouverte de plus de 1200 étudiants et étudiantes qui refusent de rejoindre les rangs de la banque française. 
    • Tribune de 600 scientifiques au Conseil d’Administration de BNP Paribas pour cesser leur soutien aux énergies fossiles. 

La colère des citoyens est parfaitement légitime : les activités de la banque française ont des conséquences désastreuses sur le climat. En effet, son empreinte carbone en 2020 est à elle seule supérieure à celle du territoire français !  

Ironie du sort, BNP Paribas propose à ses clients “des fonctionnalités et outils pour mesurer et réduire [leur] empreinte carbone. C’est en effet plus simple de porter la responsabilité sur les individus que de changer en profondeur son propre modèle d’affaires…  

Toutefois, BNP Paribas n’est pas la seule banque française à financer encore trop largement l’industrie des énergies fossiles (Société Générale, Crédit Agricole…). En revanche, elle est un parfait exemple de greenwashing qui illustre bien les incohérences du monde financier.  

Heureusement, il existe désormais des alternatives comme la Banque Postale ou encore la néo-banque Green-Got qui permettent aux citoyens éclairés d’arrêter de financer indirectement les énergies fossiles avec leur compte bancaire.

L’exemple d’Air France ou le mythe de l’aviation durable

En France, le secteur le plus émetteur est celui des transports. Parmi les moyens de transports les plus polluants, il y a la voiture (notamment thermique) et l’avion. Pour s’en convaincre, faites ce test simple et instructif : la calculette de l’ADEME pour chacun de vos itinéraires.  

Ainsi, il faut être très vigilant quant aux affirmations des entreprises du transport, et notamment des compagnies aériennes. Pour ça, Air France est un bon exemple de greenwashing.  

L’entreprise française s’est faite épinglée à plusieurs reprises. En 2023, c’est l’autorité de régulation de la publicité britannique qui bannit une publicité d’Air France pour “impression trompeuse” sur son impact environnemental. Plus récemment, le 30 avril 2024, c’est au tour de la Commission Européenne d’adresser une lettre à 20 compagnies aériennes, dont Air France, pour “allégations écologiques potentiellement trompeuses”. Cette enquête fait suite à une alerte du Bureau européen des unions des consommateurs.  

Alors qu’est-il reproché aux entreprises du secteur ? Que ça soit Air France ou d’autres compagnies, les stratégies de greenwashing employées sont souvent les mêmes :  

    • Miser sur des systèmes de compensation carbone ;  
    • Utiliser l’argument de “l’avion durable”.  

Revenons sur le premier élément.  

Les compagnies aériennes ont tendance à donner l’impression aux voyageurs que certains gestes vont compenser les émissions de CO2 de leurs vols. Il n’est pas rare que les consommateurs soient ainsi encouragés à payer une redevance en plus pour financer des projets de lutte contre le changement climatique ou en lien avec les carburants alternatifs. Encore une fois, la responsabilité est portée sur le consommateur et non sur l’entreprise !  

De plus, c’est malhonnête de dire que le consommateur va réduire son impact environnemental tout en l’encourageant à continuer d’avoir un comportement extrêmement polluant. Rappelons qu’un A/R Paris-NYC par exemple équivaut à plus de 2 tonnes de CO2eq par passager. C’est plus que le budget carbone (qui est de 2 tonnes maximum par an) que chaque Français devrait respecter pour limiter le réchauffement à +1,5°C !  

Au-delà de la prétendue compensation carbone, les compagnies comme Air France usent de mots trompeurs comme “carburants d’aviation durable », de son petit nom SAF (pour Sustainable Aviation Fuel). Les SAF sont des biocarburants faits à partir de la biomasse, de graisses et huiles hydrogénées, de gaz naturel, etc. Il est vrai que les SAF peuvent produire entre 75 et 80% de CO2 en moins en comparaison des carburants traditionnels. Mais brandir cet argument est fallacieux à plus d’un titre :  

    • La transition vers les SAF est lente et coûteuse. Ainsi, les compagnies n’en utilisent que très peu aujourd’hui. Par exemple, les compagnies du Groupe Air France-KLM ont incorporé en 2023 seulement 1% de biocarburant 
    • De plus, produire du SAF signifie exploiter des ressources naturelles déjà en tension et utiliser beaucoup d’énergie. Ce n’est donc pas sans conséquence ! Ainsi, on ne peut pas se passer de sobriété au-delà des alternatives écologiques.  
    • Enfin, quand on parle de SAF, on s’intéresse aux émissions de dioxyde de carbone. Or, le CO2 n’est pas la seule émission de l’aviation. Il faut aussi compter les oxydes d’azote ainsi que la vapeur d’eau et la suie qui, combinées, forment les trainées qu’on voit dans le ciel. Les recherches menées à ce jour ne permettent pas de déterminer si les carburants d’aviation durables amélioreront ce problème. 

Qu’on le veuille ou non, les voyages en avion font partie des actions les plus polluantes à l’échelle individuelle. Autrement dit, pour vos voyages, privilégiez le train, le vélo ou encore le covoiturage. Vous pouvez utiliser la calculette de l’ADEME citée plus tôt afin d’avoir un aperçu des émissions qu’engendrerait chaque type de transport pour vos voyages et itinéraires. Très pratique pour prendre conscience de son impact !

Conseil de lecture 📖  

Pour en savoir plus sur l’empreinte carbone de l’avion, découvrez notre article : Avion versus train : le combat des titans

Des exemples de marques qui font bien les choses

Ce que nous apprennent les exemples de greenwashing est qu’il est difficile pour des marques héritées du passé de transformer radicalement leur modèle d’affaires.  

Il semble donc plus judicieux en tant que citoyen de se tourner vers des marques qui intègrent les enjeux environnementaux et sociaux dès la création de leur entreprise ; tout en se rappelant que l’un des premiers leviers pour minimiser son impact reste de réduire sa consommation (coucou la sobriété 👋). 

Bon, il y a tout de même un contre-exemple à notre propos… La Banque Postale : entreprise historique certes, mais clairement novatrice !

Un compte bancaire propre avec la Banque Postale et Green-Got

Tout argent placé sur un compte finance indirectement des projets qui rapportent gros aux banques. Malheureusement, ces projets ont pour la plupart des conséquences désastreuses sur l’environnement. Green-Got l’explique très bien sur son blog 

“Le montant sur votre compte en banque ne correspond pas à une petite liasse de billets qui vous attend sagement dans un coffre-fort. D’ailleurs, qu’elle soit virtuelle ou physique, la monnaie ne dort jamais vraiment : les banquier·es réinjectent dans l’économie la majorité des dépôts bancaires de ses clients et clientes. Votre argent ne vous attend donc pas pour être utilisé, il circule pour alimenter le saint-graal de notre société : la croissance.” 

Vous ne souhaitez pas que votre argent finance malgré vous des projets qui ne soient pas en accord avec vos convictions ?  

Changez de banque !  

Les démarches sont souvent assez simples et rapides. Vous pouvez donc choisir d’ouvrir par exemple un compte à la Banque Postale qui a décidé il y a quelques années de ne plus financer les acteurs non engagés dans la transition. A ce propos, voici les mots de Skender Sahiti Manzoni, de la Direction de l’engagement citoyen de la Banque postale dans une interview pour le média Vert : 

“En octobre 2021, la Banque postale est devenue la première banque européenne et l’une des premières au monde à avoir une trajectoire de décarbonation validée d’un point de vue scientifique par la SBTi […]. On ne s’autorise plus à financer des acteurs s’ils ne sont pas engagés dans la transition avec un plan de décarbonation construit de manière crédible et scientifique. Aujourd’hui, dans les majors pétrogazières, il n’y a pas d’entreprise avec un plan qui nous paraît crédible. Notre positionnement sur le sujet est très clair : pas de plan de transition, égal pas de financement et pas d’investissement.” 

Quant à la banque Green-Got, le positionnement est encore plus radical : pas 1 centime n’est reversé aux énergies fossiles, même s’il y avait un plan de décarbonation. Cette jeune banque française n’a rien à envier aux géants du secteur. Green-Got s’est dotée d’un conseil scientifique réunissant plusieurs têtes bien pensantes (comme Marilyn Waite, Directrice du Climate Finance Fund ou encore François Gemmene, chercheur et co-auteur des rapports scientifiques du GIEC sur l’évolution du climat). En outre, elle détaille sur son site sa méthodologie de sélection des projets durables qu’elle soutient. De la transparence et du concret comme on en voit rarement… 

Des voyages vraiment verts avec Hourrail, Mollow et Les Others

Encourager le voyage bas-carbone, rendre à nouveau désirable les voyages en train… C’est tout le pari des jeunes marques Hourrail, Mollow et Les Others.  

Et c’est tant mieux ! Car il n’y a pas photo : à voyage équivalent, l’avion est beaucoup plus polluant que le train.  

Par exemple, un aller Paris-Turin en avion émet 151 kg CO2e par personne là où le TGV représente… 1,85 kg CO2e !  

Et pour la voiture ? Sur de longs trajets, la voiture thermique (pas électrique) peut se révéler plus polluante que l’avion. Pour se rendre à Turin, cela vous coûtera 170 kg de CO2e. Si vous n’avez que cette option, privilégiez ainsi le covoiturage : vos émissions sont ainsi divisées par le nombre de passagers.  

Pour info, cet exemple a été calculé avec la calculette de l’ADEME, l’Agence de la transition écologique.

Pas besoin de prendre l'avion pour vivre des expériences inoubliables !

Avec Hourrail et Mollow, vous avez toutes les infos pour vous rendre en vacances en train : quel itinéraire en train / train de nuit pour se rendre à telle destination ? Quel coût ? Quelles alternatives plus économiques ?  

De plus, les Others redonne ses lettres de noblesse à la randonnée en France et en Europe. De quoi vous inspirer pour voyager moins loin, dans des coins incroyables et au grand air !

Une alimentation bio, locale et de saison

Ça aurait été sympa de terminer avec des marques pour contrer les géants de l’agroalimentaire et des boissons comme Coca-Cola… Mais difficile de vous recommander quelques marques en particulier, étant donné que cela dépend de l’offre qu’il y a dans les magasins à côté de chez vous. 

Il est donc plus judicieux de rappeler quelques règles simples pour vous aider à privilégier des marques qui font mieux les choses :  

    • Privilégier la nourriture biologique  
    • Les produits Français avant tout (pour minimiser le transport notamment) 
    • Les produits de saison (on évite les tomates en plein hiver !) 

AUDIT ÉNERGÉTIQUE TRANSPORT

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