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Facebook : un bilan carbone vraiment neutre ?

Dans son rapport annuel 2020 sur le développement durable, Facebook se félicitait d’avoir atteint la neutralité carbone, grâce à la réduction de 94% de ses émissions depuis 2017 et à l’alimentation à 100% de ses data centers en électricité d’origine renouvelable. France Info a fait appel à 2 experts pour savoir à quoi s’en tenir de ce bilan carbone. Ils nuancent quelque peu cette annonce, un peu trop belle pour être vraie. Les chiffres avancés par le réseau social omettent une part importante des émissions qui lui sont imputables.

Un rapport plus que positif

Dans le rapport paru en juin, Facebook annonce en effet avoir atteint ses objectifs zéro émission nette de carbone pour l’ensemble de ses activités. En réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de 94 % par rapport à 2017, il aurait même largement dépassé son objectif de 75 % de réduction. Pour parvenir à ce résultat, il met en avant ses efforts. Tout d’abord au niveau des énergies renouvelables : son portefeuille a totalisé plus de 5,9 gigawatts (GW) de projets éoliens et solaires.

Au niveau de l’eau également, avec la restitution de plus de 1,5 fois de la consommation totale d’eau aux bassins-versants où sont exercées les activités. Le groupe met également en avant la création d’un Centre d’information sur le climat, ainsi que l’investissement dans des projets d’élimination du carbone de haute qualité.

Construction des bâtiments et voyages des salariés

Renaud Bettin, expert climat pour Sweep, auquel France-Info a fait appel, explique « C’est juste, mais c’est trompeur. La responsabilité de Facebook va bien au-delà du périmètre pris en compte ». Les résultats occultent en effet une grande partie des émissions qui sont imputables au groupe. Ils ne concernent que la partie « opérations », c’est-à-dire principalement les émissions liées à la consommation d’énergie de ses data centers et de ses bureaux.

Ils oublient notamment les émissions indirectes liées à la construction de ses gigantesques data centers, des voyages professionnels des salariés. « Pour les bâtiments, ce sont le ciment et le fer qui sont très émetteurs de CO2, et pour les serveurs ce sont les composants électroniques qu’il faut extraire, transporter, transformer… », explique Renaud Bettin. Or, hormis pour les voyages professionnels des salariés (en baisse en raison de la crise sanitaire), ces émissions indirectes ont continué à augmenter.

Et l’utilisation des produits Facebook ?

Ce bilan comporte un autre angle mort : les émissions générées par les ordinateurs utilisés par le groupe. Facebook ne les fait pas apparaître « pour éviter le double calcul avec les entreprises qui fabriquent les appareils et les ordinateurs ». Argument que le second expert consulté, César Dugast, consultant pour le cabinet Carbone 4, rejette : « C’est absurde les émissions indirectes sont toujours un double compte ».

Selon les deux experts en effet, le calcul des émissions de gaz à effet de serre doit justement donner une idée de l’ensemble des émissions générées par une entreprise, même si elles sont plusieurs à les comptabiliser. Or elles sont totalement invisibles dans le communiqué du groupe. Reste également l’utilisation de ses produits (Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp qui lui appartiennent) gourmands en électricité pas forcément renouvelable, tout aussi occultée.

Sources : L’ADN, France-Info

Cet article a été écrit par : 

Claudine d'EcoCO2

Claudine est notre écrivaine historique. Elle écrit pour Eco CO2 depuis 2010 et vous apporte toute l'actualité de la transition écologique.

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