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Forum ADEME des Innovations du 23 juin 2010

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La France doit dès aujourd’hui, relever un défi de taille : diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cet objectif ambitieux nécessite de procéder, dès à présent, à des ruptures technologiques. C’est pourquoi l’ADEME s’investit pleinement dans la recherche et l’innovation dans les domaines des nouvelles technologies de l’énergie, du transport et de l’habitat.

Jean-Louis Borloo au Forum des innovations de l'ADEME

A la demande de Jean-Louis Borloo, Ministre d’Etat du MEEDDM, l’ADEME a organisé le 23 juin dernier, sous la présidence de Philippe von de Maele, un Forum des Innovations à la cité des Sciences, Porte de la Villette, pour mieux faire connaître les démonstrateurs de recherche, leur rôle, leurs projets, les fonds alloués et ainsi stimuler l’engouement (enveloppe de 325 millions d’euros sur 4 ans dont 175 M d’euros engagés pour 23 projets retenus en 2009).

Mais d’abord qu’est-ce qui se cache derrière le nom « barbare » de démonstrateur de recherche? Le démonstrateur constitue une étape fondamentale liant le processus R&D et l’industrialisation des technologies. Cette étape se situe après la phase de recherche en laboratoire et avant la phase d’industrialisation qui relève du déploiement de la technologie. Le démonstrateur a une fonction de validation de l’intégration de plusieurs technologies déjà expérimentées séparément, généralement réalisée à une échelle plus réduite (1/10) et mise en oeuvre sur site industriel. La commercialisation de la technologie peut être envisagée à une échéance encore assez lointaine (plus de 10 ans) selon qu’il est nécessaire de revenir sur la recherche et/ou que les conditions économiques sont attendues à des échéances plus lointaines. Les investissements d’avenir devraient permettre de rapprocher ces échéances.

Quelques messages clés délivrés par les différents intervenants du monde économique, scientifique et de l’Ademe lors des différentes tables rondes :

  • L’innovation « verte » est un facteur différentiant : les attentes des clients ont évolué ces dernières années  mais aussi celles des salariés de plus en plus  demandeurs d’un engagement de leur employeur;
  • La rupture technologique est avant tout stratégique : « faisant partie du problème, on se doit de faire partie de la solution » ;
  • La décision stratégique de s’engager dans la voie de la transition technologique doit avoir lieu aujourd’hui pour être prêt demain. En effet, cette décision sur le long terme est liée à la durée de vie des investissements (une centrale, un bâtiment c’est une durée de vie de 60 à 100 ans, voire même au delà) et à la complexité du processus d’innovation (au début, il y a une invention, puis une expérimentation qui doit être validée puis protégée avant son industrialisation);
  • Considérer le système dans sa globalité (exemple : comparer un véhicule classique avec un véhicule électrique peut être défavorable alors qu’un changement de système peut être la solution).
  • L’acceptabilité et l’adhésion des utilisateurs/de la société  est un des enjeux de la rupture technologique. Une des conditions de réussite sine qua non est le management du changement  et du comportemental. Ou comment la technologie influence le comportemental?!
  • Le marché du futur ne se joue pas dans les pays occidentaux (limité et secondaire) mais surtout dans les pays émergents (Inde, Chine) dû fait de la croissance démographique et de leur désir (légitime) d’accéder au niveau de confort occidental ;
  • Pour proposer une rupture technologique il est absolument nécessaire d’avoir une vision, facilitant l’adhésion du groupe (de démonstrateurs de recherche) et le déploiement : aller de l’avant!
  • Comparaison intéressante : l’échéance (lointaine) fixée à 2030 et 2050 revient à se (trans-)poser en 1970, au moment du premier choc pétrolier, pour 2010. Or rien n’a été entrepris. Leçon à en tirer : éviter de répéter cette erreur et agir en imaginant les solutions/innovations de demain permettant de réduire les émissions de CO2.
  • Par contre, l’efficacité énergétique ne suffira pas, à elle seule, à instaurer une économie décarbonée du fait de l’effet rebond (sur-consommation du fait de l’économie d’énergie), d’où la nécessité d’instaurer une contrainte carbone.
  • Au-delà des smart grids (réseaux et systèmes électriques intelligents) l’idée est de penser la production d’énergie en fonction de l’usage, sortir du système centralisé avec une combinaison de modèles (production décentralisée, stockage de l’énergie, mutualisation au niveau des îlots et des quartiers).
  • De même, il est nécessaire de penser en terme de services énergétiques (exemple : chauffage, ECS, etc.) et non en terme de source d’énergie (exemple : gaz, électricité).
  • Le développement de la ville durable passera sans doute par une gestion intelligente des flux (eau, déchets, production et consommation d’énergie… certains devenant des ressources pour les autres), des usages et du réseau pour éviter une consommation trop carbonée ou le block-out (comme certains pays) mais aussi à un retour à des savoir-faire et conceptions fiables hors des technologies,
  • Une gestion intelligente du réseau (smart grids) ne doit pas contribuer à déplacer les consommations d’énergie en absorbant les économies réalisées d’un côté (référence aux consommations d’énergie des serveurs).
  • Comme on peut le constater, les appels à manifestation d’intérêts (AMI) doivent soulever des questionnements et permettre d’évaluer s’il y aura potentiellement création d’emplois et d’activités solvables. Par exemple, l’usage de la voiture électrique va soulever la question du rapport à la propriété automobile (service rendu versus objet de désir/plaisir), aux usages (privé/loisirs/professionnel) et remettant en question les pratiques (encourageant le télétravail aux déplacements domicile/travail)…

Pour en savoir plus ou télécharger les feuilles de route et fiches projets, se rendre sur : http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=70730&ref=23980&p1=B ou se rendre sur le site consacré à l’évènement.

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